Then uightly sings the staring ow i
Tu-\vhit ; Tu-\vho, a nierry note, While greasy Joan doth keel the pot. »
(Love's Labour's Lost, acte V, se. ii, 921-30.)
4. « The universe is the externizalion of the souU » (Emerson, Essays. Second Séries : The Poet.)
Et c'est aussi la pensée qu*exprime en beaux vers cet ami de Wordsworth, ce poète et ce penseuC; Coleridge, dont Tart et dont la philosophie sont restés si indépendants :
Cl And hark! the nightingale hegins its song, « Most musical, most melancholy » bird! A melancholy bird? 0 idle thought!
In nature there is nothing melancholy.
— But some night-wandVing man, whose heart was pierced Wilh the remembrance of a grievoua wrong, Or slow distemper, or neglected love, (And so, poor wretch! fllled qU things with himself, And made ail gentle sounds tell back the taie Of his own sorrows) he and such as he First named thèse notes a melancholy strain. -
(GoLKKiDGE, The Nightingale,)
Toute cette partie de notre travail était terminée quand nous avons rencontré des vues semblables exprimées avec force par un - essayist • amé« ricain qui a consacré aux oiseaux des années d'observation et plusieurs volumes. « Did Shelley interpret the song of the skylark» or Keals tbat of the nightingale? They interpreted their own wild, yearning beart^. • (John Burroughs, Vepacton, Sature and the Poets, p. 454.)
rêves de divination et de révélation ne trouveraient plus que scepticisme, elle continuera à puiser à pleines mains dans le trésor des formes et des apparences matérielles; elle en fera toujours le vêtement de sa pensée, comme les langues en font la matière infiniment souple et ductile de leurs signes. Et si les poètes persévèrent, au milieu d'un âge incrédule, dans leur apostolat, leur ambition ou leurs chimères, l'admiration ne cessera pas de suivre leurs menteuses et dramatiques visions. On continuera, selon les variations du goût (puisqu'il est là aussi des modes), à s'éprendre de cette puissante ou pathétique humanisation des choses qui se retrouve tour à tour dans i'égoïsme orgueilleux d'un Chateaubriand ou d'un Byron, comme dans l'apparent effacement d'un Shelley; dans la fraternelle confiance de Lamartine ou de Hugo ^ comme dans les révoltes de Vigny ; dans le déisme de Rousseau ou de Laprade comme dans le panthéisme de Wordsworth.
Mais l'art n'est pas nécessairement lié à ces conceptions où tant d'imagination se donne carrière. Il peut y avoir une beauté dans une poésie qui ressente pour les choses une sympathie sans subtilité et qui en donne une reproduction docile, «c Encore « aujourd'hui, sous tant de raisonnements accumulés, la « nature sympathique persiste. Notre corps se redresse à la c vue d'un noble chêne ; notre main décrit une ligne sinueuse « à l'aspect d'une eau ployante et penchée ; notre pas se mesure € sur le rythme d'un air que nous entendons; les sons nous < pénètrent, et retentissent en passions au plus profond de « notre cœur; le monde extérieur trouve encore son écho en « nous-mêmes, et notre vieille âme, entourée et façonnée par d la grande âme naturelle, palpite comme autrefois sous son « contact et sous son effort *. y> C'est la beauté née de cette harmonie qui se trouve dans le poème de Thomson. Elle semble aujourd'hui un peu effacée et pâlie. Elle pourrait bien retrouver un jour plus , d'éclat, alors que d'autres gloires, maintenant plus brillantes, se serpnt ternies. Elle n'a rien à
J. « La plaine briHe, heureuse et pure,
Le bois jase, Therbe fleurit..*.
Homme! Ne craius rien! La nature Sait le grand secret, et souri L »
{Les Bayons et tes Ombres. Spectacle rassurant,)
2. H. Taihb, La Fontaine et ses Fables, chap. n, l'Expression, p. 306, 301.
craindre de l'esprit de science, de précision et de vérité, avei' lequel il est dangereux, même à la poésie, d'entrer en lutte Le monde qu'atteignent directement nos sens, et la passioi. humaine dans des c<Burs humains, voilà le véritable objel de l'étude de lartiste. C'est là son domaine, et là seulement il &t assuré de ne pas perdre pied.
« La beauté c'est la vérité ; la vérité c'est la beauté, voilà tout ce qii» Vous savez sur la terre, et tout ce que vous avez besoin de savoir * ».
Ce n'est pas sans doute tout ce que nous aspirons à savoir. Malgré le conseil du poète, l'humanité ne cessera pas de faire effort pour ajouter aux plaisirs du beau les joies plus chèrement acquises et plus austères de la connaissance. Et si cet effort des philosophes est condamné à un éternel insuccès, l'art trouvera son compte dans les doutes, les échecs, les douloureux désespoirs de cette lutte, plus encore que dans les prétendues révélations d'une divination imaginaire.
Voici une conque marine. Il y a pour notre œil une caresse et un charme dans la ligne élégante de ses spires, dans le rose exquis et les délicates teintes opalines de sa nacre. C'est la jouissance ingénue et sans sophistication que ressent en face de la nature un observateur naïf. Elle peut s'associer aux émotions graves et hautes que suggère la pensée de ces deux immensités, la mer et le temps, qu'a traversées le gracieux objet. C'est l'impression de beauté que s*efforce de traduire, avec ses retentissements profonds dans notre âme, une poésie descriptive sincère et simple, telle que celle de Thomson.
Wordsworth ne se contente pas d'impressions aussi directes, et il met dans ce coquillage une vie, un souvenir, une âme, un enseignement.
€ J'ai vu Un enfant curieuxj qui, habitant line région De Tintérieur des terres, appliquait à son oreille Los volutes d'une coquille aux lèvres polies : Et alors, dans un muet silence, soix àme même
Beauty is truth, trulh beauty, -- that is ail Ye know on earth, and ail ye héed to know. • (Kbats, Ode on a Grecian Um^
Ecoutait ardemment; et bientôt sa fîgurc S'éclaira d'une joie ; car du fond venaient se faire entendre Des murmures, dans lesquels cette chose enseignait, et disait Une mystérieuse union avec son océan natal *. »
Cette idéalisation et ce symbolisme sont-ils la condition d'une haute interprétation artistique de la nature? Y a-t-il moins de beauté ou moins de profondeur dans les vers où un autre poète dépouille Thurable coquille de toute chimérique puissance, et mélancoliquement, dépouille aussi l'âme humaine de ce qu'il voit en elle d'espoirs chimériques?
« Cette conque vide qui depuis nombre d'années Est restée sur de poudreux rayons, approchez-la de votre oreille, Et elle parle de la mer orageuse où elle est née ; nous entendons alors
Le faible et lointain murmure des flots qui se brisent.
Nous entendons la mer. La mer? C'est le sang De nos propres veines, impétueux et tout proche [craintes],
(le sont les pulsations dont les battements suivent nos espoirs et nos
Et le mode toujours changeant de nos sentiments.
Et dans mon cœur j'entends, comme dans cette coquille, Le murmure d'un monde au delà de la tombe. Distinct, distinct, si faible et si lointain qu'il soit,
Homme crédule! cet écho n'est pas moins trompeur que l'autre, — C'est la rumeur des instincts teri'estres ; et nous aspirons
[conque*. »J A un monde aussi imaginaire que la mor entendue dans la