MONNAIES
Le mon (itsou-mon), la plus petite des monnaies ayant cours dans l'empire, est l'unité pour les monnaies de fer ou de cuivre. — Le mon est connu 6ous le nom vulgaire de zeni ou sen ( et par les Hollandais sous celui de pitjes ). Il répond à un rin d'argent.
10 mon ou rin (ziou mon) (ont I poun = environ 3,5 centimes.
Dans les provinces du domaine impérial il laut 90 mon pour faire un monme. Dans les
(i) Voir plus loin : Monnaies.
(a) iCo monme font une livre japonaise , tin, qui pèse environ iHo grammes. Le Lvanrne pèse 6 '/* Ain, ou environ i kilogramme J/4. La charge d'un cheval est estimée à 36 kwanmc, ou environ 63 kilo ( soit lîoliv.).
autres provinces , tantôt plus, tantôt moins. Il y a de doubles sen 's et de simples ; les uns et les autres, de forme circulaire, sont percés d'un trou carré au centre et enfilés en chapelets ou ligatures de la valeur d'un monme , puis réunis en paquets de la valeur de 10 monme. — Cette espèce de menue monnaie est courante en Chine, au Japon et dans plusieurs parties de l'Archipel et de l'Indochine (l).
Siebold désigne l'unité pour les monnaies d'argent sous les noms : ryoo, ryoo-gin , et pour les monnaies d'or sous celui de ryoo kin.
L'iTii ryoo, l ryoo,pèse , eu argent ( gin), 4 monme 3 poun. — 10 ryoo, ou 43 monme, font un mat, ou Usi mai, etc. — Uilsi ryoo en or (kin) équivaut à 60 monme argent; c'est la valeur du kobang, mais la valeur commerciale du kobang varie, par le fait, de 58 à 65 monme argeut.
Les principales monnaies d'argent sont les ita kane (ou Ua-gane), mot à mot bandes métalliques, et les kodama's , ou petites pierres précieuses. — Ces dernières de forme globuleuse irrégulière, les autres plates et allongées, et qui se prennent les unes et les autres au poids.
Nous n'entrerons point ici dans rémunéra* tion complète des diverses monnaies ayant eu cours ou ayant en ce moment cours au Japon : c'est un travail qui nous semble encore à faire , malgré les recherches de Siebold et des savants éditeurs du Clrinese Rcposifory (2). Nous nous bornerons à quelque» observations générales.
Le numéraire en circulation dans le pays est en or, argent, cuivre et fer. — Le papiermonnaie a également cours dans quelques provinces.
l'n ouvrage japonais sur la numismatique intitulé Kin gin dzu rokou (mémoire et planches sur les monnaies d'or et d'argent), publié à Yédo, dans la sixième année du nengo bunjchei ( 1822), en 7 vol. in-8°, et qui contient un traité sur les monnaies anciennes et
(r) C'est le tchen chinois, connu des Européens sous les noms de cache, cash, sapéque, etc.
(a) Nous indiquerons cependant comme contenant une foule de renseignements cl de détails curieux à cet égard , I ouvrage puhlié à Saint-Pétcrshoui'g sous ce titre : Recueil des monnaies de la Chine , du Japon , de la Corée , d'Ânnam et de Java , etc., etc., par le baron S. de Chaudoir; Saint-Pétersbourg, 184 a , iu-K
L'UNIVERS
modernes, décrit cinq cent cinquante espèces de monnaies, dont la plupart sont figurées et les figures coloriées au moyen de l'impression ( ce qui est digne de remarque et ce qui n'a été observé dans aucun ouvrage analogue publié en Chine).
Les monnaies courantes, soit or, soit argent, soit cuivre, sont coulées et non frappées; mais le fini du travail et la netteté de l'empreinte sur plusieurs des pièces feraient honneur à des artistes européens.
Sur la valeur de la plupart des monnaies en circulation , nous en sommes encore réduits à de vagues appréciations, ainsi qu'on a pu le voir dans le cours de ce résumé.
Voho-ban, la plus grande des monnaies d'or connues, vaut nominalement 20 ryoo d'or ( niziou ryoo ) ou koban's, et avec l'agio, de 24 à 26, et se donne seulement en présents.
Le kobang ou koban actuel est estimé par Siebold à 12'/, florins de Hollande ou (au cours moyen de 2 fr. 10 le floiin) à 26 fr. 25 de notre monnaie (f).
Ces deux belles pièces de monnaies sont
(i) Nous le trouvons évalué dans l' Annuaire du bureau des longitudes pour 1848 (p. 140-141 ) à 3g fr. 69 cent.! et le vieux cobaug a 5i tir. 24 1
très-plates et de forme elliptique; elles portent , ainsi que plusieurs autres pièces en or et en argent, les armes du mikado, c'est-à-dire une fleur et trois feuilles de l'arbre appelé par les Japonais kiri ( driandra ) (I).
Siebold parle de Koban's parfaitement ronds (kosyou kin) qui sont encore en circulation dans la province de Kai.
Il y a des demi-kobang (ni pou), des quart de kobang {itsi pou) et des seizième de kobang (issyou) en or. — On trouve aussi des pièces d'argent de la valeur d'un huitième et d'un seizième de kobang.
Le papier-monnaie qui a cours dans de certaines principautés est désigné en général par les mots/ottda ou sais ( petites tablettes ). Les gin-sats (ou petites tablettes d'argent) valent 1 monme. Les billets de moindre valeur sont appelés téni. Il y a des billets d'un demiquart de kobang que l'on nomme ha gaki. — Siebold a donné la figure d'un de ces billets (pl. II, fig. ts et 13a). — On a recours à divers expédients pour rendre la contrefaçon impossible ou au moins très-difficile. La loi punit de mort le contrefacteur.
(1) Kœmpfer dit : - la feuille avec trois bou- « tons épauouis. Toni. I, p. toi.
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