Uight well I wote, most miphty Soveraine
That ail this famous antique history Of some th' abundance of an ydie braine Will judged be, and painted forgery,
Sith Done that brcatheth liviug aire does know
Where is that happy land of Faery,
NVhich I so much doe vaunt, yet no where show. »
(The Faerie Queene, Bk. U, i.)
2. ti A chaque détour d'allée, à chaque changement du jour, une stance. un mot fait entrer un paysage ou une apparition. « (Tainb, Histoire de l(^ Littérature anglaise^ t. 1, liv. II, chap. i.)
mplaisance; il n'y déploie pas une moindre richesse de loris. Sans doute ce n*est pas le monde réel. Peut-être le )ète a-t-il voulu se garder d'une dissonance possible, en évi- Ht de placer, au milieu des scènes et des formes qui nous )nt familières, la foule hétérogène et brillante de ses personages : dieux païens et satyres, chevaliers et allégories du noyen âge, enchanteurs et nobles dames des poèmes italiens, îéants et fées des légendes populaires. Nulle surprise donc- si lous trouvons à la t nature » de Spenser le même caractère le fantaisie audacieuse. Il remplace volontiers les forces du nonde matériel par les poétiques entités de l'antique mythoogie. Il aime mieux reproduire ou imaginer un mythe que loier exactement les phénomènes visibles. Une pluie d'orage îst déversée par Jupiter irrité sur le sein de sa maîtresse *. Aux 'ris d'effroi poussés par une vertueuse héroïne, les étoiles se fondent et tombent comme des larmes. Phébus, pour fuir on spectacle révoltant, recouvre d'un nuage épais son visage rougissant et se cache de pure honte *.
Et cependant, de même que tous les habitants du ce Pays Féerique » ne restent pas à l'état de vagues chimères, parce ^lu'ils ont reçu le don de vie,. qui les dispense de la vraisemblance, de même aussi les paysages parmi lesquels la fantaisie du poète les promène conservent avec la nature quelques points de contact. De tous les phénomènes du monde sensible,
1' ft The day with cloudcs was suddcine ovcrcast.
And angry Jove aa hideous storme of raine Did pourc into his Lcmans lap so fast, That everie wight to shrowd it did conslrain. n
(The Faerie Queene, Bk. I, canto I, str. vi.)
ï^eul-être, il est vrai, avons-nous aiïaire ici à Virgile plus encore qu'à ^penser. Le poète anglais s'esl cvidcmmcnt souvenu des u Géorgitjues » :
« Tum pater omnipotens fecundis imbribus œtber Conjugis io gremium lœtœ descendil^ et omnes Magnus alit, magno commixtus corpore, fœtus. »
(Géorgiques, liv. Il, v. 323.)
^* « The pitteous maydcn, carefull, comfortlessc,
.... with loud plaintes importuneth the skyes, That molten starres doe drop like weeping eycs; And Pbœbus, nying so most sbamefuU sight, His blushing face in foggy cloud implycs, And hydes for shame. »
[The Faerie Queene^ Bk. I, canto VI, str. vi )
le poète s'est attaché à celui qui, par son caractère infinimeot variable, se prête au.^^ jeux capricieux de ses créations, et dont la magie propre défie les plus merveilleuses visions de Tart. Spenser ne nous donne guère de paysages aux formes arrêtées, aux couleurs franches et vraies; mais il a fait sien le monde de la lumière. Le soleil ruisselle dans son poème, dore et fait briller tous ces groupes chatoyants qui s'y meuvent. Et ce n'est pas seulement du grand éclat lumineux qu'est frappé l'artiste. Il observe et enregistre les effets les plus subtils de la lumière réiléchie et brisée. On peut se demander si jamais poète avant lui a fixé dans ses vers les délicatesses du clair-obscur. < Le « jeune chevalier ne se laissa pas arrêter, mais pénétra dans la « sombre caverne, — et regarda. Son armure brillante produi- « sait — une faible lumière sombre, très semblable à l'ombre, a — et il put voir distinctement le monstre affreux '. »
Un pareil sens de la lumière, si vif et si juste, contribue puissamment, on ne l'a pas assez remarqué, à cette illusion