‹ Jarvis l'honnête homme, drame en deux actesChapitre 19 sur 48 · SCÈNE XII · texte numérisé non relu

SCÈNE XII

JARYIS, HARRY , qui entre précipitamment.

ItARRY , un papier X la main.

M. Jarvis !

JARYIS.

Déjà de retour, Harrv ? mais tu n’as pas eu le temps d’aller chez M. (tr a liant ?

U AUBY.

Non, non, sans doute.

JARVIS

Comme tu es pâle... qu’cslcc que ce papier?

UAIIRY.

C’est... oh ! je u'ai pas la force de parler... lisez...

jarvis, lisant.

« Liste des accusés de haute trahison , con- >> damnés aujourd'hui parla haute cour, et qui » seront exécutés demain matin, à six heures.» Qui t’a donné cela ?

UARRY.

lin cricur... oh! mais voyez... voyez donc... votre nom s’v trouve... r’est une erreur... mais elle est tenible... et rien que d’y songer...

J Alt VIS.

Silence ! ce n’est pas une erreur.

Il AURA.

Mais vous n’avez donc pas compris!., cette liste est celle des condamnés à mort !

j tnvis.

Et je suis le troisième , c’est la vérité. Je voulais te la dire dans deux heures , je te le dis maintenant. Que la volonté de Dieu soit faite !

n AUBY.

Juges infâmes !

jarvis , lui mettant la main sor la bouche.

Oh ! par pitié pour Cordclia , silence ; encore une fois , silence !

ItARRY.

Mais par quel miracle êtes- vous tout ensemble çondamné et libre? comment exécuté demain matin èt celte nuit dans votre maison!., vous aurez gagné quelque geûlier. . . quel bonheur ! mais vous restez à Londres, quelle imprudence! il faut fuira l’instant... Venez, sauvez-vous!

JARVIS

Je ne puis.

UARRY.

Pourquoi ?

jarvis.

Parce que j’ai douué ma parole.

UARRY.

Oh! mon Dieu, mon Dieu!., r’estpourcn devenir fou !.. voilà doue pourquoi vous vouliez nous marier celte nuit utetne !.. et inui qui me réjouissais!., mais, rien n’est perdu; puisque vous êtes ici, il y a encore quclqu'espêrancc.

JARVIS

Aucune. Je le parie comme à un homme.

Calme-loi. Montre-moi que l’époux que j’ui choisi

HARI1Y

Malheureuse Cordclia !

JARVU.

Han y, j’ai peu de moinens à passer arec elle... je veux qu’ils soient heureux. Sur l’honneur, elle ne saura pas un mot de ce que je vais te dire ?

ItARRY.

Sur l’honneur.

JARVIS

Tu sais pourquoi j’ai été arrêté ?

1IARUY.

Oui. il aurait fallu dénoncer un ami. Mais n’avait-on contre vous d’autre preuve que ce billet : « Sois tranquille, Burdctt, je prendrai soin de ta fille ? »

JARVIS

Pas d’autre.

ItARRY.

Et ils vous ont condamné ?

JARVIS

Peut-être ne l’aurais-je pas été sur ce seul indice ; mais lord Jcflrics m’a posé cette question : Jarvis, sur votre honneur, connaissiez-vous ou ne ronnaissicz-vons pas l’existence du complot ? Qu’aurais lu répondu . llarry ?

UARRY.

Alt! je n’én sais rien... mais vous, je sais quelle a été votre réponse !

(On entend crier dans la rue.) JARVIS.

Paix! écoule! c’est le Cricur qui revient!

pourvu que Cordclia ne l’entende pas !

LE ouvrit , dans la coulisse.

« Liste tics accusés de haute trahison, condam- » nés aujourd'hui parla haute cour, et qui seront » exécutés demain :

» Sir John Ulington ;

» Sir Arthur Limlsay ;

» Le marchand Jarvis...

ItARRY.

Alt!

(Cordelia soulève la portière de sa chambre et écoute.)

LE crier R , s’éloignant.

» Sir André TuDibardine ;

» Williams Mac-Grégor.»

(La voix se perd. La portière retombe.) JARVIS.

Il s’éloigne.

ItARRY.

Ainsi, vous vous Otes livré vous môme! ah!

les misérables! pour avoir le droit tic vous condamner à mort, ils tendaient un piège à votre loyauté! mais, enfin, comment êtes-vous ici? et pourquoi ne pouvez-vous pas fuir?., quund, la mort est là !..

JARVIS

Attends... (11 va à la porte de Cordelia.) Point de bruit dans sa rhambre. Elle n'a rien entendu, c’est bieu.

IZARRt. .

Ob', parlez, parlez donc... vous me faites .mourir!

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