‹ James Thomson, sa vie et ses óeuvresChapitre 83 sur 272 · Voici, par exemple, une description de Gilcs Fletcher · texte numérisé non relu

Voici, par exemple, une description de Gilcs Fletcher

• Tlie flowers-de-luce, and Ihe round sparks of dew Tiiat hung upon their azuré leaves did shcw Like Iwinkling stars that sparkle in the evening bluc. •

(ChrisCs Victory and Triumph.)

11 y a une observation délicate, et faite pour charmer un impressio:*nisle, dans cette notation de la couleur particulière du feuiUage du ii^. U est vrai que, soit pauvreté de la langue, soit désir d^appuycr sur Tobservation, le mol • azuré • exagère le caractère signalé. Mais surtout nous cessons entièrement d'avoir à faire à une sensation vraie, sincèremeol rendue, quand ces gouttes de rosée sur les feuilles du lis sont comparées à des étoiles élincclant sur le bleu sombre du ciel.

Voici de Phiueas Flechler le début d'une peinture du matin :

« The early morn lets ont the peeping day. And strew'd his path with golden marigolds. -

{T/te Purple Island.)

Les vers sont gracieux, et ingénieux à Texcès; mais les détails accumules dans ces deux vers n'ont pas cette précison et celte vérité qui f*'^ le charme de tant de descriptions analogues chez les grands poètes tl^^' criptifs.

11 serait facile de multiplier de pareils exemples; mais il serait de toute injustice de ne pas signaler, en dépit de ce mélange d'une verve moinsi spontanée et d'un goClt moins sûr, de très heureux passages descriptifs chez plus d'un de ces poètes. Les « Pastorales » de William Browne manifestent un vif amour de la campagne. On trouverait chez Wil. Drummond* chez Uabington, chez Herbert, chez Chamberlayne ou Waller, maint petit tableau qui mériterait d'être cité à. côté de la description gracieuse d fraîche du printemps que donne Carew :

• Now Ihal the winters gone », etc.,

ou de ces vers de Vaughan adressés à ce qui fut jadis un arbre :

(i Sure thou didsl flourish once, and maoy springs, Many briglil mornings, much dew, many showers,

Passed o'er thy hcad: many lighl hcarts and wings Wliich now are doad, logded in thy living towers.

And still a new succession sings and (lies,

Fresh groves grow up, and their grcen branches shoot

Towards the old and still enduring skies,

While the low violet thrives al their root. » Etc.

îe de la terre. Et encore, dans ce monde gracieux des fleurs .ont le poète des roses a fait son domaine *, une préciosité avante et la préoccupation de lefTet littéraire nuisent trop ouvent au charme de pièces exquises d'ailleurs -.

Mais après la révolution, après la longue et brutale com- )ression des républicains, après le régime de rude austérité le5 puritains, la réaction est complète contre les souvenirs, les admirations et les aspirations d autrefois. La société de la tleslauration n'avait cure de l'idéal, ni d'un art aux nobles ?t hautes jouissances. Elle vivait pour le plaisir, pour les rancunes politiques et pour les haines religieuses. La poésie se nnt à son niveau. Un théâtre sans profondeur et sans vérité vint lui fournir, avec une mise en scène somptueuse et une déclamation sonore, des plaisirs faciles et vulgaires. Et d'autre part une forme poétique nouvelle apparut, qui, renonçant aux rt'ves d'antan, aux brillantes chimères et aux essors audacieux, ï'evètaitdu langage des vers des satires haineuses ou des dis-

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