‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 53 sur 272 · Summer, v. 1401 et siiiv · texte numérisé non relu

Summer, v. 1401 et siiiv

^- Hill écrivait à Mallet, le 24 mai 1743 : « You werc asking what I think ^ . the subject of Socrates for a tragedy.... the pbilosophical ray is loo ^*^t for the clash of passions : this objection that lay against Cato will *^f cqually bad against Socrates. » (Ujll's Works, vol. II, p. 210.)

Estce Thomson qui reprenait son projet d'il y a douze ans, ou Mallet ^wi songeait k exploiter pour son compte le sujet abandonné par son ami?

^' Lettre à Lyttelton du U juillet 1143.

poète et nous fait connaître ses rêves d'avenir; elle nous donr la note exacte de ses rapports avec le meilleur de ses amis, < avec la femme qu'il aime; enfin elle nous présente un exce lent spécimen du tour ordinaire de ses lettres.

« Hagley, 29 août, 1743.

« Après un fâcheux voyage en diligence, voyage désagréabl « en lui-même, et bien plus encore en ce qu'il m'éloignait d « vous, me voici dans le lieu et dans la société les plus agréable a du monde. Le parc, où nous passons une grande partie di t notre temps, est parfaitement délicieux, et tout à fait enchan « teur. Il consiste en plusieurs petites collines couvertes d< t beaux bois, et s'élevant doucement les unes au-dessus de « autres. De là on jouit de différents points de vue magnifiques < grandioses et étendus. Mais ce qui me charme le plus danser c lieu, ce sont ses douces retraites abritées, et particuliéremen c un vallon sinueux qui en parcourt tout le milieu. Audessuî « croissent des bois épais; au fond coule gaiment un ruisseai « qui, tantôt jaillissant des rochers moussus, tantôt tombant ei a cascades, et tantôt s'étendant en une nappe longue et calme « offre la scène la plus naturelle et la plus charmante qu'oi « puisse imaginer. La source est formée de plusieurs jolis ruis a selets qui murmurent entre les racines des chênes; et c'est 1 c que se trouve un siège bien isolé, le plus beau que puissesou a haiter le cœur d'un amoureux. C'est là que je viens souven « m'asseoir,etqu avec un mélange doux et exquis de plaisir et d « peine je pense à vous '. Mais que parlé-je de m'asseoir en celt a retraite pour penser à vous? en quelque lieu que je sois, ^ (( quelque chose qui m'occupe, je ne cesse jamais de penser (( mon aimable miss Young. Vous êtes partie de mon être; vou « vous mêlez à toutes mes pensées, même les plus studieuse:

1. Après la mort du poète, Lyltelton fit élever en ce point un petit éd culc selon le goût du temps, avec cette inscription :

« Ingenio immortali Jacobi Thomson, viri boni, œdiculam hanc in seces< quam vivns dilexit post mortem cjus constructam dicat dedicatqi G. Lyttelton. » (Voir The Gentlemun*s Magazine, 1845. A review on 11 Memoirs and correspondencn of Lyltelton compiled by Phillimore.)

Au sujet de ce petit monument nous trouvons cette note dans la colle lion des poètes de Chalmer : « A very handsome and well-fînished buil< ing, in an octogonal Une •.

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et, au lieu de les troubler, vous y ajoutez plus d'harmonie et de vigueur. Ah! dites-moi si je vous dérobe de temps en temps une pensée tendre. C'est une faveur à laquelle me donne droit la sincérité de mon amour. Oui, je vous aime à un point qui ne saurait manquer d'inspirer au cœur le plus froid une passion réciproque. Veillez donc sur votre cœur, car vous aurez peine à le défendre contre ma tendresse. — La société n'est pas ici indigne du séjour. Elle est aimable, animée, agréable. Il ne se produit rien qui ne tende à amuser l'imagination ou à améliorer l'esprit ou le cœur. Voilà vraiment la vie heureuse : l'union de la retraite et d'une société choisie. Cela nous donne l'idée de ce que l'âge patriarcal ou l'âge d'or était, ce dit-on, alors que chaque famille était en elle-même un petit état gouverné par les douces lois de la raison, de la bonté et de lafTection. N'imaginez pas cependant que je sois féru de la folie des champs au point de ne pas croire heureux en tous lieux ceux qui ont en eux-mêmes ce qui assure le bonheur.... Avec tous mes transports au sujet de la campagne, j'aimerais mieux vivre avec vous dans le coin le plus londonesque de Londres, que sans vous dans la plus i)elle retraite champêtre et dans tout le charme de la plus ^éable société. Vous remplissez si entièrement mon esprit d'idées de beauté, vous satisfaites si parfaitement mon âme du charme le plus pur et le plus sincère, que je ne sentirais ^ère le besoin d'aucune autre chose. Mais cependant une ^'ie passée à la campagne avec vous, et de temps en temps ^imée par le contraste de la ville, voilà quel est le vœu de mon ^ur. Puisse le Ciel m'accorder cette insigne faveur, et je serai ^ plus heureux des hommes, d'autant plus heureux que la P^session de votre personne m'excitera à mériter mon bonheur par tout ce qui est vertueux et bien.... Je ne suis P^ extravagant au point d'espérer recevoir de vos nouvelles de votre main, mais je compte en recevoir par le moyen de ^otre ami. Pensez avec amitié et avec tendresse à celui qui ^t à vous avec une amitié et une tendresse inexprimables.

Le séjour à Hagley resserra l'amitié de Ly ttelton et du poète, y^ition nouvelle des t Saisons » contient un chaleureux ^'oge de la résidence où Thomson avait reçu un si gracieux

iO

accueil ', et le noble possesseur de Hagtey se montra vive touché de ce poétique hommage qui associait leur amitié gloire du poème*.

Cette édition longuement préparée parut en juin 1744. une des plus importantes parmi les éditions successive! a Saisons », puisque c'est celle qui enregistre les plus i breuses modifications au texte antérieur. Le « Printemps 87 vers de plus qu*en 1738, V « Été » gagne 590 vers, V ( tomne » 106, et V a Hiver d 282. L' « Hymne » final seul esl iégèreiiient écourté ^. C'était un total de plus de mille ven le poète ajoutait à l'ancien texte. Thomson reçut pour ce vail une illustre collaboration. Pope se prêta à revoir n tieusement tout le poème, indiquant des critiques, prop( des modillcations dont les unes portent sur un mot pu n sur une terminaison, et les autres sur des passages quel fois fort étendus. C'est une preuve curieuse de la merveil souplesse de Pope que la façon dont il s'identifie avec le g avec la façon d'écrire et de développer de fauteur des « Saisc Nous ne sommes pas étonnés de le voir corriger les dur les imperfections prosodiques où pouvait être blessée oreille délic<itc *, et les hardiesses parfois singulières style que devait désapprouver sa méticuleuse correcti Mais quelle surprise de voir le maître du distique rimé é

1. • Thèse are Ihe sacred fceliiig of Uiy hearl, 0 Lytlellon, the frieiid! »

(Spj'in;/, 904-962.)

2. Il écrivail de iJa^Iey à Doddridpe, le 27 aoiil 1745 : « If any buf sliould, at any timu, oall yoii to Wm part of En^Iand, I hope you > lel us sec you hcre, aiid show you Ihe park, >vhich \vc are as proud Lord Col)ham of Slowe, es[»ccially siuc<' Ihe honour Mr. Thomson has il in the ncw cdilion of his Soa>*onâ. • (Philumoke's Memoir of Lyll vol. I, p. :J48.'

Lord Cobham était l'oncle nialernel de (i. Lyitelton. Thomson a célébré le ■ parudise of Slowe • {Autunin^ 1042).

3. Sprinij 1113 vers, au lieu de 1087; Summer 1790. au lieu de Auluntn IJTo, au lieu de 1209; Winlev 1U09 au lieu de 787; Uymn il lieu de 121.

•4. Par exemple, dès les premiers vers du • Printemps •, il corrige « k the lime », « the plovers theirs » en « knows his time », • the pi' whcn •.

5. Pour ne citer qu'un exemple, il remplace •• worthlcss of our foot • unworthv of thv foot «. {Sprlng^ v. 401 de l'edil. de 1738, et 503 du i définitif.)

VIE A RICUMOND. 147

: abondance de très heureux vers blancs *; de voir Técri- I qui avait fait son domaine de la satire et de la psychoi morale, rivaliser avec le chantre de la nature *; de ver étroitement fondus dans l'œuvre de Thomson plusieurs âges descriptifs très bien venus de ce même poète qui essait pour la pure description un si parfait dédain '. Et

A coup silr il comprenait le caractère particulier du vers blanc quand [Tait ces vers de Thomsoo :

« The human mind lias iost that Harmony ineffable »

(Spring, 327, 328.) ! remplaçait par :

• Now the disleinper'd mind Uas Iost that concord of hannonious powers. »

^s preuves abondent, dans ces corrections, qu'il n'avait pas, pour le <le Shakespeare et de Millon, le dédain qu'il affichait parfois, comme )ur où. Voltaire lui demandant pourquoi Milton n'avait pas rimé le ira(li<t Perdu », il répondait : « Because he couid not •. Thomson avait écrit {Spring, v. 417 de l'édit. de 173S) :

• The forest running round, the rising spire »,

ope substitue :

« The forest darkcning round, the glittering spire. »

^correction a été adoptée. Elle ajoute très heureusement deux notasdeiïets lumineux.

U jolie comparaison qui semble si bien faire corps avec tout le reste épisode de Lavinia, dans 1' • Automne », est de Pope :

H As in the hollow breast of Apennine A myrtle rises.... •

(Autumn, 209 et suir.)

^st parfois plus thomsooien que Thomson lui-môme. Voici quelle était, 9 le texte de 1738, l'explication du déluge :

- When the disparting Orb of E!arth, that arch'd Th' imprison'd Deep around, impetuous rush'd With ruin inconceivable, at once Into the gulph, and o'er the highest Hills. *

{Spring, 357, éd. 1738.)

^pe propose de remplacer cela par ces vers, qui ont à un bi^u nuiic '•"é l'énergie riche et sonore des grandes descriplious des • Saisons •» :

.... • Deep-cleft dispnrting orb, that arch'd The rarefy'd Abyss, whose searching stenms Expansive sought a vent, impetuous rush'd With universal lapsc, into the gulph, And o'er the high-pil'd hills of fractur'd earth Wide dashed », etc..

cependant rien n'est moins douteux que cette collaboration. Le Rév. J. Mitford acheta un jour pour un schelling et demi un volume des Œuvres de Thomson dont les marges contenaient de nombreuses corrections manuscrites. C'était un exemplaire du premier volume de Tédition de 1738, et les annotations étaient toutes de la main de Pope ou de celles de Thomson. Le précieux exemplaire est aujourd'hui à la Bibliothèque du Musée Britannique, et nous y pouvons suivre minutieusement le travail des deux amis *. Nous y voyons les propositions de Pope, quelquefois efîacées, puis rétablies par Thomson ; parfois aussi défmitivement éliminées ', mais beau-

ou par ceux-ci (car il expose deux versions différentes) :

« Deep-clefl disparting orb, that arch*d The ccniral walcrs round, impctuous rushed With universal lapse into the gulph, Wide-dashed •, etc.

Parfois même il trouve des vers d'inspiration vraiment miltonieone. Thomson avait écrit (Winler, v. 137, éd. 1738) :

<i Through the loud Night, that bids the Waves arise »,

et Pope remplace ces expressions peu précises et banales par :

u Thro* the biack Night that slts immense around. »

i. L'écriture élégante et menue de Pope y est aussi nettement reconnaissable que l'écriture ample et ferme de Thomson. Mr. P. Cunningham avait énoncé quelques doutes sur cette attribution à Pope et croyait reconnaître récriture de Lyttellon. MM. Combe et Ellis, de la Bibliothèque d" Musée Britannique, ont étubli, par une comparaison avec d'autres maouscrils, que les notes sont, sans le moindre doute, de la main de Pope.

Les notes de Thomson sont écrites tantôt à l'encre et tantôt au crayon» celles de Pope toujours à l'encre. Et l'on est surpris de trouver, adhérant encore au papier, des traces de la poudre mélalliqne dont l'auteur de 1^ « Dunciade • se servait pour sécher son encre pendant ce travail d'obligeant^ confraternité.

L'exemplaire qui avait été acheté par Mitford 1 sh. 6 d. (un franc soixante quinze centimes) fut, à sa mort, adjugé au prix de 46 livres (1 150 franco)' Il figure au catalogue du British Muséum avec cette cote : C. 28. e.

2. Thomson déclare en différents endroits qu'il préfère, dans un jardii^f un peu de désordre naturel à un excès de régularité. Il avait écrit :

• Dewy bright And in yon mingled wilderness of flowers. •

{Spriug, v. 486, éd. 1738.)

Pope voudrait que ce jardin ressemblât plus au sien et remplace par :

« In that wild Or those mingled beds of cboicer flowers. *

VIE A RIGHMOND. 149

up plus souvent conservées. Rien ne saurait donner une ée plus fistvorable des deux poètes que l'étude attentive du *lume dû à cette union de leur génie. Pope y apporte un ns critique aiguisé, précis mais non pas mesquin ni tatillon ; est sincère sans risquer de blesser par un excès de sévérité; surtout, nous l'avons dit, il se pénètre de l'esprit du poète du poème avec une entière bonne foi. S'il est impossible ail cesse entièrement d'être lui-même *, il s'efforce cepenant, sans jalousie et sans parti pris, d'améliorer l'œuvre. Il rrive à y insérer sa marqueterie avec [un tel succès qu'il est )rt difficile de la distinguer parmi les vers de Thomson. lelui-ci de son côté accepte toutes les critiques fondées, avec ne simplicité virile. Il reste assez modeste pour savoir proiler des avis utiles, même quand ils impliquent un blâme *. ^t d'autre part il conserve l'entière indépendance de son juge-

lais Thomson tienl bon el biffe les plates-bandes de fleurs rares. Ailleurs, le texte du poème portait (Autumn, v. 395, éd. 1748) :

« Of the worst monster ever howled the waste n.

« verbe était peu satisfaisant et Pope le remplaçait par « trod ». Thomson

*ouve le terme vague et peu propre à suggérer une image; il s'arrête &

roamed '«qui est resté la leçon déflnitive.

^•11 a, par exemple, introduit dans les « Saisons • quelques-uns des vers

antithèses ou à scintillement de mots qui s'y trouvent. Dans l'épisode de

avinla,

« Thou wilt add that bliss That dearest bliss, the power of blessing thee »

{Aulumn, V. 293) l de Pope.

'• II $<upprime par exemple, conformément à Tavis de Pope, des passages ^nrs ou de construction pénible tels que celui-ci :

« But yonder breathing prospect bids the Muse Throw ail her beauty forth, that daubing ail Will be to what I gaze : for who can paint

Like Nature? •

(Spring, v. 427, éd. 1738) '1 garde seulement :

• Behold, yon breathing prospect bids the muse Throw ail her beauty forth. But who can paint », etc.

' est vrai que le reproche d'obscurité ne le touche pas toujours autant, ïi'a pas consenti à sacrifier, malgré l'avis de Pope, ces trois vers de ' Automne » :

« And, stretching street on street. by thousands drew, From twining woody haunts, or the tough yew To bows strong-straining, her aspiring sons. >

loO JAMES TnOMSON.

ment en face d'un confrère pins famenx. Il n'hésite pas à aflirmer Jes droits de son génie dans les cas où la' critique de Pope lui paraît affaiblir l'image ou la pensée que lui-même a voulu exprimer.

Cette édition des a Saisons » était publiée par Millar au mois de juin 1744. Woodfall en avait imprimé 1 500 exemplaires. Le mois suivant, dans le même format in-8, Millar publiait une nouvelle édition du premier volume des Œuvres *, et, au mois d'août, une réimpression en un seul volume d'à Agamemnon d et d' a Edouard et Éléonore » *.

Enfin, durant cette année 1744, Mr. Lyttelton arriva aux affaires, dans Tadministration qui succéda à celle de Rob. Walpole, et devint un des lords de la Trésorerie. Il fit aussitôt profiter son ami de son influence, et lui assura, dans l'administration des douanes, la place de Suin^eyor-General of the Leeward Islands. Cette direction des douanes des Iles Sous-le-Vent pouvait beureusement s'exercer de loin. Ou. plutôt le titulaire ne dirigeait rien et se contentait d'envoyer un substitut auquel il abandonnait partie des émoluments. Thomson fit choix de William Paterson, l'ami obligeant qu* avait recopié son manuscrit d' « Edouard ». Il lui restait encore, après avoir payé son lieutenant, un revenu de trois cents livres. Avec les cent livres de pension du prince de Galles, notre poète se trouvait donc pourvu, indépendamment du produit éventuel de ses travaux littéraires, d'une large aisance.

Dans un des recueils de correspondances de ce temps, nous relevons une mention de Thomson qui paraît avoir échappe à ses biographes. Elle offre cet intérêt de nous le montrer en relations d'amitié avec un des plus illustres parmi ses contemporains. Richardson, après la publication de « Paméla h en 1740, et celle de la suite qu'il crut devoir y ajouter un an plus tard, était déjà un personnage célèbre, quand HiU le

1. Tirage à 1500 exemplaires. L'année suivauto, tirage supplémentaire de 500 exemplaires. (Woodfall's Ledger, 26 juin 1745.)

2. Tirage à 250 exemplaires. (Woodfall's Ledger, 26 août 1744.)

VIE A RIGHMOND. 151

hargeait, le 24 juillet 1744, de remerciments et d'amitiés our Thomson *. Notre poète ne se doutait guère que le digne jmraerçant qui venait, sur le tard, d'écrire ce récit familier touchant, inaugurait une forme d'art nouvelle et apportait solution du grave problème alors posé devant les écrivains les critiques. La première moitié du xviii' siècle s'était îoulée sans avoir vu naître une école dramatique nouvelle. e public continuait à demander aux poètes les plaisirs que la êne anglaise avait su lui assurer dans la longue période qui i, presque sans interruption, de Marlowe à Otway. Et les )ètes, pour satisfaire ce désir, continuaient à alimenter le léàtre de tragédies sans vie, qu'ils avaient élaborées sans ithousiasmeetsans foi, que les auditeurs écoutaient sans émo- )nni plaisir. Cette antinomie entre les aspirations du public l'impuissance d'un genre épuisé pouvait se prolonger longfnps. Comment rajeunir et raviver la tragédie? Home devait ns quelques années la faire briller d'un nouvel et fugitif lat; mais la vraie solution était apportée par Richardson. Le man mettrait fm à la longue agonie de la tragédie en la ant définitivement. Et il la remplaçait par la forme d'art la us souple, la plus plastique, la plus propre à se transformer on les variations du goût, des milieux et des temps, rhomson, pas plus sans doute que Richardson lui-même, voyait aussi loin dans l'avenir. Il persistait à croire qu'une nne tragédie ne demandait qu'une application conscienuse des règles du genre, avec ce que le talent de chaque eur pouvait communiquer de noblesse ou de grâce au lan-. je des personnages mis en scène. Ses tentatives de rénova- 1 n'allaient pas au delà d'une imitation des hardiesses de taire. L'œuvre qu'il achevait en 1744 emprunta, comme Idouard et Éléonore », son sujet aux temps modernes, et I pas à l'antiquité classique *. Cette quatrième tragédie fut

• .... To the author of Ihc Seasons will you be so good as to relurn tbanks for his rememberiog an old friond who, Ihough he had still

I forgotlen on, would notwithslanding Ihat, havc yearly Iraced him id wilh new delight from Spring qiiite down to Winter. • (Hîll à lardsoD, July 24, 1744.)

II a élé fourni à Thomson par un épisode de Gil Dlas, \iy, IV,chap.iv: Mariage par vengeance ».

I revanche, la tragédie anglaise a été imitée, ou plutôt traduite en ce, par Saurin, et représentée le 2o septembre 1763 sous le titre de

152 JAMES TnOMSON.

jouée à Drury-Lane on mars 1745. Il ne s'agissait plus cette fois de l'œuvre d'un auteur ignoré ou d'un homme de lettres besogneux. La tragédie se présentait au public avec les plus nobles répondants. Lyttelton et son cousin, Mr. Pitt, avaient suivi les répétitions avec une extrême assiduité, donnant aux acteurs des conseils que ceux-ci écoutaient avec respect et suivaient avec confiance*. Ce n'pst pas, pour la mémoire de Thomson, un médiocre honneur que ces preuves d'amitié du futur lord Ghatham. Le grand orateur était un fin lettré dont le jugement s'appuyait sur un savoir étendu et solide*. Garrick jouait le rôle de Tancrède'. Le prince de Galles accepta la Dédicace, en sa qualité de « protecteur de tous les arts et de toutes les sciences et, en particulier, des œuvres dramatiques * ». Le succès fut beaucoup plus complet que pour aucune des autres tentatives faites par l'auteur à la scèa©- L'œuvre fut chaudement applaudie, comme l'atteste Walpol^» un des critiques les plus malveillants de Thomson *. Woodf3.n imprima pour Millar 5000 exemplaires, plus 50 exemplaiï*^ de luxe °. La faveur rencontrée par cette tragédie auprès du public anglais persista pendant de longues années. Nomt>re d'éditions en paraissent sans épuiser la vogue dont elle est

Blanche et Guiscard. La traduction avait été publiée d'abord dans le Me' cure de janvier et de février 1761.

1. « Those preat persons (Pitt and Lyttelton) had taken npon IhemseW^^^ the patronage of Thomson's Tancred and Sigismunda; under their direc-^" tion and induencc, it was acted at Drury-Lane. » (Davibs, Life of Garriek^ vol. 1, p. 78.)

« Tlie two great statesmen, Pitt and Lyttelton, attended the rehearsal o Tancred and Sigismunda with great assiduity; they had a sincère value for the amiable author. Their instructions were heard by the players with great respect, and embraced with implicit confidence. The play was well acted in ali its parts. •

2. On rapporte de lui qu'il pouvait également éclipser Gibbon dans une conversation, battre les humanistes les plus experts dans une traduction improvisée, et, à un souper shakespearien, « parler Shakespeare - de façon à humilier tous les assistants, y compris Porson lui-même.

Sa prédilection pour le théâtre datait de loin. A treize ans il avait écrit une tragédie. (Voir The Life and Letters ofLord Macaulay by G. Trbvbltak, Macaulay's Diary, July 17, 1856.)

3. Les autres rôles étaient tenus par Sherridan et Delane, Mrs. Cibber et Miss Budgell.

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