LORD DAVISON
Nous avons triomphé.
SCRRtr.
Londres, la grande ville,
A marché d’un pas fort dans la lutte civile.
Le canon de l'émeute a grondé tout un jour.
Nous entrons en vainqueurs dans ce même séjour Où de sujets félons la reine fut captive.
Nous avons à punir. L'Europe est attentive ; Norlhumberland échappe au tourment du remords; Sur le champ de bataille il a trouvé la mort.
De celle grande mort la nouvelle semée De Jane usurpatrice a dissipé l'armée.
On s'est emparé d’elle, et le traître Guilfort t^'étail pas pour son crime un soutien assez fort. Tüusdeux sont prisonniers, oui, tous deux... leurs
[complices
Ayant part au forfait auront part aux supplices. L’inexorable loi règle les chMimcnls;
Deux jours ont accompli ces gr.inds événcipenis. Mais jamais n'apparut une trame si noire Dans le cercle changeant des phases de I hisloire. Avec le parlement j'.itiends la reine ici.
Elle veut qu’en ces lieux les juges . La roici...
LA REINE. [EUe entre suirie de gardes.)
Dieu même a prononcé, Surrey... point d’indul-
• [genccl...
Ce lieu vit mon alTronl, il verra ma vengeance. Mes ennemis du meurtre ont donné le signal.
De ce trône insolent je fais un tribunal.
Hier nous étions là, toutes deux, face à face. Nous y serons encor, malsen changeant déplacé. Où j'étais à ses pieds Jane comparaîtra;
Où fut le criminel le juge montera.
J'y moulerai, Surrey, répandant l épouvanle, Cœur glacé, front d’airain, loi terrible et vivante ! Cerie on m’a fait beau jeu dans ces débats à mot, Je n’ai qu’à Iais»er choir le glaive de la loi.
Pour jouir de ses maux, pour tuer ma rivale.
Je n'ai qu'à dîrcà tous : Jesuis impartiale.
Nul besoin d’alTecler ni courroux ni transport, Mon immobilité lui donnera la mort. ^
Oui. jtisques au moment qu’elle sera punie,
Ma haine gardera son masque d’ironie;
Jane Grey subira le sarcasme acéré El mon sourire, avant l’échafaud préparé.
L’insolente avait pu, sans être mon égale.
Avec impunité devenir ma rivale. [trager.
Mais dans mes droits plus tard elle osa m’ou- Parlez-moi d’un forfait dont on peut se venger!
Je saurai me contraindre, ami, l’on peut m’cncroi- Je garde mes fureurs pour haïr sa mémoire, [re. Je ne suis point ingrate, et vous verrez, mylord, L’usage (luc je fais do la faveur du sort.
MAGASIN THEATRAL
Que ce vil parlement, tout meurtri d>sclavage.
A bien dans tout son jour étalé son servage !
Dans resluttes des rois, dans ces hauU.ditlcrentSi Toute înKdéliié commence par les grands.
On lésa toujours vus, et c'est leurs seules gloires. Tendre une main bunleuse à toutes les yicloires«
El toujours de faveurs et de mépris chargés, \ La fortune en changeant les a trouvés changés.
Ils avaient à Tenvi, quand j'étais prisonnière,
Adoré d'Edouard la volonté derniere;
Le peuple s'esllevé... mon droit est le plus fort. \ SUflHBY. • ,
On ne pourra juger Jane Grey sans Guilfort.
LA REINB.
Taifl-toi, Ub-ioil... '
* SOBBET.
Son nom à ce crime te mêle ; Époui de la coupable il doit périr comme elle*
LA RR1.NB.
Lai!
SCHBBT.
C’est la loi.
L4 REINE
Sans doute, et je 1a connaissais ; Mais malgré celle loi, Surrej, si j’agissais C'esl que déjà Ouilfort n’est plus en Angleterre.
SÜRRF.V.
11 a fui t ^
* LA REINE
, • Maintenant je ne veux rien te taire \
Par mon ordre en secret, au milieu de la nuit, Auprès du prisonnier. Davison introduit,
L’a fait de sou cachot sortir sous bonne escorte.
SLIHRCY.
Mais...
^ LA REINE
Sur sa trahison, oui, mon amour rbmportc.
On le conduit rn France, et l’exil de Guilfort Me rend enüu le droit de coudamner à mort.
Sl'KRET.
Caches bien le secret; d’un excès d'indulgence Qu'on ne Soupçonne paL..