‹ Japhet, à la recherche d'un pèreChapitre 40 sur 42 · I VPHET · texte numérisé non relu

I VPHET

laite, j'allai voir llarcourt le lendemain matin, et après lui avoir appris mon intention de m'absenter une couple de jours pour aller voir une petite fille confiée à mes soins, j'ajoutai : Harcourt , tant que nous n'avons été que de simples connaissances , nous voyant dans la société, sans contracter aucune obligation particulière l'un envers l'autre , je n'ai pas cru nécessaire de vous détromper sur un point relativement auquel le major Carbonnell s'est trompé lui-même, et a trompé involontairement les autres; mais à présent que vous m'avez offert de m'introduire dans votre famille, je ne dois pas vous laisser plus longtemps dans l'erreur, lîien loin d'avoir la fortune brillante qu'on me suppose, je ne possède que ce qui m'est nécessaire pour exister, et l'amitié de lord Windermear. Vous voyez en moi un enfant que ses parens ont abandonné, qui n'a d'autre pensée que de chercher à les découvrir; et j'ai des raisons pour supposer que je ne suis pas d'une naissance tout-à-fait obscure. Je vous devais cette explication, et à moins que vous ne me renouveliez l'invitation que vous m'avez faite, je la regarderai comme non avenue.

— Newland, me répondit Harcourt, vous m'avez réellement étonné; mais, ajouta-t-il en me tendant la main, je vous admire, je vous

respecîe, et je sens que je vous en aime davantage. Avec dix mille livres de revenu, vous étiez fort au-dessus de moi, à présent nous sommes égaux : n'étant qu'un fds cadet, je n ai comme vous que le simple nécessaire; tous les biens de mon père sont substitués à mon frère aîné, il est obligé de soutenir son rang dans le monde; il a une famille nombreuse, et il ne peut faire davantage pour moi. — Vous désirez sans doute que ce que vous venez de me dire reste secret entre nous?

— Au contraire , je souhaite que tout le monde en soit instruit.

— J'en suis charmé, je vous ai annoncé à mon père comme un jeune homme d'une grande fortune; mais je suis certain que lorsque je lui aurai fait part de cette conversation , il vous tendra la main avec plus de plaisir que si vous veniez avec dix mille livres de rente , offrir la vôtre à une de mes sœurs... Je réitère l'invitation que je vous ai faite, et c'est avec encore plus de plaisir que la première fois.

— Je vous remercie, Harcourt; un de ces jours, je vous en dirai davantage. Je ne dois pourtant pas espérer que tout le monde pense aussi noblement que nous.

— Cela peut être, mais ne vous en inquiétez pas. — Ainsi donc nous partons vendredi?

— Bien volontiers... Je lui serrai la main, et nous nous séparâmes.

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