‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 19 sur 304 · DlsRAEU, LUerary characters. Criticism offriends, p · texte numérisé non relu

DlsRAEU, LUerary characters. Criticism offriends, p

tade à l'adresse d'un camarade de jeunesse. Les plaisanteries échangées ne sont pas du plus pur atticisme; mais cette bourrade brutale reste dans le goût des méchants tours que l'on se jouait jadis Tun à l'autre au a club des Grotesques ». Mitchell lui-même ne garda pas rancune au poète, et, quelque temps après, il s'efforçait de rendre service à son confrère, « pour réparer ses torts envers un génie excellent » *. . Quant à Thomson, il avait quelques vigoureuses antipathies, et Mitchell figure en bonne place dans la liste des gens qu'il n'aimait pas. Une de ses lettres à Mallet contient ces mots : « Loin de défendre ces deux vers de ma traduction *, je les « condamne aux derniers abîmes du Tophet poétique depuis «longtemps préparé pour Mitchell, Morrice, Rook, Cooke, Beckingham, et un long etc. * » Et, dans une autre lettre à Mallet : « Ce journal Britannique de samedi est plus mépri- « sable que la langue ne saurait le dire; je soupçonne fort cet « imbécile de Mitchell, à demi foudroyé des dieux * ».

1. « lo one of his letters, in answer to Ker*a question whether he was the author of Winter, he (Mitchell) says it was writlen by that duH fellow Thomson, who had long been the sport of their club. He says that tbe obligations he had lalterly conferred on him were the best atooement for his pétulance towards an excellent geaius. » (J. Rahsay, ScoUand and Scotsmen, p. 24.)

2. Il a bien raison de ne pas défendre ces deux vers, si, comme il semble probable, ce sont ceux par lesquels il traduit le « Me vero primum • de Virgile. On en jugera par le début :

tt Me may the Muses my suprême delight »

Il cite ces vers ainsi traduits dans sa Préface à la 2* édition de « l'Hiver • pour montrer que le dévoûment aux œuvres de la Nature a inspiré à Virffile son style inimitable, « inspired the rural Virgil to write so inimitably ».

3. « Far from defending thèse two lines in my translation,! dama Ihero to the lowest depth of the poetical Tophet prepared of old for Mitchell, Morrice, Rook, Cooke, Beckingham, and a long etc. » (Lettre h Mallet, du 2 août 1126.)

Le « long etc. » est en partie complété par une autre liste moins connue. Elle se trouve dans une pièce de vers fort immodestes dont Buchan a vu Toriginal écrit de la main de Thomson et trouvé dans ses papiers par Andrew Mitchell. L'exemplaire de Mitford, au British Muséum,, en contient une copie en caractères grecs. Une énumération de poêles ennemis de Pope et de Fauteur y figure, et comprend ces noms : Ralph,. Theobald, Welsted, Mitchell, Cook.

4. « That British Journal of last Saturday is more contempLible than language can express ; I suspect ihat Planet-blasled fool Mitchell. » (Lettre à Mallet, sans date, de sept, ou oct. 1726.)

Cette antipathie est du reste fort naturelle et assez louable. Ce Joseph

Du reste les critiques d'un petit cercle de confrères jaloux ne nuisent en rien au succès du poème, a Tous les gens de € goût, dit Murdoch, cherchaient à connaître l'auteur, et pluc sieurs nobles dames se déclarèrent ses protectrices : la com- « tesse de Hertford, Miss Drelincourt (la future vicomtesse «Primrose), Mrs. Stanley, d'autres encore. » Déjà dans la société d'hommes tels que Duncan Forbes, Aikman, les Graham et les Montrose, Thomson s'était défiait des manières un peu frustes, du langage et de la prononciation exotiques qu'il avait apportés d*Écosse *. Il acquiert dans le commerce des nobles

Mitchell qui a laissé une tragédie dont la paternité, dit-on, devrait revenir à l'obligeant Hill {Uie Fatal Extravagance), en vint à être connu comme • le poète de Sir Robert Walpole •. U n'y avait rien de flatteur ni d'honorable dans ce patronage de Tbomme d'État que Swift appelait : « Bob, Ihe poet's foe. » {An Epistle to Mr. Gay, 1731.)

Quant auxpoètes dont les noms accompagnent celui de Mitchell dans les deux listes, ils appartiennent à la même classe d*écrivains de peu de talent et de moins d*honneur. Ralph, un Américain venu à Londres avec Fraoidin, en 1724, était apte à tout. On le voit journaliste, polémiste, pamphlétaire, dramaturge, poète et historien. Partisan déclaré de la Tac- Uoo du Prince de Galles, Rob. Walpole l'achète à beaux deniers. U figure au premier chant de la Dundad :

« Silence, ye Wolves, while Ralph to Cynthia howls And makes the Night hideous! Answer him, ye Owls. »

Cooke s^était imprudemment attaqué & Pope en 1725 dans son poème de • la Bataille des Poètes •. U publie en 1727 dans le Daily Journal une traduction de Tépisode de Thersite, pour montrer les bévues de Pope. Aussi at-il sa place dans la Dunciad, l\ vécut pendant vingt ans des produits d'une souscription, qui ne fut jamais close, en vue d'une traduction de Plaute. (Voir Perry, Engtish Literature in ihe xviii*^ cent, y p. 236.)

Beckingham avait été un jeune prodige et fait représenter des tragédies avant l'âge de vingt ans. Il a aiussi écrit un poème sacré traduit du latin de Rapin, et est mort à trente ans. « Beckingham and another gentleman pubiished an accountof the life of Savage when be was under sentence of dealh (1727). » (Jobnson, Ufe of Savage.)

Besaleel Morris est l'auteur de satires sur les traducteurs d'Homère, et de nombreux articles dans les journaux du temps.

« Breval, Bond, Besaleel, the varlets caught. »

(The Dundad, B. Il, v. 126.)

Voir aussi dans la Dunciad un autre trait à la même adresse, B. III, V. 168.

1. - Duncan Forbes is supposed to bave aided him in taming his language a little » (Alian Cunningham). — Forbes était en effet noté pour rexcellence et la pureté de son anglais. C*était chez les Écossais qualité assez rare pour qu'elle fût signalée quand elle se présentait, comme chez Arbuthnot, le Dr. Armstrong ou sir Gilbert Elliot, le fils de celui que nous avons vu encourager Thomson enfant. (Voir J. Rahsat, Scotland and the Scotsmen, etc., toI. I, p. 311, 364.)

personnages qui le recherchent et le patronnent ces façons aisées et simples, également éloignées de Tindiscrétion et de la servilité, qui lui permettront, sans effort et sans gaucherie, pendant tout le reste de sa vie, de traiter sur un pied de parfaite dignité avec tous, depuis les écrivains besogneux jusqu'aux princes de la famille royale. De ce moment aussi datent les relations du poète avec bon nombre d'hommes que nous rencontrerons désormais mêlés à sa vie : Dodington, qui devient un de ses plus actifs protecteurs * ; Dyer, le peintre-poète et l'auteur de Grongar Hill^ cette œuvre sœur des «Saisons », si parva licet componere magnis *; l'acteur Quin, peut-être, bien que l'autorité du renseignement soit douteuse ' ; les poètes Young *, Hammond S West °; John Forbes, le fils du Lord- Advocate^; Robertson, qui nous laissera de si précieux renseignements sur son voisin et ami, et qui nous apprend qu'à ce moment le poète habite Lancaster Court dans le Strand *;

1. « Dodington sent his services to Thomson by Dr. Young and desired to see him... this was his first introduction to that acquaintance. » (Spence.,,^ by Singer, Malle t, p. 327.)

2. Thomson fait de lui une mention amicale dans une lettre à Mallet du 18 juin. — John Dyer, né probablement la même année que Thomson, dans les montagnes du pays de Galles, comme notre auteur dans celles de l'Ecosse, fît paraître aussi en 1126, son célèbre Grongar Hill (sous forme d'ode irrégulière dans un volume de Mélanges de Savage). L'œuvre certes reste bien inférieure hV * Hiver », mais elle procède de la même inspiration, et apporte le môme élément nouveau dans la poésie anglaise.

3. « About this tirae, 1 believe, commenced the friendship between Tbomson and Quin. » (The Seasons with an original Life of Thomson^ by RoB. Hbro», Perth, 1793.)

4. Mentionné de fagon fort irrévérencieuse dans une lettre à Mallet du 2 août. « I hâve not seen thèse renections on the Dr.'s « Installment », but hear they are as wretched as their subject. The Dr.'s very buckram bas run short ou this occasion; his alTected sublimity even fails him, and down he comes wilh no small velocity. •

5. Hammond, le poète élégiaque, le Tibulle anglais, était écuyer du prince de Galles. Thomson avait pour lui une vive affection qui nous a valu quelques vers émus sur le jeune poète gentilhomme, mort à trente ans.

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