‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 62 sur 272 · S«wwîer · texte numérisé non relu

S«wwîer

5. Le comte de Buchan dit que le poète fut enterré dans VéglUe, dessous du point où furent ensuite établis les fonts baptismaux. 11 sein qu'il ait dû être exactement renseigné; cependant les indications < nous donnons nous ont été fournies directement par Mr. Procter, Tt'* du révérend canon Procter, curé de Saint-Mary Magdalene.

6. • An Epilaph on the admirable Dramatic Poet, W. Shakespear. » i^^

Lyttelton et Mitchell s'occupèrent des soins de sa succession. Le 25 octobre 1748, ils étaient déclarés administrateurs au nom de Mary Craig '. La vente de la petite maison de Kew-Lane et de tout ce qu'elle contenait eut lieu le lundi 15 mai 1749, et rapporta quelques centaines de livres *. Ils se crurent surtout

1. • Extracted from the Régis try of the Prérogative Court of Ganter bury. - Oclober 1748. James Thompson (bîc). On the twenty fifth day admôn of ail and singular the good.s chattles and crédits of James Thompson late of Richmond in the county of Surry t)atchelor deceased was granted to Ihe Hon^* George Lyttleton (sic) Esq'* and Andrew Mitchell Esq^ the Uwfuil attorneys of Mary Craig formerly Thompson (wife of William Craig) the firal and lawfull sister and next of kin of the said deceased for the use and benefît of the said Mary Craig now residing at Edinburgh heJQg flrst sworn duly to administer.

Charles Dyneley, etc. Deputy Registers. »

2. La vente de la maison et du mobilier, le produit des représentations Et de la publication de « Coriolan • laissèrent aux deux sœurs du poète après Nement des dettes de la succession, une somme assez élevée. L'hérisse était fort utile à Tune d'elles. Mr. Craig, le mari de Mary, nt de mau- ^(ises affaires, et en vint à accepter l'humble situation de massier de la 'Orporation des marchands d'Edimbourg.

Le catalogue de la vente des biens et effets de Thomson existe encore ^oir }iotes and Queries, 17 mars 1835 et février 1862). Les Culloden ^opers en avaient donné d'intéressants extraits. Nous avons plus haut *^i'lé de la bibliothèque et des gravures (voir p. 113). Le mobilier proprement dit était fort simple; le tout en est estimé à une valeur de 66 livres, ' schellings. Parmi les objets énumérés figurent une épée à poignée d'ar- ^nt et une épée de deuil. La cave contenait un certain nombre de bouilles de bourgogne, de porto, de bock, de madère et de vin du Rhin, ^ Il bière d'Edimbourg et de Dunbar. 11 n'est pas fait mention de ^•ritneux.

«'obn Forbes acheta le « Shakespeare » de TheobaldJ'* Histoire » de Raleigh, * Oceana • de Harrington, et d'autres ouvrages qui sont restés dans la bliolhèque de Culloden House. Les gravures et les dessins furent acquis i* Mr. Gray, un marchand de comestibles, dit Robertson, mais plus proviennent le Mr. Gray qui devint recteur de Marischal Collège Aberdeen. 'ant à la maison, elle fut achetée par Mr. George Ross, un ami du (ite, qui devint plus tard membre du Parlement. Elle appartint ensuite ^Ti. Boscawen, veuve de l'amiral, qui, fervente admiratrice de Thomson, Q^orça de conserver son souvenir dans la maison où il avait vécu. Elle tlaura, dans une partie retirée du jardin, le pavillon où Thomson avait né à rêver ou à écrire. Elle en orna les murs de tablettes et d'inscrip* ns appropriées; elle y dressa un buste du poète avec cette inscription :

Hère Thomson sung The Seasons, and their change.

xis ce kiosque elle plaça la petite table sur laquelle le poète avait

des devoirs envers la gloire de leur ami^ et firent le nécessaire pour assurer la représentation de la tragédie qui depuis si longtemps était prête pour la scène. Ils retirèrent la pièce

disait-on, écrit la plupart des vers de ses dernières années. La principale des inscriptions était celle-ci :

« Within this pleasing retirement,

allured by the music of the nightingale

which warbled in soft unison,

to the melody of his souI,

in analTected checrrulness,

and génial, though simple élégance,

lived

Sensibly alive to ail the beauUes of nature,

He painted Iheir images as they rose in review;

and poiired the whole profusion of them

into his inimitable

Seasoks !

Warmed with intense dévotion

to the Sovereign of the Universe,

its flame glowed through ail his compositions.

Animatcd with unbounded benevolence,

with the tenderest social sensibility,

he never gave one moments pain,

to an y of his fellow-crcatures;

save, only, by his death,

which happened at this place,

on the

27 '" day of August, 1748. •

L'année même où mourut Mrs. Doscawen, en 1805, un voyageur am^^^' cain, visitait la maison de Kew Lane et le pavillon où avait écrit ThoiD?^*|'' (A Journal of Travels in Englandy Holland and ScoUand in the years iSO '> t806, by Benjamin Sillimen, 2 vol., New- York, 1810. Compte rendu dan» '* Quarterly Review, vol. XV, p. 558.) — Cbalmers avait reçu de la goo^*^' nanle du poète quehiues objets qui lui avaient appartenu : une tabl^ déjeuner, des salières d'un modèle suranné, etc. (VoirTAYLOR*s/?ecorrf*, c*f'* clmp. XV.) 11 faisait boire son ami J. Taylor dans un verre où avait^ ** l'auteur (les « Saisons -; en foi de quoi Taylor lui adressait une petite pi^^ rimèe dont voici le tilre et la première strophe (il y en a quatre) :

« To George Chalmers Esq.^ the Possessor of a Table and Wine- Glasses which ôelonged to Thomson the Poet

Friend Chalmers, 'tis a noble treat At Thomson's hallowed board to meet,

The bard of nalure's sphère, The bard whom, long as âges roU, And nature animâtes the whole,

Taste, virtue will révère. ■

Une chaise fat aussi conservée et figura, nous le verrons plus loin, ààns

DÉVOUEMENT ET AFFECTIOiN DES AMIS. 175

que les directeurs de Drury-Lane mettaient tant de mauvais vouloir à faire paraître, et, le 13 janvier 1749, « Coriolan » était joué à Covent-Garden. Quin remplissait, comme l'avait désiré l'auteur, le rôle principal. Il vint, vêtu de noir, selon Tantique usage, dire le « Prologue » qu avait écrit Lyttelton '.

une cérémonie tenue à Ednam, quarante ans après la mort du poète (voir p. !89).

Après Mrs. Boscawen, lord Falmouth devint propriétaire du petit domaine, mais il le vendit presque aussitôt au comte de Shaftesbury.

La maison existe encore aujourd'hui, mais elle a subi entre les mains

de ses propriétaires successifs une transformation qui rappelle celle que

Lyttelton voulait imposer aux poèmes de son ami. Les murs extérieurs

n'en ont pas été démolis, mais ils ont été considérablement surélevés, et

englobés dans une construction beaucoup plus vaste; le toit ayant, bien

entendu, disparu. Quand Howitt visita le lieu, ce qui avait été la maison

du poète formait le grand vestibule de la demeure de Lord Shaftesbury

(Howitt's Homes and Haunts, p. 218-228). Le côté gauche de ce vestibule

correspondait à l'emplacement de la pièce où Thomson se tenait le plus

souvent. On y voyait encore la table d'acajou qui lui avait appartenu, et

sifr laquelle Mrs. Boscawcn avait fait incruster une banderole de bois

blanc portant en lettres noires cette inscription : « On this table James

Thomson constantly wrote. It was therefore purchased of bis servant,

who aiso gave the brass hooks, on which bis bat and cane v^ere hung in

this silting room. F. B. •

Le sixième puis le septième comtes de Shaftesbury et, après celui-ci, la comtesse douairière occupèrent la maison. Cette dernière y mourut, à l'ige de 93 ans, vers la fin de l'année 1866. La propriété est aujourd'hui devenue « the Royal Richmond Hospital ». Lu kiosque a disparu; on a conservé seulement quelques carreaux émaillés.

i'Nous en citons les vers qui peuvent concourir à fixer les traits du caractère de Thomson :

c 1 come not hère your candour to implore

For scènes, whose author is, alas! no more.

No party bis benevolence confin'd.

No sect — alike it flow*d to ail mankind.

He lov'd his friends (forgive this gushing tear :

Alas! I feel I am no actor hère)

He lov'd his friends with such a warmth of heart,

So clear of interest, so dcvoid of art,

Such gênerons friendship, such unshaken zeal,

No words can speak it ; but our tears may tell.

0 candid truth, o faith without a stain,

0 manners gently firm, and nobly plein,

0 sympathizing love of olhers' bliss,

Where will you find another breast lilvC his?

Such was the man, the poet well you know :

For his chaste Muse employ'd her heaven-taughtljre None but the noblest passions to inspire, Not one immoral, one corrupted thought, One Une, which dying he could wish to blot.

Les vers étaient beaux, parce que la douleur qu'ils exp maient était sincère. L'acteur les prononça avec tant d'émoti qu'il dut s'interrompre quelques moments, suffoqué par véritables larmes.

Shiels, le futur biographe ', publiait dès avant cette rep sentation une ode à la mémoire du maître qui venait de dis] raître *. Un autre et plus célèbre poète, Gollins, disait à s tour en 1749 la douleur de ceux qui avaient aimé Thomsc Pour lui, comme pour Lyttelton, la profondeur de l'émoti fournit une inspiration heureuse, et son c Ode élégiaque s la Mort de Mr. Thomson ib est restée un de ses purs che: d'oeuvre '. Il était venu s'établir à Richmond pour s'y trou\

1. C'était un ouvrier typoj^raphe qui, sans éducation première, s'est éU au niveau de bon nombre d'écrivains et de poètes de son temps. II av conçu pour Thomson une admiration enthousiaste, et s'elTorçait d'imi son style. De même qu'il fut le premier à lui adresser an poétique adi il a été aussi son premier biographe.

2. Musidorus : a Poem sacred to the Memory of Mr. James Thomson.

«I Dignum laude virum Musa vetat mori. >

(Hor.)

« London : Printed for Griiïiths, at the Dunciad in Ladgate Street (prie one shilling). »

La date est indiquée par cette note au bas de la page 45 : • Coriolan a Tragcdy written by Mr. Thomson, which is expected to be acted tl season. »

Le poème débute ainsi :

« From lighter Slrains, to sîng the Tragic Thème, Awake, my Muse! while Nature lends her aid, Inspires my bosom, animâtes Ihe lay, And calls forth fancy from her airy seat To wing the sacred flighl.... »

Puis l'auteur passe en revue Ief« diverses œuvres de Thomson, et en vi4 à décrire le caractère du poète défunt (p. 16) :

- Never did Envy slain bis noble breast;

. . . Ile never knew

The idle pomp of life, nor meanly grasp'd At pa«cant greatness; nor with eager eye, Pursu'd the glare of wealth

Le portrait se poursuit ainsi, très consciencieux et très complet, d'^ bliant pas de mentionner que Thomson était, à uhe table.d'amis, un ti joyeux convive.

3. Qui ne connaît ces strophes d'une harmonieuse mélancolie? Le tbëc principal sur lequel se déroulent les variations de ce flûtiste exquis (}■ fut Gollins, c'est l'union et comme la solidarité du poète pleuré avec nature au milieu de laquelle il vécut, qu'il chanta et où il dort l'étero

dans lé voisinage de Thomson ; il quitta cette résidence après la mort de son ami. Elle lui était devenue, disait-il, odieuse. Murdoch s'est plaint que les confrères du grand poète aient négligé, à la seule exception de Collins, de lui faire de poétiques adieux. Il oublie le Musidorus de Shiels et l'hommage rendu par plus d'un autre écrivain. Mendez, un des amis du cercle de Thomson à Richmond, est sans doute l'auteur d'une poétique épitaphequ'a publiée Johnson *. Shenstone consacrait plusieurs strophes à l'auteur des c Saisons » dans deux pièces de vers dont l'une au moins est de Tannée 1748 '. Et pendant

ummeil. Aucun trait ne s'y rapporte au caractère de Thomme. Mais ThomsoD n'aurait pu souhaiter un autre chaut funèbre que cette petite pièce où, par une inspiration du cœur autant que du génie, Collins a uni dans l'expression de sa douleur tout ce qu'avait chéri le poète disparu et tout ce qu'il a chanté : les amis auxquels il donnait sans compter le meillear de sa vie, la nature dont il est resté le chantre suprême et comme le poète-lauréat, et même ces créatures auxquelles ont foi l'imagination populaire et celle des poètes, ces génies et ces fées à qui l'auteur du 'Cbâleau d'Indolence • avait Tun des premiers rendu leur place dans la littérature de son pays.

Page 1