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SCIENCES AU JAPON

Les seules sciences qu'on puisse regarder comme étant cultivées au Japon sont la médecine et l'astronomie , et on nous a assuré qu'on y voit constamment paraître des ouvrages originaux aussi bien que des traductions de toutes les publications européennes que les Japonais peuvent se procurer. Quant au mérite des ouvrages originaux, nous sommes porté à l'admettre par induction, d'après ce que nous avons appris de l'habileté et de l'étendue des connaissances des médecins et des astronomes japonais ; le témoignage des étrangers instruits leur est invariablement favorable. Siebold donne des éloges au zèle avec lequel les médecins de toutes les parties de l'empire accouraient en foule auprès de lui pour acquérir dans la scieuce des notions plus avancées que les leurs; et son opinion de l'intelligence et du savoir qu'indiquaient leurs questions a déjà été reproduite dans un de nos précédents chapitres. Cette remarque s'applique également aux astronomes ; et on peut ajouter que leur conviction de la supériorité scientifique de l'Europe suffit pour p acer les Japonais bien au-dessus des présomptueux Chinois.

Eu ce qui touche à la science médicale, il est important de faire observer que Yacuponcture ainsi que le moxa sont des inventions japonaises. Parmi les livres rapportés en Europe par Titsiogh , il s'en trouve un qui contient une instruction faite avec soin sur l'emploi de l'acuponcture avec une énumération des maladies qu elle peut guérir et une figure sur laquelle sont marquées les diverses régions du corps humain qui doivent être le siège del opération, suivant les différents cas. Kœmpfer avait donné une figure analogue, qui sert de guide aux chirurgiens japonais dans l'application du moxa. Tltunberg donne quelques détails sur l'emploi de ces deux remèdes au Japon (ouvrage cité).

Les drogues désignées dans la pharmacopée japonaise appartiennent pour la plupart au règne animal ou au règne végétal , la chimie n'étant connue au Japon que d'une manière beaucoup trop superficielle et trop imparfaite pour

permettre aux médecins de s'aventurer a employer des médicaments tirés du règne minéral . Mais la botanique, comme liée à la connaissance des simples , y est cultivée avec soin, et les médecines qu'on emploie sont, dit-on, généralement efficaces ; les Japonais placent cependant leur principale couUance dans la diète, l'acuponcture et le moxa. La superstition est encore chez eux comme chez tant d'autres peuples l'obstacle le plus grand aux progrès de la médecine et de la chirurgie; on a déjà pu en juger par ce que nous avons eu occasion de dire de la science des accouchements ! D'ailleurs, la souillure qui résulte du contact d'un corps mort rend la dissection et par eonséquent la science anatomique impossibles.

En astronomie les connaissances des Japonais sont plus étendues, ce qui provient peut-être de ce que la superstition n'apporte pas d'entraves au progrès de cette science, bien qu'il y ait des astrologues à la cour du mikado l Les astronomes du Japon étudient les ouvrages les plus profonds qui ont été traduits en hollandais , et ils ont appris l'usage de la plupart des instruments européens. Ils ont enseigné aux artistes japonais à les imiter, et Meylan a vu de bons télescopes , des baromètres et des thermomètres sortis des manufactures japonaises. Par suite de ces | rogrès scientifiques, les almanSchs , qui d'abord étaient apportés de Chine, sont maintenant composés au Japon, et le calcul deseclipses s'enseigne dans les collèges de Yedo et de Miyako.

La mesure et la division du temps au Japon sont fort singulières , et ne sont pas très-faciles à comprendre. Pour l'usage de la chronologie on emploie trois cycles indépendants l'un de l'autre, mais dout l'usage est simultané.

L'un d'eux est formé par un mélange assez compliqué de l'astronomie avec d'autres branches de la physique; les deux autres sont simples, et peuvent en conséquence être mentionnés en premier lieu. Le cycle ordinairement employé en histoire pour les dates est le nengo. C'est une période d'origine chinoise, d'une longueur arbitraire , et par conséquent toujours variable depuis une

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