INTRODUCTION
Ritter fait observer (2) que le haut ter) qui en résulte se complique et se pevs de l'Asie orientale envoie des manifeste de la manière la plus décifleuves dans toutes les régions du monde, dee par une divergence constante vers et que ces fleuves sont au nombre des le sud-est. Aussi ne faut-il pas chercher plus profondément encaissés , des plus dans l'Inrio-Chine cette unité de formes étendus et des plus ramifiés dans leur et d'influences géologiques que nous recours. Ils arrosent les contrées les plus marquons à des degrés divers dans les accidentées et en partie les plus peu- autres portions ou dépendances du plées et les plus cultivées de la terre, grand novau continental asiatique, vivi- On peut les diviser en deux groupes : fiées par fes systèmes fluviaux que nous l'un septentrional et occidental, l'autre avons indiqués. Ce qui nous frappe ici oriental et méridional. Les fleuves ap- c'est la variété des formes et l'isolement partenant au premier groupe nous cou- plus ou moins complet des masses séduisent au nord sibérien de l'Asie et condaires : les unes, parties intégrantes aux steppes arabo«caspiennes et sarma- du continent, sans doute, mais trahistiques qui relient la grande pente de sant au point de vue géologique, comme l'occident asiatique à l'Europe. Dans le au point de vue ethnographique, leur second groupe sont compris :. le système indépendance du haut pays commun: du fleuve Amour, le système dès dou- les autres, formant dans leur ensemble bles fleuves chinois, joints de la ma- l'archipel de la Sonde et situées au loin, nièrc la plus grandiose, en ce système devant le cours inférieur du système fluunique, par le rapprochement de leurs vial, comme autant de satellites Mlurisources et la réunion de leurs embou- ques{\). L'influence de la civilisation, chures dans un pays de delta commun , qui manque presque totalement au syset enfin les systèmes fluviaux de l'Inde tème du fleuve Amour, mais qui s'éténd antérieure et de l'Inde postérieure, sur tout le cours moyen et intérieur du Dans ce dernier système , les cours système chinois et même sur les pays d'eau diminuent quant à la grandeur, voisins, se borne presque exclusivement mais augmentent quant au nombre; aux pays d'embouchures dans le système et fe démembrement tellurique ( pour fluvial'de l'Inde postérieure. La cause en nous servir de l'expression de Rit- est dans la nature physique même de ce
système, très-imparfaitement connu, il
(i) Nou* adoptons cette dénomination est vrai, mais dont les cours moyen rt
.igner les pays compris entre l'Inde SUpérjeur ( nous avons toute raison de
ou gangetique et la Chine, non pas ,e croire ) sont emprisonnés dans des
que noua h icroyiona correcte ou satisfaisante ,
a tout égards, ma,, parce que nous la voyons obstac,e jnvjo3ble au développement de
géneralenieut admise et préférée , peul-etre "u * • " ciuFFc
avec raison , dans l'usage ordinaire a celle la population.
Vi*4U-Transg*ngé«que ( adopte» «pendant , A»"* "c saur,ons nous proposer d em-
par Balbi ) , ou # indc-Poiténeur*. il nous brasser dans cet essai la description de
paraîtrait plu» correct d écrire Hindo-CItme, tous les pays qui appartiennent au vaste
mais en ce point encore nous nous sou- domaine fluvial de I Indo-Chine. Cer-
mettous à l'usage qui nous semble avoir pré- taines provinces ou principautés autrevalu.
(a) Àêi», vol. 1H, p. 4a5. (t) Ritter, volume cité, p.
L'UNIVERS
fois dépendantes de l'empire Birman sont passées sous la domination anglaise.
Une partie de la presqu'île de Malacca reconnaît la même autorité, et a déjà été décrite dans le III* volume de YOceanie.
Nous nous occuperons donc spécialement ici des grandes divisions de Plndo- Chine qui n'ont pas encore subi le joug européen, et qui peuvent être considérées comme indépendantes, bien que Tune d'entre elles (la Cochinchine) reconnaisse la suzeraineté de la Chine, et que la vanité chinoise classe les deux autres ( le royaume de Siam et l'empire Birman ) parmi les vassaux de l'empire du milieu.
Nous jetterons un coup d'œil général sur ces trois grandes divisions , pour faire connaître leur aspect géographique, la nature de leurs productions et les principaux faits ethnographiques qui les distinguent. Nous résumerons ensuite pour chacun de ces pays ce que les relations les plus dignes de foi et les plus récentes nous ont appris sur l'histoire, le gouvernement, les mœurs, les usages des peuples qui les habitent.
Les géographes s'accordent aujourd'hui à assigner pour limites à Plndo- Chine : au nord, partie de Pempire chinois , savoir, le Boutan , le Tibet et la Chine proprement dite ; à Perf, une petite portion de la Chine et la mer de Chine; au sud, cette même mer et les détroits de Malacca et de Singapour ; à Youest, la majeure partie du détroit de Malacca, le golfe du Bengale, le Bengale lui-même et partie du Boutan.
L'Indo-Chine a deux pentes princi-
{>ales : une vers le golfe du Bengale, 'autre vers la mer de Chine. — La masse continentale qui la constitue parait être sillonnée par cinq chaînes ae montagnes que lui envoie l'immense noyau central du Tibet et qui courent parallèlement au sud en s'ioclinant vers l'est. Ces chaînes principales divisent le pays en quatre magnifiques vallées longitudinales , arrosées par quatre grands fleuves : Ylrawaddy ou rivière â'Àva, la Thaluayn ( Thaluén ){Saluaen : Ritter; Salotten, Tshanlouen .Balbi) ou rivière de Martaban, \cMénam ou Mainam ou fleuve de 5iam, t\ le Mai-Kong {Menam-kong de Balbi : Me/ton, May- Kaoung de Vincendon-Dumoulin), ou rivière de Kambodja (Kambodje, Cam-
boge, etc. ). — Outre ces grandes artères fluviales on compte un grand nombre de cours d'eau considérables, mais de moindre importance, parmi lesquels nous nommerons dès à présent la rivière àyÀrakan, dont l'embouchure est très-large ; le Sétang ( Zittang de Balbi et de Vincendon-Dumoulin : Chitoung, ZUtaun, Setana de Hitler ), dont l'embouchure est plus semblable à un bras de mer qu'à un fleuve, et qui traverse une partie du pays des Birmans et le Pégou ; le Tenas serin, qui traverse la province anglaise de ce nom, et le Sing-Ka ou Sang-Koi, qui est la rivière la plus considérable du Tonquin (Tong-King). — V/rawaddiy le Sétang et la Sabuen communiquent entre eux par des canaux naturels, permanents et navigables.
Des cinq chaînes principales qu'indique la discussion des observations les
Elus récentes , celle qui sépare l'empire irraan du Bengale et des plaines de Chittagong s'abaisse de plus en plus en traversant la province d'Arracan, et se perd dans de petites collines avant d'atteindre le cap Négrais. — Sa distance des côtes varie de dix à cent milles. — On connaît peu de chose de celle qui sépare la vallée d'Ava du bassin de la Salouen. — La chaîne principale, surpassant les deux autres en hauteur aussi bien qu'en longueur, paraît être celle qui sépare l'empire Birman de la grande vallée du Mei-nam (1). — La vallée de Siam est séparée du bassin de la rivière de Kambodje par une quatrième chaîne, qui s'unit, dit-on, aux montagnes du
(i) Dans la plupart des cartes, même dans celle de Viucendon-Dumoulin, on voit cette grande chaîne se prolonger jusqu'à l'extrémité de la péninsule malaise : mais il parait certain qu'elle s'arrête brusquement au col de la presqu'île, l'isthme de Krah. Au sud de cet islhme, une nouvelle chaîne commence et suit la direction générale de la presqu'île, c'est-à-dire qu'elle incline vers l'est et se bifurque probablement au sud, où elle se termine par le cap Romani a, désigné longtemps comme le point sud 'extrême de l'Asie, et le cap totirou (a), qui l'est en effet, puisqu'il est de sept ou huit minutes plus rapproché de Péquateur.
(a) Tandjong Bovrout de Bergbau», eap Rouro de Melvlll, flou/ow, Oouro$ûe filtter, Dourou d« Balbi, etc.