‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 21 sur 304 · LeUres & HiH du 4 et da 7 juin · texte numérisé non relu

LeUres & HiH du 4 et da 7 juin

6â James tsomson.

sur Hill *, il apprenait au contraire que Mallet tenait mordicus à ses apostrophes indignées, et, plutôt que d'y renoncer, proposait, au grand émoi de notre poète, de supprimer le tout, éloges à Fauteur et reproches au patron. Puis, c'était Hill qui tour à tour consentait et refusait, si bien que le malheureux Thomson lui adressait une dernière et pressante demande trois jours avant le tirage de l'édition '.

Enfin le poème fut publié vers la fin de juin ', avec les deux pièces. Nous ne savons pas si Mallet avait changé quelquechose à la sienne*; il semble que Hill ait consenti à quelques retouches '. Une troisième pièce élogieuse s'ajoutait aux deux autres. Elle était signée du nom de Mira •. C'était le pseudonyme nou-

1 Asthe case dow is, one of your inflnite delicaey will be the best

judge, whether it will be proper to print thèse Iwo inimitable copies of verses I hâve from you and Trom Mr. Mallet, withoutsuch litUe altérations

as shall clear sir Spencer of tlie best saliro I ever read (Lettre à Hill,

du 7 juin 4126.)

2. Lettres à Hill des 4, 7, 11 et 17. juin, et à Mallet du 13 juin.

3. En un format in-octavo, tandis que la première édition était inquarto. Le nom de Tauteur n'y est plus suivi des lettres A. M. qui se voient au titre de l'édition du mois de mars, bien qur^, nous le savons, Thomson n'y eût point de droit. Cette édition fut Tobjet, dans la même année, de nouveaux tirages qui portent, comme seule différence, des pages de titre modifiées et indiquant la 3* et la 4» édition.

4. To Mr, Thomson on his publishing the second édition of his poem called Winler, by David Malloch. Il semble que ce soit la dernière occasion où Tami de Thomsou ait conservé son nom patronymique. H figure la môme année (sept. 1726} sous le nom de Mallet, dans la liste des souscripteurs au Miscellany publié par Savage. Mais, dans ses relations avec ses amis, le nom de Mallet était depuis quelque temps adopté. La lettre de Thomson, du 10 juillet 1725, commence par ces mots : « Dear Mallet », et se termine par ceux-ci :

Nor by a mortal scen, save he A Mallet or a Murdoch be.

Mr. P. Cunningham (édit. des « Vies de Johnson •) indique à tort ce changement comme ayant été brusquement elTeclué vers ce moment. Dans une lettre à Ker, de septembre 1724, Malloch dit : « My cousin Paton woutd hâve me write my name Mallet, for there is not an Ënglishman that can pronounce it». — Il est une autre raison qu'il ne mentionne pas : Malloch se prêtait à une transformation en Moloch, qui déplaisait à notre Écossais.

5. To Mr, Thomson douhting to what patron he shoufd address his pœm called Winter^ by Aaron Hill. La pièce se trouve dans le Recueil des poésies de Hill {The English Poeis in 100 vol , 1822, vol. LX, p. 40).

6. To Mr. Thomson on his hlooming Winlor, by Mira. — I believe

you could with a liltle trouble, make Clio's verses very pretty — lovely. • (Thomson à Mallet, 13 juin 1726.) — « Her name (Glio) bas of late becn so nbused and scandalised, ihat 1 am informed she lias lately changed it for t'.iat of Myra... • — (The British Journal, Saturday, 24 september 1726.)

vellement adopté, sur le conseil de Mallet, par Martha Fowkes dont le premier nom de plume, Clio, était devenu trop célèbre. Cest Mallet aussi qui avait demandé à Tobligeant bas-bleu cette contribution à la gloire de Thomson. Il avait revu et amélioré les vers.

Cette deuxième édition conserve du reste la dédicace de Mallet *, et les lecteurs devaient être surpris du contraste que présentait l'adresse en prose au speaker et les épîtres de Hill et de Mallet où il était question de lui. Thomson n'avait pas ajouté de vers à sa première production *; mais il l'avait fait précéder d'une préface en prose qui est en heureuse opposition avec le ton et le style de la dédicace. C'est une sorte de manifeste poétique où l'auteur fait sa profession de foi avec fierté, avec indépendance, avec une véritable élévation de pensée. Il revendique les droits de la poésie : on n'y veut voir souvent qu'un amusement frivole, il y montre les plus nobles plaisirs qui aient charmé les hommes a depuis Moïse jusqu'à Milton d. 11 s élève du reste contre l'emploi vil, mercenaire ou puéril qui est trop généralement fait alors de la langue des vers. La poésie ne restera pas dans son état présent. Le retour aux sujets jrrands et graves la sauvera. Rien n'y contribuera plus que l'étude de la nature trop longtemps négligée. Et, après quelques compliments aux trois confrères qui lui ont donné un témoignage poétique de leur sympathie et de leur estime, il termine cette page de noble et haute critique, en annonçant son projet de traiter les autres a Saisons » '.

i. Elle se trouve daos les 5 premières éditions.

1 Elle conlenaJl 187 vers. Ce nombre restera celui des cinq premières éditions. Plus tard le chiffre s'élèvera graduellement jusqu'à 1 069.

3. « Although Ihere may seem to be some appearaoce of rcason for the présent contempt of it,... yet that any man shonld seriously déclare airainst that divine art is really amazing. It is... aiïronting the universel Uste of mankind, and declaring against wliat has charmed the listening world from Moses down to Milton.... That there are fréquent and notorious abuses of poetry is true,... let hcr exchan^^e her low, vénal, trifling sQbjects for such as are fair, useful and magnificent.... Nothing can hâve a detler influence towards the revival of poetry than the choosing of great and serious sabjects.... Poets and readers of poetry should rcturn to the i>tudy of Nature too long neglected.... See the bcst poets, both ancient and mo-lcrn. Whence did they dérive their inspiration? They hâve been pas- 9ionately fond of retirement and solitude : the wild romantic eountry was Ujeir deiigbt.... »

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