more than lovely! G majestic Tair one
Since you then know the jealous force ofloTe, Forgive its tender fears, ils fond offence; Offence I coiild not mean. o Etc.
(Acte I, se. m.)
« AGAMEMNON. » o61
récit grec, nous voyons en face d'Égisthe un homme averti dont les soupçons se changent bientôt en certitude. C'est un duel de ruse et de savoir-faire qui s'engage entre les deux ennemis. L'intérêt ne porte plus sur le drame intérieur des âmes et des cœurs, mais sur les péripéties d'une lutte de palais. L'issue n'en est fixée ni par l'irrésistible volonté des dieux, ni par les fatalités de la passion. Si Égisthe l'emporte c'est parce que la tempête retarde de quelques heures l'arrivée des vaisseaux du roi.
Aussi bien Thomson ne &it-il qu'une faible part aux éléments qui donnent à l'antique tragédie son caractère. Le chœur disparaît presque entièrement, et dans la courte scène où il figure * il n'apporte au drame aucun élément lyrique. Les nobles strophes où, chez Eschyle, le chœur des vieillards argiens célèbre d'abord l'enthousiasme de la Grèce s'armant pour venger Ménélas, et puis les maux de la guerre font place dans la tragédie anglaise à un dialogue où le roi et son fidèle Arcas développent en style pompeux les bienfaits et les beautés de la paix, les mérites et l'utilité de la guerre. Le début si plein de saveur de r« Agamemnon j> grée, le monologue du veilleur attendant depuis des années, sur le toit du palais, le signal qui doit annoncer la prise de Troie, cette scène d'une naïveté épique, pouvait tenter le poète moderne. Il n'y a vu que l'occasion d'un morceau descriptif traité avec soin ; il n'a rien conservé de ce qui en fait pour nous la couleur et le charme archaïque.
Si rares que soient les occasions où Thomson a fait passer dans sa tragédie quelque chose de la farouche grandeur de son modèle, il en est une cependant qu'il convient de signaler. Devant le palais où elle sait qu'un crime odieux va s'accomplir Gassandre, dans le drame grec, est saisie d'horreur. « Ce palais », dit-elle, « exhale une odeur de mort, le sang y dégoutte » ; et quand le chœur répond : « Oui, le sang dés victimes brûlées
i. Acte IV, se. m.
sur Tautel », la prophétesse ajoute : a La vapeur qui y règne est celle des tombeaux ' ».
Thomson a fait perdre à ces paroles quelque chose de leur tragique épouvante en y ajoutant un long et faible développement. Mais il a eu l'audace de reproduire l'idée qu'expriment ces deux vers :
<c Emportez-moi loin de ce palais ou plutôt de cet abattoir! « Il y règne une odeur de carnage, et l'on y sent une vapeur a affreuse, comme peuvent en exhaler les sépulcres béants, b Malgré l'emphase inutile, et les mots nobles (carnage, sépulcres béants) qui sont la marque de l'écrivain et du temps, la traduction conserve quelque chose du puissant réalisme et de l'horreur presque physique évoquée par le passage d'Eschyle. Cette intervention du sens de l'odorat en pareille occasion nous éloigne singulièrement des conventions, des bienséances, de la pointilleuse noblesse du théâtre classique au xvm* siècle. C'est plus haut, c'est au théâtre de la Renaissance anglaise et au génie de Shakespeare qu'il faut remonter pour trouver Téquivalent de cette association hardie d'une tragique émotion à une hallucination d'un sens inférieur. Par delà les siècles, à travers les civilisations diverses et les révolutions de Tart, Shakespeare rejoint Eschyle dans une même inspiration quand lady Macbeth sent l'odeur inetTaçable du sang sur la petite main que le crime a souillée *.
Les personnages de V <c Agamemnon » anglais n'ont rien, nous l'avons vu, de l'énergie brutale des héros du vieil Eschyle. La tragédie anglaise se termine cependant comme l'autre dans le sang et les imprécations furieuses. C'est une nécessité du sujet choisi, ce n'est plus une conséquence naturelle du choc des caractères. La langue reproduit les anachronismes, les trahisons, et, on peut le dire, les contre sens de l'interpréta-
1. KaaàvÔpa. $66ov ô^|ioc wvéo-jdiv a.l\i.axo(r:oLyr^. Xopô;. Kai nà>ç tûS' oÇei 6u;juxt(i>v Èçevtttov. KaadcvSpa. "Opioioç oitijiô;, onmtp sx Taçou, icpéiCEi.
(« Agamemnon -, p. 7i.)