DE LA MESURE DU TEMPS
Les Cochinchinnls ont, ainsi que les Chinois , les thôp-can ou dix lettres radicales, qui, combinées avec les instruments horaires ou cycle de douze lettres, servent à diviser le temps.
Ils divisent le jour et la nuit en douze parties égales, qu ils appellent heures ou
S ià; ainsi l'heure annamite équivaut à eux des nôtres, Myay signifie le jour et dém la nuit. Ils divisent la nuit en cinq veilles ou canJè , et le jour en six veilles , qu'ils nomment khàc. Ainsi l'heure qui se trouve entre cinq et six du matin et celle qui est entre six et sept du soir ne sont point comptées dans les veilles. La première veille de la nuit se nomme canh-tnôt; la seconde, canhhai ; la troisième, canh-ba; la quatrième , canh'tù ; la cinquième , canlhnam. Lorsqu'ils se servent des heures pour designer les veilles, alors la première est appelée yiô-ti, et indique les deux heures qui se trouvent depuis onze heures du soir jusqu'à une heure après minuit; gio-sun a lieu depuis une heure après-minuit jusqu'à trois; gi(Miâny depuis trois jusqu'à cinq ; gio-meo, depuis cinq jusqu'à sept; gio~thin, depuis sent jusqu'à neuf; giùti, depuis neuf jusqu'à onze ; yio-ngo , depuis onze jusqu'à une heure après midi; yio-mùi , depuis une heure jusqu'à trois; yio-thàn , d< puis trois jusqu'à cinq ; yio-dàu , depuis cinq jusqu'à sept; gio-tuâl, depuis sept jusqu'à neuf; gio-hoif depuis neuf jusqu'à ouze. Chaque heure a son commencement bôn, son milieu trung et sa lin mat. Mais ordinairement l'heure cochmchinoise équivaut à deux des nôtres, et se divise en deux parties : la première se nomme so, ou commencement, et la seconde chânh , ou heure vraie, juste.
Leur demi-heure a quatre quarts; ainsi l'heure se trouve composée de huit
quarts. Chaque quart d'heure se divise en quinze parties {phàn) ou minutes égales aux nôtres. Ils se servent ordinairement, pour mesurer le temps, du clepsydres ou du sablier.
Pour désigner les mois les Cochinchinois se servent des mots de thàng ou de nguyét , ngoat , lune. Quelquefois leur année est de douze mois , quelquefois de treize. Dans l'espace de deux ou trois ans ils ajoutent un mois intercalaire, afin que l'année lunaire puisse répondre à l'année solaire ; c'est-à-dire que dans l'intervalle de dix-neuf ans Us ont sept mois intercalaires . leur mois n'a quelquefois que vingt-neuf jours, d'autrefois il a trente jours. Le premier mois ou première lune est la luue qui précède immédiatement l'entrée du soleil dans le signe des Poissons , et la lune intercalaire a lieu lorsque dans le cours d'une lune le soleil n'entre dans aucun sigue. Si la conjonction a lieu avant minuit, alors le premier jour de la lune commeuce à minuit du jour précédent.
Ils partagent le mois en trois décides ou tudn : la première se nomme Ihvongtudn ; la seconde trung-tuân ; la troisième ha-tuân. Chaque jour est désigué daus le calendrier par une des lettres du cycle de soixante ans, qui s'étend jusqu'à une période de quatre-vingts ans, dont une a eu son commencement en en 1760 et a fini en 1840.
Pour la supputation des années ( nom ou nyén ) les Cochinchinois se servent des mêmes cycles que les Chinois (voyee, pour les explications applicables à cette question, p. 163 et suivantes du présent volume).
Il y a beaucoup d'opinions au sujet du nombre des cycles écoulés; les uns en admettent soixante-onze, les autres soixante-quatorze, d'autres encore soixante-quinze. Dans ce conflit d'opinions, il nous semble plus raisonnable de suivre le sentiment des savants préposes au tribunal chinois des mathématiques, qui en 1684 décidèrent que cette même année 1684 était la première du soixanteseptième cycle qui a fini en 1743. Ainsi en 1 803 on comptait soixante-huit cycles ; cette année 1850, nous sommes dans le soixante-neuvième, qui Unira en 1863; et ainsi de suite.
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