‹ Japon, Indo-ChineChapitre 39 sur 101 · L'UNI V MUS · texte numérisé non relu

L'UNI V MUS

de cotte noble rivière. — ■ D'anciens voyageurs l'ont confondue avec le Mei~ hôntj ou rivière de Kambodje. — Mais, ce qui paraît certain, c'est que les deux rivières communiquent par au moins une branche navigable, appelée .inati-Myet. — Kttmpïer représente d'ailleurs le Mei-Nam comme envoyant des branches dans le Kambodje et le Pégou,*et il est au moins probable, comme nous l'avons déjà dit, que les grands fleuves de l'Indo-Chine, surtout pendant la saison des pluies , communiquent par de nombreux canaux, ce qui doit rendre les inondations immenses; on a remarqué que les débordements du Mei-Nam, comme ceux du Paraguay, sont plus considérables au centre du royaume et bien moindres dans le voisinage de la mer; fait qui fortilie l'idée d'une communication avec d'autres eaux pendant la saison pluvieuse. \jt royaume de Siam peut être considéré comme une large vallée, le bassin central de cette vaste rejion étant terminé par un golfe large et profond; et il y a plusieurs raisons de penser que le bassin du Met-Nam est de toutes les vallées la moins élevée audessus du niveau de la mer. Toute la partie sud, appelée par les Birmans Dwara-Wuddy, paraît être entrecoupée de cours d'eau, et le sol est employé a la culture du ri/.. La partie nord est peu connue. On a suppose qu'elle était séparée du Laos par des montagnes; mais nous n'avons de cela aucune preuve évidente, et plusieurs géographes sont portes à croire que ce pays, si imparfaitement exploré, renferme a la fois d'immenses forêts et des terres basses et marécageuses s'etendant du Mei-hamau Mei-Koug, et est en partie inonde par les eaux de ces deux rivières. Les récits vagues et apparemment contradictoires de divers voyageurs pourraient se concilier en quelque sorte a l'aide de cette hypothèse. Un de ces voyageurs nous dit ("l ) que le Laos ne possède aucune espèce de rivière, mais que néanmoins le riz est la seule production de ce pays ; et ce riz est cite par d'autres voyageurs (2) comme le meilleur de toutes ces cou-

(s) M. «le la BtJttchcke.

(«j Mariai et Wuslhof, aies |wi Malte-

Bruoi

trées î On y cultive aussi diverses légumineuses en grande quantité. Le pays de Lac-too, ou Lac-tchoo, qui, selon M. de la Bissachere, est situé au nord de Laos, que Moite-Brun suppose être le même pays et que Berçhau* place entre le Laos dû nord et celui du sud, est aussi décrit comme étant sans rivières, mais ayant, nonobstant, un sol humide, abondant en bambous et cultivé eu champs de riz, mais ne possédant aucune ville. S'il n'a pas de rivière, il doit avoir des lacs et des canaux , probablement une série de lacs; et nous entendons dire, en effet, qu'un voyaueur portugais est allé de Chine au Laos eu descendant une rivière et en traversant un lac. D'ailleurs l'opinion reçue est que le Laos est arrosé par la partie haute de la rivière de Cambodje, qu'un ancien y oy a geur représente comme sortant d'un lac immense . tandis qu'un autre en fait un bras du Met-Nam. Si ces deux rivières communiquent quelque part pur un bras navigable, comme cela paraît certain , il n'est pas impossible que plus haut leurs eaux s'unissent dans quelque mer intérieure périodique. » On nous représente le pays au nord -est de Siam comme couvert de vastes forêts et de marais impraticables. Là probablement sont ks forêts de Laos, où l'on dit les éléphants en si grand nombre -que le pavsa tire son nom de cette circonstance. Oii v «levé aussi beaucoup de buflles.

Les Siamois avaient autrefois l'habitude de se rendre à Laos en caravane de chariots traînes par des buflles, et mettaient deux mois à faire ce voyage (I ). De tels voyages n'auraient pu s'accomplir a travers de hautes montagnes. Prenant en considération toutes ces circonstances, nous en inférons qu'au sud du Yunuau il y a un immense espace de pays bas et plat, abondant en lacs et marais marécageux (2), comme le liou-

(i) Malte- Hi mi, vol. III, p. 365.

(*) Les districts situés pré* U base de grandes chaîne* de montagnes , spécialement m deçà des latitudes tropicales, ont toujours été trouvés malsains. Les montagnes du Yunnan tout d'une élévaliou considérable, taudis que le grand Nu-hjang, navigable, dit-on, entre cette province et Ava, doit couler principalement à travers un pays plat et comparaU-

-INDO-CHLNE.

Quang , ou pays des lacs de Chine, ou celui des Sete-Lagoas ( sept lacs ) du Paraguay; qu'i;i les eaux des rivières de Siam et de Cambodje, dans certaines, saisons ou moins, s'unissent, quoique la source de, l'un de ces deux fleuves ou les deux puissent être placées beaucoup

Slus loin (1) ; tandis qu'à l'estdu royaume e Siam des embranchements de la troisième chaine pénètrent les vastes plaines de Dwarawaddy jusqu'au canal rocheux du Mei-Kong. Ce ne sont là, cependant , (jue des conjectures plus ou moins probables et que nous hasardons à défaut d'explorations précises et complètes. — Nous reviendrons sur la constitution orojraphiquc de ces pays.

L'Indo-Clnne, au point de vue ethnographique, présente également trois grandes divisions : Birman , Siam , et Anaam. outre la péninsule de Malaeca et les différentes principautés indépendantes de* montagnes du côté des frontières. — Les Malais forment une race distincte, que l'on suppose procéder originairement de l'arcliipei indien, et leur langue primitive se mélange aujourd'hui de polynésien , de sanscrit et d'arabe. Toutes les autres nations indo-chinoises ressemblent plus ou moins aux races mongoles et chinoises dans leur ensemble; visage earré, teint jaune, cheveux rudes et épais, yeux obliques : ils sont évidemment une race de même origine. Leurs langues montrent aussi les mimes caractères distinctifs, les mêmes qualités , les mêmes défauts, (jue les langues monosyllabiques du Tibet et de la Chine. La triple* division politique de ce pays correspond d'ailleurs aux trois langues distinctes qui y ont pié\alu; le birman, qui est parlé a A va et à Arracan; le siamois, qui s'étend sur Laos au nord et sur la presqu'île malaise au sud; et l'annamite , qui est usité au Tonking, en Cochinchine, et à

veinent l>*s. ( Marsden's Marco-Polo, note, p. 858.)

(i) Manni place les sources du Mei-Kong dan* la province chinoise de Yunuau. L'envoyé hollandais Wuslbof l'a reuiouté dans uq bateau au nord de Cainbodjc , et a rencontré de grande* cataractes, ce qui rend probable que ses bords sont rocheux, et qu'il aWnd d'un nivea i plus clevé que le Mvl

Cambodje. On assure cependant que le Pégou a uu dialecte original, appelé le y on ; mais il est trop peu connu pour pouvoir déterminer quels rapports il présente avec Tune ou l'autre des trois classes que nous veuons d'indiquer. Ces langues sont plus ou moins mêlées avec celles de la Chine ou de l'Hindoustan, selon que les peuples qui les parlent se rapprochent davantage de l'Inde ou de la Chine. La langue sacrée de Birmah est le poli. Le dialecte birman a aussi emprunté I alphabet sanscrit ; cependant, le caractère ordinairement usité est une sorte de nayari, consistant en traits courbes qui suivent les analogies du pâli carre, et s'écrit de gauche à droite, comme les langues d'Europe. Le code birman est un des commentaires des Instituts de Manou (1). En ceci , comme en beaucoupd'autres points, les Birmans montrent leur aftinité avec la famille hindoue, tandis que les Siamois, les Annamites et les Pègouans, ont une ressemblance plus fortement marquée avec les Chinois (2).

Les divisions politiques des contrées indo chinoises ont subi les changements perpétuels qui sont la conséquence des frontières mal dellnies et des conflits continuels de différents fctats rivaux pour obtenir la suprématie. La plus puissante monarchie à une époque, et probablement la plus ancienne, était celle de Siam, qui s'étendait du golfe de Marlaban à Cambodje et, vers le sud, a Malaeca. Plus tard le Pégou paraît avoir été l'État le plus florissant; et, s'il faut en cioire leurs annales, dans le courant du seizième siècle un des rois de ce pays aurait détruit de foud en comble la c.qntalede Siam, se serait rendu maître

(i) C'est un fait singulier que la première version de la traduction de sir William Joues, des Instants de la loi hindoue , a été faite en langue birmane, par un Arménien, pour l'usage de l'empereur birman, eu 1795.

(a) Leî. langues en usage dans l'Iudo-Chine peuvent se diviser en deux grandes clas-.es, doul chacune compte plusieurs dialectes principaux ; savoir : Langues polysyllabiques : telles que le malais et la langue savante, le pâli; langues monosyllabiques , telles que le birman (marama), le siamois, lu cochinchinois, le kaowen , ou langue du Knn»

bon je, «'te.

L'UNIVERS

de réléphant blanc , et aurait saccagé la ville de Martaban. Entre Siam et le Pégou il paraît avoir existé de temps immémorial de constantes luttes pour obtenir la suprématie. — On dit qu'à une certaine époque le Pégou avait été conquis par un roi de Tonghou; mais que l'éléphant blanc, Y A pis des bouddhistes, avait été enlevé au Pégou par un roi d'Arracan (1). Lorsque les Portugais, au commencement du seizième siècle, eurent réussi à se rendre maîtres de Malacca , ils trouvèrent les régions entre le golfe du Bengale et l'Annam divisées entre les quatre puissants États oui ont été depuis connus sous les noms d'Arracan, Ava, Pégou et Siam.

Leurs historiens nous disent que les Birmans, quoique auparavant sujets du roi de Pégou, étaient récemment devenus maîtres d'Ava; et ces mêmes Birmans furent aides par les Portugais dans leurs guerres subséquentes contre les Pégouans. Ava n est à proprement parler

(c) « Seigneur de 1 éléphant blanc, » est le titre distinctif du prince possesseur légitime de ce symbole iucarué de Bouddha , et qui est par ce fait élevé au-dessus de ses égaux ; ce n'est donc pas un tilre vide de sens, mais qui donne, au contraire, une supériorité véritable. De même les rois d'Égypte regardaient Y Apis comme le symbole d'Osiris. Cette distinction enviée a été depuis des siècles autant un objet d'ambition dans les Étals bouddhistes, que l'empire universel l'a été parmi les nations de la chrétienté; Le souverain de Tonghou était autrefois en possession de ce titre avec toutes ses prérogatives; il lui fut enlevé par le roi de Siam , de qui , après des torrents de sang versé , il passa à la monarchie des Talains. Aussi Vincent Leblanc, priant des guerres continuelles qui ont désole ces deux royaumes, assignet-il pour cause à cette lutte obstinée la seule possession d'un éléphant blanc (a). « Fatale et malheureuse héte, qui a coûté la vie à cinq rois ! » Et il mentionne parmi ces victimes royales ■ le dernier roi de Pégou, auquel l'éléphant blanc a été pris par le roi d'Arracan. »

(a) Nous trouvons, dans les annale* slamoKcj la preuve de l'importance que les souverains de ce paya attachent a la possession non pas seulement d'un éléphant blanc, mais d'un aussi grand nombre d'elephants blancs qu'il leur est possible de s'en procurer. - Ainsi nous voyons qu'en isu le roi de Siam se glorifiait d'avoir en sa possession sept éléphants blancs, — circonstance tout a fait extraordinaire et qui ne pouvait être attribuée qifa la faveur divine.

que le nom d'une ville y et ne paraît pas avoir jamais été reconnu par les naturels comme le nom de leur pays. Outre cela, comme ce nom est employé d'une Tnanière générale, il est difficile de comprendre comment les Portugais purent entrer en alliance avec les habitants d'un pays si avancé dans les terres , et dont ils ne pouvaient approcher sans traverser l'Arracan ou le Pégou. Mais, dans le fait , les noms d'Ava et de Pégou paraissent avoir été, dans l'origine, appliqués par les Portugais à deux rivières ; l'uue Ylrawaddy, et l'autre probablement le Sétang ou Zittông ( la rivière de Tongou ou Toung-ou ). quoique BagouMioup ou Pégou soient des noms appliqués à une rivière plus petite, navigable seulement à l'aide de la marée et communiquant avec le bras de l'Irawaddy appelé communément rivière de Rungoun ou Syriam. Le nom véritable des Pégouans , celui par lequel les Birmans les désignent , est Ta-tien ou Ta-ldin, ce qui coïncide avec la dénomination donnée à la grande rivière de Martaban . le Caypoumo des anciens voyageurs. Leur pays originaire paraît être la contrée située à l'est de cette rivière, et qui est traversée par le Sétang. Le Martaban aurait été anciennement, s'il faut en croire les historiens, une dépendance du Pégou. Il n'est pas improbable, en effet, que les Talâtn aient occupé les deux bords du fleuve et se soient étendus vers le sud, du côté de Malacca. — L'isthme qui conduit à la péninsule malaise semble avoir été un théâtre de luttes continuelles entre les Siamois, les Talâin, les Birmans et les Arracauais. Il serait peut-être impossible de déterminer aujourd'hui auquel de ces peuples il a appartenu primitivement ; mais ceux dont la domination embrassait l'embouchure des grandes rivières qui se jettent dans le golfe de Martaban semblaient avoir le meilleur titre à la possession des côtes de l'ouest.

Après ce coup d'œil jeté sur l'aspect général de l'Indo-Chine et les princi-

fiales indications ethnographiques et poitiques qui s'y rapportent, il convient que nous essayions de donner une idée exacte des productions les plus remarquables de ces contrées.

Dana l'Inde postérieure, que nous avonsdu nommer également Indo-Chine, non-seulement parce que cette expression est aujourd'hui d'un usage général, mais encore parce que, en effet, les habitants de cette partie de' l'Asie présentent dans leur organisation physique,

institutions

bien que dans leurs es et politiques, un mélange des types hindou et chinois; dans l'Inde postérieure, disons- nous, les productions de la nature sont aussi riches que variées; et la constitution géologique du pays aussi bien que le climat ont donné à ces productions un caractère général de transition, pour ainsi dire, qui n'exclut pas, dans certains cas, une sorte de spécialité que nous aurons soin d'indiquer. — Comme rien ne fait mieux ressortir la physionomie d'un pays et ne Ja précise d'une manière plus claire, plus distincte, plus inaltérable, que l'ensemble de ses productions végétales, nous dirons d'abord quelques mots de la flore de l'Indo-Chine.

Dans la région fluviale de l'Irawaddy; l'aspect du règne végétal diffère essentiellement suivant la nature du sol. — Dans le Pégou, ou delta du fleuve, la végétation ressemble à celle du Bengale, tandis que dans Ava, arrosé par le cours moyen du fleuve, elle offre plus de rapports avec les productions du Mysore.

— La cause principale de cette di ilcrence est dans la fréquence des pluies, qui tombent beaucoup plus abondantes au Pégou que dans l'A va. — Le sol d'Ava, plus sec et souvent aride, doit être arrosé au moyen de canaux ou de réservoirs ; et c'est par cette irrigation artificielle que le cultivateur amené le riz à maturité. En se rapprochant des montagnes qui forment la limite septentrionale d'Ava, et qui du côté occidental de l'Irawaddi séparent ce fleuve de la mer, la végétation prend un autre aspect, et a beaucoup de rapport avec la végétation du littoral occidental de l'Inde antérieure, où sont situées, au bord du golfe de Bengale, les provinces deTschatigang et d'Arrakan.

(Jn des caractères les plus saillants de cette végétation est la disposition de plusieurs arbres de forte dimension à se joindre , à s'entrelacer et à former ainsi des fourrés impénétrables. Ces

lianes gigantesques (funes sylvestres Rumphii), souvent plus grosses que le corps d'un homme , s'étendent fort loin, et dominent les forêts les plus grandes et les plus élevées. ta nature de cette végétation est telle, que même plusieurs palmiers de l'espèce cala m us ou rotang, famille remarquable par sa forme roide et droite, sont ici des plantes grimpantes, qui, après avoir dépassé les cimes des arbres les plus élevés, laissent tomber des branches , lesquelles prennent racine et s'entortillent a leur tour autour des arbres voisins. De cette manière ces palmiers forment avec d'autres plantes grimpantes, plus grosses, mais d'une nature moins vigoureuse, un fourré qui devient impénétrable.

Cette végétation épaisse produit une fraîcheur agréable, et entretient une humidité qui enrichit le règne végétal de nombreuses et belles plantes parasites appartenant surtout aux familles Jelices, aroideœ, et orchidex. Toutefois on conçoit que le climat soit peu favorable aux personnes dont la constitution n'est pas habituée a cette humidité.

Dans ce beau pays les vallées sont d'une fertilité remarquable et produisent, étant bien arrosées, d'abondantes récoltes de riz. On cultive aussi des tubercules très- nourrissants, produits de diverses espèces (ïaroides et dioscorées, et qui peuvent être considérés comme particuliers au pays. — Les arbres les plus nombreux appartiennent aux familles urticex, euphorbiacex , terebinihacex , magnolia r, melix, guttifei'x, sapotx , vitices et eleagni, et forment avec le palmier, le bambou et les plan li s grimpantes, un ensemble dont l'aspect paraît singulier à l'Européen , qui ne rencontre dans cette végétation presque aucun rapport avec celle de son pays. Malgré celte grande différence dans l'aspect général , plusieurs arbres se rapprochent de ceux d'Europe, et les forêts contiennent Yxsculus et plusieurs chênes et lauriers. Voilà à peu près la végétation de tout le littoral indo-chinois, qui possède dans le riz, le maïs, Yarachis hypoy&a, le convoie, batatas, ses branches de culture alimentaires; où croissent le cocotier et l'aréquier, où sont plantés la canne à sucre et le thé; tandis que le chêne indien , le fameux

ns LUN

buis de teck ( teciona grandis ) fait la richesse des forêts du Pegou et de Siam.

Tel est aussi en général le caractère du règne végétal dans tout l'Archipel Asiatique , dans les îles Andaman et les Nicobar, dans les iles de la petite et de la grande Sonde, dans les Philippines, etc.

Le règne animal, dans l'Asie méridionale, nous offre un grand intérêt et une grande variété. Parmi les mammifères, nous citerons en première ligne les singes et les babouins, qui y sont très-uombreux et de l'existence desquels on n'a découvert aucune trace en Europe depuis les temps les plus recules. Ces animaux de nature imitative et grotesque se multiplient à mesure qu'on approche de l'é-

3uateur. En effet, c'est dans la presqu'île e Malaccaque l'on rencontre \e* gibbons à longs bras, tandis que les orangsoutangs semblent habiter plus particulièrement les îles de l'archipel Asiatique, î^es races des hylobates, des presbytes, des nasalis et des semnopitheques, sont originaires de l'hémisphère oriental, où l'on compte déjà vingt-trois espèces de singes babouins. L'analogie qui existe entre les animaux de l'A sir équinoxiale et ceux de cette espèce qui vivent sous la même latitude en Afrique est frappante.

Les singes et les babouins de ce dernier continent se rencontrent sous la même latitude, et dans plusieurs cas ils appartiennent aux mêmes races* seulement ils sont plus nombreux. Cependant, il faut remarquer, comme preuve de la différence qui existe entre le règne zoologique de ces deux parties du monde, que jusqu'à présent on n'a découvert qu'une seule espèce qui se trouve à la lois sur les deux continents : c'est le babouin gris, cynocephalus TVaqleri, simia hamadryas > qui s'étend par l'Arabie jusqu'au golfe Persique, pays qui représente le passage entre les deiix continents. Nous trouvons l'orang-outang indien représenté en Afrique par le troghdites niger, Geof., qui a été pris pour un sauvage, et qui, suivant ce que rapportent plusieurs voyageurs et ce que prétendent les Nègres de la côte d'Or, marcherait toujours debout.

L'éléphant asiatique est de même représenté par l'éléphant africain, et Ton a ignoré pendant longtemps qu'ils fus-

r*KHS.

sent d'espèces différentes. Les faunes de l'Asie méridionale se distinguent par les singes et les orangs-outangs du règne animal de l'Asie intérieure ; tandis que les nombreux rongeurs , tels que les marmottes, hamsters, etc., qui se trouvent en si grande quantité dans l'Asie septentrionale, sont pour ainsi dire inconnus dans les pays au midi de ce grand continent.

Les ours, que l'on rencontre dans d'autres parties du monde, ne vivent que sous des climats froids, ou au moins tempérés; mais on a découvert dans l'Inde, depuis peu d'années, plusieurs ours à poil lisse et noir, dont on ignorait l'existence; Vttrsus labintus au long museau, Yursus malayanus, l'ours malais: il faut signaler aussi a Bornéo Yvrsus eurysftylus, et au Tibet l'wrsus thibetuhus , qui habitent les contrées montagneuses, et qui par conséquent appartiennent, suivant toutes les apparences, plutôt au règne animal de l'Asie centrale qu'à celui de l'Asie méridionale : on trouve cependant, à ce ou'il paraît, plusieurs espèces analogues dans diverses parties de f Indo-Chine.

Le chameau n'est point connu dans ITndo-Chme : en revanche, le bœuf {bas taurus) et le buffle (bos babahis) y sont abondants, et sont une des riehessesdu pays. — Le cheval et l'âne, la chèvre et le mouton n'y jouent qu'un rôle très-secondaire. — Le chien domestique est Irès-commun. On le voit vaguer en grandes troupes dans les rues des villes. — Mais, chose remarquable, aucune des autres espèces du genre canis , si communes dans l'Ilindoustan , pas même le canis aureus, le chacal, ne se montre dans ces vastes pays, qui s'étendent entre le Beneale et la Chine (1) ! On n'y voit point de loups, point de hyènes, point de renards. — La famille dès chats y a de nombreux représentants. La variété dominante du chat domestique a la queue courte. — Le tigre royal, le léopard moucheté et une grande variété de chats sauvages infectent les forêts, surf ont dans les provinces méridionales. — Certaines espèces de chats-tigres paraissent être particulières à ITndo-Chine et aux plus

(i) Le chacal, on canis aureus, est le même dans l'Inde méridionale qn'en Afrique,

IN DO

grandes îles de l'Asie, et aucunes des espèces que l'on rencontre en Afrique ne se trouvent en Asie. — Quant aux lions, le teo asiaticus, Sw., était considéré autrefois comme une variété de l'espèce africaine ; mais un couple de ces animaux apportés vivants en Angleterre a démontré qu'ils appartiennent à une espèce différente de celle qui se rencontre dans l'Afrique méridionale et septentrionale.

On ne trouve toutefois aucune espèce de lion dans les contrées déjà explorées 4e l'Indo-Chine.

Les rhinocéros sont différents de ceux d'Afrique. — Le sanglier, le cochon domestique, le cerf, le chevreuil, et quelques petits quadrupèdes , complètent la liste des mammifères, parmi lesquels on doit s'étonner de ne voir figurer aucune espèce d'antilope.

f,a caractère ornithologique de l'Asie se développe entièrement dans l'Inde méridionale, et surtout à Malacca et dans les fies qui sont voisines de l'extrémité méridionale du continent. Sous certains rapports, les groupes qui se trouvent places sous le tropique en Asie ont beaucoup d'analogie avec ceux de l'Afrique équinoxiale; mais dans beaucoup d'autres cas ils s'en éloignent.

Parmi les familles d'oiseaux qui sont concentrées dans l'Asie méridionale, mais qui, sous l'apparence d'autres espèces . se rencontrent aussi en Afrique. , on distingue les drongo, edolius, Cuv. ; le ceblepyres, Cuv., les véritables chasseurs de mouches à longue queue, qui sont représentés comme le type de l'oiseau du Paradis chasseur de mouches, muscicapa paradisea; le, s beaux coucous barbus a plumes de perroquet, bucco, L. ; les grives à courtes pattes, brachyppus, Sw. ; les grives à longues pattes ou aquatiques, crateropus, Sw. -, les jolis petits pinçons, estrelda , Sw. ; les tisserands f à bec court ou gros bec, amodina, Sw. ; les pies noires luisantes, lamprotornis , Tem. ; et les brillants petits suceurs de fleurs ou mangeurs de miel , cynniris, Cuv., qui représentent dans l'Inde et dans 1 Afrique tropicale les colibris de l'Amérique, fous ces groupes s'étendent sous des climats chauds en Afrique, et plusieurs d'entre eux se trouvent aussi dans l'hémisphère austral .

mais en Asie ils paraissent se concentrer

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uniquement dans les pays du midi, et il n'y a pas d'exemple que ces groupes se soient présentés en Perse, dans l'Asie Mineure, et encore moins en Sibérie ou en Kurope.

Parmi ces groupes ornithologiques qui se présentent exclusivement dans I Asie méridionale, ou remarque : les grives aux couleurs vives, pitta, et leurs analogues les verts boulbouls , chloropsis, Jard.; la magnifique joera ou pirôle noire et bleue, iora, Horsf. ; les véritables pies, yracula, L. ; les hochequeue ou bergeronnettes à queue fourchue, enicurus , Tem.; les bouvreuils, mirajra, llorsf. ; les pies à larges queues, timalia, IL, et, enfin, les ny et tamis, Sw. Le rhinocéros à bec cornu , buceros rhinocéros, un des plus grands et des plus rares de son espèce, est en même temps un des oiseaux les plus remarquables de l'Inde. Mais les oiseaux qu'en général on distingue lu plus appartiennent a la famille des perroquets et à celle des gallinacés proprement dits. L'Afrique est tres-pauvre en animaux de la première espèce; mais la région de l'Asie sous la même zone nous fournit des races et des espèces d'oiseaux au plumage riche et brillant, qui .sont toutes originaires de ce continent, tels que le cacadus, microgrossum , Geoff., le grand cacadus blanc de Malacca ; les élégantes perruches du continent et les fartes rouge cramoisi des îles. Enfin nous devons mentionner le paon du continent et les coqs sauvages des iles, qui se divisent eu races de pavo, ■potyplectron , argus, lophyrus , lophophorus et golf us, et qu'on ne rencontre pas au delà des limites de l'Asie méridionale.

11 y a peu de chose à dire des poissons, reptiles et serpents originaires de ces contrées, parce que ces races d'animaux n'ont pas encore été soumises à un examen bien étendu. Toutefois, les nombreuses espèces qui ont été signalées par divers observateurs prouvent que la nature s'est montrée aussi féconde dans la production de ces races d'animaux, et il estprobablcqu'elleadoté l'Inde postérieure d'une quantité d'espèces qui ne se trouvent pas ailleurs.

Les mers des Indes possèdent plus que toute autre partie de la terre une

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quantité très-variée de mollusques testacés ; ce qui forme un contraste assez frappant avec la pauvreté des espèces qui vivent sous les mêmes latitudes, en Afrique et en Amérique. Il est à remarquer que près des trois quarts de ces animaux appartiennent à la race Carnivore; pour pourvoir à leur existence, ils se livrent, comme les tigres du continent, à une guerre d'extermination contre les animaux plus faibles de leur espèce ; telles sont les nombreuses espèces de : conus, otiva , voluta , mitra, ajprœa, turbinelta, dolium, cassis, strombus et harpa, dont la plupart habitent la mer des Indes. Le beau groupe des coquilles turbinées compte environ deux cents espèces, dont à peine dix ont été trouvées ailleurs que dans les mers des Indes. Lamarck compte soixantedeux olives, dont cinq seulement appartiennent à d'autres mers. Les kauries ou diverses variétés de porcelai' ncs, cyprxx, et les strombi, se rencontrent dans la même proportion.

Le fameux escalier tournant ou scaiaria pretiosa, Lam., les fuseaux, ro*teliaria, Lam., les marteaux, maliens, Lam., la coquille éthiopienne, voluta xthiopica, caractérisent principalement la conchyliologie de l'extrême Orient.

L'absence presque complète de mollusques d'eau douce est un fait remarquable. Les fleuves n'ont fourni à nos naturalistes que six ou sept espèces, taudis que dans l'Amérique du Nord on en compte plus de cent cinquante. Les espèces paraissent être les mêmes; cependant le sous-genre dipsus, Leach, ne nous est encore arrivé que de la Chine. Les coquilles de terre sont encore plus rares : toutefois l'espèce de mollusque scarabus, Monte., parait être concentrée dans les îles de l'Asie méridionale, et parmi les testacés sans coquilles, Yonchidium paraît être exclusivement propre à cette partie de la terre.

.Nous indiquerons présentement , en décrivant séparément (quoique d'une manière sommaire) les trois grandes divisions de l'Indo-Chine, les productions minérales les plus remarquables particulières à chacune d'elles. — Nous nous réservons d'ailleurs de revenir plus tard sur la zoologie et la phytologie des grandes divisions de l'Indo-Chine.

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