‹ Japhet, à la recherche d'un pèreChapitre 5 sur 42 · J A 1>H ET · texte numérisé non relu

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tire une voix, on est porté à en juger d'après l'extérieur de la personne qui va parler; et en voyant, à la lueur de la lampe qui brûlait sur le comptoir, un front couvert de rides, une patte d'oie fortement empreinte au coin des yeux, un teini plombé et presque cadavéreux, je me serais aussi bien attendu à entendre partir une harmonie céleste d'un nuage chargé d'électricité, qu'une voix si mélodieuse sortir de la bouche d'une telle femme.

— Juste ciel! madame, lui dis-je, permettez-moi d'envoyer chercher M. Cophagus. Il n'est pas loin d'ici.

— Non, n'en faites rien. C'est vous que je viens consulter. Je sais que vous donnez des avis, que vous vendez des médecines et que vous en recevez l'argent.

Ces paroles me causèrent une agitation nerveuse, car je cru» qu'elle avait découvert nos pratiques secrètes. La même idée se présenta à l'esprit de Timothée, et il me témoigna son inquiétude de la manière la plus grotesque. Il se tenait tantôt sur une jambe, tantôt sur l'autre, comme s'il eût marché sur du fer rouge, mettait successivement ses mains dans toutes ses poches, se frottait le front, se mordait les lèvres, me faisait des clins-d'œil; enfin il me dit à l'oreille :

— Elle n'avait pas les veux dans ses poches en venant si souvent à la fenêtre; elle sait tout, et elle vient pour nous faire acheter le secret.

Je le repoussai de la main , et me tournant vers l'étrangère :

— Madame, lui dis-je, il est vrai que je me suis hasardé à donner des avis pour quelques légères indispositions, et que je reçois le prix des médecines que je vends en l'absence de mon maître; mais j'y suis autorisé par lui.

— Jesais,jesais... Vousn'avezrienàcraindre de moi. Ce que je désire, c'est que vous me donniez vous-même un avis , car je n'ai pas grande confiance dans les talens de votre maître.

— Comme vous le désirerez, madame.

— Avez-vous du julep de camphre?

— Oui, madame.

— Failes-moi le plaisir d'en envoyer une bouteille chez moi sur-le-champ.

J'en mis une bouteille sur le comptoir; elle en paya le prix ; je la remis à Timothée, et lui dis de la porter à l'adresse qu'elle indiqua. Il prit son chapeau, partit, et nous restâmes seuls.

— Comment vous nommez-vous? me demanda-t-elle.

— Japhet Newland, madame.

oft JAPHET

— Japhet... c'est un bon nom... un nom tiré de l'Écriture-Sainte... Newland... cela senti idolâtrie de Mammon, dit-elle en une sorte de soliloque, et toujours de la voix la plus mélodieuse.

— Le mystère est dévoilé, pensai-je, c'est quelque méthodiste fanatique.

Je ne me trompais pas dans cette conjoncture; mais sa mise recherchée et pleine de goût repoussait cette idée.

— Qui vous a donné ce nom ? me demandât-elle.

Cette question était toute simple, mais elle fit naître en moi une légion de souvenirs. Ne me souciant pas de la prendre pour confidente, je lui répondis tranquillement :

— Mon parrain et ma marraine, madame.

Elle fut quelques instants sans parler.

— Mon cher monsieur, me dit-elle enfin, je suis bien malade... Voudriez-vous me tàter le pouls?

Je lui obéis, les yeux attachés sur une main qui méritait bien d être admirée.

— Quel dommage, pensai-je, qu'elle soit vieille, laide et à demi folle!

— ?se croyez- vous pas que mon pouls annonce une grande agitation nerveuse? J'en ai

compté les baitemens ce matin, et ils étaient de cent vinj;t par minute.

— Il est certainement un peu vif, mais je crois que le julep de camphre pourra vous être utile.

— Je vous remercie, monsieur Newland, répondit-elle en mettant une guinée sur le comptoir; si je ne me trouve pas mieux, je reviendrai vous consulter, ou je vous enverrai chercher... Bonsoir.

Elle sortit de la boutique, me laissant fort étonné. Que pouvait signifier cette étrange visite? J'étais plongé dans une profonde rêverie quand Timothée rentra, et la guinée était encore sur le comptoir.

— Je l'ai rencontrée en revenant, dit-il, et je... Quoi! une guinée!... Que veut dire cela, Japhet?

Je lui racontai tout ce qui s'était passé.

— Eh bien, reprit-il, l'affaire a mieux tourné pour nous que je ne l'espérais.

Ces mots me rappelèrent que nous partagions les profits, et je lui offris la moi ié de la guinée. Mais Timothée, malgré son esprit d'espièglerie, ne connaissait nullement l'égoïsme; il refusa positivement ce partage, dit qu'il n'y avait nul droit, puisque c'était le paiement d'une consultation, que j'étais maintenant me-

dicus doclor, et que j'avais déjà battu M. Cophagus, puisqu'il n'avait jamais reçu les honoraires d'un médecin.

— Je ne comprends rien à cette aventure, Timothée.

— Moi , je la comprends fort bien , Japhet. Elle a tant regardé à la fenêtre, qu'elle est devenue amoureuse de vous, et voilà toute l'affaire.

Ma vanité venait à l'appui de la supposition de Timothée. Dans tous les cas, lui dis-je, je voudrais que cela fût arrivé à une personne plus jeune et plus jolie, car je ne puis lui rendre son affection.

— Qu'importe , pourvu que vous ne lui rendiez pas son argent?

Elle revint le surlendemain au soir, acheta encore une bouteille dejulep de camphre, chargea Timothée de la porter chez elle, et, après m'avoir demandé si elle ferait bien de continuer ce remède, elle mit encore une guinée sur le comptoir.

— Réellement, madame, lui dis-je, je n'ai aucun droit à recevoir cet argent

— Pardonnez-moi, répondit-elle. D'ailleurs je sais que vous n'avez pas d'amis, et que vous méritez d'en avoir. Il faut que vous achetiez des livres et que vous étudiiez, sans quoi vous

ne serez jamais un homme instruit. Elle s'assit, et entrant en conversation , elle me surprit par le feu et la force de ses remarques, qui puisaient un nouvel intérêt dans le son toujours mélodieux de sa voix.

Ses visites furent très-fréquentes pendant un mois, et chaque fois elle laissait une guinée sur le comptoir. Sans être épris de sa personne, j'éta's certainement très reconnaissant de ses bontés et charmé de la supériorité de son esprit. Nous étions alors sur un pied de confiance et d'amitié. Un soir, elle me dit : Japhet , nous sommes amis depuis quelque temps... Puis-je me fier à vous ?

— Quand il s'agirait de votre vie, madame.

— Je vous crois.. . Eh bien , pouvez-vous venir chez moi demain soir ?

— Oui, madame, pourvu que vous m'envoyiez chercher, en faisant dire que vous êtes indisposée.

— J'enverrai à huit heures. Ainsi donc, à demain.

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CHAPITKE V.

Le lendemain soir, je laissai àTimothée le soin de la boutique, et , conduit par une grande servante maigre, ayant un air de puritanisme, je me rendis chez miss Aramathea Judd, car tel était le nom de cette dame.

— Miss Judd viendra dans un instant, me dit la servante en me faisant entrer dans une salle fort bien meublée au rez-de-chaussée. J'attendis quelques minutes, pendant lesquelles mon pouls battait vivement, car je devais m'attendre à quelque proposition importante ; mais était-ce d'amour ou de meurtre? c'était ce que je ne pouvais décider. Elle arriva enfin , s'assit sur un sofa, et me fit placer à côté d'elle.

— . Monsieur Newland, me dit-elle, je désire... je crois pouvoir vous confier un secret très-important pour moi. Quand je vous aurai conté mon histoire, vous saurez pourquoi je

suis obligée de le faire.1 — Mais, dites-moi, avezvous quelque attachement pour moi ?

C'était une question délicate pour un jeune homme de seize ans. J'avais les yeux fixés sur sa belle main, et j'étais sur le point de lui répondre affirmativement... je les levai sur sa figure, et cet effort me fut impossible. Comme j'étais fort près d'elle, je sentis qu'elle s'était rincé la bouche avec quelque aromate; j'en conclus qu'elle devait avoir l'haleine aussi forte qu'elle avait la voix douce , et cette idée m'inspira quelque dégoût. Il fallait pourtant répondre.

— Je suis plein de reconnaissance pour vous, missJudd; et, si vous m'accordez votre confiance, j'espère vous prouver que je vous suis attaché.

— Jurez donc, par tout ce qu'il y a de plus sacré , que vous ne révélerez jamais ce que j'ai à vous confier.

— Je le jure par tout ce qu'il y a de plus sacré, répondis-je en lui baisant la main avec plus de ferveur que je ne le croyais possible.

— Permettez-moi donc de vous quitter un instant.

Elle sortit et revint après une couple de minutes, portant le même costume, mais avec un visage tout différent, et des traits enchan-

leurs qu: n'annonçaient que vingt-deux h vingt- Irois ans. Je tressaillis comme si j'eusse vu une apparition.

— Oui , dit-elle en souriant, vous voyez maintenant Aramathea Judd sans déguisement, et vous êtes le seul qui ayez vu cette figure depuis plus de deux ans... Mais, avant que je ne vous en dise davantage, jurez-moi encore le plus profond secret.

— Je vous le jure sur cette main, m'écriai je en la baisant de nouveau , et pour cette fois avec une ardeur véritable. Je la regardai avec des yeux pleins de feu qui exprimaient l'amour,

le désir et ainsi de suite, comme aurait dit

M. Cophagus; en un mot, j'en fis assez pour attendrir le cœur de trois ouvrières modistes. Mais elle mit fin à ce délire amoureux par une phrase bien courte, prononcée d'un ton calme et décidé, quoique d'une voix mélodieuse : — Pas de sottises , Japhet !

Ces mots renversèrent mes espérances d'amour, de mariage, de fortune, et je ne sais de quoi ; je laissai tomber la main que je tenais encore dans les miennes, et je restai muet, confus, et faisant, je crois, fort sotte figure.

— Maintenant , écoutez-moi , continua-telle; vous devez déjà me regarder comme une femme ayant recours à l'imposture, et vous

avez raison. Je suis ce qu'on pourrait appeler une aventurière religieuse. Le terme esl nouveau, j'en conviens, et peut-être n'est-il applicable qu'à bien peu de personnes J'ai eu une tante qu'une certaine secte considérait comme une grande prophétesse, et j'ai à peine besoin de vous dire que c'était une folle absurdité. Cependant beaucoup de gens croyaient en elle, et y croient encore. Elevée par ma tante, je reconnus de bonne heure combien il était facile de faire des dupes en profitant de la crédulité des autres. Elle avait ses mornens d'inspiration, d'extase, de convulsions, et j'étais toujours derrière la scène. Elle avait toute confiance en moi , et je puis dire que j'étais sa seule confidente; il n'est donc pas étonnant que j'aie pratiqué à mon tour l'imposture, puisque j'y avais été habituée dès l'enfance. Au physique, je suis exactement, pour la taille et pour les traits, ce que ma tante était à mon âge, quoique j'aie donné à mon visage l'apparence de celui d'une femme de l'âge qu'elle avait quand elle mourut. Je m'étais souvent couverte de ses vêtemens ; et quand j'avais son bonnet et son tour de cheveux, la ressemblance était frappante. Elle tomba maladeet elle mourut; mais elle avait prédit à ses disciples qu'elle ressusciterait; ils y avaient ajouté foi , el ils attendaient

avec impatience l'instant de sa résurrection. Environ huit jours après qu'elle eut été enterrée, il me vint à l'esprit que je pouvais réussir à les tromper. Je mis les vêtemens de ma tante, je me peignis et me défigurai le visage, comme vous l'avez vu, et j'y réussis tellement, qu'en me regardant dans un miroir, je crus voir la figure de ma tante. Dès le même soir, je me rendis dans ce que ses disciples appelaient le tabernacle, où je savais qu'ils se réunissaient encore , etje me présentai hardiment au milieu d'eux. Ils se prosternèrent à mes pieds, comme devant uneprophétesse victorieuse de la mort, trompés en partie par les apparences, mais beaucoup plus encore par leur crédulité. Depuis plus de deux ans je suis toute-puissante sur leur esprit ; mais le point le plus important et le plus difficile , Japhet , c'est de faire de nouveaux prosélytes, car il m'en faut de nouveaux pour remplacer ceux que la mort m'enlève, sans quoi la prophétesse ne pourrait plus payer son médecin. Je ne puis en attirer qu'à force de syncopes, d'extases et de convulsions ; je me suis habituée à m'en procurer, mais je ne puis le faire ellicacement qu'à l'aide de stimulans... Me comprenez-vous?

— Parfaitement; j'ai même cru plus d'une fois, et surtout dans la soirée, vous voir sous

l'influence des stimulans dont vous parlez, et je crains que vous n'en preniez trop pour votre santé.

— Pas plus qu'il ne m'en faut pour me mettre en état de continuer le rôle que j'ai entrepris de jouer, et pour maintenir la foi de mes disciples, dont quelques-uns ont des doutes et des soupçons. Je sais même qu'ils surveillent mes démarches. Je ne puis me fier à la femme qui me sert, car je crois qu'elle est chargée de m'épier; et je ne puis la renvoyer , car elle est payée par mes disciples, à qui cette maison appartient, ainsi que tout ce qu'elle contient. En outre, il existe une autre femme qui est ma rivale en imposture Elle prétend que je suis une fausse prophétesse, et qu'elle en est une véritable II lui serait fort difficile de le prouver; mais cette circonslance m'oblige à de grands ménagemens. Tous ces motifs font que j'ai besoin de votre aide. Vous sentez qu'il ne convient pas qu'on voie une prophétesse, ressuscitée d'entre les morts, entrer dans un cabaret, et pourtant, sans les stimulans qu'on y vend, je ne puis soutenir mon rôle.

— Et comment puis-je vous aider?

— En m'envoyant, comme potion médicale, le breuvage que je n'ose plus me procurer autrement, et en me gardant le secret, comme vous me l'avez promis.

— Je ferai tout cela bien volontiers, miss Judd; mais n'est-ce pas grand dommage qu'une femme si jeune, et vous me permettrez d'ajouter si aimable, s'adonne ainsi aux liqueurs spiritueuses!... Pourquoi continuer ce système d'imposture?.... Pourquoi y sacrifier votre santé, votre bonheur?... Pourquoi?...

— Pourquoi chacun sacrifie-t-il sa santé et son bonheur, si ce n'est pour l'ambition et l'amour du pouvoir? Il est vrai que tant que durera le peu de beauté que je possède, je pourrais être courtisée comme femme; mais je ne serais jamais vénérée, presque adorée comme prophétesse. Non, non, il y a quelque chose de trop f'élicieux dans cette adoration; quelque chose de trop agréable à voir une foule de fous ayant trois fois mon âge, se prosterner devant moi et baiser le bas de ma robe Ce plaisir absorbe tous les autres, et il a même fermé mon cœur à l'amour. Je ne pourrais, sans me dégrader à mes propres yeux, souffrir qu'une passion si misérable me dominât. Et dans le fait, je suis tellement habituée aux stimulans, que, quand je cesserais d'être prophélesse, je ne pourrais m'en passer.

— Mais, n'est-ce pas une des habitudes les plus dégradantes?

— Elle l'est en soi, j'en conviens ; mais je suis un cas d'exception Je ne tombe que pour m'é-

lever plus haut. Je ue puis être ce que je suis sans feindre; je ne puis simuler sans stimulans; ils ne sont donc pour moi que les moyens dont se sert une grande et glorieuse ambition

Notre conversation se prolongea encore quelque temps, mais rien ne put ébranler sa résolution, et je la quittai en regrettant qu'elle eût abjuré l'amour, parce qu'en dépit de la racine d'iris qu'elle gardait dans sa bouche pour masquer l'odeur des liqueurs fortes, j'étais épris de sa beauté et de son esprit, et en déplorant qu'une femme si jeune persistât à vouloir continuer un rôle d'imposture exigeant des excès qui devaient la conduire à une tombe prématurée. Lorsque je la quittai, elle me remit cinq guinées pour lui acheter les funestes stimulans qu'elle désirait, et elle me recommanda de ne pas oublier de lui en envoyer le lendemain

Il était tard quand je rentrai chez M. Cophagus, et je me couchai en arrivant. Je ne tardai pas à m'endormir, mais la figure et la voix de miss Judd me poursuivirent pendant mon sommeil. D'abord elle m'apparut avec son visage peint et sillonné de fausses rides; mais bientôt ce masque tomba, et je me précipitai à ses genoux pour adorer ses charmes, quand elle n'offrit plus à mes yeux que des traits difformes, et je me sentis suffoqué par une atmosphère im-

prégnée d'odeur de rhum et d'eau-de-vie. Je voulus la fuir, mais, comme le péché, dans le Paradis-Perdu de Milton, elle avait une queue d'hydre dans les replis de laquelle je me sentis enlacé, et, levant les yeux sur elle, je ne vis plus qu'un horrible squelette. Je m'éveillai en sursaut, saisi d'horreur, et ce rêve me guérit du penchant que m'avait inspiré miss Aramathea Judd.

Le lendemain, j'envoyai Timothée acheter de l'eau-de-vie rectifiée, à laquelle j'ajoutai un peu d'essence de canelle pour en déguiser l'odeur, et je lui en envoyai une demi-douzaine de grandes fioles, soigneusement ficelées et cachetées. Elle venait alors très rarement dans la boutique, à moins que ce ne fût de bonne heure Je lui faisais souvent des visites dans la matinée, mais c'était pour recevoir de l'argent et non pour faire l'amour. Dans le fait, nous étions sur le pied le plus intime, et quand elle vit que je ne songeais plus à faire des folies, elle me permit de passer des heures entières près d'elle.

Je n'avais confié à Timothée que ce qu'il était indispensable qu'il sût de cette aventure, mais il était très-satisfait du rôle qu'il jouait, car il ne portait jamais à miss Judd son panier de douze fioles, sans recevoir une demi-couronne pour ses peines.

Tout alla fort bien pendant environ trois mois. Au bout de ce temps, Timothée qui avait été un soir porter à miss Judd sa provision ordinaire , revint avec son panier plein , et m'apprit avec consternation que la maison était vide. Il avait pris des renseignemens chez les voisins; et d après les rapports, quoique un peu contradictoires qu'on lui avait faits, il paraissait que la propbétesse rivale s'était rendue dans la soirée précédente , à la tête de ses disciples, chez miss Judd; qu'une altercation violente en avait été le résultat; que la police était survenue, et qu'on avait enfermé les deux prophétesses et leurs principaux prosélytes dans une maison de correction. Depuis ce temps, je n'entendis jamais parler de miss Aramathea Judd.

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