‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 137 sur 304 · Spiififj · texte numérisé non relu

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conclusions. La tendance est aujourd'hui de mêler à ces études d'ordre éminemment intellectuel des observations à demi physiologiques. Sans parler des notations de détail qu'ont pu provoquer ces préoccupations nouvelles, elles ont inspiré des ouvrages importants qui conserveront une place dans l'histoire des théories sur l'art poétique, et, par exemple, les Essai> de critique scietitifique de M. Hennequin et l'étude de M. L. Mabilleau sur Victor Hugo.

Quelque illusion complaisante est pardonnable aux auteurs de procédés inédits d'étude et d'analyse. Nous ne croyons pas cependant que les formules nouvelles soient appelées à résoudre un problème jusqu'à présent insoluble. Elles n'auront pas trouvé le secret du génie d'un poète parce qu'elles auront fait « la décomposition de ses divers éléments i», de « l'ensemble « des origines et des conditions de la faculté créatrice... qu'il a a portée dans le domaine de l'imagination poétique * ». Mais, affranchie d'une ambitieuse et irréalisable visée, la méthode est légitime, et l'exemple des ouvrages cités montre qu'elle peut être féconde en résultats intéressants. Il est incontestable que, selon le mot de Taine, il est pour chacun de nous un « rythme spécial de l'appareil des sens » auquel tient notre connaissance de l'univers. Il est juste, il est nécessaire que, dans l'étude approfondie d'un artiste, nous nous demandions quel a été l'instrument de sa perception des choses, quels sens ont joué chez lui le rôle le plus actif, quels caractères distinguent en conséquence ses images du monde de celles qu'en ont données d'autres observateurs. Disons-le dès à présent, pour compléter notre pensée sur ce point, les renseignements, parfois curieux, qui peuvent nous être ainsi fournis ne nous apprendront rien sur le fond même de ce qui est le génie; ils ne nous fourniront pas même un critérium nouveau pour classer les talents. Sainte-Beuve avait depuis longtemps noté que la poésie de V. Hugo ne connaît que deux sensations, celle de la vue et celle de l'ouïe *. M. Mabilleau a, par une analyse singulièrement vigoureuse et serrée, montré combien, chez le même poète, les perceptions visuelles sont limitées à un étroit domaine. Hugo n'en demeure pas moins, après comme avant

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