Dans le Hampsblre, entre Winchester et Soulhamplon
2. An Historical and Topographical Account of Fulham; including the hnmkt of Hammertmith, by T. Faulkîher, p. 359.
3. - T. Park bas wriUen on bis copy of Ibe 1»' édition of Spring, now in Mr. Bollon Corney's possession : John Egerton told me Ihat he Thomson) lived sonie lime with Millan. J. Egerton, Ibe booksellci*, was Millan'8 successor at Whi'ehall. » (P. Cunninguam, Correspondencc of
En quelque lieu que ce soit, il termine le poème pendant l'aui tomne de 1725. Tout en poursuivant son travail, il s'est cn^ peu à peu des relations dans la société de la capitale. Âvefl Mr. Elliot, dont James lui-même disait à Cranstoun racciieil aimable, un de ses premiers protecteurs fut Mr. Duncan Forbel de Culloden *, le « Lord-Advocate », que ses fonctions rete-, naient alors à Londres, auprès du Parlement. Il avait vu en Ecosse quelques poésies de son compatriote. Il s'intéressi^ chaudement à lui, le reçut et le fit connaître à plusieurs de sed amis, grands seigneurs et hommes d'État, écrivains illustres ou artistes en vogue : le duc d'Argyle *, le comte de Burlington, sir Robert Walpole, le Dr. Arbuthnot, Pope, Gay, le peintre
Thomson and Mallet, p. vi.) — Rob. Bell dit de son côté: « Removing from Barnct lo the house of Millan, the bookseller, in Charing-Crbss, he completed the poem in the apartment over the shop ». Et le biographe ajoute une note où il indique la maison avec une précision qui semble devoir donner confiance. Malheureusement l'indication est inexacte en ce qui concerne l'adresse de Millan à ce moment et la valeur de tout le renseignement s'en trouve diminuée d'autant. J. Millan, que les biographe? confondent souvent avec son confrère A. Millar, n'habite alors ni Wltitehall ni Charing-Cross, mais, comme le disent les ouvrages sortis de son magasin, la maison de Locke's Head, dans Shug-Lane, près de rexlrémité supérieure de Hay-Market. Nous le trouvons établi dans New Street en 4727 (édit. de Summer), b. Pall Mail en 1728, et près de Scolland Yard, Whitehall, vers 1730. Il ne se fixe près de Gharing-Cross que plus tard.
1. Cet homme d'État distingué était né en 1685. Il avait débulé au barreau d'Edimbourg en 1709, et le duc d'Arygle lui avait confié l'administration de ses biens. Sa carrière au barreau fut rapide et brillante. 11 est nommé « Depuly-Ad vocale • en 1716, envoyé au Parlement en 1722 et, eu 1723, devient • Lord-Advocate -. Dix ans plus tard il occupe une des hautes fonctions de la magistrature écossaise comme l'un des • Justîciary Lords •. En 1737 enfin, il est nommé « Président of the court of session •, c'est-à-dire principal juge pour les affaires civiles. Il rendit en celle qualité de précieux services pendant l'insurrection de 1745, et s'efl'orra de calmer l'animosilé de partis hostiles, d'amener la paix et de la rendre durable. Il mourut en 1747 et laissa la réputation d'un magistrat intègre et d'un homme d'État habile. Les savants, les écrivains et les artistes écossais trouvaient en lui un protecteur aussi éclairé que bienveillant.
2. John, duke of Argylc, né en 1678, hérite en 1703 de la pairie écossaise de son père, et est élevé à la pairie anglaise en 1705. Il servit avec distinction sous Marlborough, fut ambassadeur en Espagne, et devint un des orateurs de marque du Parlement, ainsi que l'a rappelé 'Pope :
« Argyle the slate's whole thunder born lo wield, And shake alike the senate and the field. •
Commandant en chef des troupes écossaises, il réprima avec vigueur et avec habileté la rébellion de 1715. Après quelques années de retraite il mourut en 1743. Tous les poètes du temps ont vanté, outre ses qualités de guerrier, de diplomate et d'homme d'État, son goût pour les lettres et sa bonne grâce parfaite.
Aikmann < avec lequel Thomsou se lia d*uDe étroite amitié. Mallet l'introduisit dans une société moins élégante et moins correcte : celle des auteurs qui attendaient encore le succès et ia fortune. Il y avait bien des éléments dans ce groupe très mélangé. Tout n'y était pas édifiant. Mais on y avait de l'esprit, de la verve, une gaieté facile; et, après la réclusion d'East Barnet ou les élégances cérémonieuses des Montrose ou de Mr. Forbes, Thomson retrouvait sans doute avec quelque plaisir cette société un peu bohème. Nous le voyons lié avec Richard Savage, le prototype d'une classe d'écrivains nombreux alors, qui, avec quelque talent, peu de scrupule et beaucoup d'orgueil, aspiraient à la gloire la plus haute, mais, en attendant, mettaient leur plume au service des hommes d'État ou des libraires sans regarder de trop près à la nature des besognes imposées. Un autre personnage curieux du groupe est le poète Clio, de son vrai nom, Martha Fowkes *. Elle aimait les lettres, et les hommes de lettres. Ses mœurs étaient tort légères et ses bonnes grâces réparties avec une libéralité déplorable entre les jeunes poètes du jour. Mais elles étaient réservées, paraît-il, exclusivement à cette portion de la société londonienne '. Mallet semble en ce moment être en fort bons termes avec elle. Elle se montre au moins avec tous obligeante i^i bon camarade. Dix ans plus tard, Aaron Hill, homme sérieux et de vie très digne, apprenait avec une vive douleur la mort de cette Muse de Grub-Street *,
i. Ne ea Ecosse en 1682, se destinait au barreau et montrait un goût très Tif pour la peinture. ]1 fut élève de Médina, et, après un voyage en Italie, renonça au droit, pour s'adonner entièrement & Tari. Le duc d'Argyle le patronnait en Ecosse, et de nombreux encouragements rappelèrent à Londres. Il y peignit les portraits du duc, celui de la comtesse (le Burlington, do lad y Grizell Baillie, de ces mêmes hauts personnages qui favorisaient les débuts de Thomson. Mais il fut atteint d'une maladie «fiii, après de longues soulTrances, l'emporta en 1731. Nous verrons que Thomson consacra quelques vers à son souvenir. Le portrait que fit Aikman de son ami date de cette année 1725.
2. Elle était née en 1690 et mourut en 1736. Fille d'un officier, le major Fowkes, elle épousa un Mr. Arnold Sansom. Curll avait public d'elle certaines • Ëpitres à Clio -, après quoi elle prit ce nom comme pseudonyme» jusqu'à ce que, sur le conseil de Mallet, elle Teût remplacé par celui de Mira.
3. M. Bolton Coroey {Alherueum, 26 juil. 1859, p. 78) donne une liste terriblement longue des écrivains qu'elle aurait tour à tour distingués : lionJ, Mitchell, Mallet, Thomson, Aaron Hill, Rich, Savage, Dyer. Ce dernier soupire et meurt pour elle dans la plupart de ses petites pièces.
4. - PoorC — o! It is long since I met witU an arfliction more sensible
46 JAilES THOMSON.
Le poème achevé, ce fut encore l'officieux Mallet qui se chargea de trouver un éditeur. Il se mit en campagne, dit un biographe, par une journée de novembre, et, accompagné d'un autre ami de l'auteur, s'en fut offrir l'ouvrage à tous les libraires du Strand et de Fleet Street. Pas plus alors que depuis on ne trouvait facilement acquéreur pour les vers d'un poète inconnu ; et, quand enfin on eut décidé John Millan à tenter l'aventure, il paya, dit-on, trois livres sterling, soixante-quinze francs, l'œuvre sur laquelle Thomson comptait pour forcer les portes de la renommée*.
C'est là on des détails les plus connus de la vie de notre auteur. Ce prix payé pour une des œuvres maîtresses de la poésie anglaise est devenu un des documents célèbres de l'histoire anecdotique des écrivains et de leurs rapports avec les éditeurs. Ni le libraire qui a acheté la propriété du « Paradis Perdu » *, ni celui à qui Savage vendit son Wanderer ', ni celui à qui Johnson abandonna son poème satirique, London *, ni les Griffiths et les Newbery qui exploitèrent à si peu de frais le talent fertile d'Olivier Goldsmith, aucun de ces industriels n'est arrivé à ce taux resté fameux des trois livres payées par Millan pour r a Hiver ». C'est un a: record » que l'honnête libraire établissait là sans s'en douter. — Telle est l'opinion généralement accréditée. En réalité la négociation est beaucoup moins remarquable. Ce chiffre de trois livres nous vient d'une autorité très suspecte, car, dans la note où il figure, le renseignement est accompagné de plusieurs autres dont l'inexactitude est manifeste '. D'ailleurs les paroles du biographe qui a la respon-
Ihan the informalion you sent me coDcerning her. » (Hill's Works, édit. 1752, lettre du 23 juin 1736.)
1. The Seasons, édit. 1770. — Life hy MuMoch with notes by Wrioht, ^note vm).
2. Uautenr recevait 5 livres, et devait en recevoir encore 5 après la vente de 1 300 exemplaires.
3. Savage vendit la propriété de ce poème pour 10 guin écs dont il rendit 2, afin que les deux dernières feuilles qui avaient été imprimées de façon incorrecte fussent recommencées. (Johnson's Life of Savage.)
4. Acheté par Dodsley en 1738 pour 10 guinées. Le même éditeur donnait, en 1749, 15 guinées de la satire, On the Vanity of Human Wishes.
5. «ThePoem on Winlerwas wrilten by Mr. Thomson inl724,afe'wmonlhs after his coming to London. He had no friend hère bat Mr. Mallet, bis schoolfellow; vrho, with an intimate acquaintance, walked one day in the mon.th of November to ail the booksellers in the Slrand and Fleet Street to sell the copy of bis season and al last agreed with Mr. Millar (who then
sabilité de Tanecdote ont reçu une interprétation précise qu elles ne comportent pas. « Le libraire, nous dit-il, ne voulut i avancer que trois livres. » Cela ne signifie pas nécessairement qu'il ait acheté le poème pour cette somme. De fait nous savons que l'argent reçu de Millau pour V a Hiver i^ n'a en rien gêné Fauteur quand il commença, dès 1728, à recueillir des souscriptions pour les « quatre Saisons », ni quand il vendit le poème complet à Millar. Cela suffirait à montrer que le premier éditeur n'avait pas acquis un droit de propriété. Mais nous avons un autre document qui ne laisse guère de place au doute. Un jugement de la Cour du Banc du Roi, qui a contribué à fixer pour longtemps en Angleterre la jurisprudence en matière de propriété littéraire, est intervenu, en 4769, à la requête de Millar, poursuivant le libraire Taylor pour avoir imprimé les f Saisons > '. Après un long débat où toutes les circonstances de ta publication des diverses parties du poème furent rappelées et vérifiées, les juges rendirent une sentence qu'accompagnent entre autres les considérants suivants : « James Thomson Esq. « a fait d'abord publier et imprimer « les Saisons i» pour son
c propre usage et bénéfices «Andrew Millar en 4729 acheta
€ l'ouvrage, pour une somme importante, à James Thomson, f l'auteur et le propriétaire*. » L'éditeur de l'intéressant opus-
lived iD a lillle shop in Fleet Slreet), and the chief motive with him was Uiat the autor wae tiis countryman; for after several arguments he would advance no more than three poands for IL... Tbis poem sold so weU thaï Mr. MiUar gave Mr. Thomson fifty pounds forthat on Spring and increased ihc copy money for the Sommer and Auliimn. • [The Seasons.,. with Life..., by 6. Wriort, note vm.)
La note fourmille d*crreurs. Thomson vient à Londres et écrit r.« Hiver » en 11^ et non en 1724. Le poème est publié par Miilan et non par Millar. Ni Tun ni Tautre de ces deux éditeurs n'habitait alors Fleet Street.
\. Le fameux Dr. Blackstone était conseil du plaignant.
i.Mr. Justice Willes, appelé le première énoncer son opinion, dit, entre aalres choses : « The jury hâve found this spécial verdict : Thcy say the work îs an original composition by James Thomson, Esquire... at first puhlished and printed by James Thomson for his own use and benefit at several tîmes between the beginning of the year 1727 and 1729, the same having neverbefore been printed elsewhere. And the spécial verdict farther finds, Andrew Millar, the plaintifT, in Ihe year 1729, purchased this work called Ihe Seasons for a valuable considération, of James Thomson the aathor and proprietor, to him, his heirs and assigns for ever»... (Speeches and arguments of theCoujt of King's Bench... in the cause Millar against Taylor.... Printed for William Coke, Leith, bidcclxxi.)
Les circonstances de fait rappelées par ces considérants sont loin d'être toutes exactes; mais il est évidemment acquis à la cause que
of THE
L'^.MVERSITY
48 JAMES TaOHSON.
cule auquel nous empruntons ces citations ajoute lui-même (et c'est sans doute un écho des débats) que Toeuvre rapporta à Tauteur environ 1 000 guinées tandis qu'il en restait propriétaire, et avant qu'il la vendît à Millar pour 160 livres ^ — L'anecdote du poème payé trois livres doit donc, bien que la biographie de Thomson en puisse perdre un trait piquant, aller rejoindre les légendes con trouvées qui, mises en circulation par un chroniqueur imaginatif, puis docilement reproduites, finissent par obtenir une créance à laquelle elles n'ont nul droit.
C'est au mois de mars 1726 que parut 1' « Hiver ». C'est donc cette date qui marque le moment capital de la carrière de notre poète. La vie lui avait été jusque-là ce qu elle est pour tous les hommes qui n'ont à compter que sur eux-mêmes. 11 avait connu « les rudes épreuves que dissimule l'indigence « modeste,... le mépris de l'orgueil opulent, et les mille autres « maux de la pauvreté * ». Il pouvait cependant songer sans trop d'amerlume à cette période de difficiles débuts. Elle n'avait pas été trop prolongée : il était à Londres depuis un an exactement. Elle ne lui avait pas montré la société uniquement égoïste et impitoyable aux faibles ; il avait rencontré chez beaucoup une courtoisie bienveillante, à défaut d'un concours très efficace. Il avait surtout senti à ses côtés une amitié vaillante et active qui l'avait encouragé, soutenu, guidé, qui avait aplani pour lui les obstacles, en mettant aii service de son génie un utile savoir-faire pratique '. Il n'avait tenté, pour
Thomson n'avait pas vendu à Millar son droit de propriété, et c'est toui ce qu'il nous importe de relever.
1. « The author of the Seasons reaped about a thousand guineas profit while the work was his own property; he sold it in 1729 to Millar for 160 pounds.... » (Noie ajoutée aux considérants de l'opinion de sir Joseph Yates, un des quatre juges.)