CHAPITRE XXXVI
La conduite d'Harcourt fut certainement pour moi un encouragement ; et si j'avais hésité à tenir la promesse que j'avais faite à M. Masterton, elle m'y aurait décidé. Le lendemain matin je partis pour aller voir Fléta, que je trouvai encore grandie et embellie. Elle semblait approcher de sa quinzième année , car ni elle ni moi nous ne savions quel était exactement son âge. Sa maîtresse de pension me fit l'éloge de son application et de sa docilité, et me demanda si je voulais qu'elle apprît la musique et le dessin. J'y consentis sur-lechamp, et Fléta me remercia en m'embrassant cordialement. Je lui repris sa chaîne de grains d'or et de corail, en lui disant que je désirais la mettre en lieu de sûreté , puisque c'était le seul
objet qui pût la faire reconnaître par ses païens. Craignant que sa demeure ne fût découverte par quelque agent de Melchior, je lui recommandai de ne jamais quitter sa pension, quand même on lui apporterait une lettre de moi pourl'engageràvenirme joindre, à moins que cette lettre ne lui fût remise par Timothée. Je fis la même recommandation à la maîtresse de pension ; je lui payai ce qui lui était dû, et je fis mes adieux à Fléta, en lui promettant de ne pas être si long-temps sans venir la voir.
Le vendredi suivant, Harcourt et moi nous partîmes pour le château de son père, où nous arrivâmes un peu avant l'heure du dîner. Je reçus le meilleur accueil de M. Harcourt père et de toute sa famille, qui se composait de trois filles, jeunes, jolies et aimables, son fils aîné étant en voyage. Le lendemain, je m'aperçus que M. Harcourt père redoublait d'atîentions et de prévenances pour moi. Je fus bientôt sur le pied de l'intimité avec toute la famille, qui me traitait comme si j'en eusse fait partie. Cependant quand j'allais me coucher chaque soir, je ne pouvais retenir mes larmes, en voyant quel bonheur c'était d'avoir un père, des sœurs, une famille dont on pût partager les peines et les plaisirs. Dans une réunion de famille, rien n'amuse plus que les petits talens qui sortent
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du cercle ordinaire; et les tours de cartes et d'adresse que Meichior m'avait appris contribuèrent beaucoup à l'amusement général. Au bout de quinze jours, Harcourt et moi nous repartîmes, et je ne pus quitter cette aimable famille les yeux secs.
— Eh bien , Harcourt , lui dis-je quand nous fûmes placés sur l'impériale de la diligence, avez-vous tout dit à votre père ?
— Oui, le soir même de notre arrivée, et mes sœurs en ont été également instruites. Vous voyez que cette confidence ne vous a rien fait perdre de l'estime de toute ma famille. Mon père voit notre liaison avec grand plaisir, et il m'a spécialement recommandé de cultiver votre amitié. Pour vous prouver que je le désire moi-même , j'ai une proposition à vous faire. Vous avez un grand cabinet de toilette dont il vous est possible de vous passer, et dont il est facile de faire une cbambre à coucher. Voulez-vous que je l'occupe? Nous vivrions ensemble , nous ferions toutes nos dépenses de moitié , et ce serait une économie pour tous deux , comme disait le pauvre Carbonnell. Il ajouta qu'il entendait me payer la moitié de ce que pouvait valoir le loyer de mon appartement, et en fixa lui-même le montant. On juge bien que j'acceptai toutes ses propo-
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suions avec grand plaisir. Quelques joins après nofre retour de Londres, il s'installa chez moi, et congédia son domestique.
Ma première entrevue avec M. Masterlon, et les tivers événemens qui l'avaient suivie, m'avaient fait oublier d'aller à l'hospice des Enfans-Trouvés pour m'informer si personne n'y avait été pour me réclamer. Je m'y rendis trèspeu de temps après mon retour. En y arrivant, j'appris qu'il y aurait le lendemain une assemblée des gouverneurs, et j'y retournai à l'heure qui me fut indiquée. Le gouverneur qui présidait, me demanda ce que je désirais.
— Je désire savoir, monsieur, s'il n'est venu personne demander des renseignemens sur un enfant élevé dans cet hospice, et qu'on y avait nommé Japhet Newland.
— Japhet Newland?
— Oui, monsieur; et en sortant d'ici , il a été placé comme apprenti chez M. Cophagus, apothicaire.
— Je me le rappelle fort bien, dit un des plus anciens gouverneurs 11 y a environ six ans qu'il est sorti d'ici:.1. Oui , je crois me rappeler qu'on est venu prendre des informations sur cet enfant, il y a un an ou dix-huit mois... Il faut faire venir le secrétaire.
Mon cœur battait vivement , et des gouttes
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de sueur me tombèrent du front en apprenant
celte nouvelle.
— Vous paraissez prendre beaucoup d'intérêt au sort de ce jeune homme, monsieur? me dit le même gouverneur, remarquant mon émotion.
— Oui, monsieur, répondis-je ; et personne n'en eaurait prendre un plus grand.
Le secrétaire arriva avec son registre , et après en avoir tourné bien des feuillets, il lut enfin ce qui suit : — 1 6 août. On est venu demander des renseignemens sur un enfant nommé Japbet, envoyé ici dans un panier dans lequel avait dû se trouver un billet de banque de cinquante livres. Répondu que ledit enfant avait été surnommé Newland , par ordre des p-ouverneurs; et qu'il avait été placé en apprentissage chez M. Cophagus, apothicaire, marché de Smilhfïeld. — 17 août. Le même individu est revenu, disant que M. Cophagus avait quitté sa profession , et que ceux qui demeuraient maintenant dans sa boutique avaient dit qu'ils ne savaient rien de certain sur ledit Japbet Newland; mais qu'ils croyaient qu'il avait été condamné à être déporié pour toute sa vie pour crime de faux.
— C'est un infâme mensonge! m'écriai-jc.
— On consulta le calendrier de Newgate ,
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continua le secrétaire, et l'on vit qu'effectivement un nommé J. Newland avait été condamné l'année précédente à la déportation à perpétuité.
— C'est un autre individu, m'écriai-je, rouge de fureur.
— Comment pouvez-vous le savoir, monsieur? dit un des gouverneurs.
— Comment je puis le savoir, monsieur?
C'est moi qui suis le Japhet Newland , élevé dans cet hospice, et ensuite apprenti de M. Cophagus.
— Vous, monsieur! dit le gouverneur, regardant ma mise à la dernière mode, ma chaîne d'or, mon épingle à diamans et mes bagues.
— Probablement, monsieur, ajouta le président, vous êtes aussi le M. Newland dont le nom est cité dans tous les journaux avec ceux qui fréquentent les réunions du grand monde ?
— Oui, monsieur, c'est moi-même.
— Je vous félicite de vos succès dans le monde, monsieur; mais d'après cela il paraît qu'il n'est pas très-important pour vous de découvrir vos païens.
— Ah, monsieur! répliquai-je, vous n'avez jamais su ce que c'est que d'être sans parens et sans amis. Je conviens que je dois remercier le ciel de m'a voir protégé d'une manière si inat-
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tendue; mais, quelque heureux que vous puissiez nie croire, je donnerais en ce moment tout ce que je possède en ce inonde, et je consentirais à reprendre mon costume d'Enfant Trouvé et à devenir un mendiant, pour connaître les auteurs de mon existence.
Et saluant le gouverneur, je sortis de l'hospice.
GlIAPiTilH XXXVII.
Je retournai chez moi déchiré par dés sentiniens trop pénibles pour essayer de les décrire. Je me jetai sur un sofa, ne désirant que la mort. J'avais le cœur serré, et je ne me sentis soulagé qu'après avoir versé des larmes bien amères. Harcourt arriva; je lui avais déjà confié toute l'histoire de ma vie, et je lui contai ce qui venait de se passer.
— Mon cher Newland, me dit-il, c'est une circonstance très-malheureure en soi; mais je
ne vois pas qu'elle doive vous affliger à ce point, car elle prouve du moins qu'il existe un être qui a cherché à vous découvrir.
— J'en conviens; mais ne lui a-t-on pas dit , n'a-t-il pas cru que j'ai été frappé d'une peine infamante pour un crime capital? Après cela , me cherchera-t-il encore?
— Probablement non ; mais à présent c'est à vous de le chercher. Que n'allez-vous demain chez cet apothicaire pour prendre des renseignemens sur l'individu qui s'est présenté pour savoir ce que vous étiez devenu ?Si vous le désirez, je vous accompagnerai.
— Pour être insulté par deux misérables qui on' été de tout temps mes ennemis?
— Ils ne l'oseront en vous voyant comme vous êtes. Dans tous les cas, leur maître sera certainement plus civil, et vous donnera toutes les informations qui seront en son pouvoir. Mais il ne faut pas faire les choses à demi; j'emprunterai demain matin l'équipage de ma tante, et nous arriverons avec fracas.
— J'irai ce soir demander l'avis de M. Masterlon.
— Priez-le de venir avec nous. La présence d'un homme de loi leur imposera. Ils craindront une plainte en diffamation.
J'allai voir M. Maslerton dans la soirée, et je
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lui conlai mon histoire. — C'est une circonstance contrariante , Newland, me dit-il ; mais ne perdez pas courage. Je vous accompagnerai, et nous verrons ce que nous pourrons taire. A quelle heure comptez-vous partir?
— A une heure, si cela vous convient, monsieur.
— Je serai prêt. Adieu, mon cher ami, car j'ai ici une affaire qu'il faut que je termine auparavant.
Ce fut un sujet de surprise générale quand on vit le lendemain une belle voilure s'arrêter à la porte de l'apothicaire; car bien peu d'équipages se montrent dans cette partie de la capitale. Nous entrâmes dans la boutique et nous demandâmes M. Pleggit. Les deux apprentis ne me reconnurent pas,* ils nous saluèrent gauchement, nous firent entrer dans l'arrière-boutique, et le plus jeune, le héros de la bataille des fioles, alla chercher M. Pleggit qui était dans sa chambre, et qui descendit aussitôt. M. Masterton lui apprit le motif de notre visite, et demanda pourquoi on avait fait un faux rapport à la personne qui était venue demander des nouvelles de Japhet Newland , en lui disant qu'il avait été déporté. M. Pleggit protesta qu'il n'avait rien dit de semblable. Use rappelait que quelqu'un était venu demander ce qu'était de-
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venu M. Japhel Newland, et qu'il avait seulement répondu qu'il l'ignorait. Mais cet individu avait aussi parlé à ses apprentis, il allait les faire venir. Il appela le plus âgé, l'apprenti borgne, qui voulait d'abord traiter l'affaire très légèrement ; mais M. Masterton prit un ton qui l'intimida. 11 convint qu'il avait dit que j'avais été déporté; il s'excusa en disant qu'il l'avait lu dans un journal; avoua qu'il n'avait aucune preuve dé l'identité delà personne; s'il avait fait une méprise, il en était très-fàcbé. La personne qui était venue était un homme de très-grande taille, fort bien mis, et ayant un air de hauteur et de sévérité. Il avait été fort agité en apprenant que Japhet Newland avait été condamné à la déportation. Il était venu deux fois dans la même journée, n'ayant pas trouvé M. Pleggit lors de sa première visite, et il avait laissé son nom; il croyait même l'avoir écrit sur le registre de la boutique. Le registre fut apporté et compulsé; un nom s'y trouva en marge, et l'apprenti nous assura que ce ne pouvait être que celui de cet. individu, puisqu'aucun autre n'y était inscrit. Ce nom était Dcrbcnon. Nous ne pûmes obtenir d'autres renseignemens, et nous repartîmes sans que M. Pleggit et ses deux apprentis m'eussent reconnu.
— Je n'ai jamais entendu prononcer ce
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nom, dit liarcourt à M. Masterton, quand nous fûmes en voiture.
— C'est probablement de Bényon, répondit l'homme d'affaires. Dans tous les cas, c'est un fil que nous pouvons suivre. Les de Bényon sont une famille irlandaise.
— En ce cas, je pars demain pour l'Irlande, méeriai-je.
— Vous n'en ferez rien, dit M. Masterton. Venez me voir demain soir, et j'aurai peut-être quelque chose à vous dire.
Je ne manquai pas d'aller voir M. Masterton le lendemain soir; il avait pris tous les renseignemens possibles sur la famille de Bényon, et, comme il me l'avait déjà dit, c'était une famille irlandaise du plus haut rang, et qui possédait une pairie. Il avait écrit à son agent à Dublin pour le charger de prendre les renseignemens les plus exacts sur tous les individus composant cette famille; il me dit que, jusqu'à ce qu'il eût reçu une réponse, je devais m'abstenir de faire aucune démarche. Je lui racontai alors ce qui s'était passé entre M. Iving et Timothée.
« — Cette affaire parait certainement très-mystérieuse, me dit-il; quand comptez-vous aller revoir celte jeune tille ?
— Je l'ai vue si récemment que je n'ai pas
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dessein d'y retourner d'ici à quelque temps... Si pourtant vous désirez lavoir...
— Je le désire, Newland; je crois qu'il faut que je la prenne aussi sous ma protection ; nous irons la voir demain. Le dimanche est le seul jour dont je puisse disposer pour de semblables excursions, et après tout c'est une œuvre de charité.
Le lendemain matin nous nous rendîmes dans la petite ville de*44, qui n'était qu'à vingt milles de Londres; Fléta fut surprise et charmée de me revoir sitôt, et M. Masterton fut frappé de la beauté de ses traits, de son air distingué et de ses manières ingénues ; il lui fit beaucoup de questions avec son tact ordinaire, et elles réveillèrent dans l'esprit de Fléta quelques souvenirs de son enfance qui s'en étaient effacés. Tandis que nous retournions à Londres, M. Masterton me dit : — Vous avez raison, Newland, cette jeune fille ne peut avoir reçu le jour de parens obscurs; tout annonce en elle une origine plus relevée. Mais la chaîne nous offre une chance pour découvrir qui elle est, et la persévérance vient à bout de bien des choses.
Trois semaines se passèrent, j'étais presque toujours avecHarcoun , maisjenallaisque trèspeu dans le monde ; telle était la situation de
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mes affaires quand Timothée me dit un matin en entrant dans ma chambre : — Je ne sais si vous l'avez remarqué, monsieur, mais il y a un homme qui rôde constamment dans cette rue et qui m'a l'air detre aux aguets pour voir tout ce qui se passe dans cette maison. Je crois, sans être tout-à-fait sûr, que je l'ai déjà vu quelque part, mais je ne saurais dire où.
— Pouvez-vous m'en faire la description?
— C'est un homme vigoureux , bien fait et ayant la peau fort brune; il est vêtu presque en marin mais assez proprement; cependant il est aisé de voir que ce n'est pas un homme comme il faut. Depuis une semaine je le vois tous les jours, je lai épié, et je me suis aperçu qu'il vous suit toutes les fois que vous sortez.
— Eh bien ! Timothée, il faut tâcher de découvrir qui il est, et ce qu'il me veut; montrezle-moi et je saurai bientôt si c'est véritablement un espion attaché à mes pas.
Timothée me le fit voir par une fenêtre à l'instant que je finissais de déjeûner. Je ne pus reconnaître ses traits, mais il me sembla aussi que je l'avais déjà vu. Je pris mon chapeau sur-le-champ, je sortis et je parcourus une demi-douzaine de rues au hasard. Me retournant alors tout à coup, je vis cet homme à quelques pas derrière moi; j'eus l'air de ne
faire aucune attention à lui , et voulant pousser l'épreuve plus avant, je montai dans une diligence qui allait partir pour Brentford. En y arrivant, je fus le premier à sortir de voiture, et je vis sur l'impériale mon homme qui se préparait à descendre. Tout à coup ses traits se rappelèrent à ma mémoire; c'était l'Égyptien qui avait apporté à Melchior la nouvelle qui l'avait décidé à partirai précipitamment. Je le reconnus parfaitement, et il ne me resta aucun doute que ce ne fût lui. Le mystère s'éclaircit sur-le-champ à mes yeux : on avait sans doute reconnu que Timothée avait donné une fausse adresse, et Melchior avait chargé cet homme d'épier toutes mes démarches dans l'espoir de découvrir la véritable. Vous serez encore trompés , me dis-je à moi-même; et comme il se trouve à Brentford plusieurs pensionnats de jeunes demoiselles , j'entrai dans le premier que je rencontrai sur mon chemin. Je demandai la maîtresse de la maison et je la priai de me dire quel était le prix de la pension, quelles branches de l'éducation on y enseignait, si Ton pouvait avoir des maîtres de danse, de musique, de dessin , de français et d'italien ; en un mot, je lui fis les questions les plus minutieuses afin de faire durer l'entrevue plus longtemps ; enfin je me levai en lui disant que je ferais part
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aux parens de ia jeune personne des renseignernens que je venais de prendre, et que j'espérais qu'ils en seraient aussi satisfaits que je l'étais moi-même.
En sortant de celte maison, je vis encore mon espion égyptien à peu de distance. Je montai dans la première voiture qui fut prête à partir, et je rentrai chez moi. En y arrivant, j'informai Timolhée de tout ce qui s'était passé. Monsieur, me dit-il , je crois que si vous preniez un autre domestique pour une quinzaine de jours , je pourrais vous rendre de bons services dans cette affaire. Cet homme ne me connaît pas, et en me noircissant le visage et les mains, je crois qu'il ne me serait pas difficile de me faire passer pour Egyptien; d'autant plus que j'ai appris leur jargon, pendant le temps que nous avons passé avec eux.
— Mais qu'avez-vous dessein de faire , Tirnothée ?
— Mon dessein est de savoir où il loge, de m'y loger aussi, et de faire connaissance avec lui; j'espère alors pouvoir découvrir qui est Melchior et où il demeure.
— Il vous faudra beaucoup de circonspection, Timothée; car il est possible qu'il soit assez bien instruit de notre histoire pour vous soupçonner.
— Fiez-vous à moi , Japhet... Eh bien ! acceptez vous ma proposition?
— Oui , et vous pouvez commencer sur-lechamp à faire vos arrangemens pour l'exécuter.