‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 153 sur 304 · hâve seen · texte numérisé non relu

hâve seen

A curioas child, wbo dwelt upon a tract Of inland ground, applying to his ear The convolulions of a smooth-Iipped shell; To which, in silence hushed, his very soûl Listened intensely; and his countenance soon Urightencd with joy; for from withiu were heard Murmurings, whereby Ihc monilor exprc^'sed Myslerious union with its native sea. -

Mr. Stedman, qui cite ces vers et le sonnet de Lee-Uamilton (The Nature and Eléments of Poetry^ p. 206, 207), fait remarquer que Wordsworth y a paraphrasé quelques vers plus fermes de Landor (Gebiv) :

« But I hâve sinuous shells of pearly hue;

Shake .one and it awakens, then apply

118 polished lips to your attentive ear.

And it remembers its august abodes,

And murmurs as ihe océan murrours there. »

«« The hoUow sea-sliell which for years hath stood On dusty sbelves, when held against the ear,

Cette tristesse pathétique n'est pas la note que rende sous I^* doigt du critique le poème des « Saisons ». En le constatant nous sommes amenés à dire quelques mots d'un caractère d'après lequel on a quelquefois groupé les écrivains, indépendamment des formes de leur art ou des pensées directrices qui guident leur observation. On a voulu distinguer les poètes en raison de leur pessimisme ou de leur optimisme. Nous ne pouvons trouver là un caractère fondamental de classement. Il exprime en effet un état tout subjectif de l'âme de Vécnvain puisque la Nature si diversement interprétée est la même pour tous; et, en tout cas, cet état est extérieur et postérieur à l'effort d'observation et de traduction de l'artiste. Mais il no sera pas hors de propos de dire ici, pour terminer celte partie de notre étude, à laquelle des deux familles d'esprits se rattache Thomson. Il y a lieu d'abord à dissiper une confusion qui se mêle souvent à cette question. Nous n'appellerons pas un poète pessimiste parce qu'il a fréquemment exprimé dfô sentiments douloureux. Nous réserverons ce nom au penseur qui, de l'obsen^ation du monde et de la vie, tire une conclusion de négation, de mépris, de tristesse, de désespoir ou de révolte. C'est peut-être pour n'avoir pas établi cette distinction, que les critiques ont parfois cru et enseigné que le pessimisme seul est poétique. Il est trop vrai que la tristesse et la douleur fournissent à l'écrivain une inspiration plus variée e plus puissante que la gaîté et le bonheur. « Les plus déses-

Proclaims ils stormv parent; and we hear The faint far murmur or thc breaking flood, We hear the sea. The sea? U is Ihe blood In our own veins, impetuous and near, And puises keeping pace with hope and fear Ând with our feelings' ever-shifting mood.

Lo! in my heart 1 hear, as in a shell,

The murrour of a world beyond the gfave. Distinct, distinpt, Ihough faint and far it be.

Thou fool! lliis écho is a cheat as well,

The hum of earthly instincts ; and we crave A world unreal as the shell-heard sea. >

(Eugène Leç-Ha]uilton, Sonnets of the Wingiess Hours.)

« pérés sont les chants les plus beaux S » Il est vrai surtout que notre sympathie est émue par les premiers de ces sentiments plus que par les seconds. Notre âme semble s'ouvrir plus volontiers à la souffrance qu*à la joie d'autrui. Nous nous associons plus facilement aux plaintes douloureuses, d* « In Memoriam » qu'au chant d'allégresse de 1' « Ëpithalamium b ; Shelley nous émeut plus profondément dans la tristesse d' a Adonaïs » que dans les extases d' « Epipsychidion ' »; et, depuis Aristote, la haute poésie dramatique sait qu'elle est vouée aux tragiques souffrances et aux larmes. Mais cette puissance d'exprimer une douleur en vers émouvants ne s'associe pas nécessairement à une conception pessimiste de la vie et de la création. Quelques-uns des chants les plus déchirants nous sont venus d'âmes chrétiennes pleines d'espérance, ou de fermes esprits que ne trouble pas la pensée de l'humaine ignorance. Le poète philosophe que nous avons cité plus d'une fois, Emerson, n'a pas de pièce plus achevée, plus émue et en même temps plus exquise de forme que sa « Threnody », sur la mort de son fils bien-aimé, de son a hyacinthine boy ^ ». Il n'en demeure pas moins le plus convaincu et le plus éloquent de ceux qui ont cru que le monde est bien fait et que la vie est bonne; que le poète doit être joyeux; qu'il a pour mission de répandre sur l'univers un esprit de gaîté et d'allégresse, et qu'il reçoit des choses une inspiration de bonheur confiant.

« Le Printemps fait encore du printemps dans notre âme,

Quand soixante ans sont passés ; L'amour réveille ce cœur palpitant

Et nous ne sommes jamais vieux.

i. A. DE Musset, La Nuit de Mai.

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