Y. 137-195. — 2. V, 209-220. — 3. III, 32-70. — 4. IV
5. Sur l'hypolhèse que celte doctrine ait été enseignée par les druides, et sur ses liens avec les doctrines du brahmonisme, on connaît les pages de Henri Martin (Histoire de France, l. I, p. 46, 47).
apparition de l'hypothèse de l'attraction, et avec une hardiesse qui ne messied pas à un poète, 1 voit dans l'amour le principe essentiel de la mystérieuse force *. Il n'y a là qu'une indication très sommaire. Mais dans la dernière partie du poème, il reprend la même conception pour lui donner encore plus d'ampleur. L'amour, répandu et diffus dans l'immensilé de l'univers, pénètre toutes les créatures ; il les associe dans sa tendance à la vie; puis condensé et épuré il fait naître les passions humaines successivement graduées dans l'ordre de leur noblesse jusqu'à celle qui l'emporte sur toutes les autres : le dévouement au bien public. £t unissant dans son audacieuse hypothèse l'explication du monde physique et les phénomènes les plus complexes de la morale et de la sociologie, il déclare indispensable à l'établissement et à la prospérité d'une communauté libre cette « gravitation morale ' i!>,cet amour mutuel des citoyens qui se confond avec l'amour de la chose publique.
Tout cela reste de la métaphysique de poète, plus encore, il faut le dire, par le vague de la conception et la gratuité des assertions que par la richesse et la beauté du langage. Mais au moins l'exposé des théories scientifiques, astronomie de Pythagore ou gravitation newtonienne, est-il fait de la main d'un maître écrivain. Et pour le reste, si la philosophie de Thomson est un très pâle reflet de quelques grands systèmes métaphysiques, encore faut-il porter au crédit de notre poète l'ambition d'avoir voulu donner à ces hautes spéculations une exprfôsion littéraire et la parure des vers.
C'est cependant un mérite dont la postérité ne lui a pas su plus de gré que les contemporains. Il faut que le malheureux poème ait tenté bien peu de lecteurs pour qu'à une époque où l'on note avec tant d'intérêt tous les antécédents scientifiques ou littéraires de la théorie de l'évolution, on n'ait pas signalé la conception embryonnaire qu'en donnait l'œuvre de Thomson. On n'a pas davantage observé que le faiseur de vers avait, comme les grands philosophes-poètes de l'antiquité, et comme les penseurs les plus hardis de l'idéalisme moderne^ proposé de voir l'amour au fond de toutes les manifestations de cette force universelle qui unit les molécules et qui cimente les sociétés. Il est bien probable que ni Darwin ni Swedenborg