‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 187 sur 304 · Autumn, 907-909. — 2. Ibid,, 1085-1087. — 3. Ibid · texte numérisé non relu

Autumn, 907-909. — 2. Ibid,, 1085-1087. — 3. Ibid

4. Winler, 936, 937. Un autre exemple significatif dans le même chant, 951-954.

5. Summer, 1580, 1581. — 6. Autumn, 654, 655. — 7. Summer, 1041, 1042. - 8. Ifnd., 1275, 1276. — 9. Ibid,, 301-303.

Ces interruptions inattendues de la construction sont uik des causes de l'obscurité qui parfois arrête le lecteur de? « Saisons » :

À people Savage from remotest time,

A huge neglected empire, one vast mind,

By heaven inspired, from Gothic darkness calied *.

devient fort clair si Ton rétablit Tordre normal des membre^ de la proposition *.

Ellipses. — Nous avons vu que plusieurs des inversions coutumières de Thomson sont accompagnées d'une ellipse. Les constructions elliptiques sont en eflet aussi une des tournures favorites du poète. C'est un des procédés par lesquels la langue des vers visait alors à se distinguer de la prose. L'auteur des t Saisons » le devait adopter d'autant plus facilement que ces constructions lui étaient recommandées par l'usage qu*en a fait Milton. L'influence du maître explique en particulier pourquoi dans le poème de Thomson, comme dans le « Paradis Perdu b, nous trouvons assez souvent un nom employé sans article, dans des occasions où le sens appellerait ce signe de détermination :

falling fasl

Wilh wild infracted course and lessened roar "*.

the hallowed ear

Of poet, swelling lo seraphic strain *.

gaze

At carly passenger •^....

Plus rarement un verbe est employé sans sujet exprimé :

Behoves y ou then to ply your flnest art *.

Dans des cas plus nombreux le verbe substantif est omis :

Repealed this, lill deep the well-washed fleoce lias drunk the flood^....

i. Winter, 952-954.

2. - One vast mind, inspired by Heaven, calied from gothic darkness a people savage from remotest time, a huge neglected empire. •

3. Summer, 604. — 4. Ibid., 562, 563. — 5. Ibid., 59, 60. — 6. >>r///7. 424. — 7. Sunnner, 384, 3<s:i.

Quatre phrases successives de 1' « Automne » procèdent par exclamations sans verbes, sur ce modèle :

The radiant sun how gay ' !

Ces constructions elliptiques deviennent facilement obscures :

Whose spotless swains ne'er knevv

Jnjurious deed; nor, blasled by the breath

or laithless love, Iheir blooming daughters woe *.

Archaïsmes. — Pronoms; adjectifs. — La tendance à faire emploi déformes presque abandonnées, mais conformes à Tancien usage de la langue et des écrivains, cette tendance bien naturelle chez un disciple fervent de Spenser explique plusieurs des particularités qui frappent le lecteur des a Saisons». Le poète conserve plus d'une fois au pronom personnel la valeur réfléchie qu'il avait jadis. Il n'est pas douteux que la forme moderne plus claire ne soit bien lourde pour la langue des vers. Nombre d'autres écrivains anglais après Thomson continueront à éviter les pronoms réfléchis :

And yellow load them \y'ith the luscious spoil ^. Who to the crowded cottage hies him fast *. — Etc.

La forme archaïque « ye » est assez fréquemment employée par Thomson dans les apostrophes :

Ye, ashes wild*!

Lend me your song, ye nightingales * ! What is this mighty brealh, ye curions, say '.

Du reste la distinction entre les deux formes n'est pas absolue ; le poète les emploie en même temps lune et l'autre dans un même passage, tantôt avec valeur de vocatif et tantôt avec valeur de sujet :

but you, ye flocks,

AYhat bave ye done? ye peaceful peopJe, whal, To meril death? you, who hâve given us milk *?

i. Autumn, !2t3-!2n. — 2. Wtnter, 88i, 886. — 3. Sprinr^, 514. — \. Summer, H26. — 5. Ibid.. iTI. — 6. Spiing, 575. — 7. lôid., 848. — 8. IbiiL, 357-259.

Nous pouvons encore signaler un archaïsme dans Tempe très fréquent de Tadjectif avec valeur adverbiale. Sans doute i. n'y a là rien que de conforme au génie de la langue. Bien qu»le purisme des grammairiens demande aujourd'hui qu'une terminaison spéciale marque la différence entre Fadjectif e! l'adverbe, la langue populaire, en négligeant cette distinction. reste fidèle à l'usage du vieil anglais *. La langue du peuple e<: souvent aussi celle de la poésie; rien de plus légitime que l'en, ploi fait par Thomson de formes telles que :

Then, sliding soft, they drop*.

Loud shrieks Ihe soaring hern '.

'Tis by Ihy secret strong attractive force *. — Etc.

Mais il n'en est plus de même quand le poète attribue une valeur adverbiale à des adjectifs français ou latins. Et ce sont ceuxlJ surtout qu'il se plaît à transformer ainsi. Il n'a pas senti qu^ ces mots, sauf ceux qui se sont intimement fondus dans la langue, n'ont pas la plasticité des termes qui appartiennent au fond même de l'idiome national. Ils ne se prêtent pas toujours à ces transpositions de valeur que les mots germaniques subissent facilement. <c Swift » prendra sans difficulté le sens de « swiftly ». Il ne s'en suit pas que son synonyme « instanlaneous » puisse s'employer pour c instantaneously » :

The rapid radiance instantancous strikes Th'illumined mountain ».

When o'er Ihis world, by equinoctial rains Flooded immense, looks out the joyless sun *.

Ardent crowd Britannia's sons to hear her pleaded cause "'.

The central walers impctuous rush'd*.

and oft the swain

On some impatient seizing, hurls them in ®.

for every land their life

Has flowed profuse *^.

i. Voir Earlb, The Philology of the Engllsh Tongue, §§ 43i, 432.

2. Aulumn, 557. — 3. Winter, 146. — 4. Summer, 97. — 5. Sj^^S' ^^'• 192. — 6. Summer, 1026, 1027. — 7. Winter, 680. — 8. Spring, 310- " 9. Summer, 379, 380. — 10. Aulumn, 903, 906.

theleaf

Incessant rustles*.

What pity, Gobham, thou thy verdant files

Of ordered Irees shouldst hère inglorious range *.

Au moins, dans ces exemples, qu'il serait aisé de multiplier, remploi adverbial des adjectifs est-il facilité par cette circonstance que le mot pourrait à la rigueur être interprété comme une épithète. Mais quand cette atténuation vient à manquer, alors Tattribution arbitraire d'un sens adverbial à des adjectifs d'origine latine est presque toujours une pénible violence faite à la langue :

'lis copious blest '.

High-seen the Seasons lead, in sprightly dance Harmonious knit, the rosy-fingered llours *.

They sportive wheel, or sailing down the stream Are snatched immédiate by the quick-eyed trout *.

Graduai from Ihesc what nu mérous kinds descend *.

'Tis raging noon ; and vertical the sun Darts on the head direct his forceful rays '.

those aromatic gales

That inexhaustive flow continuai round '.

Lavish fed •.

Toutes les pages du poème offrent des exemples de ces formes de langage dont l'abus communique au style de Thomson un caractère à la fois apprêté et monotone.

Les latinismes de syntaxe sont beaucoup moins nombreux qu'on ne le pourrait croire quand on songe à l'influence exercée sur le poète par le style de Miiton. Nous devons signaler cepen- <iant des formes telles que :

Thy Works... would....

Thee resound *®.

<• Autumn, 990, 991. — 2. Ibid., 1073, 1074. — 3. Spring, 338. — 4. ^mmer, 12i2. — 5. Ibid., 252, 9o3. — «. Ibid., 287. — 7. Ibid., 432, 433. — S. ^jning, 477, 478.

^' Aulumn, 498. — Il faudrait encore signaler, parmi les traces d'archaîame, remploi d'une forme de participe passé aujourd'hui hors d'usage. ^^&t le mot « shook -, pour « shaken <*. Il se rencontre trois fois rien que dWïs « l'Automne » : 25, 330, 548.

^^'Summer, 187-190.

438 JAMES TUOM&ON.

C'est, au delà de Milton, Virgile lui-même qui nous est ic rappelé par le choix du verbe, en môme temps que la construction est un hardi latinisme.

Mais c'est bien Milton qui a fourni le modèle de cette forme de phrase :

Meantiinc lliis faire r nyniph than ever blcst Ârcadian strcam *....

dans laquelle l'adjectif précédé d'un adjectif déterminalif est, contrairement à la grammaire de l'anglais, séparé de son complément.

En résumé la grammaire de Thomson, comme son vocabulaire, nous montre une indépendance et un désir d originalité par où le poète se distingue des écrivains de son temps. Mais dans les formes de sa phrase, comme dans le choix de ses mots, il pousse à l'excès la recherche des effets de force et de noblesse; et la répétition abusive de constructions favorites donne parfois à sa langue une incontestable monotonie et un caractère regrettable d'artifice et de déclamation.

La langue poétique.

llypallage et métonymie. — Si, de la grammaire de notre poète, nous passons à sa rhétorique, nous trouverons là encore plus d'une occasion de comparer le style qu'il s'est fait avec celui des écrivains de son temps. L'école de Pope n'avait guère de faveur pour ces audacieuses ligures qui, dans le style des grands poètes Imaginatifs, font violence à la langue etafiirment la supériorité du génie sur les lois de l'usage. Il est douteux que toute l'œuvre de Pope renferme un seul exemple d'hypallage comme ce vers où Thomson reproduit une expression célèbre de Virgile :

The dark wayfaring stranger brcathless toils *.

i. Summer, 1241, 1248.

2. Winler, 177. Cf. Virgile : « Ibant obscuri sola sub noclc ».

Moins frappantes, mais de même nature sont les figures de ces vers :

The well-earned treasures of the painful year *.

mounlains....

Breathing the soûl acute ».

Le lecteur des « Saisons » ne larde pas à remarquer le retour fréquent de cette forme de métonymie qui consiste à employer un terme abstrait avec un sens concret. Ce n'était assurément pas là une hardiesse nouvelle dans la poésie anglaise. Tous les poètes y ont eu recours, et le plus grand d'entre eux en a prodigué les exemples les plus saisissants ^ Mais chez Pope et les écrivains de son école, nous ne trouvons plus guère que des métonymies banales, trop effacées par l'usage pour avoir conservé aucune valeur propre. Dans les plus mouvementées des œuvres du maître, dans celles où le feu de la passion doit le plus facilement provoquer l'apparition de traits hardis, nous rencontrons à peine quelques figures telles que celle-ci : « Là, a nulles saintes images d'argent, léguées par des avares à leur « lit de mort — ne tentaient, présents insuffisants, de suborner « la colère des dieux * ».

Il est aussi chez Thomson nombre de termes abstraits dont l'emploi dans un sens figuré appartient au vocabulaire courant des poètes . Mais il en est d'autres au contrai re où l'écrivain a mis l'empreinte vigoureuse de sa personnalité et de sa maîtrise de la langue '.

« Les jeunes oiseaux... brisent leur fragile esclavage * », pour

i. Aulumn, 344. — 2. Autumn, 881.

3. « Divine perfection of a woman. » [Kiny Richard IIJ, acte I, se. ii, 75.)

« Bring in the admiration. » {AlVs Well, etc., acte 11, se. i, 91.)

« 0 fair affliction, peace! » {King John, acte III, se. iv, 36.)

« Yea, joy. » [2* Henry IV, acte II, se. iv. 52.)

« Unthrifiy lovelinesi. » {Sonnet IV), — Etc., etc.

t. - No silver saints, by dying miscrs given,

liere bribed the rage of ill requited heaven; But sach piain roofs as piety could raise.... »

'{Elotsa to Aàelard, 137-139.)

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