‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 279 sur 304 · Cboric song · texte numérisé non relu

Cboric song

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le murmure du vent dans les grands arbres, ou frais et joyeux comme les prairies vertes et les ruisseaux jaseurs. Et le poème se poursuit, à travers ses couplets de facture savante et compliquée, avec un rythme onduleux comme les vibrations tour à tour sonores et mourantes de la barpe éolienne K

Un grand nombre de vers pourraient être cités comme exemples de cette appropriation parfaite, jusque dans les détails, de la forme, de la langue, à Tidée exprimée. Tantôt ce sont des vers allitératifs où l'onomatopée est claire et expressive sans affectation puérile :

The murmuring main was heard, and scarcely heard, to flow *.

No hammers thump ^.

Dragging the lazy, languid Une along *.

Or strenuous wrestled hard with many a tough compeer '.

Snakes, adders, toads, each loathly créature crawls around *.

Kt enfin, pour ne pas prolonger ces citations, ce vers où nous entendons la claire sonorité de la harpe :

ils speaking strings he tried

Till tinkling in clear symphony they rung '.

Ou bien au contraire ce vers sans résonance et comme ouaté où le même son sourd cinq fois répété éveille l'idée de molles surfaces et de coussins épais :

So that each spacious room was one fuU-swelling bed*.

Les cinquante premières strophes du chant I sont la partie supérieure du poème. Le reste de l'œuvre n'est pas de qualité aussi exquise. Les beaux vers y abondent. Quelques-uns de ceux que nous avons cités, de ces vers qui sonnent l'or, des vers de grand poète, viennent du deuxième chant. Les morceaux heureux ne manquent pas non plus. Les tableaux du miroir magique, les portraits des amis de Thomson, l'éducation du chevalier des Arts, son œuvre de civilisation, le chant de

1. Ganto I, 8tr. xl, xli. — 2. Canto I, str. v, 45. — 3. Canto I, sir. xiv. 122. — 4. Canto II, str. iv, 30. — 5. Canto II, sir. x, 90. — 6. Canto II, 8tr. rrms 603. — 7. Canlo II, str. xlvi, 410. — 8. Canto I, str. xxxnt, 297.

Philomelus, la transformation finale du séjour, autant de morceaux écrits de main de maître. Mais ce que nous ne trouvons plus, c'est cet air lumineux et enchanté qui flotte à travers la première partie et qui gagne notre foi aux merveilles de ce conte. Le charme du début est rompu. Le chevalier des Arts et de l'Industrie est un personnage bien insubstantiel. L'allégorie dans son cas n'est pas arrivée à prendre corps, et nous ne pouvons croire douée de vie cette abstraction au nom interminable. Comment nous intéresser à son combat avec le méchant magicien? Thomson n'a pas ce naïf enthousiasme pour les nobles joutes et les beaux coups de lance qui se communique du poète au lecteur dans les récits de Ghaucer ou de Spenser. L'auteur du reste n'est guère entraîné lui-même par l'illusion de sa fable. Il s'interrompt parfois pour nous parler de la condition misérable faite au poète par les lois et par la société, ou de la noblesse d'âme qu'a mise en lui la nature. Prises à part, ces strophes * sont fort belles. Mais elles détruisent l'illusion. C'en est fait des songes merveilleux et des régions qu'habitent les magiciens perfides ou les chevaliers libérateurs. C'est à un autre»monde qu'appartiennent les écrivains besogneux, les grands seigneurs impertinents, les bourgeois indifférents et les éditeurs indélicats.

Philomelus fait de louables efforts pour combattre l'effet des chants par lesquels Indolence a ensorcelé ses victimes. Son langage est toujours fort beau et parfois très éloquent. Il semble qu'il ait lu les « Saisons i> et se soit approprié la déclamation sonore des passages de ce poème où l'auteur expose ses doctrines philosophiques". Mais les raisonnements et les objurgations ne peuvent offrir le charme des belles images et des évocations poétiques. Toute l'éloquence du sermon de Philomelus ne vaut pas une des strophes qui chantaient les délices du château et les séductions de la paresse.

L'inspiration du Château d'Indolence ne connaît donc pas ces fiers coups d'aile qui élèvent le poète loin au-dessus des

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