‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 256 sur 304 · Cf. Macbeth, acte V, se. i · texte numérisé non relu

Cf. Macbeth, acte V, se. i

Évidemment cette tragédie que les contemporains de l'auteur ont condamnée ne trouverait pas grâce aujourd'hui. Notre connaissance des diverses littératures et la notion que nous avons des exigences du drame nous rendraient plus sévères que les spectateurs de Drury Lane. Nous pourrions moins qu'eux-mêmes nous intéresser à la représentation de la tragédie sur la scène, et nous ne lisons plus cette œuvre qui trouva auprès d'eux un très honnête succès de librairie.

Et cependant, outre l'intérêt qu'elle présente, et sur lequel nous reviendrons à propos d'une autre pièce, de manifester un effort personnel de Thomson sur la scène anglaise, la pièce ne manque ni de vers, ni de scènes dignes d'un vrai poète. Au milieu de cette végétation d'ïambes héroïques, secs et monotones, on est de temps en temps charmé de rencontrer, comme une fleur dans les chaumes, un vers de poète, harmonieux et gracieux :

0 woods ! o fountains ! o delightful meads.

C'est le début, et ce n'est pas le seul vers heureux de la triste cantilène, coupée par les gémissements du chœur, où Cassandre salue la mort qui s'approche et dit adieu à ses compagnes ^ Également bien venu est le passage où l'excellent Mélisandre développe le mot bien connu de Virgile :

Non ignara mali miseris succurrere disco.

Il célèbre la douleur en des vers où la délicatesse de la pensée et l'humaine pitié ne sont pas trop étoufTées sous la pompe de la déclamation :

Sweet source of every virtue,

Osacred sorrow! *...

Les vers fermes et vigoureusement lancés ne manquent pas non plus dans les passages de très faible valeur dramatique

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