‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 167 sur 272 · Phèdre, acte T., bc. i · texte numérisé non relu

Phèdre, acte T., bc. i

4. C'est sans doute par pure boutade que Ttiéophile Gauthier ne voyait dans ce vers que la musique des sons, et, fie ce seul chef, le déclarait^ dit-on, le plus t>eau vers qu'ait écrit Racine.

443 JAMES TUOMSON.

souri du style noble, qui obsède Técole classique en Angleterre comme en France, inspire à notre poète des détours fâcheux pour dire des choses très simples.

Dans seize vers du « Printemps d il parle des insectes nuisibles à lagriculture, et c'est à peine si le mot a insect » est une fois mentionné *. Le sujet peut paraître bien humble, et lauteur croit élever son style au moyen de circonlocutions compliquées : « C'est une faible race, et pourtant ce sont souvent les <( fils sacrés de la vengeance * ». Et comme le vague de ces désignations rend difficile l'emploi de pronoms se rapportant aux mêmes objets, le poète acccumule les périphrases : « rennemi caché » », a la gent engourdie par le froid * ». Ce dernier exemple rappelle une forme banale que Thomson reproduit très souvent. La môme <c Saison » nous la montre encore dans « la gent emplumée '^ », a la gent à nageoires * », « la gent au plumage brillant ^ », a les douces tribus ® ». S'il s'agit de jeunes oiseaux ce n'est plus (( la gent », mais la « jeunesse emplumée '•* » — Le berger des Hébrides a récolte sa nourriture ovaire — (c ou... amoncelle — le plumage, qui s'élève élastique, pour (i former le lit — du luxe *° ». — Quel est le serpent que désigne cette périphrase de 1' « Été » : « Le petit ministre de mort qui se <( cache dans un étroit espace — et dont le venin concentré par a un soleil brûlant répand dans les veines un éclair rapide *'? » Nous avons moins d'incertitude sur l'objet dont il s'agit quand Musidora a de sa jambe de neige — et de son pied menu tire la soie retournée '* ».

Tout cela est peu digne du génie d'un poète tel que Thomson. 11 va cependant plus loin encore. Dans ce passage du « Printemps » où il célèbre les charmes de la pêche et nous fait de cet art un cours didactique, pas un nom de poisson n'est mentionné; le seul qui soit particulièrement désigné se reconnaît à cette périphrase « le monanjue du ruisseau " ». Mais le poète nous parle a des i)etites naïades '* » qu'il s'agit de décider à mordre, et il recommande au pécheur de rejeter à l'eau comme trop jeune « le bébé tacheté *^ ». Quant à l'arme du pêclieur.

1. Spring, 119-135. — 2. Ibid., 123, 124.— 3. Ibid., 128.— i.làid., 131. 5. Ibid., 164. — 6. Ibid., 394. — 7. Ibid.. 616. — 8. Jbid., 710. — 9. !bid., 728. — 10. ^M^wmn, 875-878. — 11. SMmmer, 907-909. —12. Ibid,, 1308, 1300. — 13. Spring, 423. - 14. Ibid., 402.

15. Spring, 421. — Delille n'appeHe-t-il pas quelque part le veau « un foldtre

c'est « la ligne ilottante arrachée au coursier blanchi ' ». La pluie même a, paraît-il, besoin d'être désignée par une circonlocution; c'est elle qu*il nous faut reconnaître dans « ralimentsem- (( blable au lait - ».

N'allons pas cependant juger notre auteur sur ces déplorables erreurs. Il serait à peine plus injuste de voir un échantillon du style habituel de Lamartine ou de Vigny dans certaines périphrases extraordinaires qu'on peut relever dans leurs œuvres ^ Aux exemples d'expressions tourmentées et i>izarres que nous avons citées, on en pourrait opposer beau- <:oup d'autres où Thomson sait faire usage du terme propre. Quand il ne cède pas à l'inlluence du goût régnant, c'est dans une langue simple, directe et franche qu'il décrit les scènes modestes de la vie des champs. Il observe dans la basse-cour u la poule vigilante — qui appelle autour d'elle toute sa <( gazouillante famille, — que nourrit et défend le coq

eufanl »? Notons que toul ce pa3sa;j:e sur la pèche ne figure pas dans les premières éditions. 11 est ajouté après 1738, quand la manière d'écrire du porte a subi quelque modification.

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