‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 56 sur 272 · Hagley, September · texte numérisé non relu

Hagley, September

* .... God's wiil be done! It bas pleascd bis Providence to arflict me iately with a new atroke in tbe sudden death of poor Mr. Tbomson, one of l^e £est and most beloved of my friends. He loved my Lucy too, and was l^^^d by ber. I bope and trust in Ibe Divine goodness Ibat tbey are now ^^ether in a much bappier slale. Tbat is my consolation : tbat is my ^^Pport.... » (Lettre au Dr. Doddridge, dans Philumore's Memoirs and ^f^espondence, etc., vol. I, p. 407.)

^. • London, November tbe 7'^.

I * •... Tbomson, I bope and believe, died a Cbristian. Had be lived longer ^on't doubt but be would bave openly profest bis faitb; for be wanied ^^ courage in wbat be tbougbt rigbt, but bis mind bad been mucb per- ^^^xed witb doubts, wbicb 1 bave tbe pleasure to tbink my book on ^.^ Paul bad almost entirely removed. He told me so bimself, and in bis ^\ckoess deciared so to otbers. Tbis is my best consolation in tbe loss of ^im, for as to tbe beart of a Cbristian, he always bad tiiat in a degree of

Nous ne saurons vraisemblablement jamais ni quelle part la politesse et l'amitié purent avoir à l'assentiment donné par le poète aux démonstrations du noble théologien, ni à quel point TalTection en même temps que la vanité ont pu influer sur Topinion qu'exprime Lyttelton au sujet du résultat de son prosélytisme.

Là ne se bornait pas la sollicitude de Lyttelton. il se préoccupait du bonheur de son ami dans ce monde aussi bien que dans l'autre. Une des lettres de Thomson * répond à la proposition d'un mariage. Le poète s'est donné le temps de réfléchir, et il se décide à refuser. 11 est plein d'estime pour les « bonnes et dignes qualités » de la personne dont on lui parle, mais « elle ne fait pas son caprice * ». Et il est, dit-il, d'âge trop avancé pour vouloir se marier, s'il ne se sent ranimé et, pour ainsi dire, rajeuni par une grande flamme d'imagination*. Aussi conclut-il que, placé entre les exigences de sa raison et celles de son imagination, il restera sans doute à jamais exclu du saint état de mariage *. Il fait une discrète allusion à miss Young, sans donner, comme motif réel de son refus, le souvenir encore si vif du drame de sa vie. Mais il est poui nous apparent que c'est la pensée de cet amour malheurea^ qui communique à toute la lettre sa teinte de mélancolie.

Au moins désire-t-elle voir son jeune ami en agirautreraen t Il faut du reste convenir que, pour l'engager à se remarier, i a recours à d'assez étranges arguments. Lyttelton, tout attrist de la mort de sa chère Lucy, dit qu'il ne pourra jamais apporte dans une seconde union un pareil amour. Tant mieux, réponi Tliomson, car vous ne risquerez plus, si vous perdez auss celle-là, d'éprouver une si grande douleur. Quant à prétendre

perfection beyond niost inen 1 liave known (Lettre à Doddridge dan

Puillimoke's -Wtv/î';//'*, (.'le, vol. I, p. 409.)

1. Kew-Lane, Dcccniber 14, 174". (Piiillimohe's Memoirs and Correspon dence, vol. I, p. 307.) La proposition a été transmise par ce Mr. Gr.iy, d Richmond, dont le nom revient plusieurs fois dans les lettres do ces der nières années. « Mr. Grav discliarged liis commission faithfully, and witi very décent grnvity. «

2. « As I lold you before, she does not pique my imagination.... T strike one's fancy is Ihc same in love thaicharity is in religion. •

3. « I am too niuch advaiiced in life to venture to marry, without fee inR niyself invigurated, and made as it wcre young again, with a groa flame of imagination. *

4. « What betwixl judgment and fancy, I shall run a grcat risk of neve entering inlo Ihe lioly state. »

VIE A iUCIIMONU. ir>l»

ijuun no piiissi' pas aimer deux l'ois, c'est niie a>.^erliuii « con- 'laiiiinV pai" la pliilosophic ' «.

kiiis une lettre antérieure de moins de trois mois, et aJresséti, de llagley, à sa sœur, Mrs. Thomson, (!(» Lanark *, Thomson s'était expliqué déjà sur le même sujet. H ne s'est point marié plus tôt, dit-il, à cause de la nature précaire et variable de ses ressources. Et si elles se trouvent alors fort améliorées, il se sent trop avancé dans la vie pour tenter une entreprise aussi juvénile ^

1. • If yoii canDOl again love so cxquisitely as you hâve donc, so much tbct)elter; you will not ihen risque bcing so misérable. To say tliat orie cannol love Iwice. is utterly unphilosopbical. • — La lo^^ique de Thomson parait avoir convaincu Lyttelton, car, après avoir calmé sa douleur en rexprimanl dans les strophes do sa Alonody, il se remaria.

-• C'est Ji^an Thomson qui venait depuis puu d'épouser Mr. Thomson, iosliintcur à Lanark.

^' • Ha>:lcy, in Worceslershire, Oclober Ihe V*", 1747. ■•.-. .\ly circunistances bave hitberlo been so varinble and uncertain, in 'his fluctuating world, as lo induce me to keep from enga^ing in such a ^ttlc; and now, though tbey arc more setlled.... I bcgin lo Ihink myseir ^0 far advanced in life for such youlbful uudertakings. »

Nous ne pouvons cependant passer sous silence une autre explication W n été proposée de cette persistance avec laquelle Thomson repousse les "i^ilations de ses amis désireux de le voir prendre femme.

^' Taylor s'exprime comme suit dans le xv* chapitre de ses souvenirs ^^'•corf/j ofmy Life, London, 183'J) :

• Mr. G. Chalmers wbosc industry, research and learning are well

*^nown, told me the following remarkable fact on which bc assured me I

]^î:!ht confldenlly dépend. He bad beard that an old bousekeepcr of

/homson's was alive aud still resided at Richmond.... He wenL... Shc

"^formed him that Thomson bad been actually married in early life, but

y\^^ his wifc... was so litlle calculated to be inlroduced to bis great

^''■«nds, or indeed bis friends in gênerai, that be bad kcpt lier in a state of

J^l^scurily for many years, and wben at last ho... requircd lier to couie and

^^0 wilh him at Richmond, bc still kepl ber in Ihe same sccluded state,

^ 'bat she appeared to be only one of Ihe old domestics of the family...,

^ lengtb she asked bis permission to go for a fcw weeks to visit lier

relations in IbcNorth;... but \vben in London she was tliere taken ill and

"^ îi short time died. The news were immediately conveyed to Thomson

^^^o ordered a décent funeral, and she was buried, as the old housekeeper

'*^id, in the cburchyard of old Marylebonc Church. •

* Mr. Chalmers immediately went and examined the church rt?gisler, ^*Uere he found the following entry : « Died, .Mary Thomson, a slrariger. m ^ ^^us we find that the letter from Thomson to his sisleraboul bis not having '^^rried is faliacious. »

fest-il besoin de faire remarquer Tinvraiscmblance de cette histoire? Il ^^Udrait que le secret do Thomson eût été bien gardé pour que nul do ^^s amis n*eût soupçonné la vérité, et que Lyttelton insistât pour le ^^cider à se marier. — La seule présomption de vérité qu'on pourrait invoquer co faveur du récit de Taylor ou de Chalmers, c'est la constata-

Le début de la iiièine lettre contient une allusion émue aux parents perdus. Tant d'années écoulées n'ont fait oublier à notre poète ni leur chère alïection, ni la reconnaissance qu'il leur doit. Il donne aussi un souvenir attendri à Élizabeth ',sa sœur préférée, Tassocié de Jean dans l'entreprise pour laquelle il les avait, en 1737, aidées de ses conseils et de son argent'. Elle avait épousé un Mr. Bell qui, après la mort de sa femme, avait conservé d'affectueuses relations avec les Thomson. Jean et James engagent leur beau-frère à se remarier '. — La fin de la lettre laisse entendre que le poète a quelque intention d'aller faire un voyage dans son pays natal. Il ne Ta pas revu depuis son départ en 1725.

Cette lettre, avons-nous dit, fut écrite pendant un séjour à Hagley dans Tété de Tannée 1747 *. La date exacte de l'arrivée du poète chez Lyttelton nous est fournie par la lettre d'un de ses confrères. Shenstone écrivait le 20 septembre : « Comme je reve- « nais de l'église, dimanche dernier, qui vins-je à rencontrer a dans une chaise à deux chevaux attelés en file, sinon ce barde a et cet excellent ami, Mr. Thomson? Je le complirtientai sut c sa venue dans le pays et le priai d'accompagner Mr. Lyttelloi^ c aux Leasowes ^ Il m'assura qu'il le ferait avec infiniment d^ a plaisir et nous nous séparâmes. » Cette visite eut lieu en effet 5

Uon de l'inscriplion au registre de Marylebone-Church. Mais celte pré^ tendue vérification est entièrt^mcnt fausse, comme l'établit la note su>' vante : • .... I hâve examined Ihe regisler of Marylebone parish durin^ tlie whole of Thomson's présence al Richmond... Only one Thomson (Anne) is menlioned, iinder date October 17i5; no mention of her bein^ a stranper ».... — W. T. Lynn-Blackhealh. {\otes and Quenes, 6* série, vol. IV, p. 46.)

1. • Would to God poorLizzy had lived longer... that I might bave had the pleasure of seeing once more a sisler, who so truly deserved my esleem and my love. »

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