‹ Japon, Indo-ChineChapitre 51 sur 101 · UND0-CH1NE · texte numérisé non relu

UND0-CH1NE

Leod, le capitaine Phayre, le capitaine Low, etc., etc , dont les travaux, insérés dans les recueils scientifiques de Calcutta, de Madras, de Bombay et de Londres, ont jeté un grand jour sur une foule de questions dont l'histoire , la géographie , l'ethnographie et les sciences naturelles attendaient la solution ou l'examen. Les bornes qui nous sont prescrites par la nature même de ce résumé, et par la nécessité de le resserrer dans les limites d'un volume, ne nous permettront que l'indication des principaux résultats obtenus. En ce qui concerne le royaume birman actuel , nous nous contenterons d'extraire les passages les plus remarquablesdu journal du capitaine Hannay.

Dès les premières relations des Anglais avec 1 empire birman , et lorsqu'ils cherchaient à former des établissements sur différents points de la côte, aux embouchures de l'Irawaddy , leur attention était souvent portée sur les stations de quelque importance situées sur le cours supérieur de ce grand fleuve.

On savait des lors que Bamou , Bamo ou B'hamo était le centre d'un commerce considérable entre les Birmans et les Chinois , commerce auquel les spéculateurs anglais auraient vivement désiré participer. 11 paraît même qu'au commencement du dix-septième siècle ils avaient réussi à établir quelques comptoirs dans le voisinage (l), avec la permission du gouvernement ; mais cette permission fut bientôt retirée, et les renseignements qu'on avait pu recueillir ne se sont pas retrouvés. Le Gouvernement anglais employa vers 1G84 ou 1685 un certain II, Dodds pour obtenir de nouveau l'autorisation du roi pour former des établissements d;ms le pays, et en particulier à « Prammoo, sur* les confins de la Chine » ; mais cette mission n'eut aucun résultat. S'il est à regretter qu'on

(i) L'auteur do YHistorical Review , déjà cite, fait remarquer, d'après b'alrymple (Ori'titfit Repcrtory, vol. I, p. 98, et vol. II, p. 397 ), que des caries el de* mémoires relatifs au haut pays avaient été rédigé* à cette époque, et qu'on pourrait peul-ëlre encore les retiouver en fouillant dans les vieilles archives du gouvernement de Madras, alors en relations plus fréquentes avec le royaume d'Ava que le gouvernement du Kengale.

n'ait conservé que ces vagues renseignements sur l'époque que nous avons indiquée , ce n'est guère qu'au point de vue historique , car, grâce à l'expédition du capitaine Hannay , le haut pays et le cours de l'Irawaddy jusqu'aux villes de Bamo et Mogaung sont à peu près aussi bien connus que le sont les provinces méridionales. Plusieurs points géographiques d'un extrême intérêt ont été déterminés par cet observateur distingué, soit directement, soit par les témoignages qu'il a recueillis, Bamo, pour la première fois , a été vu par l'œil intelligent d'un Européen, décrit avec soin et son importance commerciale convenablement appréciée. La position de la remarquable vallée d'Houkong a été assignée ; les mines d'ambre ont été visitées également pour la première fois, et les latitudes des principales villes entre Âoa et Maung Khang ont été déduites d'observations astronomiques :

en sorte que, grâce aux travaux du capitaine Hannay , les explorateurs futurs ont des points de départ ou de comparaison assurés.

La cause immédiate ou plutôt le prétexte de cette intéressante mission fut un conflit entre deux chefs Singphos; l'un tributaire d'Ava, l'autre sous la

Srotection des Anglais. La petite ville de Isa , résidence de ce dernier, avait été ravagée et pillée par le gaum ou chef de Dup/iOy et les habitants qui n'avaient

r>u se soustraire par la fuite aux vioenc< s du élan envahisseur avaient été impitoyablement massacrés. Ces circoilstanees étant venues à la connaissance du résident anglais à la cour d'Ava (alors le colonel Burnev), il demanda une enquête, et exigea que des mesures fussent prises pour prévenir le retour de semblables aggressions. Une députation fut, en conséquence, envoyée a la frontière, et le colonel Burney profita de « eite occasion pour attachera l'expédition le capitaine Hannay, qui commandait son esc"rte.

Cette mission d'enquête, composée du gouverneur birman de Mogaung, nouvellement nommé à ce poste , du capitaine Hannay , de plusieurs officiers birmans d'un rang inférieur et d'une escorte assez nombreuse, quitta la capitale le 22 novembre 1835, sur tant*

L'UNIVERS

deux bateaux de différentes grandeurs.

« Aucun étranger, dit le capitaine Hannay, les Chinois exceptés, n'avait eu jusque là la permission de remonter ï'Irawaddy au delà du tchoki de 7*ampaynago, situé à soixante-dix milles environ au-dessus d'Ava, et il n'est même permis a aucun indigène de dépasser ce poste sans une permission spéciale du gouvernement » La flottille passa, peu de jours après, devant Kugyih, où se trouvent, dit-on, plusieurs villages chrétiens ; et à son arrivée à ïédau elle entra dans la première gorge ou kyouk-dwen, où la rivière se resserre entre deux lignes de rochers. Plus bas, la largeur extrême de son cours avait varié de un à deux milles et demi ; mais ici elle n'atteignait pas un quart de mille, et la profondeur du fleuve ainsi que la rapidité du courant s'étaient augmentées en proportion. Pendant la saison des pluies les bateaux engagés dans ces passes étroites y glissent avec la rapidité d'une flèche ; et les nombreux tournants, occasionnés par les rochers qui avancent dans le fleuve, augmentent beaucoup les dangers de ce passage. Le 30 novembre l'expédition quitta le village de Yédan-Yua, où l'aspect du pays, et de la rivière commence a changer visiblement. L'Irawaddy , au lieu de couvrir un espace de plusieurs milles de la nappe de ses eaux, est souvent réduit à une largeur de cent cinquante mètres ; mais, ce qu'il y a de remarquable , au lieu de se précipiter avec la rapidité et les accidents d'un torrent impétueux , comme on pourrait s'y attendre, sa surface paraît aussi tranquille ue celle d'un lac. Dans quelques enroits sa profonuVur dépasse dix brasses. Il coule au milieu d'une maçniflque foret où le pipai, le cotonnier gigantes-

?ue et les bambous attirent surtout attention. Le lit du fleuve et ses rives sont en général composés de rocs qui sur les bords s'élèvent à une hauteur considérable. A la station suivante, Thihadophya , le capitaine Hannay put constater un cas très-remarquable de singulière intimité entre les indigènes et les poissons qui peuplent la rivière. depuis un mille au-dessous du village jusqu'à une égale distance au delà. Si l'on jette du riz d'un bateau, on voit paraître une douzaine de poissons, dont quelques-

uns n'oiu pas moins de trois à quatre pieds de long, qui non-seulement manent le riz, mais se le laissent mettre ans la bouche et permettent qu'on leur caresse la téte, ce que J'ai vu faire à plusieurs de mes gens. Ces poissons paraissent appartenir à l'espèce qu'on désigne dans Unde sous le nom de gourou et routa ; et les Hindous que j'avais à ma suite n'hésitaient pas à les appeler ainsi. Leur téte esl d'une largeur remarquable, la bouche très-grande et sans dents. »

Ce spectacle, tout étrange qu'il pût paraître au capitaine Hannay, le surprit moins encore que celui auquel il assista le lendemain matin quand il vit les poissons répondre à l'appel des bateliers, qui les invitaient à venir partager leur dejeûner.

Le 1er décembre l'expédition arriva à Tsampaynago , que nous avons déjà mentionné comme la limite au delà de laquelle les indigènes eux-mêmes ne peuvent pénétrer sans une permission expresse du gouvernement. Le thatia, ou bureau de la douane , se trouve sur la rive droite du fleuve, et la ville de Maie ou Malé-myou, tout près de là , contient environ huit cents maisons, avec un très-grand nombre de temples richement dorés. La vieille ville de Tsampaynago est située à l'embouchure d'une petite rivière qui vient de Mogout et Ayatpen, et tombe dans Tira waddy, visà-vis la station moderne du même nom.

D'après les indications données au capitaine Hannay, Mogout et Ayatpen, d'où viennent les plus beaux rubis du royaume, sont situés dans le nord, 80° est de Tsampaynago, à la distance de trente à quarante milles, derrière un pic fort remarquable , nommé Shueou- Thùung, qui peut avoir environ mille mètres de hauteur. La rivière Mackira et celle de Tsampaynago coulent de ce même district; ce qui doit faciliter beaucoup les communications; Il fut diffleile de se procurer des renseignements sur la situation exacte des miiies. On apprit cependant que celles de Momeit se trouvaient à vingt ou trente milles au nord de Mogout et Ayatpen, et que les principaux mineurs employés à Mogout, Kyatnen, Loungti et Monté U étaient des Kathays (Cassay's ) ou Mannipouriens avec quelques Shans et quel-

L\DO -CHINE

ques Chinois. De Tsampaynago le capitaine Hannay assure que Ton entend les bûcherons qui abattent les bambous dans les montagnes voisines. Ils en forment des paquets de cent cin-

auante à deux cents, qu'ils font rouler u haut de la pente escarpée , sur une chaussée construite avec des arbres qu'ils parcourent dans leur chute rapide, avec un bruit qu'on entend de trois lieues. Ces bambous sont ensuite flottés de la petite rivière dans l'Irawaddy pendant la saison des pluies. Ici nos voyageurs commencèrent à souffrir du froid. Ils atteignirent le 5 décembre Tagbunamt/ou, que la tradition veut avoir été bâtie par un roi de l'Inde gangétique , dont les descendants fondèrent ensuite les royaum» s de Prome, Pagan, et Ava. Le capitaine Hannay y trouva , en effet, les vestiges d'anciennes fortifications, de murailles en briqups, présentant un caractère différent de celui des constructions birmanes , et paraissant être le produit d'une autre civilisation , le travail d'une autre race. A un mille de là, dans le sud, les ruines de Pagan s'étendent jusqu'aux limites de l'horizon Le capitaine Hannay y trouva ries briques d'une composition particulière , ou plutôt des terres cuites, avec de* impressions d'images bouddhistes d'origine indienne et des inscriptions, qu'il envoya au colonel Bumey, et qui ont fait le sujet d'un mémoire inséré dans le numéro 51 du Journal de la Société Asiatiqve de Calcutta.

Le journal du capitaine Hannay, principalement u dater de ce point , abonde en détails intéressants, que nous regrettons vivement de ne pouvoir reproduire ; mais force nous est de nous borner aux renseignements les plus importants.

Sur la rive gauche du fleuve, entre Hengamyo et Tagoung , l'arbre de teck se montre pour la première fois ; et à Kyundoung , sur la rive opposée, on trouve des arbres assez gros pour former de grands bateaux d'une seule pièce.

Le 13 décembre la flottille s'arrêta près de Katha , ville de quelque étendue, située sur la rive droite, et contenant environ quatre ceuts maisons. Le bazar paraissait bien fourni de poissons frais et salés , de porc vendu par les

20e Livraison. (IndoChinb.)

Chinois, noix de coco sèches , légumes de différentes espèces , cannes à sucre et riz de toutes les qualités. Le capitaine Hannay y vit aussi du stick-tac en petite

Sjuantité, mais cher et de qualité tres-inérieure à celui qu'on se procure à Rangoun et qui vient du territoire Sliân, à l'est d'Ava. Là aussi, mais en moindre uuaiitité qu'à Kyundaung, ou voyait étalées des toileries de manufacture anglaise. Un kyaung (ou kyoum), ou monastè'e bouddhiste, récemment construit par le myothagi de Katha, attira particulièrement l'attention du capitaine: C'était un grand édifice en bois, sculpté avec un goût remarquable ; les terrains environnants, qui s'étendaient jusques à la rivière, étaient plantés d'arbres à fruit et d'arbustes à fleur disposés avec beaucoup d'art. On arriva le 17 j Kyouk-Guich , où le woun de M un y en combla le capitaine et sa suite d'attentions et de prévenances. La demeure de ce chef se fusait remarquer par sa propreté et son élégance , par le joli jardin qui l'accompagnait , par la richesse de son ameublement birman et par le nombre de belles armes qui y étaient étalées. On approchait de Bamo, et le voisinage de ce célebie marché se devinait par la multiplicité de villages qu'on rencontrait depuis plusieurs jours. De Shuegou-myou a liàlet , c'est-a dire sur un espace de trois milles environ, les habitations se succédaient sans interruption. L'île Kywoun-do, située entre ces deux villes, et couverte de cent pagodes, est le rendez-vous des habitants,

S|ui viennent y célébrer leurs principales êtes, a de certaines saisons de l'année. Près de ce lieu on entre dans la seconde passe ou Kyouk-Dwen , dont le capitaine lia ni v décrit ainsi la magnifique apparence : ■ La tivière semble percer ici les montagnes qui s'élèvent perpendiculairement de chaque côté à une hauteur de quatre cents pieds ; elles se coin-

fiosent de roches, de formes aussi singuières que diversifiées, et que la présence d'un certain nombre d'arbres rend encore plus pittoresques : une partie du défilé, sur la rive droite, s'eleve, comme une immense muraille de cinq cents

[lieds de hauteur, formant ainsi a la fois e plus magnifique et le plus effrayant des précipices. Ce Kyouk-Dwen n'a pas

inoins de quatre milles d'étendue; et les roches qui le forment sont de grès à leur partie supérieure, reposant sur une base de calcaire bleuâtre mêlé de veines de marbre d'un blanc éclatant. Je remarquai sur un point de grandes masses de calcaire primitif avec des blocs de spath calcaire. »

A Koung-toun, que la flotlilleatteignit le 20, ville célèbre par la belle défense de sa garnison birmane pendant la dernière guerre avec les Chinois, notre voyageur vit un grand nombre de Ka> khyenx, espèce de sauvages appartenant a une tribu qui habite les montagnes à l'est de la ville. La physionomie de ces montagnards forme une exception singulière à la règle générale dans ces.contrées; car, loin d'offrir le type tartare, les kakhyens ont la (igurê longue , le nez droit, les veux d'une expression repoussante, qu augmente encore la coutume qu'ont ces étranges créatures de ramener leurs cheveux , noirs et plats , sur le front et de les couper au niveau des sourcils. Cette tribu, bien qu'entourée par les Shans, les Birmans et les Chinois, diffère si complètement de tous qu'il est impossible de conjecturer a quelle race ils ont appartenu dans l'origine.

Ce même jour, 20 décembre , la flottille jeta l'ancre devant un village a cinq milles au-dessous de Bamo. Le woun de Mogoung, étant un dignitaire d'un lang supérieur à celui du gouverneur de Bamo, il devenait nécessaire de faire quelques arrangements pour lui assurer une réception convenable. En approchant de la ville, le jour suivant . la navigation du côté de la rive droite, sur laquelle la ville est située, parut si difficile, qu'il fallut traverser la rivière; et sur ces entrefaites, quelques points d'étiquette ayant donné lieu à un différend entre le woun de Bamo et celui de Mogoung , celui-ci se remit en route le 22. Le capitaine Hannay se vit ainsi obligé de différer ses recherches à l'égard de cette importante station jusqu'à son retour en avril suivant; il ne manqua pas, cependant, de prendre, à son premier passage , toutes les informations qu'il put se procurer: mais la présence du woun de Mogoung empêchait alors les gens du pays de repondre franchement a ses

questions. 11 les trouva beaucoup plus communicatifs au retour ; nous ferons connaître ici le résultat des renseignements obtenus dans les deux occasions.

Un point géographique de la plus haute importance mérite, avant tout, notre attention. En s'enquérant de la situation des principales villes sur les bords de l'Irawaddy, il s'était trouvé que plusieurs des indigènes questionnes au sujet de Bamo affirmaient que cette ville était située sur l'Irawaddy, tandis aue d'autres, qu'on devait supposer également bien informés, niaient positivement l'exactitude de cette assertion, et plaçaient Bamo sur une petite rivière qui se jette dans l'Irawaddy à un mille environ au-dessus de la ville actuelle.

Le capitaine Hannay est parvenu à concilier ces deux versions, de la manière la plus satisfaisante, par la remarque suivante. La ville moderne de Bamo, construite sur le bord de l'Irawaddy, doit son origine aux facilités que présente cette position pour le transport des marchandises du coté d'Ava. Le vieille ville (shân) de Manmo ou Bamo est située, a deux journées de marche de là, sur la rivière Tapan, qui tombe dans l'Irawaddy, à un mille environ au-dessus de la nouvelle ville de Huma ou Zecthec-zeit, qui signifie nouveau marché ou débarcadère du marché neuf.

La ville moderne est bâtie sur un terrain iuégal et assez élevé, dont la partie oui avoisine la rivière, et qui est formée d'un banc d'argile, peut avoir de quarante à cinquante pieds de hauteur. C'est, si l'on en excepte Ava et Rangoun , la ville la plus considérable de l'empire birman et la plus intéressante, sans exception, si nous en croyons notre intelligent explorateur. J<a nouvelle de l'arm éede la flottille, et surtout d'un offlcier européen , avait attiré une grande foule sur le rivage ; et, mettant pied à terre, le capitaine Hannay se crut transporte tout à coup dans un pays civilisé eu se voyant entouré de gens au teint presque européen, portant des pan talons et des vestes , au lieu de ne rencontrer, comme par le passé, que les traits durs et les vêtements bariolés des Birmaus.

Cette population d'un nouvel aspect se composait principalement de Chinois de la province d'Yunnan et de Shans tribu-

t aires de la Chine. Bamo contient quinze cents maisons ; mais, en y comprenant les villages qui se confondent , pour ainsi dire, avec la ville, le capitaine Hannay porte le chiffre des habitations à deux mille, dont deux cents au moins sont occupées par des Chinois. Outre la population permanente, il y a toujours à Bamo un grand nombre d'étrangers , tels que Chinois, Shans et Kakhyens, qui s'y rendent pour faire des achats ou y être employés nomme ouvriers : on voit aussi un grand nombre d'Assamais, tant dans la ville que dans les villages de la banlieue , et parmi eux plusieurs membres de la famille du radja de Tapan ou Assam. Bamo est le djaghir (apanage) de la sœur du radja de Tapan, I une des femmes du roi d'Ava. — Les habitants de ce district vivent dans des maisons assez grandes et bien distribuées, couvertes en herbe et dont les murs sont faits de roseaux : elles sont en général entourées d'un grillage en bois, et tous les villages sont palissades en bambous. Les Palongs de la frontière chinoise forment une peuplade remarquablement industrieuse : ils sont bons teinturiers , charpentiers et forgerons, et tous les dhâs ou sabres du pays sont faits par eux. Les gens de Bamo étaient te. lement persuadés que le but du capitaine Hannay, en entreprenant ce voyage, était de trouver une route par laquelle les troupes anglaises pourraient pénétrer en Chine, qu'il lui fut extrêmement difficile d'obtenir des renseignements sur les voies de communication de cette partie du pays. Les Chinois eux-mêmes se montrèrent, cependant , plus commuuicatifs , et ce fut d'eux qu'il apprit qu'il existait plusieurs passes par lesquelles on pouvait se rendre de Bamo d.ms le Yunn;»n. L'une de ces passes, présentant de beaucoup plus grandes facilités que les autres, est celle que l'on choisit généralement pour les expéditions commerciales. Vo ci quel est à peu près l'itinéraire que suivent les caravanes chinoises par cette voie. A la distance d'un ou deux milles au-dessus de Bamo se trouve l'embouchure de la rivière Taping ou Tapan; la direction de cette rivière est nord 66° est pendant deux journées de marche environ ; la rivière traverse alors la chaîne de montagnes

du pays des Kakhyens, et dans ces montagnes est située la vieille ville de Bamo ou Manmo. Les Chinois transportent leurs marchandises par eau du Bamo moderne à ce lieu, et se rendent ensuite par terre au tchoki ou ken de Loailong, près Mowan, en trois jours: de là à Mounyen au Tengyechew , dans la province de Yunnan , où ils arrivent en huit a neuf jours. La route de Bamo à Loailong est «n bon état et très-fréquentée ; elle passe par 1rs montagnes qu'habitent les Kakhyens et les Palongs, puis à travers le pays des Shans, que les Birmans appellent Kopyi-doung. La rivière Tapan Khyaung n'est pas navigable pour les grands bateaux. Aussi les Chinois ont-ils l'habitude de se servir de doubles canots, sur lesquels ils placent une plate-forme pour le transport de leurs marchandises jusqu'à Manmo :

ils se. >erveut ensuite, pour le reste du voyage , de ponies on de mules. Le capitaine Hannay ne donne pas à la rivière Taping une largeur moyenne de plus de cent cinquante mètres : ce qu'il nous apprend de la direction et des dimensions de ce cours d'eau ne permet plus de l'identifier, comme le voulait Klaproth , avec le Tsanpo du Thtbc t.

Il se fait un grand commerce à Bamo, surtout en coton, qui y est apporté par les Chinois dans les mois de décembre et de janvier; la plus grande partie de cette importation prend la direction d' A va, et *-e répand de là dans tout l'empire. Ils importent également des ustensiles de cuivre , des tapis et des articles d'habillement pour la saison froide, lu. dépcndainment 'de ce commerce , entièrement entre les mains des Chinois , les Shans, Palongs et Singphos, tributaires de la Chine, viennent acheter à Bamo du sel en grande quantité, du gnapi (pois* son haché et mis en pâte ou en sauce), du poisson sale et du riz. LesShans se distinguent par la blancheur de leur teint, par leurs figures larges et leurs physionomies ouvertes et Hautes : ils portent des turbans et des pantalons en cotonnade bleue; ils ressemblent beaucoup anx Chinois ; et un grand nombre d'entre eux parlent le dialecte d' Yunnan; aussi les désignenton généralement par le nom de Shans- Taroup ou Shans -Chinois. Les Palongs, quoiqu'ils parlent le shan, ont aussi un

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