Paradise Lost,' Qk H, v
3. « He called so loud thaï ail the hollow dcep or hcU reàounded. -
{Paradise Lost, Bk. I, v. 314, 315.)
t, une influence bonne et salutaire pour nos passions; moitié de la création qu'il tend à associer étroitement à autre partie qui est le monde des âmes. On peut suivre les œuvres poétiques de sa jeunesse le développement ette conception du rôle des choses et de l'harmonie de vers. Déjà VAllegro et le Penseroso unissent V a état le j> qu'ils expriment aux spectacles de la nature. Le plaisir promet à ses fidèles Euphrosyne, la fille de Zéphyr et Aurore, c'est avant tout la jouissance des formes et dos eurs des choses, l'éclat radieux du soleil, les sons et les ums de la campagne '. £t de même, au premier rang des que la divine Mélancolie assure à ceux qui la suivent, le c place la contemplation de la nature sous ses aspects de trantc et délicieuse tristesse. Ilnouspeintavec ravissement larme des belles nuits où, au-dessus du chêne familier, hia arrête son attelage de dragons, où le rosignol, c si )dieux et si mélancolique d, emplit de son chant les bois icieux, où la lune semble errer comme un voyageur égaré > les plaines du ciel, où le son lent et grave d'une cloche aine apporte une note si triste et si émue sur le rivage de er sans bornes *.
! Cornus nous présente la même union des réalités matées à nos plaisirs et à nos tristesses. Comus associe aux de la volupté le chœur des astres qui dans leur ronde le entraînent les mois et les années, et les mers dont agues dansent en suivant le mouvement de la lune, et les !s jaunes ou les sources mystérieuses que hantent les et les dryades '. Et, d'autre part, la jeune fille invoque le irs des choses bonnes et pures. Perdue dans la forêt danise elle fait appel à Echo, la douce nymphe *; un nuage le vers elle pour la guider sa frange d'argent '. La nature ;e une saine et vivifiante influence qui s'oppose aux malédu magicien. La pure divinité qui seule peut briser le oir du fils de Circé, c'est la nymphe d'une rivière. Et , dans Tépilogue lyrique qui termine le Masque, l'Esprit proposer à la Vertu, comme récompense suprême, la contemplation des magnificences de l'univers.
* Allegro, passim. — 2. // Penseroso^ v. 56-16. — 3. Comus, v. 112-121. 'bid., V. 230 et suiv. — 5. Ibid., v. 221-225.
236 JAMBS THOMSON.
Lycidas associe plus directement encore la nature à une émotion humaine, a Les saules et les verts buissons de coudrier c n'agiteront plus gaiement leurs feuilles aux doux chants de c Lycidas ^ » Mais c'est la nature aussi qui console Tami laissé seul. Il arrache aux lauriers, aux myrtes sombres, au lierre toujours vert leurs feuilles et leurs dures baies pour honorer Lycidas. Il veut que sur cette tombe les vallées jettent leurs clochettes et les mille couleurs de leurs petites fleurs; il invite les ravins profonds à y répandre Témail de ces jolis yeux qui, sur le gazon vert, boivent les pluies délicieuses *. Et quand sa foi religieuse lui montre, dans la bonté de Dieu et dans le bonheur de Tami perdu, la vraie consolation de sa douleur, il rêve que les vertus de Lycidas lui auront mérité cette récompense de devenir le «c génie » des rives où il est mort\
Enfin les traits de ce genre ne sont pas absents non plus du grand poème plus <( objectif » cependant que ceux dont nous venons de parler. La nature a une sympathie pour rhomme dans le a Paradis Perdu ». Au spectacle de la faute, a la Terre « frémit jusque dans ses entrailles, — et la Nature fit entendre a un gémissement; — le ciel s'assombrit, et, murmurant dans c le tonnerre, pleura — quelques tristes larmes quand le péché « de rhomme fut commis * ».
1. Lycidas, v. 37-i4. — Ce irest pas sur cp point même que nous fondons le titre de Millon à uuc originalilé parmi les poêles descriptifs. La nature attristée par le deuil qui emplit l'âme de récrivain, c'est un des li«"^ communs les plus anciens et ]e^^ plus constants de la poésie. On le trouverait à toutes les époques et dans toutes les littératures depuis ranliquit^ jusqu'aux poètes contemporains. Et, dans la longue liste des pièces & '^ fois descriptives et élégiaques, il faudrait réserver une place d'honneur, entre certains morceaux de Spencer et de Milton, à ceux de Ben Jonson. Dans le Sad Shepherd^ quelques passages inspirés de Théocrite etdeBio" sont au nombre des vers les plus exquis de ce genre, qui est du dumai"^ public de la poésie.