‹ Japon, Indo-ChineChapitre 74 sur 101 · PARTIS OCCIDENTALE DE LA PBES- QU'ÎLE MALAISB · texte numérisé non relu

PARTIS OCCIDENTALE DE LA PBES- QU'ÎLE MALAISB

Les quatre États Malais de la partie occidentale de la presqu'île Malaise sont : Queda, Perak, Salangore, tous trois pays de côtes, et le royaume méditerranéen de Rnmbao ( ou Kumbo).

Le royaume de Queda (Keddah) s'étend entre 5" et 7° de latitude nord. Au sud de l'île Junk-Ceylan, sur une ligne de côtes de près de vingt-huit milles géogr. (110 milles anglais). La plus grande largeur de la péninsule est ici d'environ trente milles géogr. Queda est séparé de I l'État de Patani ( cote orientale ) par une chaîne de montagnes qui court du nord-ouest au sud-est. L'extrême frontière nord de Queda du côté de Siam est près de Langgu, sous 6° 50' latitude, nord ; la frontière sud qui le sépare de l'État Malais Perak est a Kourao, sous 6* latitude nord. Parmi les lies delà côte, la plus considérable est Langkawi, longue de six milles géogr., habitée

par quatre à cinq mille Malais et bien cultivée; la seconde est Trutao, longue de près de quatre milles géogr., mais avec peu d'habitants. Ces deux îles conjointement avec Boutong portent le nom àeLadas, c'est-à-dire iles à poivre. Elles sont, comme toute cette inGnité d'Iles sur la côte jusqu'à Junk-Ceylan, bien boisées et d'un aspect attrayant, l^s rivages sont cependant pour la plupart très-accores et peu hospitaliers. Les Malais de Langkawi, qui habitent seulement la partie est del île, furent attaqués dans l'été de 1822 par les Siamois, et s'enfuirent à Poulo-Penang, en se mettant sous la protection des Anglais, qui les établirent sur la côte malaise opposée à nie du prince de Galles. Leur nombre lors du passage de Crawfurd dans ces contrées s'était accru à neuf mille, d'autres réfugiés ayant pu se joindre aux premiers. Le commodore Beaulieu (I) visita ces lies en 1620, du temps où Queda, Malacca et Achem, étaient des Etats puissants. A cette heure ils sont tous en décadence. Sur l'île Trutao (Trotto des Anglais ) habitent des Malais pêcheurs, ainsi que sur la presqu'île, qui n'ont pas été convertis au mahométisme et que l'on nomme également Orantj-Laôt. D'après les observations du capitaine Low, Langkawi consiste en masses de granit, comme toutes les fies du Sud; mais quant à Trutao, c'est avec elle que commencent ces lies et ces chaînes de montagnes calcaires qui s'étendent de là le long de la côte ouest jusqu'à la frontière nord de Uartaban.

Une autre Ile, ou plutôt une roche, située devant cette côte de Queda environ à six milles géogr. au nord de l'Ile Bounting (identique avec Boutong), est le Gounong Giryan ou roche de l'éléphant, qui, par son isolement complet, forme une excellente marque pour le navigateur. Elle est longue d'une demiheure de marche, large d'un quart d'heure , et haute de trois cents à quatre cents pieds. C'est une roche calcaire pleine de cavernes.

Toute fa côte est très-marécageuse,

(i) Mémoires de voyages aux Indes orientales du général Beaulteu, dressés par luymesme, fol. 84 de Thévenot, Rte. de rojr. cur. ; éd. Paris, 1696, 1. 1.

boisée et, dans l'intérieur, montagneuse. Ou compte trente six rivières ou cours d'eau le long de la côte , dont six sont assez importantes pour servir au transport des marchandises. Dans l'intérieur du pays on remarque beaucoup de montagnes très-élevees. Crawfurd évalue la hauteur de l'un des pics de la chaîne frontière de Patani, nommé TUeh Bangsa, a six mille pieds anglais. Une autre montagne, isolée sur la côte, nommée Jaral ou Gounong (montagne) Djerat, ou Djerri, serait, selon T. Word, haute de cinq mille pieds, mais, selon le capitaine (amourd'hui colonel) Low, de trois mille pieds seulement. Elle parait être formée de granit; ses formes sont très-hardies et très-abruptes , mais cependant elle est très-boisee, et jusque sur les flancs de ses rochers. Une bande argentée qui traverse cet immense manteau de verdure, vue au télescope, se reconnaît pour un torrent des montagnes qui pendant la saison des pluies forme des chutes d'eau magnifiques.

Cette montagne a été visitée, dans ces derniers temps seulement, par Griftith; et nous avons fait remarquer que le caractère de la végétation a son sommet offrait une analogie frappante avec la végétation australienne. Ses richesses minérales ont été constatées, sinon par une exploration détaillée, au moins par des échantillons de granit et des cristaux ; cette montagne est aussi aurifère, et fournissait autrefois beaucoup d'étain , etc.

Le pays de côte de Qualla-Mouda ( aujourd'hui province Wellesley ), sous le 5° 40' latitude nord, situé vis-à-vis de l'île anglaise de Poulo-Pénang , qui a été visité par Finlayson, est à plusieurs heures de marche dans l'intérieur (7 à 8 milles anglais), bas, plat et marécageux, presque partout couvert de joncs, plein de tigres , de léopards , de rhinocéros et même d'éléphants. Le sol est argileux, et près des côtes il contient de l'alun : il est rougeâtre. Finlayson n'a trouvé rien de pareil à ce sol dans les contrées de l'Inde pendant ses longs voyages. Les plantes aussi, sur cette côte, sont tout à fait différentes de celles de Poulo-Pénang. Le beau faisan argus est ici très-commun, ainsi que beaucoup d'autres gallioacés. Finlayson

▼it auisi un léopard noir, des chèvre; sauvages qu'il croit être des antilopes. Mais en général l'intérieur de la contrée est encore une terra incognito. — Nous reviendrons sur la province WclUiley quand nous traiterons des possessions anglaises dans la Péninsule.

Il y a deux routes qui conduisent de la côte de Queda à la côte orientale de la presqu'île, à Patani.

Le terrain de Quedu est, dit-on, assez fertile quoique peu cultivé. Il contient quarante à cinquante mille habitants, divisés (d'après l'ancienne coutume) en cent cinq petits districts de quarantequatre familles chaque ; les districts seraient aussi, d'après une ancienne institution , subdivisés en groupes de vingtquatre maisons ou tanggas ( tangga, c'est-à-dire Véchelie qui conduit à chaque maison).

Les habitants se répartissent en quatre classes : les Malais et les Samsams, qui sont les plus nombreux, ensuite les Siamois et les Samangs. Les Samsams sout les Siamois mahométans, méprisés par les autres et dont la langue est un patois mêlé de beaucoup de phrases mahomé»

tanes. Les Samangs sont une race uè»

gTe, avec des cheveux crépus, semblable! en tout (à ce qu'on assure) aux nègres Africains, excepté qu'ils sont d'une taille plus petite.

Les revenus du royaume de Queda se montent à environ 42,000 dollars paraît ( un peu plus de 200,000 francs). Le roi est un vassal de Siam. Il fournit , en cas de guerre, un contingent de troupes, de vivres et de munitions à son suzerain, comme d'autres princes malais. Outre cela, tous les trois ans il lui envoie, en témoignagede soumission, un petit arbre en or, ce qui est chez tous les Malais le symbole en usage comme tribut , et se désigne par le mot Hounga-mas. Au commencement du dix-septième siede le sultan d'Achem avait réduit Queda sous sa dépendance.

Lorsque en décembre 1821 Crawfurd débat qua sur l'île de Poulo-Pénang, l'alarme était dans l'établissement anglais, parce que le radjah de Ligor, un prince siamois, avait nuitamment attaque Queda. La plupart des Malais s'étaient enfuis sans faire de résistance. Le roi perdit son trésor et tout ce qu'il possé-

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dait : sa famille fut faite prisonnière; lui-même s'échappa sur l'île de Pénang.

Le prince siamois expédia immédiatement des lettres impérieuses exigeant l'extradition, et menaçant de sa vengeance quiconque oserait retenir le fugitif. La consternation fut grande à Pénang, parce que cette île tire tout son approvisionnement en blé de Queda.

Mais bientôt on reçut des lettres plus amicales, dans lesquelles le lieutenant du roi a Ligor, mieux avisé , déclarait vouloir respecter le territoire anglais, dont la limite était marquée par un ruisseau sur la frontière de Queda. Cependant la cour de Siam , comme on le sut plus tard, était très- irritée de ce que les Anglais eussent donné asile à un vassal rebelle (1) ; elle n'avait pas oublié d'ailleurs comment ils s'étaient emparés de nie de Poulo-Pénang, dans un moment où la monarchie siamoise était hors d'état de faire respecter sa suzeraineté outragée. — Les Malais de Queda, selon Oawfurd, parlent et écrivent le meilleur et le plus pur malais.

L'État Malais de Pérak se trouve au sud de Queda. Son prince est vassal de Siam, aussi bien que celui de Queda.

Vers 1818 Perak avait essayé de secouer le joug, et le prince de Queda avait reçu et exécuté l'ordre de le réduire à l'obéissance. 11 a depuis passé sous la protection anglaise. Pérak embrasse cent cinq mokims, c'est-à-dire petites communautés, qui contiennent (selon Oawfurd plus d'habitans que le pays de Queda. Le capitaine Low dit aussi que le pays est bien peuplé. La lisière de la côte est longue de dix-huit à dixneuf milles ( 7 .» milles anglais ) ; elle se trouve dans la partie la plus large de la presqu'île. Des roches granitiques avec une plaine d'alluvion qui s'avancent

(i) Le radjah dont il s'agit élait an prince rapace et cruel au delà de toute et pression. Low dit en propres ternies que pour empêcher ses malheureux sujet* de murmurer eontre ton administration lyrannique , il était dans l'habitude de leur faire coudre la bouche, et que le colonel Burnev a vu lui-même plusieurs de ces victimes d'une cruauté inouïe! H n'est pas douteux que pour ces populations opprimées l'administration siamoise, toute despotique qu'elle soit, est comparativement

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à quatre milles géogr. dans l'intérieur du pays jusqu'au pied de la chaîne centrale des montagnes, composent cette lisière des cotes. Dans les couches de quartz qui traversent la presqu'île on trouve de l'or en assez grande quantité pour justifier, même à présent, la dénomination àîJurea Chersonesu», que lui donnaient Ptolémée et les anciens.

D'après les récits des habitants , on y trouve de Yoxyde d'antimoine et du charbon de terre. Il doit se trouver aussi dans le granit beaucoup de JUons de minerai d'étain; mais on obtient presque exclusivement ce minerai par le lavage du sable des rivières. L'étain est la production principale du pays; mais on ne connaît encore que d'une manière incomplète l'importance actuelle de cette production; on sait seulement que des quinze mille piculs (deux millions de livres) qu'on intro.

duit annuellement à Poulo-Pénang, une grande partie , c'est-à-dire près de quatre mille picul ( un pieu I à 1 33i lus ), est importée de Pérak. Les renseignements plus précis manquent (1).

Devant cette côte de Pérak se trouve le groupe d'tlee Pouio-Sambltan, c'est-àdire les neuf Aies, nommé IHnding par les navigateurs. La plus grande de ces Iles est située vis-à-vis la belle côte de Pérak , de telle manière que l'intervalle entre elles forme un port bien abrité au nord et au sud. Les Anglais ont visité cette tle, qui consiste en roches granitiques tTès-accores, mais s'élevant seulement à quelques cents pieds et couvertes depuis la base jusqu'au sommet d'une végétation arborescente, luxuriante au plus haut degré. Le sol est couvert d'une forte couche de terre végétale noire, très-fertile, mais avec des marécages et de l'eau noire comme à Queda.

Lès montagnes sont trop escarpées pour pouvoir être cultivées , les arbres sont moins hauts que sur l'île de Poulo-Pénang. Près du rivage, qui est parsemé de grands blocs de granit, le botaniste Finlayson , qui accompagnait Oawfurd, découvrit deux espèces de palmiers , un Crinum avec des feuilles longues de trois

(i) Nous reviendrons sur les riehesses minérales de la péninsule dans notre description des Province» Anglaises.

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pieds, et plus avant, dans l'intérieur du Le territoire de Salangore est encore pays , un nouvel Epidendron d'une moins connu que le précédent ; il s'égrandeur gigantesque et de formes très- tend à vingt-quatre milles géogr. (96 «inélégantes, s élevant debout sur le tronc les anglais) le long de la côte vers le d'un vieil arbre, qu'il ornait comme sud jusqu'au cap Hachado (Ratschado), d'une couronne de palmier. La florai- où il touche a la frontière nord du son en plein épanouissement, longue de territoire de Malacca. Dans cette étensix pieds, comptait de quatre-vingt-dix due de côtes, la grande chaîne couUu ceut ileurs, chacune large de deux nentale de montagnes courant vers le pouces et demi et longue de quatre sud depuis Queda et Pérak diminue pouces, d'une couleur jaune magniuque successivement de hauteur. On apertacheté de brun, répandant une odeur çoit des lacunes entre les sommets , suave. Le docteur IVaUich transplanta qui s'arrondissent davantage et devienbientôt cette plante magnifique dans le nent plus bas. Les séries montagneuses jardin botanique de Calcutta. La forêt se dirigent de plus en plus vers le sud-est, tout autour est pleine de gibier, san- et laissent des plaines plates plus étengliers, bêtes fauves, mais Pile sans cul- dues entre le pied de c<s hauteurs et la ture , sans habitants ; une ou deux mer. Cependant ces plaines sont encore huttes sur le rivage de la mer servaient un peu élevées an-dessus de la surface de d'abri aux pirates. Dampier (1) avait la mer, et sur plusieurs points, surtout déjà visité cette île en 1689, et en donna sur le rivage même, s'élèvent des cônes une bonne description; Craw/urd y isolés comme des lies montagnes ( selon retrouva les ruines d'un ancien fort l'expression de Ritter). Tels sont le Parhollandais ; ce sont des murailles de celar-Hill, liachado- Point ; mais ils ne briques en carré , chaque côté long sont pas très-élevés et ont des sommets de trente pieds haut de seize pieds , arrondis. Le détroit de Malacca se repouvant recevoir une petite garnison et trécit beaucoup au cap Hachado jushuit canons, avec autant de meurtrières à qu'à la largeur de huit milles géogr., et l'étage supérieur et des logements pour du mUieu du chenal on aperçoit disles ofliciers. On trouve aussi des traces tinctement les deux côtes. Ce cap, qui de la maison du gouverneur sur le rivage est un rocher de quartz traverse de de la mer, après un siècle et demi a peu veines de fer argileux , ne s'élève pas à près. Mais après le départ de Dampier, plus de cent cinquante pieds. Au sud-est la garnison, forte de trente et un nom- de là , jusqu'au cap Romania, il n'y a mes , postés ici pour protéger le coin- que des hauteurs détachées et peu conmerce d'étain (sur la côte de Pérak), sidérables; quelques pics agglomérés dont les Hollandais possédaient le mono- dans l'intérieur font seuls exception, pôle, fut bientôt égorgée: on ne sait pas si L'aspect géologique de la surface a elle a jamais été remplacée, mais d'au- change complètement à partir d'ici. Le très navigateurs ont dû y débarquer à granit a disparu, les hauteurs ne se comdiverses époques, puisqu'on y trouve posent que de grès et d'ardoise , les 1727, 1754, gravés sur le revêtement des parties basses sont boisées jusqu'aux embrasures, les initiales de plusieurs bords de la mer. Des courants rapides noms et le millésime, parfaitement lisi- passent près du cap Rachodo, où la mer ble, de 1821. Selon Craw/urd, le port monte et s'agite, même quand I atmosde Poulo-Dinding est bon; mais l'île ne phère est tranquille. Les baies sablonlui semble pas convenablement située neuses des deux côtés du cap offrirent pour y établir une colonie anglaise, une très-riche moisson botanique au céétant déjà trop avancée dans l'intérieur lèbre /fatficA, qui accompagnait Crawdu détroit de Malacca pour pouvoir ser- furd à son retour de Sin^apoure. virde station à la marine du Bengale, et Salangore est encore plus mal peuen même temps trop loin vers l'ouest de plé que Queda et Pérak , c'est un trè*- Malacca pour servir d'entrepôt. petit État ; la famille régnante est de la

race Bouggui des fVaju (Vadjous).

(0 <*. Damnier, Supplément au Voyage au- ( Les Bougguis, habitants de Celebes ,

tmrdu w«W*/Uoueo, i7a3f t.m.p. ao9. forment, comme on le sait, la peu-

h\DO-

plade la plus entreprenante et la plus adonnée au commerce dans tout l'archipel. ) A Lukot, endroit situé au nord du cap Rachado, on a découvert une bonne mine détain. Ici comme à Fera k l'abondance du minerai d'étain parait être attachée aux terrains d'alluvion. On trouve ce minerai en couche* horizontales alternant avec des couches d'argile, et si pur, qu'on n'a qu'à le laver et le fondre. L'origine et la formation de ces richesses minérales sont un sujet d'études et de conjectures d'un haut intérêt pour la géologie. Autrefois Pérak et Salangore appartenaient aux États pirates, dont les princes et les peuples n'exerçaient pas tant par eux-mêmes la piraterie qu'ils lui aidaient comme receleurs, contribuant indirectement à l'armement des dut tilles des pirates, partageant avec eux leur butin , et naturellement saluant avec plus de joie l'entrée dans leurs ports des pirates victorieux que l'arrivée d'un navire européen. De la vient, ici comme presque partout sur les côtes malaises , le mauvais ou dangereux accueil fait aux Européens.

VÉtat Malais de Rumbo ( « Rombou »

de Marsden, « Rembau » de Raffles) est situé au sud de Salangore; mais il ne s'étend pas le long des cotes, comme les autres. Enfermé entre Malacca à l'ouest, Pahang à l'est, et Djohor dans le sud , c'est le seul État Malais central gui reste sans aucune connexité avec la vie maritime , État purement continental. En tant que tel, on peut le considérer comme une véritable anomalie parmi les États Malais, excepté l'État primitif de May-Nang-Kabao,sur Sumatra. Les habitants sont agriculteurs. Cette petite peuplade pauvre et inoffensive constitue l'émigration plus récente des tribus consanguines de Sumatra, la plus jeune des colonisations malaises dans la presqu'île. Les habitants de Rumbo différent de leurs plus proches voisins ; mais ils sont identiques avec les habitants des parties centrale et occidentale de Sumatra , même quant au langage. Leur dialecte vulgaire ajoute partout la voyelle o à la fin des mots, au lieu de l'a des autres dialectes malais. Le chef du petit État de Rumbo se regarde toujours comme tributaire du radjah de Mayflang-Kabao sur l'Ile de Sumatra, dont

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il reçoit l'investiture ; tous ses employés ont aussi leur brevet par écrit.

Ces Malais sont appelés par tous leurs confrères le peuple de May-Xang- Kabao, et il n'y a pas de doute qu'ils soient veuus de là ; ils sont aussi établis en partie dans le district de Malacca. Des relations pacifiques existent jusqu'à présent entre les Etats de Rumbo et May- Nang-Kabao; cette communication a lieu de Rumbo par la vallée de la rivière Lingi jusqu'à la mer, et en remontant par la rivière de Siac dans l'intérieur de Sumatra a l'antique May-Nang-Kabao.

Outre ceux-ci, on mentionne dans les forêts profondes de Rumbo une autre race d'hommes sauvages, que l'on nomme Jahongs et Renouas, et qui est toute différente de la race nègre Habitant plus au nord et nommée Samangs. Ce sont des naturels qui y restent constamment; ils sont d'une couleur jaune brune , des cheveux lisses , des formes malaises , marchant nus, n'ayant ni maisons ni culture , cherchant un abri sous des huttes sauvages, et rôdant constamment comme peuple chasseur. Ils n'habitent pas les montagnes, comme les Samangs, mais les plaines, et sont nommés pour cela Orang-Benoua ( Renoua , c'est-àdire • pays étendu » , comme cela se voit aussi dans les composés « Benoua- China, » « Benoua-Kefing » ; et Raffles croit que ce mot est le pluriel de l'arabe Ben, Béni, désignant une tribu, nom que les Arabes, plus anciennement arrivés dans ces contrées, donnaient souvent aux peuples qu'ils avaient trouvés dans l'est). Un cas de mort est toujours pour eux un signal pour un délogement et une migration pour une autre demeure. Ils ne paraissent pas avoir des usages féroces, et semblent être un peuple inoffensif. Ce sont, dit Crawfurd, de véritables Malais à tètat sauvage. Le docteur Leyden, qui déjà en 1811, pendant le premier voyage de Crawfurd dans ces contrées, avait visité ces Jahongs et Renouas n'a pu trouver dans leur langue

Sue vingt-sept mots qui s'éloignassent e la langue malaise connue; six ou sept mots lui parurent douteux , dont deux cependant étaient réel le me n t ma I ais, et à la place desquels on a adopté dans lesdia lectes malais plus modernes des mots sanscrits. Sur ces faits le docteur Leyden

L'UNIVERS

fondait son opinion qu'il n'y avait pas de motifs pour ne pas regarder les Malais comme habitants primitifs du continent asiatique. Craw/urd trouve que, d'après les données positives de l'histoire de l'immigration des Malais des îles sur le continent, il est très-difficile de décider si ces sauvages Jakongset lie nouas doivent être regardés comme la vraie souche primitive de la race malaise ( race qui s'étend depuis Madagascar jusqu'aux tles «de l'est dans la mer du Sud , d'après les investigations de Guillaume de Ilumholdt)-, ou bien comme un rameau dégénéré des immigrés de Sumatra avant leur conversion à la religion mahométane. Thom. Baffle» , qui a re* cueilli quelques détails sur ce peuple douteux, le nomme Orang-Benoua, et dit qu'ils se donnent le nom de Johongs t qu'ifs savent suffisamment le malais pour se faire comprendre, mais parlent ce* pendant une langue qui leur est propre,

dont il cite une douzaine de mots. Il n'ont pas de mot pour rendre la signification de Dieu , qu'ils désignent par le mot portugais Dios. Ils n'ont pas adopte la circoncision, ne prennent qu'une femme, sont bien conformés, d'une petite taille, ont la physionomie malaise, mais le nez moins épaté et plus petit. Cette tribu n'est (ou n'était 1) forte que de soixante hommes.

Mous sommes forcé, pour de plus amples détails sur les principautés malaises de la Péninsule et sur les petites peuplades des provinces anglaises voisines de ces principautés, de renvoyer nos lecteurs aux Notice» o/the Malayan Archipelago de Moor, déjà citées, aux mémoires du capitaine Newbold , dans le Journal of the Asiatik Society of Bengale etc., et aux relations de nus missionnaires, dans l'intéressant recueil des Annales de la Propagation de la Foi.

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