What 1 do
I do votitient, not obedient. »
[A Dramn of Ej'ife, p. 19.)
424 JAMBS THOMSON.
du vers des poètes tout ce qui n'appartient pas à la langue II plus familière *.
Les innovations de Thomson dans l'emploi des termes d'origine saxonne sont beaucoup plus rares. Dans ces libertés prises avec la langue, le poète ne fait d'ailleurs le plus souvent que suivre un exemple donné par Milton, le nnaître dont Finlluence profonde apparaît partout dans les € Saisons i. Si Thomson emploie le mot <l frolic » comme adjectif : t th€ shapes of frolic fancy * d, Milton avait dit avant lui c Ripe and frolic of his full grown âge ' ». — « Freaked * », du même chant, est un mot fort rare, mais Milton en avait fait usage ^ — a Uncouth • d pour a inaccoutumé » rend au terme son sens naturel dont s*écarte un peu l'acception moderne.
Il semble bien que le mot a green » employé comme verbe appartienne en propre à Thomson. Il en est évidemment très satisfait et l'emploie au moins trois fois^.
Relevons enfin, pour terminer ces obsen^ations sur le vocabulaire du poète, combien y sont rares les traces d'une origine écossaise. L'œuvre a été revue tant de fois que presque toutes
• ....So \vc Sprang very beautcous from Uie créant word. »
(A Dratna of Exile, p. 40.) <« For this loss it did préfigure. <•
{The Lost Bower, p. 231.) Kl d'aulreB passages.
1. Voici quelques exemples empruntés à un seul ouvrage du grand poùte :
« ....When Ihe moruing forms Of Nature were collalcrally attached To every scheme of holiday delight. »
{The Prélude, Bk. II.) u .... In this timc Of dereliction aud dismay. •
{Ibid., Bk. II, p. 368.)
• Trinily's loquacious ciock. •
(/6tU, Bk. III.) (• ....Immense
Is the recess, the circumambient world Magnificent. •
(/6ic/., Bk. VIII, p. 395.)
Dans une petite pièce qui compte parmi les plus simples de son œuvre, on trouve » an incommunicable sieep •, et l'adjectif, au sens de • avec lequel on ne peut entrer en communication •, est placé par le poète dans la bouche d'une pauvre femme du Cumberland. {The Affliction ofMargaret in Poems founded on the Affections.)
2. U't/i/er, 611, 612. — 3. Cornus, 59. — 4. ^yinter, 814. — 5. Lycidas, 144. — 6. Summer, 1070. — 7. Spring, 320; Autumnf 664, 1160.
ces marques de provincialisme en ont été effacées, alors que les pièces de jeunesse, qui nous ont été transmises intactes, renferment, nous le verrons, un grand nombre de scotticismes. Ceux qui ont survécu aux remaniements successifs des a Saisons » sont en bien petit nombre.
< And shook to notes Of native music, the respondent dance * •
est un peu étrange et obscur. Mr. Logie Robertson l'explique heureusement en le rapprochant de ce vers de Burns :
« ni laugh, an' sing, an' shake my leg*. •
Le même éditeur nous fournit l'explication d'un passage embarrassant :
« A stronger glow sits on the livelycheek Of riiddy (ire ^ »,
et nous apprend que dans les campagnes écossaises, les jambages de la cheminée s'appellent « the cheeks o' the fire * ».
€ In ils mid career Arrcsts the bickering stream • »
nous présente un terme dont l'emploie moderne est différent de celui qu'en fait le poète. Le sens primitif indiqué par Skeat, « to keep pecking », et conservé en Ecosse semble bien subsister dans l'exemple de Thomson •.
\. Winler, 627, 8. — 2. Second EpisUe to lavraik, — 3. Winter, ^09, "îlO. — 4. Clarendon Press édition, p. 384. — 5. Winter, 124, 125. 6. Comme aussi dans l'emploi qu'en fait Tennyson :
• (I) sparkie out among Ibe fern To bicker down a valley. »
{The Bi-ook.)
• To bicker (dit le dictionnaire de Murray) expresses the noise occasioncd by successive strokes, or by any rapid motion. •
« Frae thatched eaves the icicles dépend In glitl* ring show, an' the once bick' ring stream, ImprisonM by the ice, low-growling, runs Below the crystal pavement. »
(Davidso!i's Seasons, p. 156.)
Enfin Mr. Logie Robertson signale aussi un sens particulièrement écossais du mot « friends » ennployé pour c relatives i dans deux passages de V ce Hiver ».
Thomson, pour nous résumer, apporte jusque dans le choix des mots de sa langue, Tindépendance aventureuse qui fait de lui une figure si originale dans la société littéraire anglaise do xviiF siècle. Chez les maîtres de ce temps le vocabulaire était comme à plaisir réduit, le néologisme était volontiers jugé téméraire et inutile, le goût semblait consister à chercher Teffei dans les combinaisons ingénieuses de mots très simples plutôt que dans la variété ou Téclat des termes eux-mêmes. Thomson au contraire recherche les mots à efTets, s'efTorce d'étendre sou clavier et de varier ses notes. Il lui parait que jamais il ne versera dans son style assez de termes éclatants et colorés. 11 prend au fond de la langue, aux œuvres des vieux maîtres et en particulier à Spenscr leur riche vocabulaire germanique. Il emprunte à Milton un grand nombre de termes latins, et, à l'exemple du grand poète, il introduit lui-même complaisainment des mots tirés de la langue savante. Mais pour avoir manqué de mesure dans cette latinisation de son vocabulaire, il s'est exposé à ce qu'on méconnût tout ce qu'il a montré de richesse de bon aloi. Les termes trop souvent lourds et sans naturel qu'il façonne pour exprimer sa pensée ont, pour une part notable, contribué à donner à son style un caractère tendu, artificiel et parfois boursouflé.
La Grammaire des a Saisons >».
Incorrections; anacoluthes. — Les premières observations qu'appelle ce sujet, celles qui concernent le respect des lois de
Biirns donne seiilcmenl au mot le sens de « courir ».
<« Auld Ayr ran by before me, And bickered lo Ihe seas. >
(Dans la pièce qui co.nmence par <« Tliough cruel Fate should bid us f>art », in Commonplace liooK\ 1784.)
Voir aussi l'emploi de - bicker -, - une courte course •, dans Death and f>r. Hornbook, »
la langue, seront fort brèves. Les incorrections formelles sont rares dans le poème. Les remaniements fréquents du texte pour les éditions successives ont fait disparaître presque toutes les taches dues à la hâte ou à Tinexpérience du jeune porte. Quelques-unes cependant ont traversé toutes les réimpressions. Ce sont surtout de ces constructions incohérentes, les anacoluthes de la rhétorique, où une partie de la phrase demeure comme suspendue en Tair sans être rattachée par aucun lien grammatical au?; termes de la proposition.
O'er the boughs
Danc'mg about, still at the giddy verge Thcir résolu lion fails *.
Or, twniing Ikence Ihy vieiv, thèse graver thoughls The Muscs charm *.
f Even présent » % au début d'une longue période, ne se rapporte à aucun substantif ou pronom exprimé dans la phrase, mais, justifié par une ellipse hardie du sujet et du verbe, l'adjectif se rapporte au « jeune homme» dont il a éti* question au paragraphe précédent.
Cette construction plaît à Tauteur; il la répète quelques vers plus loin au début d'un passage qui s'oppose au précédent *, et plus loin encore dans un mouvement de phrase différent :
While, home away
On swelliog thought, his waflcd spiril Aies *.
Quelques autres exemples de ces formes de phrases brisées peuvent s'expliquer, si l'on y veut voir des sortes de « cas absolus D analogues à l'ablatif absolu des Latins, ou au datif absolu de l'ancien anglais, remplacé plus tard par un nominatif absolu •. C'est là en effet une construction que recherche volontiers Thomson. Peut-être v devons-nous voir un effet de rinfluence de Milton; mais cette forme devait par elle-même plaire au poète pour le caractère de noblesse et d'élévation qu'elle contribuait à donner à son style.
I. Spring, 739-14L - 2. Ibici,, 931-932. — 3. Ibid., 993. — 4. Ibid., 1003. — 5. Ibîd., 1018-1019.
6. Voir R. Morris, UUtorical oultines of English accidencCy ^ 102.
Ile now shut up
Within his iron cave *.
Dashed down and scattercd by the tearing \vind*s Assiduous fury ils gigantic limbs '.
Le seul a Printemps d renferme une quinzaine d'exemplesde cette construction peu commune en anglais.
Dans d'autres tournures, difficiles à analyser, une ellip» peut rendre compte de Tapparenté incohérence de la phrase:
Arabia cannot boast
A fullcr gale of joy than, libéral, Ihence Breathes through the sensé '.
Le lecteur supplée volontiers, après « than », les mots c thaï which ».
Mais quelquefois, au contraire, il parait bien que le poète, dans son ample période, perde de vue l'exacte relation des termes entre eux.
Or can il mix them with that matchless skill, And lose them in cach other, (is appears In every bud that blows *1
a As » continue très correctement la phrase après c and lose them in each other », mais il ne s'ajuste plus avec rexpression précédente.
But corne, ye gênerons minds, in whose wide thought Of ail his \vorks, créative Bounty burns Wilh warmesl beam, and, on your open front And libéral eye, sils ^....
La construction est confuse et rebelle à l'analyse. « Warmest... of ail his Works » n'offre guère de sens, et ql your » tient la place du relatif a whose » qu'exigerait la grammaire.
1. Spring^ li2, 143. — Une correction postérieure a remplacé he par and. La phrase semble alors moins heurtée, mais elle est plus obscure. — MilloD, en pareil cas, emploierait, à Timitation du latin, une forme objet tive : « me overthrown », <« us dispossessed •, > him destroyed •, • in( of thèse nor skilled, uor sludious •. {Pamd. Lost, Bk. IX, 41, 42.)
2. Winter^ 183, 184. — On peut voir encore en fait d'exemples : Spring ^»04, 750, 751 ; Summer, 348-351 ; Aulumn, 245, 246, 856-860; Winier, 968, elc