‹ Japon, Indo-ChineChapitre 81 sur 101 · ERS · texte numérisé non relu

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et Yéri'Quana\ cette dernière préfecture touche a la province chinoise de

Quang-Tong.

Quatre des provinces que nous venons d'enumérer sont désignées comme provinces est, ouest, nord et sud, par rapport à la ville royale, qui est placée au centre des quatre et appelée Âechaï ou llu-Nôi. Six autres provinces dépendent administrativement de ce»

quatre, ce qui fait qu'on les désigne sous le nom des « quatre gouvernements »; les deux provinces restantes sont appelées le ■ gouvernement extérieur ».

La province de Thaun ou Thanh (,Yû'- Thanh ) est divisée , comme nous l'avons dit, en deux préfectures ou trân; elle est célèbre dans l'empire Cochinchiuois comme ayant donné naissance aux trois dynasties royales, savoir: la dynastie Lé' ou des f'uat ou rois de Tong- King , dont les princes, dans ces derniers temps, n'avaient conservé que le titre de roi , sans avoir la moindre part au gouvernement; la dynastie lYinh, qui, bien qu'elle n'ait jamais porté de titre plus élevé que celui de chùa ( sei- □eur ou régent), a exercé par le fait autorité suprême dans l'Etat; la trot sième enfin, la dynastie Nguyen, qui, après avoir gouverné la Cochinchine comme chùa ou régent, a soumis le Tong-King a son autorité, et gouverné les deux royaumes réunis.

Cinq provinces doivent être désignées comme maritimes , savoir : Jt«, Nghê ou Nyhé-lny Thanh-.Xôi ( sur la carte, Thanh - Hoa - Nôi ) et Thanh - Ngoal, Nam-Thuo'ng et A'om-//a, Hii-UOngel } én-Quang [sur la carte Quana- } <?/»).

La province de Nam, ou dd Sud ( par rapport a la capitale), bien quelle ne soit pas la plus étendue, est la plus belle et la plus peuplée de toutes : c'est un pays de plaines, en général , tandis que les autres provinces ont plusieurs parties montagneuses. Ke Cno\ l'ancienne # capitale du Tong-King, n'appartient, à proprement parler, à aucune de ces provinces : c'est le foyer ou le centre commun des « quatre gouvernements ». Son nom de Ke-Cho', qui signifie le « grand marché • , n'est que la desi&àatioQ vulgaire de la ville : son nom réel ou officiel est Thanh- Long Thànhy la «< ville du Dragon jaune ». Elle avait été bdlie

au commencement du septième siècle , quand le Tong-King n'était qu'une province de l'empire chinois. On l'appelait alors La- Thanh ou ville de La. Vers la On du dixième siècle, le premier roi de la dynastie Dinh éleva une autre capitale, appelée Hoa-Lu , située plus à l'ouest, et qui fut pendant quarante ou cinquante ans la résidence des rois de long- Ring; aujourd'hui il eu reste à peine Ta trace. X-e premier roi de la dynastie Ly ( ou Li\ qui monta sur le trône en 1010, rétablit la ville de La (La-Than/i) et changea son nom en celui de l%anh- Long Thành,QU « villedu Dragon jaune », à cause d'une prétendue vision que ce prince avait eue sur la Grande-Rivière.

Le Tong-King est sillonné par un grand nombre de cours d'eau; mais le plus considérable est celui auquel on a donné le nom de Sông-Ka% ou « G rande-Ri vière. Il faut remarquer ici que les Cochinchinois, ainsi que les autres peuples de l'extrême Orient, ne donnent à aucune rivière un nom qui s'applique à toute l'étendue de son cours : ils emploient le terme général sông, fleuve ou rivière, et y ajoutent les noms des villes principales par lesquelles ou près desquelles passe la rivière ; en sorte que celle-ci change fréquemment de nom dans les différentes portions de son cours. Le Sông- Ka a sa source ( ou ses sources ) dans les montagnes du Yunnan : il court du nord-ouest au sud-est. traversant la province de l'ouest, la ville royale et la province du sud, et se jette dans la mer au fond de golfe de Tong-King par plusieurs embouchures. Nous reviendrons bientôt sur l'hydrographie de l'empire Annamite. Nous avons cru devoir, avant tout, nous efforcer d'éclaircir la géographie politique de ces pays, en nous appuyant, de préférence , sur les connaissances locales, la longue expérience et les études spéciales de l'évéque Taberd. Nous n'entrerons pas dans l'énumération des principales lies dépendantes de la Cochinchine; nous ferons seulement observer que depuis trente-quatre ans l'archipel des Paracets ( nommé par les Annamites Câl-vàng ), véritable labyrinthe de petits îlots, de rocs et de bancs de sable justement redoutés des navigateurs, et qui ne peut être compté que parmi les points du

globe les plus déserts et les plus stériles, a été occupé par les Cochinchinois. Nous ignorons s'ils y ont formé un établissement (dans le but, peut-être, de protéger la pêche) ; mais il est certain que le roi Gia-Long tenait à ajouter ce singulier fleuron à sa couronne, car il jugea à propos d'en aller prendre nossession en personne , et ce fut en Tannée 1816 qu'il y abora solennellement le pavillon cochinchinois.

En résumé, l'empire annamite se trouve aujourd'hui divisé en vingt-deux

firovinces (xiu') et trente et une préèctures {trân); mais il paraît que depuis 1833 le souverain cochincninois (Minh-Mang, alors régnant), désireux d'imiter son puissant voisin et suzerain l'empereur de Chine, a voulu que deux préfectures fussent réunies sous l'administration d'un gouverneur général. Ces gouverneurs généraux, ou plutôt leurs chefs-lieux, sont appelés TiAh. La province royale, Hué, ou Quang-Du'c, est aussi appelée Hué-Phu, Phu-Thù'a- Thiên , Phu-Xuan, etc. (1).

Crawfurd, qui a porté dans toutes ses recherches le même esprit d'investigation philosophique, de saine critique et d'exactitude qui distingue son grand ouvrage sur l'archipel Indien, a visité la Cochinchine en 1822 en qualité d'envoyé extraordinaire du gouvernement suprême des Indes anglaises, et les résultats de cette mission ont été consignés dans une relation intitulée Journal of an Embassy to the courts of Siam and Cochinchlna , etc., dont la deuxième édition a été publiée à Londres en 1830. Nous compléterons, à l'aide des renseignements que renferme cette intéressante relation et de la relation, plus récente, de l'expédition du capitaine (aujourd'hui amiral) Laplace, ce qui nous reste à dire sur la géographie de

(i) Nous avons, autant que possible, suivi dans ce résumé l'orthographe de Taberd ; mais pour expliquer comment cette ortographe exprime la prononciatiqn cm hinchiiioise, il faudrait entrer dans des détails qui nous sont interdits par les limites que noua impose la nature même de notre travail, et nous devons nous contenter d'indiquer de nouveau le savant dictionnaire de i evèque d'isaurapolis, où on trouve toutes les explications dé-

L'UNIVERS

ces vastes contrées, dont les côtes seules ont pu être étudiées avec quelque détail.

Crawfurd évalue la longueur extrême de l'empire Cochinchinois à neuf cents milles géographiques; sa largeur varie, selon lui, de soixante à cent quatre-vingts milles; sa surface atteint à peu près le chiffre de 98,000 milles carrés.

Le Tonç-King se compose en grande partie de terres d'alluvion, peu élevées au-dessus du niveau de la mer. La Cochinchine est très-montueuse, avec des vallées d'une grande étendue , et parfois d'une fertilité remarquable. Le Cambodje cochinchinois présente presque partout le caractère de ter ain d'à 11 uvion, très-peu élevé au-dessus du niveau de la mer.

Le Tong-King est appelé Dông-Kinh- Bac et Dàng-Ngoài par les Annamites; Anna m- TaitgKoa , par les Chinois et les Siamois ; Tonquin par les Français. La Cochinchine est appelée par les habitants Jnnam-Dàng'Trong% ou « contrée centrale » ou « intérieure », par opposition avec Dàng-Ngàai i le Tong-King ) qui signifie « contrée extérieure » et Bac «• septentrion ». Le Cam bodje enfin est désigné par les Annamites sous le nom de Gia Dinh-Phù.

Tous ces pays, en général d'une fertilité remarquable, sont arrosés par un grand nombre de rivières, dont nous allons énumérer les principales, en commençant par le nord.

Le Sông-Ka ou Song-Koy , déjà nommé, n'a probablement pas un cours très-étendu : il prend sa source dans les montagnes du Yunnan, et se jette dans la mer par deux embouchures principales, que Crawfurd pince sous 20e 6' et 20° 15' de latitude nord. L'embouchure sud est fréquentée par les navires chinois , l'embouchure nord l'était surtout par les navires européens, quand les Hollandais, les Anglais et les Français commerçaient avec le Tong-King. A cette époque on assure qu'il n'y avait pas moins de dix-huit pieds d'eau sur la barre aux grandes marées , ce qui rendait le fleuve navigable pour les plus gros bâtiments ; mais le chenal est obstrué de-

Euis une vingtaine d'années par des sales : il n'est plus accessible que pour des navires de deux cents tonneaux. La rivière, large d'un mille à sa principale

embouchure méridionale, est navigable pour de grands navires au moins jusqu'à trente milles. A Néan (ou //ton), lieu où s'élevaient autrefois les factoreries européennes et où les jonques chinoises étaient mouillées du temps de D.impier, a quatre-vingts mi Iles de la mer, le fleuve était plus large que la Tamise à Gravesend, et ( selon le même auteur) k la capitale , vingt milles au delà , aussi large que la Tamise à Lambeth, mais si

rîu profond, qu'on pouvait le traverser cheval pendant l'été. A cent milles environ de l'embouchure, comme nous venons de le voir, est située l'ancienne ca-

Si t nie du Tong-King, la plus grande ville e l'empire, Ké-Cho (écrit Cachaopar plusieurs géographes européens), nommée souvent parles indigènes Buh-Than ( Than-Pah-Thanôe Taberd), trois fois grande comme Hué, et probablement

Êeuplée d'au moins cent cinquante mille abitants. Dampier, de son temps, estimait que Ké-Cho contenait vingt mille maisons, ce qui aurait donné, dit Crawfurd, au moins deux cent mille âmes.

La seule grande ville après Ké-Cho, Hian, contenait du temps de Dampier deux mille maisons, et «onséquemment pas moins de vingt mille habitants.

Les rivières qui arrosent la Cochinchine proprement dite n'ont été que trèsimparfaitement explorées ; mais on sait positivement qu'elles ont pour la plupart un cours peu considérable. Plusieurs sont cependant navigables pour de petits navires jusqu'à une certaine distance de leur embouchure, comme la rivière de Qtii-iïhôn, celle d'Hué, etc. Nous remarquons sur la carte de Taberd plusieurs cours d'eau, tels que le Sông- Hiànq, qui paraissent traverser la Cochinchine dans toute sa largeur et communiquer avec la grande rivière de Cambodje.

Vient ensuite la rivière de Sàigàn.

Entre Kang-Kaoet le cap Saint- James; la côte est très-basse et sujette aux inondations : aucunes montagnes ne sont visibles dans l'intérieur; le cap Saint-James est la première haute terre que l'on rencontre en s'élevant au nord ; ce cap marque l'entrée de la rivière de Saigon ou Saigoun, peut-être, à tous égards, la plus belle rivière de l'Asie pour les navires européens ; car les plus

gros navires peuvent la remonter sans pilote jusqu'à soixante milles de son embouchure. Elle communique, par deux branches au moins, avec l'embouchure, dite « japonaise, » de la grande rivière de Cambodje. La source est inconnue aux Européens. Crawfurd avait entendu dire qu'elle était navigable pour les embarcations du pays jusqu'à vingt journées de marche au-dessus de Ta ville de Saïgôn, qui elle-même est à quinze lieues de la mer ; elle a donc probablement un cours de trois à quatre cents milles, et, sans doute, prend sa source dans les montagnes du Laos.

La rivière de Cambodje, le May-Kong ou Maé-Kaung, une des plus grandes de l'Asie, prend, dit-on, sa source dans un lac de la province d'Yunnan. Ce fleuve est déjà navigable pour bateaux avant d'entrer dans le Laos, entre 22° et 23" latitude nord : il se jette dans la mer par trois embouchures principales, connues des navigateurs par les noms de « rivière de l'Est » ou « rivière Basak » ( Ba-Thâé de Taberd ) , « branche centra le », ou « de l' Est », « branche du nord » , ou « embouchure Japonaise ». La première est la plus considérable et la plus propre à la navigation, ayant, à ce que Pon assure, de quatorze à dix-huit pieds d'eau sur sa barre aux grandes marées.

Le souvenir d'une grande et poétique infortune se rattache à ces embouchures célèbres : le Camoéns , après un séjour de trois ans à Macao , s'était embarqué pour revenir à Goa, vers 1561 : « Il revenait de l'exil ( dit notre ami Ferdinand Denis, dans sa savante notice biographique et critique sur Camoëns et ses contemporains ) , « il allait revoir ses frères d'armes, il allait jouir au milieu de ses anciens amis d'une fortune laborieusement acquise. Tout cela ne fut qu'un rêve : il avait dépassé les terres de la Cochinchine, et allait entrer dans le golfe de Siam , lorsqu'une effroyable tempête entraîna son navire à la côte et le brisa. Il se sauva cependant, et sauva le manuscrit des Lusiades, en l'élevant au-dessus des eaux, tandis

qu'il nageait vers la rive du Mavkon

Le poète a dit avec une simplicité admirable cet épisode de son voyage; et quand il eut acquis la triste certitude qu'il n'y aurait pour lui ni fortune ni

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