AVANT-PROPOS. HI
d'affaires qui ont Iransporté dans le monde commercial les coutumes des placers. En même temps, les facilités de la vapeur et du télégraphe diminuaient le prix d'une parole d'honneur, ^alable àde lointaines échéances. Des nouveaux venus firent des offres au bout américain du câble. Ils encaissaient les bénéfices du succès et s'évanouissaient en cas de perle. A la faveur du désarroi causé par ces surprises, on vit paraître sur le marché européen des agents cosmopolites qui allaient servir de courtiers et d'indicateurs. Ces gens-là devinrent si entièrement maîtres de nos places, qu'il fallut ou liquider ou passer par leurs mains. » INos pères entraient dans la vie commerciale à cette minute où elle se transformait. Ils furent effrayés et désorientés. Ils ne pouvaient se façonner à cette idée que les affaires seraient désormais une duperie, que le négociant nouveau traiterait de Turc à Maure les inconnus, les anonymes contre lesquels il jouait une partie sans revanche ; que les mo:;urs d'une place deviendraient celles d'un tripot, que l'on y apporterait des cartes biseautées, que l'on y regarderait dans le jeu de son adversaire, que l'on y jouerait sans argent. Un jour, dans cette forêt, on leur demanda la bourse ou l'honneur. Ils choisirent dans l'esprit de leur tradition, avec l'espoir que dans un pareil naufrage leur nom s'augmenterait au moins de l'estime publique.