Un admirateur du Salaud m'écrit
« Fécondité » ! Ah ! on est loin de l'Iliade ! ! ! On est chez les Bourgeois !... 11 n'y a pas à dire, on y est bien !
(1) Je me trompais tout à l'heure. Quand un homme dit : « Je suis protestant », c'est comme s'il disait : (( Je refuse de laver la vaisselle » ou « j'aime mieux laver la vaisselle ». Cela dépend des natures et surtout des circonstances.
On ne pourrait y être plus. Et c'est vraiment, je l'avoue, irrespirable, et on est heureux d'avoir la consolation de lire maintes pages de la « Femme pauvre », du « Salut par les Juifs », du • Desespéré» et du I Mendiant», pour se purifier.
<( Beauchêne, Santcrre (dont il a youIu faire (Bourget, paraît-il), Séguin du Hordel (?) — oh! la puéril'té de cette H ! — et les épouses ! ! ! C'est cependant bien dans ce monde-là que nous évoluons, si tant est qu'on y puisse évoluer. Quel tas de salauds ! ! !
« Dans tous les romans de Zola que j'ai lus, il y avait toujours, au moins quelques meurtres, quelques sales luttes d'intérêts, entre la saillie d'un taureau et des accouchements de vaches combinés avec d'autres Yêleries de bestiaux. Mais, ici, on ne sort d'un viol que pour tomber dans une parturition difficile ou d'un aYortcment dans une ovariotomie ? La puanteur de clinique en l'alcôve bourgeoise ne s'interrompt qu'à peine pour la description des enfants qu'on fait, qu'on a faits, qu'on fera ou qu'on ne fera pas, ou qu'on défera.
<c Au point où nous en sommes, toutes les femelles du livre sont déjà enceintes depuis la dernière bonne, la concierge, la patronne, la fruitière, jusqu'aux visiteuses, quelles qu'elles soient, jeunes ou vieilles 1 Ce qui me fait présumer que Zola lui-même n'en sortira pas, et je renonce, dès à présent, à le suivre 1
« C'est égal, quand on peut braver l'abjection du sujet et l'incontestable vulgarité de ce style (?) ou de ce qui en tient lieu, c'est parfois bien gai 1 »
i 5. — Suite du néant, si on l'ose dire. Un patron d'usine engrosse une de ses ouvrières et la lâche. Bataille de deux filles en plein atelier, comme dans Y « Assommoir». Puis désolation des parents de la séduite qui voudraient ressouder leur fille avec l'argent du séducteur, lequel refuse de marcher...
La langue de Zola trouve le secret d'être plus basse que les choses mêmes !!!
i6. — ((... Et il redevint supérieur, beau et victorieux, en homme certain de gagner toutes les batailles de la vie ». C'est une des quinze ou dix-huit phrases écrites par le Crétin 3.745 fois environ, depuis trente ans. îl y tient. C'est sûr.
Le séducteur millionnaire est taxé par Emile à cinq cents francs. O proxénète insatiable ! Tes clients vont te lâcher, mon vieux Zola.
17. — Intérieurs de sages-femmes. Occasion de déployer un peu de vertu. Tenta-
tive même de littérature, la première, je crois, depuis le commencement. Peu récompensée, hélas !
La fille-mère aux cinq cents francs, installée dans une maison recommandable, déclare « n'avoir jamais été à pareille fête, nourrie et soignée, dorlotée du matin au soir, à ne rien faire. — Vous savez, dit-elle, je ne demande qu'une chose, c'est que ça dure le plus longtemps possible ». Le 32me feuilleton finit sur cet éblouissement.
18. — Enfin, voici l'inceste jusqu'à cette heure négligé ; je n'osais pas le réclamer.
L'indigence d'imagination de Zola, même dans l'ordure, est si surprenante que ses lecteurs doivent soupirer après les romans de Richebourg ou de Montépin, comme les vaches du désert après les pâturages de Chanaan ou de Mésopotamie.
Dans V Aurore :
« Le Petit Bleu de Bruxelles annonce que les journalistes anversois sont sur le point de s'entendre pour offrir à Zola,
sous forme d'adresse, un exemplaire de la lettre « J'accuse », imprimé à l'aide des célèbres caractères de la maison Christophe Plantin, ce qui donnera à cet hommage un cachet particulièrement curieux.
« L'impression serait faite par l'éditeur d'art, M. Paul B., et la reliure serait confiée à M, Jacques M.
« L'exemplaire porterait en outre les signatures des journalistes qui auraient contribué pécuniairement à la confection de cet unique et merveilleux exemplaire. ))
On sait que les journalistes anversois, parisiens, londonniens, vénitiens oumontalbanais, n'ont jamais un liard, excepté lorsqu'il y a une bonne saleté à faire. Dans ce dernier cas, on les commanditerait plutôt.
Je n'ai donc pas de conseil à leur offrir, mais quel dommage que le relieur ne songe pas à me consulter pour le choix d'une peau I