‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 195 sur 272 · And, 0, beloved · texte numérisé non relu

And, 0, beloved

or Heavcn! whose wcll pur^ed pcnetratiiig eye The mystic veil transpierciu^, inly scanned The rising, moving, wide-established frame. >

PIÈCKS DIVEUSES. 199

la théorie des ondes sonores; il s'arrête avec complaisance au prisme magique qui décompose les rayons lumineux, et, avec un enthousiasme et une joie d'artiste, caractérise chacune des couleurs '. — Newton a aussi rendu des services à la chronologie, et le poète nous rappelle que Til lustre astronome a c remonté cet irrésistible cours du temps qui emporte toutes ( choses à Tocéan sans bornes de Téternité,... et qu'il y a, de c distance en distance, élevé ses lumières pour guider Thistoc rien, égaré dans les ténèbres de ce voyage ^ ».

Enfin le panégyriste rappelle les vertus du savant : sa piété, sa sérénité, sa modestie, sa bonté. Il voit dans Texistence d'une telle âme la meilleure réfutation que Ton puisse opposer au matérialisme. Il termine en espérant que l'esprit du grand homme continuera â instruire et à corriger sa patrie, à inspirer ses jeunes hommes « tandis que sa poussière sacrée dort c avec ses rois et double la noblesse du lieu où ils reposent' ».

Jamais la langue de Thomson n'est meilleure que dans ce court poème. Rien qui ressemble moins au catalogue abstrait des travaux d'un homme de science. Moins abondantes sans doute que dans les ce Saisons », les heureuses créations de termes, les groupements expressifs de mots, les trouvailles fortunées du style s'y rencontrent assez souvent. Sans recherche artificielle et sans effort pénible, les notations d'effets pittoresques de lumière et de couleur semblent tout naturellement amenées par le sujet : « the pale shadowy light of the moon » * — «[ a vellow waste of idle sands" » — « he took his ardent tlight — Through, the bluo infinité ® » — « the clear concave of a winter 's night" » — « To the forehead of our evening sky — Heturned the blazing wonder ^ ». Mais le mérite dominant de tout le morceau c'est la simplicité élégante et ' ferme du langage. A peine est-elle interrompue par un ou deux passages de ton lyrique et un peu déclamatoire. Partout ailleurs l'enthousiasme du poète s'exprime en une langue sobre, sans rien de cette boursouflure que Ton reproche

i. Très dilTcrenlc est rattitiidc d'.inlres poètes en face des analyses de la science Mr. Sliairp cite ce frairnient d'une lettre de Haydon à Wordsworth (1842) : « Don't yoii romcmber Keals proposiog ■ Confusion lo the memory of Newton •, becausc lie destroyed the poelry of the rainbow bv reducing it to a prism. »

parfois au langage des <k Saisons i». Il y a là tout à la fois, par une heureuse et rare combinaison, la netteté d'exposition d'une langue scientifique, la chaleur et Téclat d*une haute poésie.

Le poème à la mémoire de Newton mérite donc d'être rangé au nombre des œuvres où la poésie s'est mise avec le plus de bonheur au service de la science. Voltaire ne pouvait choisir un meilleur modèle pour une entreprise analogue, et sa lettre à Mme du Châtelet est tantôt une imitation, tantôt une traduction du poème de Thomson.

A Poem to the memory of the Right Honorable The Lord Talbot, Late Chancellor of Great Britain.

Le poème que la mort du Lord Chancelier Talbot inspirait en 1737 à Thomson devrait avoir une haute valeur si la sincérité d'une reconnaissance émue et d'une profonde douleur pouvait garantir la beauté de la forme. — Ici encore le poète conserve le vers blanc dont il avait fait dans son grand poème un si magistral emploi. Plusieurs passages de cette longue pièce de quatre cents vers rappellent bien le style de Tauteur des « Saisons » avec son ampleur oratoire et l'intensité de sentiment qui meut et soutient sa période. Mais aussi d'autres pages sentent l'eflbrt d'une tâche poursuivie avec plus de résolution que d'inspiration. — Le poète se propose de passer en revue le? divers aspects du caractère de son noble patron, autant qu'il est possible, comme il le dit, « de distinguer dans le diamant <( chacun de ces rayons qui, bien qu'ils jettent mille feu.K trema blants, répandent cependant une lumière étincelante dans <( son unité * ».

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