‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 210 sur 272 · û/., IV, 157-161. Comparez les vers de Byron · texte numérisé non relu

û/., IV, 157-161. Comparez les vers de Byron

« 1 see berore me the Gladiator lie : He leans upon his hand — his maoly brow Consents to dealh, but conquers agony, And his droop'd head sinks gradually low.

Shall he expire

And uoavenged? »

{Childe-Haroldj IV, cxl, cxli.)

3. Liberty y IV, 173-183. La description que fait Byron de la Vcuus de Médicis conserve les termes les plus caractéristiques de celle de Thomson :

« The graceful bend, and the voluptuous swell. •

{Childe-Harold, IV, un.)

On notera que cependant l'image évoquée par Byron est plus réservée, plus chaste, plus fidèle à Pesprit de Tœuvre antique. L'auteur de Childc- Harold a observé ce quelque chose de matériel et d'un peu vulgaire que nous avons autre part signalé comme se mêlant chez Thomson aux descriptions de la beauté féminine. « They prove the peculiar turn of thought, and, if the tcrm may be allowed, the sexual imagination of the descrip* tivepoet. • (Cité par Rob. Bell, dans son édition des œuvres poétiques de Thomson, vol. I, p. 156.)

Secni so lo Ireinble Ihrough the tortureJ slone, Thaï thc touchcd heart engrosses ail the view *.

po sec

Laocooirs torliirc-digniryiiig pain A father's love and niorlars apony -.

r'oici TApollon du Belvédère :

Ail conquest-fliished, from prostratc Python, came The quivercd God. In pracolul act he stands, lïis arni extended with the slackened bow ^.

ci encore on peut croire que l'identité du modèle n'explique i seule la ressemblance du tableau de Bvron :

Or view the Lord of the unerring bow, The God of hfe, and poesy, and liglil Ail radiant from his trinmph in the iight; The shai't bas just bcen shot *.

■]t enfin, pour limiter ces comparaisons, nous signalerons vers où Thomson décrit Venise avec un enthousiasme iiis lyrique à peine que celui de Byron :

Xor be the Ihon Iriiimphanl state forgot;

Where, pushed from plundcred earth, a remnanl still

Inspired by me, throiigh the dark âges kept

Of my old Honian flanie some sparks alive :

The seeming God-built city! which my hand

Deep in the bosom lixcd of wondering seas.

Astonished mortals sailed, wilh pleasing awe,

Aroiind the sea-girt walls, by Neptune fenced.

And down the briny slreet; where on each hand,

Amazing seen amid unstable waves,

The splendid palace shines; and rising tides,

The green steps marking, niurmur at the door ■•.

To this fair Queen of Adria's slormy gulf,

The mart of nations ! long, obedient seas

Rolled ail the treasiire of the radiant East *.

. Liberty, IV, 189-192. — 2. ChiUle-IIarold, IV, clx. — 3. Liberty, IV, 165. — 4. Childe-Harold, IV, clxi.

. On remarquera dans les deux détails enregistrés par ce vers une ation précise qui marque d'un trait juste et piltorcsque une description peu vague par ailleurs. A ce seul coup de pinceau se révèle Fartiste observateur sincère. 11 est regrettable que ces traits ne soient pas congés dans les amplifications brillantes de Byron.

Liberty, IV, 293-307. Comparer Childe-Harold, chant IV, sir. i, ii, , XIV, xvni.

Nous avons rencontré déjà le nom d'Érasmus Darwin, et nous avons dit qu'il avait évidemment connu Thomson. On la généralement considéré comme un disciple de Pope, le plus brillant et le plus fatigant des poètes qui aient fait scintiller Tantithèse dans le distique rimé. Il faudrait dire, pour être exact, qu'il a voulu ajouter au distique de Pope le nombre et le mouvement soutenu de Thomson. Son style en effet présente un mélange curieux de la manière des deux écrivains. Ia période est le plus souvent prolongée à la façon de la phrase des a Saisons d ou de a La Liberté i», et les distiques dont elle est composée se terminent très souvent par un vers à effet, précédé de la conjonction and, dans la plus pure manière de Thomson.

Nous prenons dans Chambers Cyclopvedia les extraits donnés du Docteur Darwin, et voici quelques-uns des vers qui terminent les plirases :

And woo aiul win Iheir vogctable loves. And j calons cowslips hang their tawny cups. And deatli, and night, and chaos mingle ail ! And soars and shines, another and the same. And trusts llie scalv monslers of the Nile. And broke, cursed slaverv ! Ihc iron bands. And sable nations tremble at the sound!

L'Invocation à la déesse de la Botanique se développe en quatre paragraphes que cite le même recueil; voici comment ils se terminent respectivement :

And hoverinp Cnpids aini Ihcir shafls unseen. And Echo sonnds hcr sofl syniphonious shell. And sofler slunibers steal her cares to resl. And anns her zéphyrs willi the shaftsoflovc.

Cette imitation de la période et de Tun des maniérismes caractéristiques de Thomson n est pas la seule ni la plus importante preuve de l'influence de notre poète.

Un des poèmes singuliers qui composent Tlie Botanic Garden, The Economy of Végétation est conçu sur un plan qui, en dépit de la différence des sujets, ressemble singulièrement à celui de a La Liberté ». Le début nous montre la

Déesse de la Botanique descendant sur la terre, et les quatre parties du poème sont remplies d'un long discours prononcé par elle comme a La Liberté » est formée du solennel soliloque de la déesse Liberté.

On peut se demander si Thomson eût été très fier de reconnaître un de ses imitateurs dans le poète prétentieux qui mettait tout Linnée en vers allégoriques, souvent bizarres et parfois saugrenus. Ce n'est pas de cette façon qu'il lui était arrivé à lui-même d'exposer dans ses poèmes les enseignements de la science. Mais il y a plus d'honneur pour ces poèmes dans l'imitation qu'en ont faite parfois quelques-uns des plus grands écrivains de notre siècle. On a retrouvé dans Shelley et dans Keats l'écho de quelques-unes des strophes du « Château d'Indolence ». On pourrait également trouver serti dans les fragmentsd'« Hyperion » un passage de « La Liberté ». — Quand dans l'Assemblée des Titans vaincus, Océanus se lève *, le poète entend dans sa voix « le murmure des flots que sa « langue, dans ses premiers efforts, imitait des sables couverts a au loin d'écume ». L'idée est belle, simple à la fois et grandiose. Elle se trouvait déjà dans le poème de Thomson. C'est du Génie des Mers que parle la déesse quand elle dit : « Sa voix s'adresse à moi, semblable à la rauque rafale qui « hurle autour des cavernes mêlée aux murmures des flots « de la mer * ».

Lyttleton avait voulu publier de l'œuvre de son ami une édition notablement réduite. Johnson s'indigne de cette mutilation, tout en déclarant qu'il n'a pu continuer la lecture du poème complet. Lyttleton n'était pas mal inspiré. On ne peut espérer, on peut à peine souhaiter pour a La Liberté » que les lecteurs affrontent aujourd'hui plus qu'autrefois ses narrations interminables et ses lieux communs sonores. Mais on peut s'étonner que dans les éditions modernes, à côté des « Saisons » et du « Château », on ne fasse pas au moins figurer quelques extraits de ce grand poème dont toutes les parties ne méritent pas le dédain et l'oubli qui les ont indistinctement ensevelies.

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