‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 49 sur 272 · On en jugera par ces deux échantillons · texte numérisé non relu

On en jugera par ces deux échantillons

Tis a inuch more pious oHice, To save your falher's old and broken years, His mild and easy temper, frora the snares Of low, corrupt, insinuating traitors.

Uas« not the Royal hcir ajuster claim To share his father's inmost heart and counsels Than aliens to his inlerest, those, who make A property, a markct of his honour?

texte de sa tragédie. C'est ainsi qu'avait procédé Brooke, et cette première victime du a Stage act » avait exploité sa mésayenture en lui faisant produire mille livres*. Mais, bien que les deux pièces fussent écrites sous une même inspiration et s'attaquassent aux mêmes adversaires, celle de Thomson ne rencontra pas la même faveur ni les mêmes encouragements. Il est probable que l'effet à tirer de la persécution avait été épuisé par le premier martyre.

La pièce imprimée était dédiée à la princesse de Galles, dans des termes qui soulignaient nettement l'intention du poète de rapporter au temps présent bon nombre des réflexions émises par les personnages. Le Prologue et l'Épilogue sont écrits par « un ami ». Le prologue est de ton sérieux, conformément aux principes de Thomson. Au contraire l'épilogue, assez lestement tourné du reste, revient au genre badin que le poète avait paru blâmer, à l'occasion de ^'^gamemnon, V a ami » devait être Mallet, qui avait ''endu déjà de semblables services à Thomson, et pour qui ^lui-ci venait d'écrire, peu de mois auparavant, le prologue ^6 Mustapha *. Le volume, de format in-8, était imprimé pour l'auteur, et vendu par Millar. L'épigraphe de la page du ^'tre prenait soin d'établir que le public, aussi bien que le poète, était volé. par la décision du censeur. Cette ingénieuse ^aptation d'un vers de Phèdre n'eut pas raison de la froideur <iu public'.

1- Grâce auxquelles il alla s'établir à Twickenham dans une maison Pi'oche de celle de Pope. 11 est en conséquence probable qu'il se lia avec ^bomson, son voisin, son coreligionnaire politique et son compagnon de Persécution.

1 Joué à Drury-Lane le 13 février 1739, avec un assez vif succès. Dans ^e prologue, Thomson développe son thème favori de l'influence morali- ^Irice du théâtre.

3. « Edward and Eleonora, a Tragedy. As it was to hâve been acted at ^bc Thcatre-Royal in Covent-Garden by Mr. Thomson.

« Suspicione si quis errabit sua,

Et rapiet ad se quod crit commune omnium,

Stulte nudabit animi conscientiam.

{Phsedrus,)

London. Printed for the author; and sold by A. Millar, etc. MDCCXXXIX. • Nous pouvons supposer cependant que la vente fut plus satisfaisante ^ue ne le ferait supposer le récit des biographes, car la môme année noe édition, de format in-12, était imprimée à Dublin (voir notre bibliographie).

Une autre édition parut à Dublin, éditée par G. Risk, en 1751.

A cette interdiction d* a Edouard et Éléonore ii> * se rattacl une anecdote bien connue qui mérite de figurer dans un cl chapitres gais de l'histoire de la censure. Mr. Paterson, i ami de Thomson que nous retrouverons plus tard, rend au poète le service de recopier ses manuscrits. Lui-mèi avait des prétentions au talent dramatique, et il présents l'examen de la censure une tragédie d'Armi7iius. Mais lecteur n'eut pas plutôt reconnu l'écriture du manusc d' e Edouard et Éléonore n que, croyant avoir affaire à u nouvelle œuvre de Tliomson, il s'écria : a Emportez-moi cela, et, de confiance, refusa la permission de jouer *.

Les écrivains ministériels apportaient parfois de la gaiLé défaut d'esprit, dans leur défense de l'administration et cette censure dont les foudres suivaient des voies si cap: cieuses, Johnson dit qu'en réponse aux protestations du pubJ contre la mesure qui avait atteint l'auteur d' a Edouard », c fit courir ce mot : « Mi'. Thomson a pris une Liberté qui n'^ <i agréable à Britannia dans aucune Saison ^ d.

Cette tragédie redoutable aux puissances était la troisicii: œuvre dramatique du poète. Aussi le voyons-nous trail comme un des maîtres, ou au moins comme un des ouvrier experts, de la scène de ce temps. Savage que le zèle de s( amis, et en particulier de Pope, avait expédié en provinc( loin du théâtre de ses sottises et de ses misères, voulait reven de Bristol ou de Swansea à Londres pour y faire jouer ur tragédie écrite dans son salutaire exil. Pope s'efforce de dissuader de ce retour, et lui conseille plutôt d'envoyer se

1. La pièce, du reste, a élé plus lard jouce cl rejouée. Le texte en avait, est vrai, été reiuunié par un certain Thomas Huit, qui publia, en 1775, version amendée en la faisant précéder de ces observations : « Miss Bar hinted a wisli to restore this play : a désire to oblige this excelle actress.... as well as an ardour to be thc means of producing to an audieu another work of our amiable and élégant Thomson, induced the prest Editor to undertake an altération. Thc omission of too prolix passai reudcred somc additions indispensably neccssary. »

C'est ce texte retouché qui ligure dans VEdward and Eleonora • BritM Théâtre da Bell, 1797, vol. XXU.

2. L*anccdote est donnée par Murdoch, ce qui lui confère quelq caractère d'authenticité.

Paterson publia lui aussi sa tragédie, et la dédia au duc de Cumbe land.

3. « Mr. Thomson had takeu a Liberty which was not agreeable to Britann in any Season, •

PROSPÉRITÉS ET REVEKS. 133

manuscrit à Mr. Thoiuson ou à Mr. Mallet qui se chargeront de mettre le travail au point pour la scène *.

C'est encore une œuvre dramatique qui marque la prochaine contribution de notre poète aux lettres anglaises. Le 1" août 1710, le prince de Galles donnait une fête, à sa magnifique résidence de Ciifîden % pour célébrera la fois Tanniversaire de l'avènement du roi George P% et celui de la naissance de sa propre fille, la princesse Augusta^. Le prince était grand amateur de théâtre *. Il commanda à ses poètes, Thomson et Mallet, 'in drame pour la circonstance. Un théâtre avait été dressé dans le jardin, et toute la charpente en disparaissait sous les plantes et les guirlandes de fleurs. On y joua quelques scènes des pantomimes de Rich et deux masques : a Le Jugement de Paris », et f Alfred ». Ce dernier était Tœuvre due à la collaboration des deux poètes. Ils avaient fait en sorte d'y ménager les occasions d allusions flatteuses et de courtisanesques compliments au prince et à sa famille. Quant à Taction et à la force dramatique on n'avait pas jugé que ce fussent qualités utiles pour la circonstance '. L'œuvre, soutenue par une riche mise ®n scène, par le jeu de Quin ^ et par la musique du Dr. Arne, P^Ut-être même du grand Hiindel ', plut à l'auditoire auquel

i. Jou!(sox, Life of Savage f p. 343, 344. — Savage rejeta du reste la pro- '^5ilion avec indignation.

. ^. C'était ce palais, bdli par Villiers, duc de Buckingham, sur les bords ^ la Tamise, dont parle Pope :

• Gallant and gay, in Clivcden's proiid alcovc, The bower of wanton Shpcwsbury and love. •

(Épitre 111, & Allen lord Bathurst, v. 307, 308.)

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