Canto ly strophes uui, lxiii et lxiv
166 JAMBS THOMSON.
naître toute valeur parce qu'il les avait toutes en lui, et qui ne consentait pas à se laisser enfermer dans le palais délicieux du magicien, c'est Lyttelton*. Quin se reconnaît dansTEsope (le Glodius Esopus) de son siècle, le dormeur qui, appelé par la gloire, se relevait comme un géant qu'on éveille, et, prenant possession de la scène, savait tour à tour ébranler les ccBurs et convaincre la raison V Et nous reconnaissons surtout ce barde <t plus gras qu'il ne sied à un barde; qui, ne connaissant € ni l'envie, ni l'intrigue, ni l'âpre soif du gain, a consacré « toujours ses chants spontanés à la vertu et à la nature, et sut c renoncer au monde avec un dédain tranquille. Il riait sans « soucis dans sa confortable maisonnette; il y buvait sans € soucis, au milieu d'un cercle joyeux;... il se décidait ave< c peine à écrire ses doux chants, et n'aimait pas à les réciter'. C'est Thomson lui-même qui, dans le premier vers, nous prt sente sa personne avec une spirituelle bonhomie, et c'est Lyl telton qui s'est chargé de finir la strophe. Nous connaissor maintenant assez bien l'original pour pouvoir constater 1 ressemblance du portrait.
L'homme de Dieu petit, replet, gras et onctueux c'es Murdoch, chez qui Thomson s'est plu bien des fois à railler 1 mélange de convoitises très mondaines avec une expressio de pieuse Immilité*. Une autre strophe, qui ne paraît pas dan la première édition, montrait, sous les traits d'une nympli contre laquelle les charmes du magicien restent impuissant la femme de Lyltelton.
Il n'est pas sûr que le poème ait rencontré dès son appar tion tout le succès qu'il méritait. La forme en est si diflféren du vers de Pope que l'on ne sentit pas d'abord tout ce qi supposait d'art aciievé ce gracieux badinage. Un connaisse) aussi délicat que Gray pouvait lire ce chef-d'œuvre exqu sans en comprendre la valeur ^ Et cependant l'influence s les poètes fut prompte, et elle fut considérable. Au lend