GooDHUGH, The English Gentleman's Liàrary Manual, p
3. CestTom Davies {Ufe of Garrick, yo\. I, p. 148) qui fait connaître ce. prix-coarant.
4. • In 1130 four éditions of Sopkonisba, a Tragedy, as it is now i£tedat the Theatre-Royal in Drury lane, by Mr. ThomsoD, were printed by Bowyer. A small number were printed in-4'' on large paper. » (J. NiCBOLS, Anecdotes of Bowyer, édit. 1812, vol. I, p. 436.)
5. .4 CrUieism of the New SophonUba,,., MDCCXXX, L'auteur anonyme est évidemment un confrère. l\ fait à plusieurs reprises mention d'une ti^édie du Timoleon qui fut jouée à Drury-Lane un mois avant « Sophonisbe •. n établit entre les deux pièces une comparaison qui est tout à FaraDlage de la première, et accuse Thomson d'avoir manifesté, pendant la représentation de celle tragédie, une jalousie inconvenante. On a siippoSé que l'auteur du. pamphlet était un ami de Benjamin Martyr/ le poète de Timoleon. Nous admettrions même volontiers qu'il faisait avec celui-ci une seule et môme personne. 11 se donne, au cours de ses aigres ceroarques, le pseudonyme burlesque de Tim Birch, qui, si on le compare à Benjamin Martyr, a bien avec ce nom quelque air de parenté. • 1 promised not to appear in the Pit till the author's 4^" benefit Night when 1 expect for m y Service a Ticket directed for me Tim Birch at Richard's CoffeeHouse, Temple Bar. »
6. « The Tragedy hasbeen recommended to Ihe World by a crowded Patronage.... 'Tis true Ihe tbing seemed to please some Pcrsons; there was a onmerous Party. in the House. Scotchmen with tunefui Hands andmerry Feet, altested it to be a true Barn of Wit.... I don't expect the Honotfr of.being apswer'd.by the Author or any of his admirers.... 1 was
83 UHBS THOMSOIt.
Tautéur conclut avec mélancolie : « Je ne m'attends pas à ft ce que le poète ni ses admirateurs me fassent Thonneur c d'une réponse.... J'ai appris que le droit de publication a été « vendu,... je ne pense pas que les fautes empêchent la vente c de la tragédie. ]>
La note exacte, qui nous fait connaître l'impression du public éclairé de 1730, nous est donnée par le Dr. Rundle. c Je vous « envoie « Sophonisbe », écrit-il à Mrs. Sandys. C'est, à mon «c sens, une distraction raisonnable à laquelle la vertu elle- «t même peut accorder quelques larmes d'approbation.... Le a sujet est mauvais; sa seule justification, c'est qu'il est vrai. « Le style est incomparable, mais le plaisir qu'il procure n'est a pas de cette qualité populaire qui remplit les théâtres d'aua diteurs nombreux *. »
La parodie célèbre que Cibber et Johnson attribuent à un plaisant du parterre n'eut donc pas sur les destinées de la pièce l'influence fatale qu'ont supposée les biographes. La raison pourrait bien en être qu'elle ne fut pas improvisée et lancée aux échos de la salle, au milieu des éclats de rire des spectateurs, comme la légende s'en est établie. Nous doutons fort que les contemporains de Thomson l'aient connue aussi généralement que nous. C'est Johnson qui l'a rendue célèbre. Nous Venons de voir que la pièce ne tomba aucunement après les premières représentations. Nous ajouterons que le vers malencontreux se retrouvie non seulement dans les quatre éditions de a Sophonisbe » qui parurent en 1730, mais encore dans l'édition des œuvres complètes de 1738 '. Ce n'est qu'après cette date que le vers fut changé en cet autre :
0 Sophonisba, I am wholly thine!
fnforihed'the first Night that the Copy was sold for 100 pounds.... I doa*t think the fauUs will be any hindrance to the salé. » ' 1. « 1 send you Sophonisba, which I Ihink a reasonable eotertainment becoming virtue herself to behold with tears of approbation.». The story'is a bad one, and ita being Irue is the on ly justification of it. The writing is incomparable, though the pleasure it affords is not of that pop> nlar kind which can draw crowded audiences.... When it was acted, however, the sentiments of virlue and honour were universally felt with pleasure; and the audience was hurried, by the divine enthusiasm of nature, to honour, by the praise of their hands, those moral beauties which they can not forbear loving..«. » (Rundlb. Z*e<(«r« io Mrs, Sandys, 16 mars n29-n30, p. 105.) 2. On est étonné de voir que l'erreur commune sur ce point soft paf-
ACHÈYBMBNT DBS « SAISONS ». 83
Est-il vraisemblable que l'auteur eût obstinément conservé un vers devenu ridicule? N'est-il pas plus probable que la parodie eut un succès limité à un cercle étroit? Elle se trouve dans la « Critique » du prétendu Tim Birch. Passant en revue ce qu'il appelle ironiquement « les beautés de pensée et de style », il annonce le vers comme c a fine Epanodos, in imitation of Famaby ^ t>, et inscrit au-dessous sa propre imitation : € Oh! Jemmy Thomson, Jemmy Thomson, oh ! x> Mais pas une allusion à la popularité de cette parodie ; rien qui fasse supposer qu'elle ne provienne pas, aussi bien que toutes les autres ironies ici dirigées contre Thomson, du propre cru de Tim Birch. Telle nous semble bien être en effet l'origine de cette amusante plaisanterie. Elle ne fut connue d'abord que des lecteurs, sans doute assez peu nombreux, de la « Critique ». C'est là que Fielding l'a recueillie *, et après lui Cibber et Johnson. De ces lazzis fameux qui sont restés attachés au souvenir de certaines pièces, il est deux catégories. Les uns, authentiques, ont entraîné ou accompagné la chute de l'œuvre; les autres plus nombreux ont été sans effet sur les représentations, parce qu'ils ont été imaginés après coup. C'est à cette catégorie, croyons-nous, qu'appartient celui qui a immortalisé un mauvais vers de « Sophonisbe ».
La reine avait manifesté un intérêt spécial pour cette première œuvre dramatique du poète. Ce fut donc à elle qu'il la dédia. Dans quelques mots de préface il reconnaît avec modestie les fautes de ce début •, et renvoie aux inter-
tagée même par un historien aussi prudent et aussi exact que Allan Cuaningham : « The line was amended in the second édition », dit-il (p. 28).
1. Probablement Thomas Farnaby, Tauteur d'un Sysiema Grammaticum (1641).
2. Dans son amusante tragédie burlesque The Tragedy of Tragédies; or the lÀfe and Death of Tom Thumb the Greatj publiée aussi en 1130. Le procédé suiri est exactement celui de Tim Birch. Le vers de « Sophonisbe » est cité comme imité de cet admirable modèle de Tom Thumb :
Ob I Huncamunca, Hancamunca, oh !
El ce n'est pas la dernière plaisanterie qu*ait inspirée le malheureux vers; noas le Terrons dans notre étude de la tragé.die de Thomson.
3. Cette préface contient la traduction d'un passage • from the celébrated Monsieur Racine •. C'est ce fragment de la préface de Bérénice (et' non pas d^Iphigénie, comme dit Brugière de Barante) où le dramaturge français justifie les règles de la simplicité d'action et de l'unité de temps.
84 JAMKS THOMSON.
prêtes, Wilks, et surtout Mrs. Oldfield *, le mérite du succès *.
Johnson rapporte, sur l'autorité de Savage, que le prologue de la tragédie fut écrit, pour la première partie, par Pope, et, pour la deuxième, par Mallet. Le fait serait intéressant, car il témoignerait d'une faveur tout exceptionnelle. Pope était sou< vent sollicité de rendre pareils services
« Les souhaUs modestes d'un autre poète se bornent à ces « trois points : — mon amitié, un prologue et dix livres '. »
1. Mrs. Oldfield occupe une place importante dans la chronique théâtrale et littéraire de ce temps. Elle se posait en protectrice du mérite inrortuné (Savage fut plus d'une fois son obligé et lui a adressé une ode) ; elle avait des prétentions au goût et au talent de parole. Pope ne Taimait pas, et dans son « Art ofSinking • tourne en ridicule une façon de parler qu'il désigne sous le nom d'Oldlleldismos, imprimé en caractères grecs. Voltaire semble avoir apprécié son talent dramatique et mentionne dans rÉpitre dédicatoire de Zaïre
• Votre Oldfield et sa devancière. •
Le râle de Sophonisbe fut sa dernière création, et, disent les annales du théâtre, la cause immédiate de sa mort.
« The part of Sophonisba, a Tragedy (by Mr. Thomson, famed for many excellent Poems) was reputed Ihe cause of her Death; for, in her Execation, she went beyond Wonder, to Astonishment! From tbat Time her Decay came slowly on and never left her till it conducted her to her eternal Rest, the 23'' of October 1130.... Oh! that v^e might hâve another from hier ashes ! • {Chbtwood, History of the Stage, p. 202.)
2. La liste des interprètes est celle-ci : Massinissa, Mr. Wilks; Syphax, Mr. Mills; Narva, Mr. Roberts; Scipio, Mr. Williams; Lœlius, Mr. Bridgewater; Sophonisba, Mrs. Oldfleld; Phœnissa, Mrs. Roberts.
Les chroniques du théâtre enregistrent quelques anecdotes se rapportant à ces représentations de Sophonisba.
La biographie de Shiels (Gibbbr*s Lives) prétend que Thomson 8*était placé, pour suivre la représentation, dans la galerie supérieure, mais que, dans l*état de surexcitation oii il se trouvait, il ne pouvait s'empêcher de déclamer les râles en même temps que les acteurs, et d^annoncer les scènes à venir. — Nous verrons plus loin que ce racontar peu vraisemblable est rapporté, par d'autres autorités, à la représentation d'autres pièces. Voici une anecdote moins connue et plus authentique :
« When Thomson*s Sophonisba was read to the actors, Ctbber laid hts hand upon Scipio, a characler which, though it appears only fn the last act, is of great dignity and importance. For two nights successively, Cibber was as much exploded as any bad actor coutd be. Williams, by désire of Wilks, made himself master of the part, but he, marchîng slowly, in great military distinction, from the upper part of the stage, and wearing the same dress as Cibber, was mistaken for him and met with repeated hisses joined to the music of catcals, but as soon as the audience were undeceived, they converted their groans and hisses to loud and long continued applause. ». (T. Daviks, Miscellanies, vol. llf, p. 263.)
,3. <i Three things anolher's modest wishes bound,
My frieDdsbip, and a prologue, and ten pounds. » . ,
{Kpistle to Arbuthnotf. y ers 47, 48.)
ACHÈVEMENT DEâ « SAISONS ». 85
Il s'était fait une règle de répondre par un refus, et nous le voyons agir de la même façon envers Mallet, envers Thomson et envers Hill. Celui-ci l'avait prié de lui fournir un prologue pour sa tragédie d'Athelwold et reçut cette réponse :
c ... Tous les poètes mes amis ont reçu ma parole d'honneur que je n'ai jamais consenti à en écrire un ; ... et, cet hiver même Mr. Thomson et Mr. Mallet m'excusent au sujet de leurs tragédies qui vont paraître cette saison-ci ou la prochaine ^ »
Sans doute une affirmation de Pope n'entraine pas nécessairement notre conviction. Ici même, malgré la netteté de ses dires, nous pouvons constater qu'il ne respecte pas scrupuleusement la vérité. On connaît en effet de lui au moins un prologue pour le Cato d'Addison, un autre pour une pièce jouée en 1733 au bénéfice du vieux Dennis, et un épilogue pour la Jane Shore de Rowe. Mais la véracité de Savage est peut-être plus encore sujette à caution, et les circonstances donnent un caractère de vraisemblance au démenti de Pope. Il est extrôr mement probable que le Prologue fut écrit en entier par Mallet.
Vers le milieu de cette même année 1730, parut enfin ie poème complet des « Saisons » *. L'auteur avait achevé la der-
1. « .... Every podtical friend 1 hâve bas my ^ord I ncver would, and my leave to take tbe same refusais I made him iU if ever I wrote one for anolber; and this very winter Mr. Thomson and Mr. Mallet excuse me, whose tragédies elther aro to appear tbis season or tbe next. » (Pope à Hill, 29 sept. 1131.)
La tragédie de Mallet dont il s'agit est Eurydice, jouée en i731, qui est mentionnée dans la correspondance de Thomson avec Mallet, le 20 sept. 1739. Aaron Hill, qui faisait beaucoup moins de façons que Pope, envoya à Tautear A^Eurydice un prologue pour sa pièce, avant que celui>ci lui en eût lait la demande. (The Works of Hill, èdit. 1754, p. 95.)
Huit ans auparavant. Pope opposait déjà pareil refus aux sollicitations de ses confrères. Fenton, son collaborateur à ses traductions d'flomère, avait cru pouvoir lui demander un service de ce genre, et le grand bomme s'excusa en lui disant : • 1 bave actually refused doing it for the Duke of Buckingbam's play •. (Lettre de Pope & Fenton, du 18 sept. 1722.)
2. Très probablement au mois de juin, comme nous l'apprend cette indication : « I bave a copy of tbe 1730 édition wilh Ibe four bathers. It bas tbe folloviring interesting entry in the fly-leaf : « JaC Thomson Alex'' Pope Dono dedlt, mense Junio, 1730. > (C. R. Manning, in Notes and QuetHes, 4* série, vol. XI, p. 434.)
La numérotation de cette édition princeps donne pour V « Été • 1205 vers et pour r • Automne » 1275. C'est une erreur de Timpression. Deux vers de F « Été * ont reçu le nombre 725; et dans V « Automne » il n'y a en réalité que 3 vers entre les numéros 70 et 80. (Voir & ce sujet le tableau dressé par
nière partie qui en restât à écrire, V c Automne i», et l'avait dédiée en quelques vers incorporés dans l'œuvre, au Très Honorable Arthur Onslow \ le speaker qui avait remplacé sir Spenser Compton. Conformément à l'engagement pris dans les «L propositions i» par lesquelles il avait sollicité des souscriptions, Thomson avait ajouté à l'œuvre un « Hymne à la gloire de Dieu ». Il avait aussi revu les parties antérieurement publiées, en y faisant des additions importantes'. Les souscripteurs n'avaient pas à se plaindre; ils n'avaient pas trop longtemps attendu, et recevaient pour leur guinée un fort beau volume in-quarto, avec quatre gravures de Kent, contenant, outre les c Saisons ]> et 1' c Hymne i», le « Poème sur Newton i», o. Britannia » et, en appendice, quatre petites pièces de vers •.
Peut-être l'auteur était-il moins satisfait du public; le produit des souscriptions ne devait pas laisser un bénéfice très
Mr. BoItoD Gorney dans son édition des • Saisons • de 1842, et les communications de MM. F. Cunningham et Cook dans Notes and Queries, 4* série, vol. XI, p. 4i9 et 530, et vol. XU, p. 58.)
1. C'est, dans les annales du Parlement anglais, le speaker qui aie plus longtemps occupé ces fonctions. Appelé au fauteuil en 1728, il y siégea jusqu'au 18 mars 1761. Les Communes lui volèrent alors d^unanimes remerciements, en priant la Couronne de lui accorder une pension annuelle de 3000 livres.
Les compliments du poète à ee nouveau patron sont heureusement justifiés. Onslow jouissait d'une réputation d'homme d'État intègre, de président impartial, de jurisconsulte savant, et en même temps d'homme de goût, ami des lettres. Young lui a dédié le premier livre de ses Sigkt Thoughts^ et Richardson a trouvé en lui un patron zélé.