MESSIEURS
« Vous connaissez le nom d’Ango, l'honneur du commerce et de le marine dieppoise, Il fut pour François l‘' ce que Jacques Cœur fut pour Charles VII. Ami des
de
epdes
L] ee 23 Es cardinaux d’Amboise, il eut Parmentier pour capitaine, Crignon pour historien, François Ier pour hôte et pour adversaires les rois de Portugal et d'Angleterre.
« Comme une tête couronnée, il traita avec ces souverains étrangers, couvrit la mer de ses flottes, embellit sa patrie des plus riches monuments et porta jusqu'aux extrémités du monde le pavillon français et la civilisation chrétienne.
« Cependant cet homme, l'orgueil du pays qui l’a vu naître, qui remplit les plus belles pages de son histoire, n'a encore reçu d'autre hommage qu'un nom de rue, honneur qu’il partage avec les capitaines de ses navires.
« J'ai pensé, messieurs, qu'il convenait d'accorder à ce génie du commerce une distinction plus haute et plus digne de sa renommée.
« J'ai cru que la Chambre de commerce, qui représente le négoce tout entier, se chargerait de cette réhabilitation.
« L'église Saint-Jacques m'a paru le lieu le plus convenable pour un hommage rendu à un mort illustre. Là, en effet, reposent depuis trois cents ans les restes mortels de ce prince des armateurs dieppois. L'histoire nous apprend, et elle seule le témoigne aujourd'hui, que ce favori de la fortune fut déposé en 1551 dans un caveau de la chapelle Saint-Yves, qu’il avait fait construire avec cette magnificence qu'il mettait à toutes choses. La tradition locale attribue à ses libéralités la chapelle de la Vierge, jadis une des merveilles de l’art catholique en France et le Trésor que l'on peut prendre pour un trophée maritime ou un ez-voto des navigaleurs dieppois.
« Longtemps une dalle de marbre noir rappela par sa devise, son inscription et ses armes, le nom et la tombe du bienfaiteur de la ville et de l’église; mais les pieds des fidèles ont effacé l'inscription et la pierre froide et nue est restée muette et silencieuse comme le tombeau.
« Rien pourtant n’est plus convenable que de rappèlée ce souvenir qui s'éloigne, et aucun lieu sur la terre ne me paraît plus propre qu'une église pour garder religieusement le souvenir d'un homme célèbre. è
« C'est pourquoi je propose à la Chambre de commerce de faire placer, à l'angle de la chapelle de la Vierge qu’Ango a construite et de la ar Saint-Yves où il repose, l'inscription suivante :
A LA MÉMOIRE DE JEAN ANGO, ARMATEUR VICOMTE DE DIEPPE, BIENFAITEUR DE CETTE ÉGLISE INHUMÉ DANS LA CHAPELLE SAINT-YVES EN 1551.