‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 18 sur 304 · Proudhon, Correspondance · texte numérisé non relu

Proudhon, Correspondance

3. • Savage was of great use lo Mr. Pope, in helping him to little stories, and idie taies of many persons whose names had long since been forgotten, had not Mr. Pope mentioned thcm in his Dunciad. » (Life of A. Hill in Cibber's Lives,)

C'est le môme renseignement que le Docteur répète en langue johnsonienne : « lie was considered as a kind of confédérale of Mr. Pop«:, whom he wafl suspecled of supplying with private intelligence and secret incidents; so that the ignominy of au informer was added to the terror of a satirist •. (Johnson, Life of R, Savage.)

4. « When Mr. Rickerlon first saw Mr. Thomson's Winter, which was in a bcokseller's shop at Edinburgh, hc stood amazed and afler he had read Ihe lines quoted below (Induction to Winter), he dropt the poem from his hand in the ecstasy of his admiration. • (Shikls, Cibber^s Life of Thomson.)

surprenant que nulle critique ne vînt se mêler au concert des éloges. Samuel Johnson disait au moment où allait paraître son premier livre : « Quelle réception je dois trouver sur le € rivage, je l'ignore. Je ne sais si je verrai sur la côte une iCalypso qui m'appelle, ou un Polyphème qui me fasse « obstacle. Mais si c'est Polyphème qui se présente, gare à son «œil*! » — Thomson, nous l'avons vu, a rencontré sur le rivage la menue monnaie de Calypso ; il y a aussi trouvé Polyphème. Joseph Mitchell était un de ses anciens camarades d'Université, celui-là même qui l'estimait un pur lourdaud. Lui aussi était poète, et lui aussi venait chercher la fortune à Londres. Après la publication de 1' a Hiver d il adressa à l'auteur son jugement sous forme de distique :

€ Les beautés et les défauts se montrent là si pressés — que « je ne puis voir les premières tant sont proches les dernière ^ »

La critique ne fut pas du goût de Thomson, malgré la part d'éloges qu'elle impliquait; et il répondit par ce quatrain :

« Pourquoi autre chose que des défauts, insolent Mitchell? • pourquoi — une seule beauté se montre-t-elle à ton œil t flétri? — Une condamnation pire que ta damnation, si cela t est possible, — c'est là tout ce que je demande, et tout ce que « je veux de toi '. »

Il faut, pour apprécier l'aménité de la réponse, savoir que Mitchell était borgne. Tout ce que purent obtenir de Thomson les instances d'amis communs, ce fut qu'il modifiât l'adjectif offensant. « Blasted » devint « blasting », l'œil flétri, un œil flétrissant. Décidément Polyphème n'avait pas à se louer de la rencontre.

Disraeli voit ici chez notre poète la preuve d'une irascibilité ridicule *. Nous ne devons pas oublier qu'il s'agit d'une bou-

!. « What réception I shall meet wilh on the shore, I know not... 'whether I sball find upon the coast a Calypso that vill court or a Polyphème that will resist. But iT Polyphème cornes, hâve at his eyel » (Cité par FoRSTEB, Life of Goldsmith, B.'UI, ch. i, p. 129.)

2. Beauties and faulls so thick lie scaltered herc, Those I could read, if thèse were not so near.

(Shiels, Cibber's Life of Thomson.)

3. Why not ail faults, injurions Mitchell; why Appears one beauty to thy blasted eye?

Damnation worae than tbine, if worse can be Is ail I ask, and ail I want of tbee.

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