‹ Je m'accuseChapitre 6 sur 13 · Reine (une petite fille de i 3 ans · texte numérisé non relu

Reine (une petite fille de i 3 ans

74 JE MrACCUSE,..

se mit à rire, savante déjà, sans doute, lorsqu'Ambroise vint crier à sa mère qu'elle était sa petite femme et que Rose était leur bébé ». Est-ce assez pur, assez virginaîement symbolique, cette fleur de lys dans un pot de chambre sur la table de travail de M. Emile!

11 paraît, d'ailleurs, que cette saleté-là — ou n'importe quelle autre ordure, bien entendu — est « plus haute et plus vraie que le culte de la Vierge ». Quelle ressource tout de même, que le gâtisme, et comme cela vous campe un écrivain!

9. — L'ignominie conjugale nommée fraude et qui revient sans cesse dans ce livre immonde, est jugée, cette fois, et qualifiée de pratique coupable. Voyons ! Emile, c'est trop bête, à la fin. S'il n'y a pas de Dieu, comme tu l'affirmes sans cesse, après tant de cordonniers, où prends-tu la culpabilité de n'importe quoi ou de n'importe qui ? Comment! je serai demain un amas de pourriture,

rien de plus, et je me priverais de rigoler, aujourd'hui, comme il me plaît. ]: obéirais au catéchisme, sans y croire ! Merdre, alors !

«... Elle parla du docteur Boutan, voulant qu'on lui redise, etc. » Le crétin a définitivement perdu l'imparfait du subjonctif.

Tiens! Tiens ! Voici que notre glorieux rapatrié écope dans la maison même. L'outrecuidance inouïe de son article d'avant-hier a indigné Bernard Lazaix qui fut, en réalité, le premier, le seul, il y a au moins quatre ans, à s'occuper de Dreyfus, qui a vu Zola surgir soudain d'entre ses pattes, — lorsque l'affaire était mûre, bonne à cueillir, — et qui, après la victoire, n'obtient pas même une mention.

Bernard Lazare, écrivain de bonne tenue et ne parlant pas du tout de « îapetite lampe sacrée », proteste, en fort bons termes, contre cet ignoble silence. 11 ne nomme pas le drôle, mais on voit si bien qu'il y pense, quand il parle, par exemple, des ouvriers de la « onzième heure ».

— C'est moi qui ait tout fait! gueule Zola, moi j 'Apôtre ! moi le Martyr ! moi le Citoyen ! moi ! moi ! MOI ! îl est temps que ce paquet lui arrive sur la trogne. J'imagine que les bons compères de l'endroit Vaughan ncn sont pas autrement fâchés.

io. — Bavardage sénile à propos de nourrices. On ne demande pas des idées, oh ! non, mais un mot, rien qu'un tout petit mot d'écrivain, qui ne vient jamais. Littérature de marchand de vaches !

i j . — Toute ma récolte : « Quant à Santerre (Paul Bourget), ce n'était que le bon ami qu'il avait voulu, un jour, faire entrer chez sa femme, pendant qu'elle était au bain, pour lui montrer comment elle était drôle dans l'eau ». Ça ne se passe pas autrement, il faut croire, dans les maisons où fréquente monsieur Emile.

A un ami :

... J'espère, cependant, que quelques-uns me rendront justice, lorsque la surprenante infamie de Zola sera vue dans son plein, lorsque les amis ou admirateurs prétendus de l'heure actuelle seront forcés de le repousser dans les latrines profondes d'où il est sorti, — ce qui doit certainement arriver plus tôt qu'on ne pense.

Déjà le misérable s'est à moitié trahi dans la lettre, monstrueuse d'outrecuidance, intitulée Justice, où ce triple sot, gavé comme une volaille depuis trente ans, parle des « tortures de son exil » — à lui ! — et des amertumes, dont sa vie littéraire fut « abreuvée ». Quel répugnant et hideux tartufe 1 Vous verrez la suite. Alors, peut-être, — mais non pas sans honte et sans horreur - vous souviendrezvous de Léon Bloy dont vous aurez méprisé les avertissements.

Vous êtes hypnotisé au point de m'écrire que l'affaire Dreyfus est « le plus grand drame historique du siècle »! ! ! égalant au moins, par conséquent, ce remuement de merde à l'Epopée Napoléonienne ; à la guerre franco allemande ; à ce torrent de sang noir qui est l'histoire si mystérieuse et si peu connue de Naundorff. etc. C'est du délire.

Vous trouvez la preuve d'une vraie « grandeur » dans J'accuse. Alors je ne comprends plus du tout pourquoi vcus me lisez et pourquoi vous dites m'admirer. Vous n'en avez pas le droit. <( Qu'importe, ajoutez-vous, à côté d'un si grand rôle, et lorsqu'on a un si puissant levier (!), l'im-

bécile roman Técondité ? » Oui, n'est-ce pas ? qu'importe

qu'un soi-disant écrivain ait pourri des milliers de cœurs,

avjlj la langue française et l'esprit français ; qu'importe

qu'en ce moment même, il outrage Dieu chaque jour, en

trois cents lignes, s'il a gueulé ou paru gueuler pour

Dreyfus ? Soit, mais, alors, que pouvez-vous penser de

l'auteur du Saïut par les Juifs qui a tout sacrifié pour des

choses de si peu d'importance, sinon qu'il est un idiot ou

un vil phraseur ?

Léon Bloy.

12. — C'est Vaughan qui ne doit pas rire! 11 doit même y avoir de belles imprécations, chaque soir, à la rédaction, quand il faut faire de la place à ce feuilleton en enfance dont l'effrayant, l'homicide ennui, est, de jour en jour, plus intolérable. La turpitude même s'y raréfie. Cela devient un très bas potin monotone, perpétuel et sans issue, dans un monde platement abject où la stupidité morne et le goujatisme comateux sont équilibrés par Y inexistence de tous les personnages sans exception.

Prenez garde ! gens de Y Aurore. Vous allez embêter le peuple !

j 3. — Le cœur me manque, décidément.

]] n'y a plus moyen. A propos des événements récents, un personnage considérable de cette ville danoise me parle de Zola, et j'apprends, sans étonnement, que ses trois derniers romans (les Trois Villes) ont été infiniment agréables aux protestants qui n'ont pas manqué d'accueillir, comme vérités de foi, les calomnies malpropres de ce moutardier de la Canaille. On sait que les plus horribles immondices ont un goût divin pour les protestants, quand il s'agit de les avaler contre Rome.

« — Le succès immense de Zola est exclusivement attribuabie à son ordure ». Cela, très-spontané, nullement suggéré par moi, a été dit de la. façon la plus nette par mon interlocuteur.

L'alliance actuelle des Juifs et des Protestants représentée, en somme, par le Crétin, est, tout de même, une monstruosité inouïe. Qu'est-ce, en effet, que le Protestantisme, sinon le déchet du Christianisme,

la négation de l'Essence et de la Substance révélées ? Quand un homme dit : « Je suis protestant », c'est comme s'il disait : « Je n'existe pas ».

Le Juif, au contraire, c'est l'antagoniste, dans l'Absolu. C'est l'Aîné qui s'est éloigné du Cadet — parce qu'on tuait le Veau gras dans la maison — jusqu'à ce que l'Esprit de Dieu les étreigne, les réconcilie dans l'Unité. Le Juif et le Catholique sont égaux parleur extraction commune et ne doivent pas plus s'allier aux Protestants que les maîtres ne doivent épouser leurs domestiques (i). Un Juif peut estimer un Catholique, sans cesser de le haïr, et vice-ver sa, mais le moyen, pour l'un et pour l'autre, de ne pas mépriser un Protestant î

Page 1