‹ James Thomson, sa vie et ses œuvresChapitre 31 sur 304 · Il fut joué 16 fois · texte numérisé non relu

Il fut joué 16 fois

LE TOUR D'BUROPE. 9t

c DOS pièces anglaises ! car il semble que ce soient là de fort c dignes objets de sa française indignation ^... i»

Or, la préface de Brutus ne renferme aucune allusion à ce point particulier de critique. Ce n'est que plus tard, quand il publie la deuxième édition de ZatrCy que Voltaire énonce, dans sa deuxième Épitre dédicatoire à Mr. Falkner ', sa désapprobation d'un usage alors constant chez les poètes tragiques de TAnglelenre. Thomson connaît donc, au mois de décembre 1730, des opinions que l'écrivain français ne devait pas rendre publiques avant plusieurs années. Comment douter qu'il les ait recueillies de la bouche même de Voltaire? Dans le ton ironique avec lequel 11 parle de reproches auxquels son unique tragédie Texposait autant que personne, il semble que nous retrouvions l'écho des conversations du brillant auteur de BrutiM avec le poète anglais, tout empressé de venir l'entretenir de sa récente c Sophonisbe ».

Ils s'étaient du reste connus en Angleterre, avant que Thomson eût encore abordé la scène. Voltaire lui-même nous rapprend ^. Il était arrivé à Londres, en mai 1726 *j au moment même où le succès de 1' a Hiver » commençait à en rendre l'auteur célèbre. Curieux de connaître toutes les illustrations britanniques, il désira sans doute rencontrer le jeune poète écossais. Les occasions ne lui manquaient pas. Venu en Angleterre comme l'hôte de Bolingbroke, le chef du parti tory,

Page 1