IX%E
Mylord duc, parlez-nous de la reine Marie.
NORTBCIIBBRLA.<«I).
Quoi! vous quittez pour moi Démosthéne et Pla>
[ton T
JANE
Fait-elle son entrée à Londres?... Que dit-on? NORTHUUBBRUND.
On dit que sur son front le bandeau royal pèse.
Gim.FOHT.
Auiourd’elle pourtanitout fléchit, tout s'apaise. ASCtlEM.
Klle est d'Édouard sii le seul vrai successeur.
• 4ANB.
L hériUftedu frère appartient à la ssur.
ROHTHUMBBRLAND.
On craint que cette sœur, pour Rome trop con-
[stante,
Ne porte un coup mortel à la foi protestante;
Kt la mule du pape, à l'ombre de la croii,
A quelquefois bien bas plié le front des rois!
Du vieux christianisme acceptant l’hériiage.
En deux temples rivaux l’Europe se partage :
L'un, le plus vaste encor, veut faire, au nom du ciel. Peser sur l’avenir son redoutable autel ,
Et peuplant ses parvis d’adorateurs serviles, Pétrifler la foi dans des cœurs immobiles;
L'autre ose interroger la Bible, et ne croit pas Que l’humaine raison ne puisse faire un pas ;
11 fouirraii la pensée aux entraves de Rome,
D'un regard d'examen il arme l'œil de l’homme; El celui-là, qui doit triompher tdt ou tard, Craint et le Vatican et la sœur d’Édouard !
JARE.
Que je plains une reine! A peine sur le trône. Des craintes, des complots le ré»cau l'environne. Que;e prends en pitié, moi, dans ma chaste ardeur. Ce naufrage pompeux qo'on appelle grandeur.
Ce diadème d’or, qui. tout emprrint de flammes. Se pose sur nos fronts pour consumer nos âmes! Hélas! si dans leurs cœurs les rois osaient prévoir Le compte qu'ils auront à rendre du pouvoir, Quand Dieu les appelant loin du monde où nous
[sommes ,
* Dira :Qu'arct-vous fait pour le bonheur des bom-
[mes?
S'ils prévoyaient combien, même exempts de fu-
'reurs.
Peut nous coûter de sang une de leurs erreurs ! S’ils prévoyaient, chargés de punir ou d'absoudre, Combienla royauté rapproche de la foudre!
.Ils auraient sur leur front la pâleur et l’elTroi De Macbeth entendant ces mots : Tu seras roi! El quitteraient soudain le sceptre et la couronne,
De peur de voir en eux un présent d Iphictone. Par bonheur, Jane Grey ne doit jamais régner. C’est un fardeau que Dieu voulut bien rlfépargner! J’en rends grâce, û mon maître, à sa bonté suprême. ASCUBH.
Ma fille, Jane Grey doit régner sur soi rnéme. Doit régner sur son âme immortelle...
lARE, se tournant vers Guilfort.
Et sur lui !
NORTHUUBBRLA.VD.
Votre hymen, mes enfants, doit se faire aujour
[d’hui;
Oui, mon fils, cette nuit, dans le plut grand mys- II doit être ignoré de toute l’Angleterre, [lèrr. MRB.
Quoi I toujours nous cacher, mylord ?
NORTHt'MBBRLAND.
C'est un devoir.
Vos parents. Jane Grey, m’ont remis leur pouvoir : Vous suivrez mes conseils.
ASCHEM.
De la nouvelle rein**
N'est-ce pas offenser la grandeur souveraine?
Et doit-elle ignorer...
RORTHUMBERLARD
Oui , maître.
r.lILFORT.
Mais iwurquuiT