The sweet en forcer of the poet's strain
Thine was the meaning music of the heart,
Aussi bien que Tenthousiasme du dilettante, Tardeur patriotique dicte à Thomson plus d'une belle page. Nous avons eu à rappeler quelques passages où ce sentiment donne seulement naissance aux développements ampoulés et confus d'une rhétorique déclamatoire. Mais il en est d'autres aussi où, malgré le défaut persistant d'une affabulation fâcheuse, le poète trouve de retentissants et fiers accents. Telle est la page, d*un mouvement soutenu et d'un bel élan, où il célèbre la condition de ces rois constitutionnels de l'Angleterre qui. « impuissants pour le mal, ont, pour faire le bien, un pouvoir sans limites ^ b. Dans toutes les parties du poème se rencontrent de ces vers sonores, pleins, heureusement balancés, où se reconnaît la main du maître ouvrier :
Though Conques t o'er them clapped her cagie wings, Her laurels wreathed, and yoked her snowy stceds To the Iriumphal car *.
The Forum and comitia horrid grew
A scène of bartered power, or reeking gore '.
Tout ce tableau rapide de l'Histoire de l'Angleterre que contient le VP chant mérite aussi d'être signalé. C'est un horsd'œuvre sans doute, et une amplification de rhétorique, mais où ne manquent ni l'ardeur intime du sentiment, ni la fermeté de la forme. Il y aurait intérêt à comparer ce morceau aux passages analogues de La HenHade. C'est le même ton et « la même marche d'idées* » avec plus de souplesse et d'élégance dans la langue de l'écrivain français, plus de feu et d'enthousiasme chez le poète anglais.
Nous ne mentionnerons que pour mémoire d'autres morceaux où Thomson peut soutenir la comparaison avec plus d'un écrivain fameux de son temps. La dernière partie de l'œuvre nous le montre sous un aspect nouveau, celui du
Nol the vain trill, that void of passion, runs In giddy mazes, tickling idie ears; ' Bat that deep-searching voice, and artful hand To which respondent shakes the varied soul. »
!. IV, 1147-1176. — 2. HI, 153-155. — 3. HI, 391, 398. 4. L'expression est de Brugière de Barante (Théâtres étrangers), t. X, Vif de Thomson,
poète satirique. Sans doute il ne s'y trouve pas de mérites qui mettent ces pages hors de pair. Ces attaques contre la richesse oisive, contre le luxe insolent et sans goût; cette exposition des plaisirs vains ou coupables où se dissipe la vie des heureux de la fortune, le théâtre, le bal, le jeu; puis le tableau de la ruine qui suit et venge ces désordres; Tabandon des flatteurs et des parasites qui a la rafale venant secouer leur patron, « s'enfuient comme une pluie de feuilles flétries et le laissent « dépouillé * j>; tout cela, comme les déclamations sur la vénalité des gouvernants *, est le bien commun dont vivent les nombreux satiriques de cette époque. Mais il faut aussi reconnaître que, dans cette voie qui n'est pas la sienne, Thomson apporte une énergie, un élan qui le font l'égal non pas sans doute de Pope dont il n'a pas l'esprit scintillant ni la mordante concision, mais au moins de Young.
Dans cette œuvre de prédilection où il voulait mettre le meilleur de sa pensée, Thomson, on peut le croire, réservait une place à ses doctrines philosophiques. Quand il passe en revue les divers établissements des peuples grecs et les foyers de civilisation créés par la liberté, il s'arrête au nom de Grotone, pour rappeler Pythagore et son enseignement. C'est l'occasion d'un exposé nouveau de cette doctrine de la métempsychose à laquelle notre poète montre un fervent attachement. Il l'accepte, nous le savons, avec son corollaire nécessaire, le végétarianisme '; et il la complète par sa conception d'un mouvement sans cesse progressif. Ailleurs encore, il fait honneur aux anciens Bretons d'une croyance à la transmission perpétuelle d'une vie individuelle*. Il voit même dans cette croyance le fondement de leur courage, sans s'arrêter à cette considération que la même doctrine religieuse n'a pas fait naître l'héroïsme chez les peuples de l'Indoustan qui l'ont conçue '.
c La Liberté » nous donne encore l'indication d'une doctrine métaphysique grandiose sur laquelle le poète fonde toute une théorie scientiflque et morale de la plus haute importance. A propos de l'enseignement de Pythagore, il signale la première