‹ Japon, Indo-ChineChapitre 49 sur 101 · IM)0-C11INE · texte numérisé non relu

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mais on lui opposa les mêmes fins de non recevoir, et force lui tut de se contenter de prendre acte de ses demandes.

Le G et le 7 il eut audience du roi au palais de l'Éléphant et au palais de l'Eau, «t fut obligé, pour se rendre à la première de ces audiences, d'ôter ses souliers et de marcher sur des briques brûlantes la distance d'une centaine de mètres! Le 12 Teuvoyé reçut quelques présents en retour de ceux qu'il avait apportés, mais point de lettre pour le gouverneur général , et, le roi ayant daigné accorder des titres aux différentes personnes de sa suite, M. Crawfurd quitta Ava le jour même ; il était de retour à Rangoun le 17 janvier 1827. 11 avait mis trente-six jours à descendre le fleuve.

Après une halte de quelques jours, pendant laquelle il eut une entrevue particulière avec le vice-roi, qui lui remit une lettre respectueuse « des ministres d'A va aux chefs de guerre du Bengale » , Crawfurd se rembarqua , toucha à l'établissement naissant d Amherst, et arriva à Calcutta le 21 février 1827.

Les fonctionnaires anglais qui lui ont succédé à Ava et toute la communauté mercantile , comme on le dit chez nos voisins, ont reproché à Crawfurd d'avoir accepté le traité tel qu'il lui avait été offert par les Birmans. On pensait d'ailleurs avec raison que la cour d'A va ne considérait cette transaction que comme une permission royale ( akh - whendan ), arrachée par l'importunité des étrangers, etqui laissait intacts les droits du souverain, puisque les droits accoutumés seraient perçus sur les navires et les marchandises. L'exportation des métaux précieux n'était pas défendue par le traité d'Yartdabô. Les- efforts de M. Crawfurd auraient dû tendre à faire considérer cette exportation comme une conséquence naturelle de ce traité, à repousser toute prétention de la part des négociateurs birmans à s'y opposer. Il aurait dû également entretenir des communications fréquentes avec sir A.

Campbell, et insister pour que cet officier général ne quittât pas Rangoun avant

m femme légitime et à l'élever elle-même au premier rang , à la place de cette infortunée, <pii végétait dans l'olwcurité et la misère dans un coin de la capitale.

d'être informé de la conclusion du traité de commerce.

Le second quart de l'indemnité de guerre fut paye quatre jours avant le départ de M. Crawfurd , et le 9 décembre 1826 l'armée anglaise, sous les ordres de sir A. Campbell , évacua Rangoun, où le général en chef laissa le lieutenant Rawlinson, en qualité d'agent pour la protection du commerce anglais et pour presser la rentrée des deux derniers quarts de l'indemnité.

En mars, une ambassade , envoyée par le gouvernement birman , arriva à Calcutta. Elle avait pour but :

1° D'obtenir un délai pour le pavement des deux derniers quarts de l'indemnité;

2° De protester contre l'occupation d'un petit village près de Basse m par les troupes anglaises;

3° D'objecter à ce que des ofUciers anglais traversassent le territoire birman et levassent des plans dans le territoire du radjâh Gumbîrsingh près de la frontière birmane , et surtout à ce que le gouvernement anglais sanctionnât l'occupation , par ce prince , de la vallée de Koubo, appartenant à l'empire birman de temps immémorial.

Les ambassadeurs birmans furent accueillis avec tous les égards possibles et traités comme des hôtes de distinction, non-seulement par le gouvernement suprême, mais par la société de Calcutta. On les renvoya au général sir Archibald Campbell pour la discussion ultérieure et le règlement définitif des points en litige; mais le vice-président en conseil les prévint cependant qu'il ne croyait pas possible qu'on leur accordât le délai qu'ils demandaient pour le payement des derniers quarts du tribut. Les envoyés arrivèrent à Moulméin le 3 juin, et commencèrent a négocier avec sir Archibald, comme les Birmans négocient, c'est-à-dire avec des hésitations , des protestations , des précautions , des finesses et des restrictions mentales sans tin. Cependant, comme ils n'étaient venus à Moulméin qu'a leur corps défendant , et comme il leur tardait de se retrouver sur le territoire birman; comme, d'ailleurs, il était év ident qu'ils n'étaient réellement pas en mesure de paver aux époques arrêtées pré-

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cédemment, on s'entendit assez promptement : sir A. Campbell consentit à un délai , et accepta une obligation signée

Sromettant de payer le troisième quart ans un délai de cinquante jours, à dater du 4 septembre 1 827,et le quatrième dans un délai de cinquante jours également, à dater du 31 août 1828. Les envoyés birmans retournèrent à Rangoun. Des commissaires anglais etdes commissaires birmans furent désignés bientôt après pour régler la question de limites pendante entre l'État de Munuipour et Birmah ; mais cette affaire éprouva des retards et des difficultés considérables, dont nous aurons à dire quelques mots plus loin.

En novembre 1829 un grave incident vint rembrunir l'horizon politique, .mais laissa, en définitive, une impression très-favorable à la consolidation du pouvoir des Anglais dans ces contrées.

Leur établissement à Moulméin avait eu à souffrir des incursions fréquentes de bandes de voleurs venues de la province et de la ville de M artaban. Le général en chef et le commissaire du gouvernement anglais à Moulméin avaient inutilement adressé les plus énergiques représentations à la cour d'Ava à ce sujet, et résolu de se faire justice eux-mêmes ; les Anglais envoyèrent des troupes dans le Martaban avec ordre de se saisir des principaux chefs de bandits. A rapproche de ce détachement , les autorités du pays et la majeure partie des habitants de Martaban prirent la fuite, et on ne put arrêter aucun des malfaiteurs ; mais quelques Taliens qui accompagnaient l'expédition mirent (de leur propre mouvement , disent les Anglais) le feu à la ville, qui fut entièrement consumée. Ces terribles représailles, naturellement mises par les indigènes sur le compte du gouvernement anglais , firent cesser, comme par enchantement, les désordres et les pillages qui les avaient provoquées , et depuis cette époque Moulméin a joui ( à une exception près, dont nous dirons quelques mots ailleurs ) de la tranquillité la plus profonde.

Enfin , en vertu de l'article 7 du traité d' Yandabô , stipulant qu'un envoyé du gouvernement anglais résiderait à la cour d'Ava, le major (depuis colonel)

Burney fut nommé résident le 31 décembre 1829, et reçut pour instructions :

1° De résider d'une manière permanente à la cour d'Ava , et d'établir un service de postes ( dak ) entre Ava et les provinces récemment annexées, d'Arakan et de Moulméin ;

2° D'adresser au gouvernement birman des remontrances pressantes relativement aux retards apportes dans le payement du quatrième quart de l'indemnité, qui , aux termes du traité, eût dû être effectué au mois de février 1828, ou au moins , d'après les concessions consenties par sir Archibald Campbell, en septembre et octobre de la même année;

3° De veiller à ce que la sûreté des frontières anglaises ne fût pas menacée du côté de Birmah ; de favoriser le développement du commerce entre les deux pays , de s'assurer de l'impression produite à la cour d'Ava par la destruction de Martaban , et de recueillir des rensei-

fraemen ts de toute espèce sur la cour et e gouvernement , etc. ;

4° De régler la question de limites entre l'État d'Ava et celui de Munnipour, et de s'assurer quel équivalent territorial le gouvernement birman serait disposé à offrir au gouvernement anglais enéchange des provinces de Ténassérim, dont la rétrocession était autorisée ou même désirée par le gouvernement de Londres , etc. (1).

Le major Burney, déjà accoutumé aux formalités et aux lenteurs comme aux déceptions et aux désagréments de toute espèce qui accompagnent invariablement toute négociation sérieuse avec les cours de l'extrême Orient ( il avait été envoyé en 1826 à la cour de Siam, où il avait négocié un traité d'amitié et une convention commerciale ), rencontra néanmoins plus d'obstacles

(i) Cette partie des instructions du résident anglais est remarquable. On regardait évidemment à cette époque la possession de Té nasse ri m comme une charge, un embarras pour le gouvernement de l'Inde. Nous- verrons plus loin que les provinces deTénassérim ont acquis, sous la domina non anglaise, un degré de prospérité et d'utilité qui les rend une acquisition précieuse.

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encore qu'il n'en avait prévus dans l'ac- Ihwottau (1) , c'est-à-dire au lieu de réucom plissement de sa mission. Il lui nion ou conseil des ministres, le résident fallait, avant tout, se poser convenable- anglais fut traité avec plus d'égards, ment à la cour d'Ava, et donner aux d'attentions et de courtoisie qu'aucun relations oui allaient s'établir entre le des agents du gouvernement britannique souverain birman , la famille royale, les qui Savaient précédé à Ava. mi nist res et lui , soit comme représen- La question du subside ou de la contant du gouvernement anglais , soit tribut ion de guerre donna lieu aux plus comme particulier, le caractère le plus vives discussions. Nous n'entrerons pas propre à maintenir et à augmenter sa dans tous les détails de cette affaire; considération et son influence. Il nous mais nous en constaterons la conclusion parait y avoir mieux réussi que Craw- dans le court résumé suivant, qui ne lais-

prétentions de la vanité birmane , tou- dabô, et plus particulièrement dans l'in-

jours empressée de déconsidérer les terprétation de la clause financière de ce

agents européens, et contre l'indiffé- traité.

renée ou la négligence ou rignorance Le gouvernement d* A va avait envoyé de son propre gouvernement. Ainsi le des vaktls à Calcutta pour y surveiller 2 janvier 1831 , c'est-à-dire près d'un an ses intérêts, et principalement pour après son arrivée à Ava, le major reçut constater les versements faits à rhôla première réponse dont ses dépêches tel des monnaies en payement de l'ineussent été honorées par le gouverne- demnité consentie par le souverain ment suprême. Au moins cette réponse birman , et qui s'élevait à un crôre de était-elle satisfaisante. Le gouverneur roupies, dont il restait un quart, c'estgénéral en conseil allouait au résident à-dire vingt-cinq, laks (environ 6 milan certain nombre de chaloupes canon- lions de francs ) dus au temps dont nous nières montées par le nombre néces- parlons. Les vakîls prétendaient que la saire de Lascars... Ces bateaux de ser* valeur réelle des versements faits en vice armés arrivèrent presque en même lingots ou en numéraire excédait de temps que la lettre du secrétaire géné- deux laks au moins ce qui était légitiral , et rendirent tout d'un coup le ré- mement dû , bien qu'ils eussent entre sident indépendant , pour les moyens les mains le compte fourni par la monde communication et de transport , des naie et démontrant au contraire uu caprices des autorités birmanes, ce qui déficit beaucoup plus considérable que contribua très-puissamment à augmen- le prétendu surplus. Les ministres, s'apter sa considération et son influence. Il puyant sur ces rapports mensongers eut, d'ailleurs, grand soin dès l'origine des vaktls, résistaient obstinément aux dese refuser, de la manière la plus péremp- instances du résident anglais, qui les toire , à toute conférence ou discussion pressait de faire verser à Rangoun la avec des agents inférieurs ; et il parvint, balance depuis si longtemps promise non sans lutte, il est vrai, et sans avoir du crôre d'indemnité. La major Burney menacé plus d'une fois de rompre avec la les informa cependant, le 28 décemcour et de se retirer, il parvint, disons- bre 1831, que le gouverneur général nous, à se placer sur un pied d'égalité à entendait positivement que le compte peu près complète avec les hauts digni- dudirecteurdelamonnaie/iWarfmwsaws taires birmans. Il s'établit même à la Ion- discussion, et que la balance fût payée, gue entre eux et lui des relations cordia- comme à l'ordinaire , en argent daine les et presque intimes, qui, malgré les (nous verrons bientôt ce que c'est), et alternatives de bonne intelligence et de assigna un délai extrême de cent quatrefroideur entre les deux États, se maintinrent jusqu'au départ du major Burney. (l) a-awftird écrit thut-tthau , et fait ob- Dans les audiences qu'il eut du roi, dans server que ce mot devrait l'écrire correcteses visites au palais ou aux princes du ment rima, mais »e prononce en réalité sang, dans ses conférences officielles au thut-tkau.

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vingts jours pour parfait payement, à compter de cette date. Ils répondirent à cette concession en niant l'exactitude du compte fourni par le directeur de la monnaie, et affectant de s'en rapporter à la balance établie par les comptes de l'officier chargé à Ra igoun de recevoir et de transmettre à Calcutta les versements faits par le gouvernement birman ; ce à quoi le résident ne pouvait consentir, l'agent en question ne pouvant, quelle que fi)t son exactitude et la justesse de son appréciation, constater que la valeur brute ou approximative des envois. Le 4 janvier 1832 une autre longue discussion eut lieu , dans le cours de laquelle le major Burney s'efforça de faire comprendre aux ministres comment et pourquoi le compte provisoire tenu par l'oflicier chargé des recettes à Rangoun, et le compte fourni par le directeur de la monnaie de Calcutta, après pesées et essais, différaient et devaient différer. Enfin les ministres consentirent à accepter le compte de la monnaie , à condition qu'on leur accordât dix mois pour parfait payement, s'eugageant à payer intérêt à raison de un pour cent par mois pour toute somme qui pourrait rester due après ce délai expiré. Le résident, désirant vivement terminer la discussion relative à révaluation de l'argent, accéda à cette dernière proposition des ministres; les actes nécessaires furent dressés en conséquence, et la séance fut levée. — Les Birmans n'ont, à proprement parler, aucun système monétaire, et on ne trouverait probablement pas dans tout l'empire deux de leurs pièces d'argent ayant même valeur. Les officiers anglais' préposés à la recette des versements faits par les autorités birmanes en payement de la contribution de guerre n'avaient pas stipulé que la vateur des lingots ou espèces serait déterminée par le produit net a la monnaie de Calcutta : ils n'avaient même reçu aucune instruction à cet égard, et le traité d'Yandabô n'avait pas spécifié si le crùre de roupies serait payé en roupies slccas, ou en roupies madras, qui se trouvaient être les espèces courantes au camp anglais au moment de la signature du traité.

Il était résulté de cette étrange omission des d:i 'limites imprévues, qui se trouvèrent augmentées par la rédaction de

la version birmane du traité, portant à J'article de l'indemnité d'un ordre de roupies consentie par le souverain birman , que S. M. s'engageait à payer « 75,000 viss de bon argent » , définition bien vague pour un engagement de cette nature. Les Birmans soutenaient , avec quelque apparence de raison, qu'aux termes du traite leur argent yowetni, ou bon argent courant, était précisément celui dans lequel ils avaient payé plus de 75,000 viss, et que conséqueinment ils avaient, et au delà, acquitté leur dette. Le résident eut beaucoup à faire pour leur expliquer, leur faire comprendre, les obliger logiquement à admettre que le bon argent stipulé par le traité devait être l'argent de la qualité désignée par le mot daine , et qui , d'après les essais multipliés faits à la monnaie de ( .nient ta, valait , en moyenne, de sept à dix pour cent de plus que le yowelnif que conséquemment il était de toute justice de continuer et de compléter le pavement de l'indemnité en argent daine,' et non en yowetni. Il était d'autant plus nécessaire que les Birmans consentissent à s'en rapporter à cet égard à la science et a la bonne foi européennes , qu'il tut prouvé que dans le premier versement fait à Yandabô l'évaluation exacte de la monnaie donna un déficit de trois laks sur l'évaluation des officiers qui avaient reçu l'argent, tandis que sur le second versement il y eut un surplus de 170,000 roupies! Le major Burney conduisit cette négociation délicate a bonne fin ; surtout , on doit le reconnaître, par la conviction qu'il réussit à créer dans l'esprit des ministres birmans que le gouvernement anglais était de bonne foi dans cette discussion , et qu'on pouvait s'en rapporter à sa loyauté en pareille matière. La cour d'Àva tint ses derniers engagements, et au 27 octobre 1832 elle se trouva avoir payé, tout compte fait, 14,000 roupies siccas en sus de la contribution stipulée. Il lui a été, sans aucun doute, tenu compte de ce surplus.

Les conséquences plus ou moins immédiates, plus ou moins directes, du traité d'Yandabô sont de nature à faire naître de graves et utiles réflexions; mais nous devons nous contenter d'avoir indiqué celles de ces cod-

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séquences qui prouvent le mieux combien il est difficile de rédiger un traité avec la libéralité et en même temps la précision que réclament les droits respectifs des nations et les intérêts de la civilisation et du commerce.

Le major Burney n'éprouva guère moins de difficultés et de désagréments dans la question des limites à déterminer entre Birman et Munnipour que dans le règlement définitif de 1 indemnité de guerre. Les Birmans sont aussi suscep* tibles sur tout ce qui touche à leur honneur et à leur dignité nationale que sur ce qui appauvrit leurs ressources et leur puissance matérielle.

La uuestion territoriale entre le petit État de Munnipour et Birman roulait principalement sur la possession légale d'une étendue de territoire connue par les Anglais sous le nom de vallée de Koubo, et par les Birmans souscelui de Thounglhwat. Les commissaires anglais avaient d'abord décidé en faveur de Munnipour, ce qui avait amené les plus vives protestations de la part des commissaires birmans, et ce qui détermina le major Burney à appeler l'un des commissaires angla'is à Ava , du consentement des ministres, pour que les arguments employés de part et d'autre pussent être débattus en sa présence. — Le résultat de cette enquête, sans justifier les commissaires birmans des mensonges et des supercheries sans nombre auxquels ils avaient eu recours pour faire prévaloir leurs prétentions, établit, contrairement à l'opiuion des Anglais, de la manière la plus complète, le droit des Birmans a la possession de la vallée en dispute. — 11 lut prouvé par des documen ts authentiques, tirés des arcui ves de l'empire :

!• Que le royaume de Goug ou Mogoung, que 1rs Munnipouriens prétendaient l^ur avoir cédé la vallée de. Aoubo en 1475, avait ete conquis par les Birmans et était devenu tributaire d'Ava trente-trois ans avant l'époque de la cession invoquée par Munnipour -,

2° Que de nombreux documents historiques et autres établissaient que la vallée de Aoubo était considérée depuis un très-grand nombre d'années comme faisant parti du royaume ou de l'empire dAva;

3° Que cette même vallée, comme pays entièrement distinct et séparé de Munnipour, avait été dans la possession incontestée de l'État Birman pendant au moins douze ans , lorsque la guerre éclata entre (es Anglais et les Birmans.

En conséquence de ces faits, clairement établis par le résideut et portés à la connaissance du gouvernement suprême, les commissaires envoyés à Mon* nipour reçurent l'ordre de remettre les Birmans en possession de leur chère vallée, et les limites définitives a tracer entre les deux États furent indiquées de la manière la plus précise et la plus détaillée dans les instructions qui leur furent transmises. — Les Birmans voulaient que l'on adoptât pour frontière, du côté de l'ouest, une chaîne de montagnes qu'ils désignaient sous le nom de Yoma, et qu'ilsregardaient,avecraisou, comme la prolongation de la grande chaîne que nous avons indiquée comme commençant au cap Negrais et qui sépare tout le pays d'Arakân d'Ava ; mais les commissaires anglais, se tenant à la lettre de leurs instructions, désignèrent une autre chaîne de montagnes, six à sept milles dans l'est de la première, qu'on nommait quelquefois, à ce qu'il parait, monts Muring, et qui avait été confondue avec les monts Yoma. — Les Birmans s'efforcèrent de changer cette détermination ; mais le résident vint enfin à bout de les convaincre de l'inutilité de prolonger cette discussion; la convention territoriale fut signée : la commission mixte parcourut la limite, et y fit élever les bornes convenables; et cette affaire, qui depuis des années avait causé nulle tracas, mille embarras et une infinité de rancunes, de mauvais vouloir et d'irritation (I) dans les deux pays, à Ava en particulier, fut enfin terminée à la satisfaction des deux principaux gouvernements. — Les Munnipouriens seuls se crurent ou affectèrent de se croire lésés.

Nous ne sommes entré dans ce détail que pour montrer combien la géographie de ces contrées est encore imparfaitement connue et sur quelles bases

(i) « An infini ty of ili mil and irritation at Ava. » Historical Revicw, etc., déjà cité p. 7 3.

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douteuses reposent les décisions des gouvernements qui font passer sous telle ou telle domination secondaire des populations dont les intérêts naturels sont souvent sacrifiés aux convenances politiques des grands États.

Nous avons déjà remarqué que les instructions du résident l'autorisaient à négocier la rétrocession des provinces de Tenassérim. — Le gouvernement birman croyait si bien savoir que ces provinces n'étaient qu'une charge de plus pour le gouvernement anglo-indien, qu'il croyait que le but principal de la mission du major Burney était d'arriver à la restitution pure et simple de cette importante conquête sans compromettre sa dignité, et qu'il cherchait seulement une occasion favorable de manifester les intentions de son gouvernement à cet égard. — Les ministres le soudèrent ou le firent sonder plus d'une fois sur ce point, qui leur tenait fort à cœur. — Nous voyons par le journal du résident (l)que le 25 juillet 1830, à une conférence au Ihwottau , dont les discussions de limites avec Munnipour étaient le principal motif , les ministres, après avoir exprimé le désir que le gouverneur général déposât le radjah Gumbtr-Singh et fit asseoir Mardjft-Singh à sa place sur le gaddy (trône) de Munnipour, avouèrent qu'ils s'attendaient à ce que les provinces de Tenassérim leur seraient rendues aussitôt que le tribut serait entièrement payé (la contribution ou indemnité de guerre d'un crôre de roupies ) ; et quand on les eut désabusés à cet égard , ils manifestèrent la plus grande surprise. — Cette question de la rétrocession de Tenassérim fut remise sur le tapis au mois d'octobre, et il parait que le résident proposa cette fois un échange non-seulement de Tenassérim , mais encore d'Arakân, contre divers autres territoires, dont un seul, l'île Negrais, se trouve mentionné dans le résumé que nous avons sous les yeux (2). Quoi qu'il en soit, le narrateur anglais reconnaît expressément que le

(i) Historical Rtvtew, etc., déjà cité, p. 59.

(a) Il faut donc admettre que le gouvernement anglais avait changé d'opinion, et que la pouesMon de l'île Negrais lui paraissait, après tout, désirable.

souverain birman était décidé à ne pas céder un pouce de son territoire actuel en échange de Tenassérim, et il ajoute que le major Burney ayant fait allusion à la possibilité que son gouvernement traitât avec les Siamois de la cession de ces provinces, ïatwenn-woun Moung YU menaça, dans ce cas, de les leur reprendre de force. — Cela se passait le 21 octobre, et le 30, les ministres ayant dîné avec le résident, l'atweniiwoun revint sur la rétrocession désirée, et fit valoir comme un motif suffisant d'un abandon pur et simple des provinces de Tenassérim , les nombreuses faveurs dont le roi avait honoré le major Burney ! — La dernière trace que nous trouvons de la reprise, sinon des négociations, au moins des tentatives des Birmans à ce sujet, nous amène au 5 avril 1832. Les ministres, qui dînèrent avec le résident ce jour-là , renouvelèrent tous les arguments dont ils avaient fait usage précédemment, et insistèrent fort inutilement pour la rétrocession de Tenassérim et d'Arakân , puisqu'ils persistaient en même temps a ne rien oifrir en échange.

Le 10 avril le major Burney, dont la santé l'avait obligé a demander son remplacement momentané, et qui avait eu son audience de congé du roi le 10 mars, quitta la capitale birmane. Les ministres s'étaient séparés de lui dans les meilleurs termes possibles, et le woundauk Moung-Khou-Yi l'escorta une partie du chemin , c'est-à-dire qu'il descendit la rivière avec lui jusqu'à une certaine distance.

Les deux années passées par le major Burney à Ava furent marquées, comme on le voit, par des négociations actives, et promettaient de bons résultats pour l'avenir des relations entre les deux pays. Le résident avait eu de fréquentes communications avec le souverain , qui lui avait témoigné de grands égards, lui avait conféré, ainsi qu'à plusieurs autres Européens ( à sa recommandation ) , des titres et des distinctions (1), et avait

(1) Le major Burney avait reçu le titre de woundauk et un tchatlah (ou parasol) doré. Le roi l'avait aussi gratifié d'une chaîne d'or que les grands du pays portent comme marque de distinction. Plusieurs officiers anglais

consenti, sur ses représentations, à faire expédier une réponse, en son nom, à la lettre du gouverneur général (3), et même à accepter la médiation de ce haut fonctionnaire dans la question si délicate de la restitution de la vallée de Koubo. Il avait réussi à établir ses relations avec les wounauies sur le pied de la plus parfaite égalité et de la familiarité la plus cordiale : il avait organisé un ctàA( service de postes régulier ) entre Ava et le Bengale d'un côte , entre Ava et Moulmein de l'autre ; c'était un pas important de fait, et qui doit d'autant plus fixer l'attention que cet établissement, nouveau dans le pays, a mis dans un jour remarquable certaines qualités que l'on aurait pu être tenté de refuser au caractère birman. Il résulte , en effet, de la déclaration du major Burney luimême qu'il a reçu par ces voies nouvelles des centaines de dépêches ou paquets de Rangoun, Moulmein, Calcutta, Arakân, Mu nui pour, dont un très-grand nombre sous la charge d'officiers birmans, et qu'il n'est pas arrivé une seule fois qu'un des paquets à son adresse ait été décacheté, ouvert, ou perdu, ou même retenu ou retardé un instant, par méearde. Burney ne négligea pas non plus les intérêts du commerce. Il remédia autant que possible aux omissions juste-

avaient aussi reçu des titres ou des parasols dorés et d'autres distinctions honorifiques , à sa demande. Le gouvernement suprême (dans une dépêche datée du a5 février x83i , et qne le résident avait reçue avant le 19 mai) s'approuva point que de semblables faveurs fussent demandées ou même acceptées, et prescrivit de s'en abstenir désormais. Le résident reçut en même temps l'ordre d'éviter soigneusement toute discussion à l'égard des provinces conquises, le gouvernement suprême ayant abandonné tidée de la rétrocession.

(3) Ce fut le 9 octobre i83o que les envoyés birmans , porteurs de la lettre du roi au gouverneur général , se mireui en route , accompagnés par le lieutenant G. Burney, assistant du résident. La lettre portail pour suscri pti on : « A t Angaleitmen • ou chef anglais ; et c'est par ce titre, convenu entre le roi et Je résident , que le gouverneur général était désigné dans le cours de la lettre. Celait la première fois qu'un souverain birman adressait une lettre au gouverneur général des ludYs anglaises.

ment reprochées, il nous semble, à Crawfurd , assura au commerce qui se fait avec Arakân , ou par la voie de cette province , la protection , la sûreté et les encouragements convenables, et obtint que les marchandises importées seraient soumises à un tarif déterminé. Les exportations par cette voie fureut déclarées libres de tousdroits. Des marchands étrangers, arméniens , mogols et autres , durent à son intervention l'issue favorable de leurs démêlés avec les autorités birmanes, ou le règlement d'affaires importantes dont leurs sollicitations n'auraient pu réussir à hâter ou même à obtenir la conclusion sans son appui. Tout indiquait donc que le major Burney avait tiré le meilleur parti possible des circonstances , dans 1 intérêt de son gouvernement comme dans celui de sa dignité personnelle; mais le gouvernement birman, en se résignant à subir les conséquences du traité d'.Yandabô, et tout en reconnaissant les droits que le résident anglais s'était acquis à 1 estime , à la considération . aux égards des autorités, était loin d'abdiquer son orgueil national , son éloignement instinctif de la race européenne , ses rancunes et son vague espoir de vengeance.

Le roi , en particulier, quoiqu'il eût déjà donné,, avant le départ du major Burney , des marques du dérangement d'esprit qui servit de prétexte à l'ambition qui le détrôna en 1837, ne pouvait se résoudre à subir la résidence permanente d'un agent anglais dans sa capitale, regardant la présence de cet agent comme une flétrissure et une ignominie que le triomphe de ses ennemis lui infligeait à la face de sa nation. Burney n i-

rrait pas que tels étaient les sentiments souverain birman , et ils lui furent communiqués, pour ainsi dire, d'une manière officielle dès le 4 mars 1832; car ce jour là le tshau-atwenn-woun parla au résident de la possibilité d'abolir la résidence permanente, et proposa de lui substituer une ambassade, qui aurait lieu tous les dix ans, comme cela avait lieu à l'égard de In Chine. Les susceptibilités et les préjugés du monarque étaient partagés par toute la cour (1 ),

(1) Déjà du temps de Crawfurd le gouvernement Birman avait essayé d'ameuer les

et nous en trouvons la preuve non-seulement dans le journal du major Burney, mais dans le témoignage du docteur Baylield , qui n'hésite pas à étendre à toute' la nation ce que le résident entendait plus particulièrement des classes supérieures. « Le 4 décembre (1881), dit « M Baylield , les ministres dînèrent « avec le résident, et le pressèrent de « s'entendre avec eux sur plusieurs « points , déjà tant de fois discutés.

« Dans le cours d'une conversation ami- « cale qui eut lieu ce jour-la entre le « major, \emuoia-woun et le trésorier, « il tut aisé de se convaincre que l'es- « prit martial de la cour était encore « debout, et que beaucoup de seigneurs « birmans, loin de redouter une nouvelle « guerre, en espéraient un résultat « tout différent. Tel est, si j'en juge par « mes propres observations, le senti - « ment général dans toutes les classes, « à quelques exceptions près, mais plus « particulièrement parmi ceux qui n ont « pas été engagés personnellement dans « la dernière guerre. »

Il y a sans doute quelque chose d'honorable dans ces manifestations du sentiment national blessé par l'invasion et le triomphe de l'étranger, et qui réve

Anglais, par une interprétation forcée du texte du traite d'Yandàbô, à renoncer à l'établissement d'un résident à la cour d'Àva. — Nous lisons , en effet, dans la relation de Crawfurd ( i*r vol., p. a8 et 09), qu'à sa première entrevue avec le woungtiie JMaong Kaing , ce dignitaire lut un mémorandum en forme de commentaire sur le septième article du traité d'Yandàbô, duquel il serait résulté, selon lui, que Hnngowi et non Ava était la capitale que le traité avait en vue pour la résidence de l'agent anglais. — Dans le texte anglais du traité il était dit que les deux États auraient des agents - al each other's Durùars », c'està-dire « cours respectives ou sièges respectifs de gouvernement ». — La version birmane exprimait la même idée eu faisant usage des mots « mrama myodau, » — « ville royale de r.iruuih ». — Or, le woungbie soutenait que IUngouu était aussi bien « myodau » ou « ville royale » qu'Ara ,-elc. — On ne voulut pas admettre à cette époque cette étrange interprétation du traité ; mais en fait, dans ces derniers temps, les Anglais, comme nous le verrons plus loin, ont jugé prudent de renoncer à entretenir un résident à la cour d Ava.

de sanglantes représailles; mais il faut surtout voir dans ces rodomontades (et nous regrettons de le dire) la preuve de l'ignoranceet de l'incorrigible vanité qui caractérisent la plupart des gouvernements de l'extrême Orient et, a de rares exceptions près, les populations ellesmêmes. Les Birmans et les Siamois se sont toujours fait remarquer par l'un, perturbabdité de leur orgueil. Les Chinois et les Japonais sont également vaniteux; et les Chinois surtout n'avoueront jamais leur infériorité, a l'égard des grandes nations européennes , dans les sciences , les beaux-arts , la guerre et la navigation ; mais il en ont la conscience. Le Birman et le Siamois sont trop ignorants et trop insouciants pour la comprendre, et se croient fermement l'élite de l'humanité. Puérile et déplorable vanité, que les relations entretenues avec ces peuples par les gouvernements chrétiens, dans l'intérêt momentané de leur politique ou de leur commerce, ont longtemps encouragée, et que la conduite d'un grand nombre d'aventuriers euro* péens qui ont visité l'Indu -Chine ou qui s'y sont établis a fortifiée plutôt qu'elle ne l'a ébranlée ! Le gouvernement birman n'a cependant pas conservé toutes les illusions qui donnaient a sa conduite envers la colonie anglaise, sa voisine, un caractère si marque de hauteur et de mépris, quand le graud Alom-Prâ, avec un geste d'ironie insultante, déclarait à un officier anglais envoyé près de lui, et en présence de toute sa cour, qu'il ne se souciait ni du bon vouloir ni de l'alliance de la Compagnie (I), et

(1) Nous citerons à peu près textuellement: — «t Quand on lut à Alom Hra la lettre dont « le capitaine Baker était porteur ( lettre du « chef du comptoir anglais à NégraiO , à l'en- « droit où il était dit : Et par ce moy en votre « majesté obtiendra l'amitié et f assistance de * la puissante et honorable compagnie; » le roi se prit à rire de tout son cœur; et, retroussant » son putsho (a) avec un geste de ta plus « insolente provocation, c'est-à-dire en frap- « pant avec la paume de sa main sur ses bras « et sur ses cuisses : t'oyez, s'écria-t-il, comme m je me soucie de votre assistance ! » ( Histo-

(a)Crawfurd écrit pus'ho .- c'est le vêtement qui ea

toure (t'A 1 i in-, et qui *e compose, comme le dhoti des Hln linistanl*. d'une pièce de totteou de «oie, longue de dix coudées, dont on laisse un bout pendre par devant.

quand , en retour des présents qui lui étaient humblement offerts, le souverain birman faisait remettre au lieutenant Lester, autre envoyé de la compagnie :

18 oranges;

24 têtes de maïs; 5 concombres (t).

Mais , nous le répétons (2) , « il est peu

• probable que la terrible leçon que re- « curent les Birmans ait sufli'aleur don- « ner une idée exacte de l'immense su- « périorité de leurs adversaires... Néan- « moins le gouvernement de l'Inde a « sagement évité jusqu'à ce jour d'ac- « cepter les occasions de rupture que ■ l'imprévoyante ambition des succès-

• seurs d'Alom-Prâ lui a offertes. »

On n'apprend que graduellement à

bien juger le caractère d'une nation , comme le caractère d'un individu. Les Anglais ont pu croire en I82<i que l'orgueil birman s'était humilié de bonne foi devant la supériorité du génie européen , de l'organisation militaire, de la science stratégique , de l'intrépidité persévérante qui avaient assuré leur triomphe. La cour d'Ava avait changé de ton a mesure que l'armée anglaise avançait sur la capitale. Quand les troupes débarquèrent à Rangoun, le gouvernement birman parlait de cette affaire comme d'une excursion de brigands sur le territoire de l'empire, et pressait l'arrivée de ses soldats , dans la crainte que ces aventuriers ne parvinssent à lui échapper. La cour refusa de traiter, jusqu'à l'occupation de Prome par l'ennemi. Là elle s'arrangea pour conclure un armistice, dans l'espoir de gagner du temps.

Après leîs défaites, en t82.r> , elle se détermina enfin à négocier; mais les négociateurs birmans insistèrent pour que les conférences eussent lieu sur une barque birm ane mouillée entre les deux armées. H ^tait évident qu'ils ne se regardaient pas encore comme battus; et les Anglais se félicitèrent , en conséquence, de ce qu'à cette époque les négociations

rtcal Rcview, etc., déjà citée; et Crawfurd, Journal of an Embassy to tfie court of Ava, vol. I, p. 3oS et toc). )

(i) Historical ttev'tew. etc., p. 7.

(a) Voir la Bévue des deux Mondes : « Progrès de la puissance anglaise en Chine et dans l'Inde., etc. - 1841.

fussent rompues. A Yandabô, sir Archibald Campbell exigea que les conférences se tinssent dans sa tente; et tout ce qu'il demanda fut accordé sans difficulté : la menace de continuer sa marche sur Ava suffit pour couper court aux équivocations et aux lenteurs ordinaires des plénipotentiaires birmans.

Après la signature du traité, la cour lit un singulier efiort pour cacher son humiliation aux yeux de ses sujets. L'argent destine au premier payement de la.

contribution de guerre fut apporte rlandestmement pendant la nuit, et les habitants avaient reçu l'ordre de rester chez eux, sous peine de vie, afin qu'ils un pussent être témoins de la honte de leur gouvernement. On renonça bientôt a ce subterfuge, et avant que le payement du premier quart de l'indemnité fût complété l'argent était transporté ouvertement d'Ava en plein jour (I). Il était donc permis de penser que les Birmans avaient enfin la conscience de leur infériorité , que leur vanité et leur légèreté héréditaires ne les privaient pas entièrement de l'usage de leur raison, et qu'ils comprendraient de plus eu plus la nécessité de se maintenir en bons termes avec leurs redoutables voisins. Mous avons vu, cependant, que du temps de Crawfurd et pendant le premier séjour du colonel Burney à la cour d'Ava des symptômes non équivoques avaient trahi le retour du gouvernement birman à l'intolérance politique, aux prétentions orgueilleuses, aux puériles illusions de l'ignorance. C'est même dans cette recrudescence d'orgueil national qu'il faut chercher le principal motif de la révolution qui , bientôt après le retour du colonel Burney à Ava, plaça sur le trône le prince Tliarawaddv. il ne sera pas sans intérêt de nous* arrêter quelques instants sur les causes de ce grand événement, et de montrer combien le caractère et les actes de l'usurpateur ont trompé les prévisions de ceux qui le croyaient supérieur à ses compatriotes, surtout par son intelligence, la franchise de ses habitudes et la noblesse de ses sentiments (2).

(1) Voyet Crawfurd, Ambassade à Ara, vol. 1, p. 1 3* et suivantes, (a) BayGeld, dans se mémoire que nous

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