‹ Jean 1er [i.e. premier], comte de Foix, vicomte souverain de Béarn, lieutenant du roi enChapitre 14 sur 23 · BIGORRE · texte numérisé non relu

BIGORRE

Paiisance féodale de la maison de Foix au XV* siècle. — Accroissements apportés à cette puissance pendant le règne du comte Jean. — acquisitions ARAGON AI8XS : — La vicomfé de Castelbon est restituée à la maison de Foix. — Le roi d'Aragon refuse de joindre labaronnie de Caslelvieil à cette restitution.

— Longues négociations à ce relatives. — Acquisition do la Kcigneurie de Castil- Ion de Faijania. — Acliat des terres de Gerra et de Brcsta.— Le baron de Bellaria vend au comte Jean ses droits sur la vallée d'Assua. — acquisition françaises: — Le chAteau et la châtellenie de Mauvesin. — La vicomié de Villemur. — Troubles à Autetive. — Les habitants de cette ville se donnent au comte de Foix. — La vicomte de Lautrec. — Les seigneuries de Thor, de Calmont et de Marquefave. — Le roi donne à Jean le comté deBigorre. — Opposition faite à cette donation par les comtes d'Armagnac et de Pardiac.

— L'afTaire est portée devant le Parlement de Bézicrs qui prononce un arrêt défavorable au comte de Foix et refuse de mettre ce grand feudalaire en posession de la Bigorre. — La cause est évoquée devant le Parlement de Poitiers qui résout la question en faveur du comte Jean. — Conclusion.

Lorsque, dans les dernières années du quatorzième siècle, les événements appelèrent Archambaud de Grailly à recueillir Théritdge de Mathieu de Castelbon, la puissance territoriale de la maison de Foix était déjà fort considérable. Le comté de Foix et les vicomtes de Béarn , de Marsan, de Gavardan et de Nébouzan composaient son domaine, et ce patrimoine était déjà bien sufQsant pour lui donner la première place parmi les maisons féodales qui reconnaissaient dans la France méridionale la suzeraineté des Valois.

Quarante ans après, à la mort du comte Jean, cette puissance territoriale avait reçu de notables accroissements. La sagesse poliquc du grand feudataire avait su merveilleusement mettre à profit rinfluence énorme que les événements lui attribuaient, et par ses soins d*heureuses acquisitions^ opérées tant en France qu*en Espagne, étaient venues augmenter dans de grandes proportions rhéritage féodal des Foix-Béarn.

L'étude de ces acquisitions territoriales terminera l'œuvre de

reconstitution que nous avons entreprise de la vie politique de Jean !•'. Déjà, nous en avons mentionné quelques-unes dans le cours de ce travail historique. Les plus importantes d'entr'elles donnèrent Heu à d'interminables difficultés, qu'il importe de mettre suffisamment en lumière pour ne point laisser incomplète la biographie du grand feudataire béarnais. Nous passerons en revue chacune d'elles et nous donnerons sur chacune tous les renseignements fournis h cet égard par les documents originaux que cette époque nous a laissés.

Acquisitions aragonaises

Vicomte de Casielbon . — La vicomte de Castelbon est en date la première acquisition de la maison de Foix sous le règne des Grailly. Le comte Archambaud fut assez habile pour en obtenir le don du gouvernement aragonais, quelques mois après son avènement. Les lettres royales qui consacraient cette donation portent la date du 5 juin 1400(1).

La vicomte de Castelbon était une fort importante seigneurie. Située au pied des Pyrénées, dans le diocèse d'Urgel, elle se subdivisait en huit châtellenies d'étendues fort diverses, dont on a donné naguère la composition (2). On y comptait quatre vingt bourgs ou villages. La ville de Gastelbo était sa capitale. Les deux petites vallées voisines de San-Juan et de Caboët en dépendaient depuis les premières années du treizième siècle (3).

A vrai dire, l'acquisition du Castelbon n'enrichissait pas d'un nouveau domaine les possessions de la maison de Foix. En cédant au comte Archambaud cette importante seigneurie, le gouvernement aragonais n'opérait, en somme, qu'une simple restitution. Ce fief avait appartenu aux Foix-Béarn, en elTel, avant l'avènement des Grailly. Nous avons longuement exposé plus haut comment, en 1397, à la suite de Texpédition malheureuse, entreprise par le comte Mathieu au delà des Pyrénées pour faire

(1) Arch. B.-Pyr., E. 421. — Arch. Nat. J. 878.

(2) J Hiadé : Les possessions des comtes de Foix ea Catalogne. {His^ toire gt}nérale du Languedoc^ nouvelle édition, Toulouse, Privai, 1879, t. VII. note 51, p. 28i et suivant )

(3). Môme publication, 1. c.

valoir ses droits à la couronne d'Aragon, la confiscation de toutes les terres possédées jusqu'alors dans ce pays par la maison de Foix avait été le châtiment du prince béarnais vaincu. Il a été dit encore comment, trois ans après ces événements, les sollicitations d'Archambaud avaient obtenu du roi D. Martin la restitution partielle des terres confisquées et comment le Gastelbon était ainsi rentré dans l'ensemble des domaines soumis à la suzeraineté des Foix-Béarn.

Baronnie de Castelvieil, — Mais cette restitution n'avait pas été complète. Outre le Castelbon, la maison de Foix possédait encore en Espagne, avant les derniers événements, l'importante baronnie de Castelvieil de Rozanès, située dans la Catalogne méridionale. Cette baronnie comprenait les villes de Castelvieil, Martorell et Vich-Moncade, siège d'un évêché, avec quelques châteaux fortifiés (1). Sous prétexte que la Couronne d'Aragon avait sur cette terre des droits qui ne lui permettaient point de l'aliéner en faveur d'un prince étranger, le roi D. Martin s'était forniellement refusé à la remettre sous l'autorité de la maison de Foix.

Ce refus était, d'ailleurs, de sage politique. Avec la vicomte de Castelbon, les Foix-Béarn disposaient déjà dans le royaume d'Aragon d'une puissance territoriale fort considérable. Leur abandonner encore le Castelvieil, situé au centre du royaume, aurait été les établir imprudemment au cœur de l'Etat et accroître l'influence de ces princes étrangers, déjà redoutables par les vastes domaines qu'ils possédaient au nord des Pyrénées, dans des proportions inquiétantes pour la sûreté de la maison royale d'Aragon.

Pour les mêmes motifs, les Foix-Béarn désiraient vivement rentrer en possession de ces domaines. Aussi tentèrent-ils, à maintes reprises, de faire triompher leurs prétentions. En 1408 notamment, Archambaud fit rédiger par d'habiles jurisconsultes à son service un long mémoire destiné à prouver la légitimité de ses droits sur la baronnie de Castelvieil (2). Mais ce mémoire, présenté au roi D. Martin, ne put faire revenir le monarque aragonais sur ses premières résolutions

Deux ans après, les troubles de la succession d'Aragon ména-

(1) Arch. Nat. J. 880. — Bladé : Publication déjà citée.

(i) Coll.Doat, V. 211, f. 167. — Coll. du Languedoc, v, 88. f. 67.

geaient aux Foix-Béarn une excellente occasion de recouvrer, à la faveur des discordes civiles, les terres dont ils se prétendaient injustement dépouillés. Ils profitèrent môme des circonstances pour élever des prétentions sur d'autres domaines que ceux dont ils poursuivaient la. restitution et ils revendiquèrent, comme leur appartenant aussi, la baronnie de Luna en Catalogne (1).

Tous les moyens furent mis en œuvre par eux pour arriver au but désiré. Le 25 août 1410, Jean envoyait à Barcelone un de ses officiers, Arnaud de Sainte-Colome, et chargeait ce personnage de demander aux états de Catalogne, alors réunis dans cette ville, la main-levée de tous les domaines autrefois confisqués sur le comte Mathieu et leur restitution h la maison de Foix. Mais un échec complet accueillit cette nouvelle démarche. Les états répondirent par un refus formel aux demandes de Tambassadeur béarnais. Rappelant les événements de 1397, ils déclarèrent que la confiscation, dont se plaignaient les Foix-Béarn, avait été un juste châtiment de la révolte du comte Mathieu contre la Couronne et que, par suite, il n'y avait point lieu de détruire Teffet d'une sentence justement prononcée (2).

Battu sur le terrain de la légalité, Jean fit appel aux armes pour faire triompher ses droits. Ordre fut donné par lui à Sainte-Colome d'aller avec un nombre suffisant de gens de guerre reconquérir à la maison de Foix la baronnie de Castelvieil. Mais cette tentative aboutit encore à un nouvel échec. Informés à temps de l'invasion des Fuxéens, les états de Catalogne prirent immédiatement les mesures de défense nécessaires. Quelques compagnies furent dirigées sur les points menacés, sous le commandement de Galceran de Gualbes, et devant l'attitude énergique des Arago-

(i) Dans un traité d'alliance conclu, le 20 janvier 1412, entre le comte Jean et D. Yolande, reine douairière d'Aragon. (Arch. Nat. J. 880, n» 27).

(2) Arch. Nat. J. 880. — Coll. Doat. v. 211, f» 324. — Nous tvioni déjà mentionné ces faits dans notre second chapitre ; mais nous y revenons parce que nous les avions donnés incomplètement ; nous disions à tort que Je comte Jean, après Téchec de Sainte-Colome à Barcelone, avait renoncé à pousser les choses plus avant ; on verra cependant quelques licrnes plus lom que le comte essaya des armes pour reconquérir à la maison de roix la baronnie de Castelvieil. — En outre, nous avons tenu, au risque de nous répéter, à rassembler dans un même chapitre tous les renseignements relatifs aux accpiisitions territoriales opérées par le comte Jean pendant son règne. '^

nais, Sainle-Colome et ses hommes d'armes durent renoncer h pousser plus loin l'aventure (1).

D'ailleurs, les populations de la baronnie de Castelvieil ne tenaient nullement à vivre sous l'autorité de la maison de Foix. C'est la raison que donnait, deux ans après, le roi D. Ferdinand d'Aragon pour expliquer ses hésitations b satisfaire h de nouvelles demandes du Béarnais. En mai 141i, en eflfet, Jean avait envoyé deux de ses officiers au monarque espagnol pour essayer de terminer enûn cette interminable affiiire. D. Ferdinand se retrancha derrière l'opposition formelle des états de Catalogne et des gens de Castelvieil. Mais, désireux avant tout de faire preuve de bonne volonté à l'égard de la maison de Foix, il proposa aux ambassadeurs béarnais de donner au comte Jean un dédommagement convenable, puisqu'il paraissait décidément impossible de satisfaire à ses réclamations par une restitution pure et simple de la baronnie de Castelvieil (2).

Le comte accepta cette proposition. On convint, par acte du 12 juillet de l'année suivante, qu'une compensation pécuniaire suffisante lui serait accordée (3). Sans doute, la somme convenue dut être versée, peu de temps après, entre les mains de son trésorier, car nous ne trouvons dans les documents contemporains aucune trace de négociations nouvelles relatives h cette affaire. Mais, quel fut le montant de cette somme ? Voilà ce que nous n'avons trouvé dit nulle part.

Caslillon de Farjania, — La seigneurie de Castillon de Faijania était située dans la vicomte d'Ager, en Catalogne (4). Le comte en fit l'acquisition en 1415, alors qu'il était à Perpignan avec le roi d'Aragon, prenant une part active aux négociations entamées dans cette ville pour met Ire un terme au schisme d'Occident. Jean dut verser trente quatre mille florins d'or dans le trésor du monarque espagnol pour être maître de cette seigneurie. L'acte de vente est daté du 17 novembre. Le roi se réserva néanmoins le droit de pouvoir racheter ce domaine pour une égale somme dans le délai de dix ans. Ce délai écoulé, si D. Ferdinand

(i) Çurita : Annales de la Corona dé\Aragon^ III, P, 45,

(2) Arch. B.-Pyr. E. 425.

(3) Arch. B.-Pyr. E. 427.

(4) Blailé : Ouvrage cité.

n'était point en mesure de rendre au comte Jean la somme convenue, la seigneurie de Gastillon appartiendrait à la maison de Foix (1). Le comte, par un acte daté du même jour, accepta la vente sous ces conditions, et il envoya immédiatement ses procureurs prendre en son nom possession de ce nouveau domaine (2).

Le délai de dix ans écoulé, Jean dépêcha en Aragon Raymond de Capdeville, un de ses officiers, pour inviter le roi D. Alphonse^ qui dans Tintervalle était monté sur le trône, à se conformer aux conventions de 1415 et à opter entre la restitution de la somme de trente quatre mille florins d'or, payée par le comte pour Tachât de la seigneurie de Gastillon, ou Tabandon de cette terre à la maison de Foix. Le mémoire présenté par Tambassadeur béarnais au souverain espagnol était daté du 1®' août 1425. Le roi y répondit, quelques mois après, et demanda qu'il lui fut accordé un délai d'un an pour prendre à cet égard une décision définitive (3).

Ce nouveau délai expira le jour de Noël 1427. En février suivant, Arnaud du Lion, seigneur de Milglos, et Raymond de Capdeville, envoyés par le comte Jean, se présentaient de nouveau à la cour d'Aragon et demandaient à D. Alphonse, au nom de leur maître, l'exécution de ses engagements. Mais le roi ne fut point en mesure de rendie au Béarnais les trente quatre mille florins d'or qui avaient été le prix delà seigneurie de Gastillon. Il dut donc, conformément aux conventions de 1415, abandonner définitivement au comte la possession de cette seigneurie. Par un acte daté du 16 avril, il ratifia la vente qui en avait été faite à la maison de Foix par son prédécesseur, et, le 2 mai suivant, les ambassadeurs du comte allaient à Gastillon recevoir solennellement l'investiture de ce domaine (4).

Gerra et Bresla. — A cette date, Jean avait encore fait une nouvelle acquisition de l'autre côté des Pyrénées. Pendant qu'ils négociaient à la cour d'Aragon la vente de la seigneurie de Gastillon, ses procureurs obtenaient du monastère de Gerra en Catalogne l'abandon, moyennant finance, de la haute justice et de tous

(1) Arch. Nal. J. 88(). — Arch. H-Pyr. E. 431. — Coll Doal. v. 212, f» 109.

Ci) Collect. Doal, v.2i2, fo« 200 et2!7.

(8) Même .:ollpction, v. ti14, f« 169.

(4) Aich. B -Pvr. E. 43i. — Arch. Nat. J. 879 et 880 — Coll. Doat, ▼ 215, fo 85.

1^ droits fôodaux dans les boui^s de Gerra, de Bresta et autres lieux dépendant de cette abbaye (1).

Un grand seigneur aragonais, le comte dePaillars, ût opposition h cette vente^ sous prétexte qu'il avait des droits incontestables à la possession de ces terres. L'affaire, portée devant les juges d'Aragon, traîna quelques années sans être résolue. Mais en 1435, suffisamment indemnisé sans doute par le comte Jean, le feuda* taire aragonais abandonna sa plointe et, par un acte daté du 6 août, il donna son entière approbation à la vente faite en faveur de la maison de Foix par les religieux du monastère de Gerra (2,.

Vallée eTAssua et dépendances, — L'achat du domaine d'Assua en Catalogne termina la série des acquisitions territoriales opérées en Espagne par le comte Jean. Cette seigneurie était située dans le comté d'Urgel et relevait du comte de Cardona. Elle comprenait le val d'Assua, les châteaux de Rialp et de Sirolp, et les villages de Bajasquer, de Biussé, de San-Roma et d'autres localités. Jean l'acquit de Jacques de Bellaria, baron deBellaria, pour une somme dont nous ignorons le montant. L'acte de vente est daté du 25 juillet 1435. Le 7 septembre suivant, Jean envoya trois de ses offlcieï-s prendre en son nom possession de ce nouveau domaine ^3}.

ACQUISITIONS FHANÇAISES

Mauresin (4). — La première acquisition opérée en France par notre feudataire est celle du chûteau et de la cliàtellenle de Mauvesin en Bi^^orre. On se rappelle comment, à la suite de la guerre soutenue en 4415 par le comte Jean contre Bernard VII d'Armagnac, ce [)rince se vit obligé de céder à son adversaire cette importante seigneurie. Par cotte acquisition, la maison de Foix devenait désormais maîtresse dune des positions les plus fortes de la Gascogne. Mauvesin, assis sur une colline d'un difficile accès, commandait la frontière orientale du comté de Bigorre. On le considérait alors comme imprenable. Au siècle

(1) Coll. Doat: v. 215, f* 12 et 197.

(2i Arih. Nat.J. 878.

(3) Arch. Nat., ibid. — Bladé : Ouvrage cité.

(4) Haiiteîj-Pyrénéos : Arr. Bagnères-de-Bigorre.

précédent, le duc d'Anjou avait usé ses efforts à Tassiéger pendan* de longues semaines, et il n'avait réussi à s'en rendre maître que par un stratagème, en bouchant les puits qui fournissaient l'eau nécessaire aux hommes d'armes renfermés dans la place. On peut encc're lire aujourd'hui sur les murs de la vieille forteresse ces mots « J'ay bêla dama », devise adoptée par Jean dans sa jeunesse, an dire de Miguel, et que le grand feudataire avait fait graver en signe de propriété sur les murailles de Mauvesin (1).

Villemnr(2), — La vicomte de Villemur fut acquise parle comte Jean en avril 1422. Le vicomte Jacques, son possesseur actuel, la vendit au Béarnais pour une somme de treize mille écus d'or. Jacques s'en réserva néanmoins l'usufruit, sa vie durant, et si sa femme, Marguerite de Castelpers, lui survivait, le comte s'engagea à fournir Ix la veuve une pension annuelle de 300 livres tournois. Trois ans après, le 23 juillet 1425, ces conventions étaient renouvelées une seconde fois. Le 5 décembre suivant, le roi Charles VII donnait des lettres patentes ratifiant cette vente et, le 10 avril 1426, le parlement de Languedoc, séant à Béziers, enregistrait ces lettres de ratification (3).

Auterive (4). — Au commencement du quinzième siècle, la seigneurie d'Auterive se divisait en trois parties dont deux étaient possédées par les habitants môme de cette ville. La troisième appartenait, vers l'an 1420, à un riche Toulousain du nom de Jacques Isalguier, homme fort influent dans le pays. Un grave dissentiment avait surgi depuis quelque temps entre ce pei^sonnage et les gens d'Auterive. La nomination des consuls était robjet de la querelle. Isalguier prétendait sans doute s'arroger lo droit de nommer ces magistrats municipaux dans la partie d'Auterive qui lui était soumise, et les habitants de la ville revendiquaient probablement le privilège de procéder eux-mêmes à leur élection.

La querelle n'était pas restée longtemps sur le terrain de la pure discussion. On en vint bientôt aux moyens violents de part

(1) Cune-Seimbres : Monographie du château de Mauvesin dans le Bulletin de la Société Acadéroiaue des Hautes-Pyr., 10* année, 1867.

(2) Haute-Garonne ; Arr. Toulouse. •

(3) Arch, B.-Pvr., E. 495. — Arch. de TAriège : Inventaire rédigé «n i760, des archives de la Tour de Foix. — Coll. Doat, v. 2i4,f« 119. — Coll. du Lang., v. 89, ^ 56.

(4) Haute Garonne : Arr. Muret.

et d'autre et, pour châtier les habitants de leur révolte, Isalguier supprifna purement et simplement le consulat. Cet acte fut le signal de la guerre. Les gens dlsalguier coururent en armes le territoire d'Auterive, pillèrent plusieurs fermes, incendièrent quelques moulins et commirent dans le pays toutes sortes de méfaits, tandis que les partisans de la communauté essayaient de résister autant que possible à ces attaques et de rendre coup pour coup à leurs adversaires. Bref, rafTaire fut portée devant le parlement de Languedoc, mais cette haute cour, où Isalguier comptait beaucoup de sympathies, donna raison à ce personnage et maintint les habitants d'Auterive dans la privation de leur consulat ('!).

Fort désireux de prendre leur revanche, les gens de cette ville cherchèrent un puissant protecteur sous le patronage duquel ils pussent avec succès continuer la lutte. Ils s'adressèrent au comte de Foix, implorèrent son appui et, afin de l'obtenir plus sûrement, ils lui proposèrent l'abandon en sa faveur des deux parties de la seigneurie d'Auterive qui leur appartenaient. Jean accepta avec empressement cette proposition, qui apportait à ses domaines un important accroissement. Par un acte du 31 septembre 1423, daté de Varilhes, il envoya quatre de ses officiers s'entendre définitivement sur cette affaire avec les gens d'Auterive. Les députés du comte arrivèrent le lendemain même dans cette ville. Un contrat fut rédigé en leur présence par lequel les habitants d'Auterive se donnaient au comte de Foix, le reconnaissaient pour leur seigneur et se soumettaient à son autorité (2). Le 11 octobre suivant, appel était fait au Parlement de Toulouse contre l'arrêt qui avait confirmé la suppression du consulat décrétée par Jacques Isalguier, et, deux jours après, le comte chargeait Guillaume Binet, châtelain de Pamiers, d'aller à Toulouse pour surveiller de près la marche de cette affaire (3).

L'influence du comte de Foix en Languedoc avait alors reçu quelques atteintes. Engagé dans des négociations avec l'Angle-

(i) Nous devons la connaissance de ces faits ù l'obligeance de M. Pas* quicr, archiviste de l'Ariôge. Ils résultent d'un rcj^istre fort curieux, conservé aux archives de l'Ariêge, contenant Tin vcn taire rédigé en 17G0 des archives de la Tour de Foix, et dont notre confrère a bien voulu nous envoyer des extraits.

(2J Arch. B.-Pyr. E. 460.

j}Arch. de TAriègc : Inventaire des archives de la Tour de Foix,

terre, Jean était tenu à l'écart par les conseillers du roi Charles VII et considéré comme un ennemi. Aussi le parlement ne craignit il pas de confirmer son premier arrêt. Bien plus, il cassa le contrat par lequel les gens d'Auterive s'étaient donnés au grand feudataire et prononça la saisie de cette seigneurie au profit du domaine royal (1). Enhardi par son succès et se sentant appuyé, Isalguier lui-même ne redouta point d'entrer en guerre avec le comte, et il osa envoyer ses partisans enlever les armes de la maison de Foix que les habitants d'Auterive avaient fait graver sur les portes de leur ville, en signe de vassalité envers les Foix-Béarn (2).

Pendant deux ans, les choses restèrent dans le même état. Mais, lorsque Jean eut reconquis avec la faveur de Charles Vil la lieutenance-générale du Languedoc, la situation changea de face. Sur la demande du comte, le roi donna, le 5 décembre 1425, des lettres patentes, qui confirmaient la donation de la seigneurie d'Auterive faite par les gens de cette ville à la maison de FoiX et ordonnaient au Parlement de Toulouse d'infirmer rarrôt de saisie dont il avait frappé cette seigneurie au préjudice dû Béarnais. Quelques mois après, le comte prenait définitivement possession de son nouveau domaine (3;.

Lautrec (4). — Nous avons déjà mentionné dans un de nos précédents chapitres Tacquisition par le comte Jean de la vicomte de Lautrec. Nous avons dit encore que la cession de cette seigneurie n'ajoutait pas un domaine nouveau aux possessions de la maison de Foix. Lautrec appartenait aux Foix-Béarn, en effet, avant l'avènement des Grailly ; mais elle avait été confisquée sur ces princes, à la suite de la guerre que le captai Archambaudavait soutenue, de 1398 à 1400, contrôles lieutenants dû roi de France pour faire valoir ses droits à la succession de Mathieu de Castelbon. En cédant au comte Jean la propriété de cette vicomte, Charles VII opérait donc au profit de la maison de Foik une simple restitution.

La vicomte de Lautrec était située dans la sénéchaussée d'Albi-

(1) Arch. B.-Pyr. E. 460.

(2) Aich. de l'Ariéfije : Source citée.

(3) Arch. B. Pyr. E. 460. ;

(4) Tarn : Arr. Castres. ^ ...

geois. Les lettres royales qui en faisaient don au comte Jean sont datées du 18 novembre 1425 (1). Un maître des requêtes deThôtel du roi, Arnaud de Marie, fut chargé par le gouvernement royal d*aUer meltre le comte en possession de ce domaine. Cette solennité eut lieu le 6 février 1426. Le lendemain, les principaux notables du pays, réunis en présence de ce personnage, juraient obéissance et fidélité à leur nouveau seigneur (2).

Thor^ Calmont et Marquefnve (3). — Lorsqu'il rendit au captai Arcbambaud les domaines de la maison de Foix, le gouvernement royal s'était réservé encore, avec la vicomte de Lautrec, les seigneuries deThor, de Calmont et de Marquefave, situées dans la sénéchaussée de Toulouse. Comme la vicomte de Lautrec, ces terres ne devaient point rester longtemps sous l'autorité directe du roi de France. Cédant aux sollicitations incessantes du comte Jean, Charles YII les abandonnait en 1434 au feudataire béarnais et, par lettres patentes datées du 26 avril, il ordonnait au sénéchal de Toulouse de remettre le comte en possession de ces trois seigneuries (4).

Bigûrre, — L'acquisition du comté de Bigorreestla plus importante que le comte Jean ait faite pendant le cours de son règne. Ce pays était en séquestre et sous la main du roi de France depuis les dernières imnées du treizième siècle. Un différend s'était élevé à cette époque au sujet de la succession de cette importante seigneurie. Les comtes de Foix, vicomtes de Béarn, en revendiquaient la propriété, et divers autres compétiteurs avaient sur elle des prétentions analo^^ues. Il serait trop long de discuter ici les droits de chacun des prétendants L'étude en pourrait être, d^ailleurs, intéressante et facile, car les documents originaux, que cette époque nous a laissés, sont fort riches en renseignements sur cette longue querelle qui divisa pendant plus d'un siècle les maisons féodales du Sud-Ouest français. Mais nous engager dans cette discussion, qui demanderait à être longuement développée, torait nous écarter un peu de notre sujet et augmenter outre mesure retendue de ce travail historique.

(1) Ci-aprèt pièce justificative XXXIIL

i2) Arch. Nal. : I. 334 fo 46.

(3) Haute-Garonne : Arr. Muret et St-Gauclens.

(4; Arch. de TAriège : Inventaire des archives de la Tour de Foix,

Ùài^

Celte question de succession avait été portée devant le Parlement de Paris, Mais celle haute cour judiciaire ne se prononça jamais délinitivement sur l'objet en litige. Le comté de Bigorre rcbta en séquestre pendant tout le cours du quatorzième siècle et fut gouverné par des sénéchaux au service des rois de France. Lassées d'attendre une décision qui n'ai rivait point, les diverses maisons féodales, qui prétendaient à la possession de ce pays, se désintéressèrent peu h peu de la question, et les comtes de Foix furent bientôt les seuls h revendiquer comme leur appartenant cette importante seigneurie. Mais les sollicitations incessantes dont ils fatiguèrent à cet égard la cour de France n'obtinrent jamais le moindre résultat. Il fallut arriver au quinzième siècle, h ce moment difflcile où la royauté française, contrainte à lutter pour son existence même et obligée de faire face à la fois aux ennemis du dehors et du dedans, avait l'impérieux besoin do grouper autour d'elle toutes les sympathies et d'attacher à sa cause par les faveurs môme les plus coûteuses les grands feudataires français, pour que la maison de Foix pût avec quelques chances de succès reprendre à nouveau la question et réussît à rentrer, après plus d'un siècle de revendications sans résultats, en possession d'un domaine sur lequel elle prétendait avoir des droits incontestables.

En 1425, lorsque le comte Jean, réconcilié avec la cour de France, fut devenu tout puissant en Languedoc, il présenta au roi un long mémoire dans lequel il avait rassemblé tous les arguments propres à légitimer ses prétentions sur le comté de Bigorre (4). L'appui du comte Jean était alors indispensable à Charles VII dans la grande querelle qui se débattait en France entre les Valois et les Lancastre. De plus, le grand feudataire béarnais jouissait, nous l'avons vu, d'une grande influence à la cour du souverain. Le ministre alors en faveur, Giac, était engagé avec lui dans les liens d'une étroite alliance. Dans de telles conditions, les exigences du comte de Foix ne pouvaient qu'être favorablement accueillies par le gouvernement royal. Aussi le roi céda-t-il facilement aux instances de l'insatiable vassal, et par lettres patentesdatéesdulS novembre i-i^S, il lui abandonna, sous la réserve de la suzeraineté royale, la propriété du comté de Bigorre (S).

(l) Ci-après pièce juslificative XLIL (9) Ci-après pièce justificative XXXIL

Mais, ce n*est pas sans difTicultés que le comte put bénéficier de la générosité royale. La faveur dont il venait d'être l'objet de la part du souverain donna lieu à de longs débats, qui vinrent se dérouler à Béziers devant le Parlement de Languedoc. Les comtes d'Armagnac et de Pardiac, qui avaient aussi des droits sur la Bigorre, formèrent opposition devant cette cour à la donation qui en avait été faite par Charles Vil à la maison de Foix. Les populations du pays elles-mêmes, habituées depuis un siècle à vivre sous Tautorité directe du gouvernement royal et fort peu désireuses de devenir dorénavant sujettes du comte Jean, envoyèrent un des magistrats municipaux de Tarbes exposer à la cour de Béziers et leur répugnance à subir la domination du comte de Foix et les droits dont elles jouissaient de ne pouvoir être distraites du domaine de la Couronne. Bref, aux ordres royaux qui lui enjoignaient d'entériner les lettres de don et de mettre immédiatement le Béarnais en possession de la Bigorre, le Parlement répondit en déclarant qu'il se réservait d'entendre les raisons des parties avant de prendre à cet égard une décision définitive (i).

Informé de ces faits par le comte Jean, le roi ordonna en termes sévères au Parlement de Béziers, par lettres du 9 février 1436, de passer outre à toute opposition et de s'en tenir strictement à l'exécution de ses lettres du 18 novembre précédent. Le même jour, il envoyait aux étals de Bigorre l'ordre formel de reconnaître les pouvoirs du comte de Foix (2).

Conformément à ces ordres, Tévèque de Pamiers se présenta, le 19 février suivant, devant le Parlement de Béziers et demanda au nom de Jean, dont il était le procureur, la mise à exécution de la volonté royale. Mais le différend n'était point encore à la veille d'être résolu au profit de la maison de Foix. Il y avait à la cour de Béziers un procureur royal qui, malgré le roi et contre le roi, prenait vivement à cœur dan^ ce débat les intérêts de la CSouronne et s'opposait énergiquement pour sa part à l'aliénation du comté de Bigorre : a Bien que Charles VII eût donné c à cet égard des ordres contraires, dit-il,, il entendait défendre < dans cette affaire les droits du domaine sur les terres en litige

(1) Arch. B.-Pyr. E 375.

(«)Ajch. B.-Pyr., ibid.

« et s'opposer, par conséciuent, à rentérination d'un acte qui « lésait ces droits si profondément. Il s'agissait, en effet, de c l'aliénation d'une partie considérable de ce domaine, et, en pa- € reillc matière, le gouvernement royal ne pouvait se montrer « trop prudent. D'ailleurs, il lui serait facile de démontrer que le f comté de Bigorre avait reçu depuis un siècle de divers roi» de € France le privilège de ne pouvoir être distrait à l'avenir du « domaine de la Couronne. En conséquence, il demandait qu'on t ajournât jusqu'à plus ample informé l'exécution des ordres du « roi et que la Cour, avant de prendre une décision définitive, enc tendit ses raisons et celles des parties y*.

Le procureur des comtes d'Armagnac et de Pardiac, Jean d'Acy, et le représentant des états de Bigorre, Jacques Prévôt, parlèrent dans le même sens. Le Parlement prononça un arrêt conforme à leurs conclusions (1).

L'affaire no revint devant la Cour que deux ans après, le 10 mars 1-428. Dans Tintervalle, les comtes d'Armagnac et de Pardiac avaient informé le roi, le premier par lettres du 12, le second par lettres du d 3 mars 1426, des raisons qui les obligeaient i s'opposer à la prise de possession par le comte Jean du comté de Bigorre, et Charles VII, reconnaissant la justesse de ces raisons, avait répondu aux deux feudataires qu'il permettait que l'afTaire suivit son cours devant le Parlement (2).

Les deux comtes faisaient remarquer, d'ailleurs, qu'ils ne prétendaient nullement à la possession de la Bigorre. En s'opposant à l'exécution des lettres royales qui cédaient ce pays au comte de Foix, leur seul but était d'empêcher ce prince de devenir le maître de cette importante seigneurie. On sait quelle inimitié profonde séparait depuis plus d'un siècle les deux maisons de Foix et d'Armagnac. Nous en avons donné maints exemples dans le cours de ce travail historique. Les débats qui se déroulaient à Béziers était un nouvel épisode de cette longue rivalité, qui ne devait se terminer plue' tard que par l'extinction de la maison d'Armagnac. Possesseur de la baronnie des Angles en Bigorre, le comte de Pardiac ne tenait nullement à devenir le vassal du comte de Foix. Quant à son frère, le comte d'Armagnac, il ne pouvait

(1) Anh. B.-Pvr. E. 375.

(ï) Arch. B.-Pyr. E. 375.

voir sans quelque inquiétude Tacquisition de la Bigorre augmenter dans des proportions si considérables la puissance féodale du comte Jean, et la maison de Foix devenir ainsi par cet accroissement plus redoutable pour lui et les siens qu'elle ne l'avait été jusqu'alors.

On agit tant et si bien à Béziers, que, malgré Tinfluence énorme que le comte Jean exerçait en Languedoc, la décision du Parlement lui fut défavorable. Conformément aux conclusions présentées par. le procureur du roi, cette cour prononça un arrêt qui déclarait le comté de Bigorre indissolublement uni à la Couronne et infirmait ainsi les lettres royales par lesquelles Charles VII avait disposé de celte terre en faveur de son vassal.

Le comte ne se tint pas pour battu. Le 17 mai 1428, il dépêcha au roi de France un de ses officiers, Jean de Fons, et chargea ce personnage de demander Ix Charles VII de nouvelles lettres lui donnant une fois encore Tinvestiture des pays contestés et enjoignant au Parlement de Béziers de procéder à un nouvel examen plus approfondi de cette affaire.

Mais Jean de Fons n'arriva pas à la cour. Informé de la mission qui l'amenait auprès du roi, le comte de Pardiac s'était posté avec quelques hommes dans les environs de Bellac, en Limousin, où il savait que l'ambassadeur béarnais devait passer. Lorsque de Fons aniva sur le lieu de l'embuscade, il se vit arrêté à son grand étonnement, dépouillé de tous les parchemins dont il était porteur et envoyé dans un des châteaux du comte de Pardiac où on le tint sous bonne garde pendant trente-sept jours. Ce prince se proposait même de lui faire subir la torture, quand de Fons réussit à s'évader (1).

Le comte, mis au courant de ces faits, dépêcha au roi un second courrier qui, plus heureux que son prédécesseur, arriva sans encombre à la cour. Le mémoire dont il était porteur portait la date du 9 juillet (1428). Il fut lu en conseil royal, le 19 août suivant, et conformément à ses conclusions, le roi donna ce jour même des lettres patentes qui renouvelaient au comte Jean le don du comté de Bigorre et ordonnaient au parlement de Béziers de procéder à un nouvel examen des pièces du procès (2).

i) Arch. B.-Pyr. E. 375.

2) Arch. B.-Pyr. E. 375.

Mais le parlement de Languedoc fut supprimé sur ces entrefttiles (7 octobre), et son ressort réuni à celui du parlement de Poitiers. Cette cour évoqua l'afTaire devant elle dans le courant de Tannée suivante et, plus favorable au comte Jean que ne l'avaient été les conseillers de Béziers, elle donna défmitivercent raison au grand feudataire béarnais (4). Le comte avait conflé sa cause à Un célèbre avocat qu'on dit être Nicolas Tudeschi, de Palerme, l'un des plus habiles jurisconsultes de ce temps ('2). Grâce au talent de ce canoniste, mais surtout grâce à l'énorme influence que le comte Jean avait su acquérir, la maison de Foix était désormais et pour deux siècles maîtresse du comté de Bigorre. C'est seulement avec l'élévation d'Henri IV sur le trône des Valois que ce pays devait être pour la seconde fois réuni à jamais au domaine de la Couronne.

Telles sont les acquisitions territoriales que le comte Jean sut opérer pendant son règne. Elles accroissaient dans des proportions notables la puissance féodale de la maison de Foix et, ajoutées aux domaines déjà si vastes et si nombreux que cette maison possédait avant l'avènement des Grailly, elles constituaient par leur ensemble un état avec lequel les monarchies voisines étaient obligées de compter.

Nous l'avons dit en commençant cette étude, cette puissance devait s'accroître encore. Quarante ans après la mort du comte Jean, un de ses successeurs ceignait la couronne de Navarre et, dans les premières années du siècle suivant, la fusion des Foix- Béarn et des Albret réunissait en un seul corps de domaines les possessions des deux plus grandes maisons féodales du Midi français.

(1) Arch. B.-Pyr., ibid. — L'arrêt décisif prononcé par le parlement de Béziers en faveur du comte Jean ne se retrouve p is dans les registres de cette cour, conservés aux Archives Nationales. Nous Vy avons cherché vain ment. Mais il résuite des pièces, conservées dans la liasse £. 375 des archives de Pau que cet arrêt fut prononcé en 1429, ainsi que nous le disons.

(2) Davezac-Macaya, Essais historiques sur la Bigorre, II, p. 115. — Les plaidoyers, prononcés pour le comte Jean devant le parlement de Poitiers, sont encore conservés en manuscrit aux archives des Basses- Pyrénée(E. 375).

Tandis que les institutions se transforment, que la féodalité se meurt, que les états vassaux disparaissent l'un après l'autre pour aller successivement se fondre dans le domaine royal et que, sous l'influence des idées nouvelles, la France arrive progressivement à constituer son homogénéité politique, la vieille maison de Foix, devenue la maison de Navarre, reste seule debout au seizième siècle en présence de la royauté sans cesse grandissante. Survivant ainsi à la disparition de la grande féodalité qui est la loi historique de cette période, elle continue le moyen-ûge dans le Midi de la France, alors que sur les autres points du royaume les temps modernes ont déjà commencé, et retarde de cent ans encore le jour où, par la réunion du domaine d'Henri IV à la Couronne, l'unité territoriale de notre pays sera délînitivement constituée.

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