LES CAPITAINES D'ANGO DANS L'AMÉRIQUE DU NORD
Suivons d’abord Ango et ses capitaines dans l'Amérique du Nord. Les Dieppois ne furent pas les premiers à explorer cette partie du continent. Avant eux, et dès le xe siècle, les Northmans!, au xive siècle deux Vénitiens, les frères Zeni?, et, plus récemment, les Portugais, sous la conduite de Cortereal 3, et les pêcheurs Basques, entraînés par leur esprit d'aventure, avaient entrevu les côtes septentrionales de l'Amérique. Cette découverte n'avait pas eu de résultats appréciables. Seuls, les Basques 4 paraissent avoir exploré systématiquement cette région, mais le souvenir de leurs expéditions a été conservé surtout par la légende. I 2s Bretons se sont également lancés de bonne heure vers l'Amérique, et, de fait, les noms de Cap des Bretons, Cabo de Bretaos, Tierra de los Bretones, se retrouvent presque sans exception sur toutes les cartes du xvi* siècle, même sur celles qui n’ont pas
1 GAFFAREL. Rapports de l'Amérique et de l’ancien continent avant Christophe Colomb. — Gravier. Découverte de l'Amérique par les Normands au xe siècle.
2 GAFFAREL. Les frères Zeni (Revue de Géographie, 1880). Consulter la bibliographie de l’article cité.
3 Luciano Corpetro. De la part prise par les Portugais dans la découverte de l'Amérique septentrionale. — Harisse, Les Cortereal.
4 GarFarEt. Les Découvreurs français du xive au xvi° siècle.
été composées en France. Il est vrai qu'on ne peut indiquer ni dates précises, ni explorateurs certains, mais, dès l’année 1504, on les signale aux alentours de Terre-Neuve, et, dès lors, leurs voyages se succèdent avec régularité.
Deux ans plus tard, en 1506, commencent avec les Normands les expéditions authentiques, et ce sont les capitaines de la grande maison normande des Ango qui ouvrent la série. « [1 y a environ trente-trois ans, lisons-nous dans le recueil italien de Ramusio, qu'un navire de Honfleur, dont Jean Denys était capitaine et le Rouennais Gamart, pilote, arrivèrent les premiers dans cette région ? ». — « Vers l'année 1508, un navire de Dieppe, nommé la Pensée, appartenant à Jean Ango, père de monseigneur le capitaine et vicomte de Dieppe, et commandé par maître Thomas Aubert, y aborda également. Ce fut le premier qui ramena des indigènes 3. » Voici donc deux voyages bien constatés, celui de Denys et Gamart en 1506, celui d'Aubert deux ans plus tard. On a cru longtemps posséder une carte dressée par Denys de ses découvertes dans le golfe du Saint-Laurent. Elle figurait encore en 1858, sur le catalogue de la bibliothèque du parlement Canadien 1 : « Carte de l'embouchure du Saint-Laurent, faite et copiée sur une écorce en bois de bouleau, envoyée du Canada par Jehan Denys en 1508. » Mai: ce n'était que le calque d'une carte beaucoup plus moderne, représentant la Gaspésie telle qu'on la connaissait au xviie siècle. Quant à Thomas Aubert, c'est lui qui, le premier, amena en France des indigènes Canadiens, sans doute les indigènes dont il est parlé dans les chroniques contemporaines et dont la venue excita une vive curiosité f.
On ne sait trop quel est le capitaine Martin One 6 qui, vers 1510, avait
1 Ramusio, ouv. cité, III, 432. « Detta terra è stata scoperta da 35 anni inqua cio è quella parte che corre levante e prenente per li Bretonni et Normandi, per laqual causa è chiamata questa tierra il capo degli Brettoni. »
2 Ramusio, id., p. 433. « Sono circa 33 anni che un navilio d'Onfleur, all quale era capitano Giovanni Dionisio et il pilotto Gamarto di Roano primamente vando. »
3 Id. « Nell’anno 1508, un navilio di Dieppa, detto la Pensée, il quale era gia di Giovan Ango, padre del monsignor lo capitano et visconte di Dieppa, vando scudo maestre over patron di detta nave maestro Tommaso Aubert, et fu il primo che condosse qui le genti del detto paese. »
4 Harisse, Jean et Sébastien Cabot, p. 249.
$ Eusese DE CÉSARÉE, Chronicon; édition de 1512, p. 172.
6 Duro, Arca de Noé, p. 295 : « Habiendo descubierto les Franceses a Tierra nueva, tan prosp:ros de ballenas e baccalaos, cerca del ano 1510, ningun espanol habia navegado
à son bord, en qualité de charpentier, un espagnol, Matias de Echevete, qui visitait avec lui la région du Saint-Laurent, mais c'était bien un navire rouennais, chargé de morues, qui, en 1524, était capturé, au retour de son expédition à Terre-Neuve, par le capitaine anglais Christophe Coo!'. En 1527, un autre anglais, John Rut, rencontrait dans la baie de Saint-Jean jusqu’à cinquante navires, soit anglais, soit français, soit portugais 2, et le capitaine castillan, Guies Navarro, signalait dans cette baie la présence de ces mêmes vaisseaux espagnols 3. Enfin, on a retrouvé dans les greffes de Normandie divers actes notariés où sont relatés les voyages aux Terres Neuves de quelques vaisseaux 4, en général de soixante à quatre-vingt-dix tonneaux, par exemple la Bonne-Aventure, commandée par le capitaine Jacques de Rufosse, la Sibilleetle Marcel à Jehan Blondel, la Marie des Bonnes nouvelles appar. tenant à Guillaume Dagyncourt, Nicolas Dupontet Louis Luce, et commandée par Jehan Dieulors. Dès lors, le nombre des navires destinés aux Terres Neuvesaugmentera d'année en année. En 1 542, soixante navires serontarmés pour la pêche des morues. De 1543 à 1545, dans les mois de janvier et de février, deux navires par jour en moyenne sortiront des ports de Normandie pour cette même destination. Il va sans dire que le plus grand armateur de Normandie n’avait été le dernier à profiter des récentes découvertes, et que, soit par ses propres vaisseaux, soit par ses capitaux et son influence, il prenait une part importante à ce grand mouvement de navigation.
Aussi bien, Ango ne se contentait pas d’agir en marchand, il aurait aussi voulu faire œuvre de découvreur. La croyance s'était répandue qu’un passage s'ouvrait au nord-ouest de l’Amérique qui conduisait directement aux Indes. Trouver ce passage, c'était s'assurer pour de longues années le monopole du commerce avec ces régions, dont les richesses passaient pour inépuisables. Ango, très au courant, grâce aux leçons de Desceliers, des problèmes géographiques, croyait à l'existence du passage; aussi, accueillit
alli hasta el anno de 1545, enque el piloto Matias do Echeveto, siendo de edad de quince años, por carpintero de una nao de ubiburu (?) de Francia, del capitan Martin One (?) habian elegado por ballenas et baccalaos. »
1 Harisse, Jean et Sébastien Cabot, p. 281.
2 PurcHas, His Pilgrimage, t. V, p. 822.
3 Duro, Arca de Noé, 316, « Cuyo capitan declaro qui habia ido a reconcer los bacalbaos y hallo alli unos cincuenta naos castellanas, e francesas, e portuguesas, que estaban pescando. »
4 GosseLin, Documents authentiques et inédits pour servir à l’histoire de la marine normande pendant les xvi° et xviie siècle, p. 12.
il avec empressement, un étranger, fort réputé pour ses connaissances nautiques et sa hardiesse, et qui venait de s'illustrer par une heureu,e expédition le long des côtes américaines, le Florentin Giovanni Verrazano. Ce dernier venait lui proposer de renouveler au nord du nouveau continent la tentative qui avait si bien réussi à Magellan, dans la direction du sud. Ainsi qu'il l'avait écrit, dès le 8 juillet 1574, au roi de France ! : « Mon intention serait de parvenir dans ce voyage jusqu'au Cathay, à l'extrémité orientale de l'Asie. Je peux bien rencontrer l'obstacle d'une terre nouvelle, comme celle que j'ai déjà trouvée, mais j'espère aussi rencontrer quelque détroit par lequel je pourrai pénétrer dans l'Océan oriental. Telle était du moins l'opinion des anciens qui affirmaient avec autorité que notre océan et l'océan indien étaient une même mer, sans l’interposition d'aucune terre. » Ango goûtait fort ces raisons scientifiques. l'eut-être appréciait-1l davantage les richesses immenses dont l'adroit Florentin lui avait fait entrevoir la possession. Toujours est-il qu’il accueillit ses ouvertures, et, de concert avec l'amiral de France, Philippe de Chabot, et quelques autres négociants normands, promit de faire les frais de l'entreprise.
Le hasard des temps a conservé le traité conclu à ce propos entre les parties contractantes ?, [1 ne sera pas sans intérêt de la reproduire, au moins dans ses parties essentielles. « Nous, Philippe Chabot, baron d'Apremont, chevalier de l’ordre du Roy, son gouverneur et lieutenant général de Bourgoing, admiral de France et de Bretaine : Avons ce jourd'hui délibéré de, pour le bien, prouffict et utilité de la chose publique du royaulme de France, mecttre sur deux de nos galleyres estant de présent au Havre de Grace avec une nef appartenant à Jehan Ango de Dieppe, du port de soixante dix tonneaulx ou environ, et pour iceulx troys vaisseaulx esquipper, vitailler et convinyr, pour faire le voiage des espiceryes aux Indes. Dont pour iceluy voiaige faire avons accordé avec les personnes ci dessoubz nommés et signez en la manière qui ensuyct pour fournir lesd. trois navires de marchandises,
1 Voici le passage de la lettre de Verrazano : « Mia intenzione era di pervenire in questa navigazione al Cataio allo estremo Oriente dell’ Asia, pensando trovare tale impedimento di nuova terra quale ho trovata, e se per qualche raginne pensavo quella trovare non senza qualche freto di p2netrare allo Oceano orientale : essere stimavo questa oppi= nione di tutti gli antichi e istata credendo certaments il nostro Oceano orientale de India uno ess2re senza interposizione di terra, »
2 Ce document a été publié par M. Margry dans son excellent ouvrage, Les Navigations françaises du xiv° au xvie siècle, p. 194.
victailles et avance de compaignons, ainsi qu'il sera requis et nécessaire.
» Et pour ce faire avons conclud et délibéré, avec iceulx, mectre et
“employer jusques à la somme de vingt mil livres tournois, c’est assavoir,
pour nous admiral quatre mil livres tournois; maistre Guillaume Preudhomme, général de Normandye, deux mil livres tournois; Pierre Despinolles, mil livres tournois; Jehan Ango, deux mil livres tournois; Jacques Boursier, pareille somme de deux mil livres tournois; messire Jehan de Varesam, principal pilote, semblable somme de deux mil livres tournois...
» Etnous, admiral et Ango, promettons bailler lesd. gallyonset nef, bien et deuement radoubées et accoustrées, comme il appartient à faire ledict voiaige... par ainsi que nous, admiral et Ango, prendrons au retour dud. voiaige, pour le fret de noleage desd. gallyons et nef, le cart de toutes les marchandises qui reviendront et seront rapportez par iceulx, sans aucune chose payer.
» Et pour le loyer dudict messire Jehan de Varesam, principal pillotte, lequel s'est submis et obligé de fournyr deux pillottes bons et suffisans pour conduire les deux aultres navires, prendra pour son loyer et de ses deux pillottes le sixiesrae de tout ce qui reviendera de marchandises, ledit cart pour noliage, les frais et mises des marchandises et loyers des compaignons en préalable prins et levées avant que prendre led, sixiesme...
» Et se aucun butin se faict à la mer sur les Mores, ou aultres ennemys de la Foy et du Roy; monseigneur l'Admiral prendra au préalable sur icelluy butin son dixiesme, et le reste qui revenderoit dud. butin se partira comme l'autre marchandise, sauf quelque portion d'icelluy butin, que l'on baillera aux compagnons ainsi qu'il sera avisé.
» Et fera mond. seigneur expédier lettres du Roy en patentes pour avoir licence et congé de faire led. voiaige, et aucun empeschement ne leur sera faict ou donné par aucune nation des aliez, amys ou confederez du Roy nostre dict seigneur. »
Trois autres documents relatifs à cette expédition ont été encore conservés. Le premier, en date du 30 septembre 1525, est un acte par lequel un certain Zanobis de Rousselay cautionne messire Jehan de Verrassane. Le second est du vendredi 11 mai 1526. C’est une procuration générale donnée par Jehan de Varesenne (et non plus Verrassane), capitaine « des navires esquippez pour aller au voiaige des {ndes » à son frère Jérôme et à Zanobis de Rousselay, pour le remplacer en son absence. Le troisième est du samedi 12 mai 1526. C'est un contrat signé entre Jehan de Varasenne
et Adam Godeffroy, bourgeois de Rouen : ce dernier s'engageait à faire partie de l'expédition avec un navire de quatre-vingt dix tonneaux, nommé la Barque de Fécamp, etstipulait pour lui certains avantages !.
Tout semblait annoncer le succès d'une expédition aussi bien préparée, mais le voyage de découvertes ne fut, à ce que l'on suppose, qu'une course de pirates. Verrazano passe, il est vrai, pour avoir débarqué en Amérique, et y avoir été massacré par les indigènes avec tout son équipage, mais il est probable qu’au lieu d'aller chercher au nord du nouveau continent la route de la Chine, Verazzano se contenta d'écumer les mers de France et d'Espagne. Il aurait été surpris par les Espagnols et pendu haut et court au port de Pico. On a, en effet, conservé divers documents qui semblent établir que Juan Florin ou le Florentin n'est autre que Verrazano et que ledit Florin, par ordre de Charles-Quint, en date du 13 octobre 1527, fut considéré comme pirate et traité comme tel.
Les protecteurs, ou plutôt, comme on les nommerait de nos jours, les commanditaires de Verrazano firent donc une mauvaise spéculation en confiant leurs trois navires à l'aventurier Florentin : mais c'étaient là les mauvaises chances de la navigation du temps. D'ailleurs, Jean Florin n'en était pas à son coup d'essai, et on trouve dans les chroniques espagnoles de l'époque la trace de ses déprédations avant la malheureuse équipée de 1526-1527 3. L'amiral de Chabotet Jean Ango étaient donc remboursés à l'avance, et, s'ils n’insistèrent pas pour obtenir vengeance, c'est que, sans doute, ils n'étaient pas très rassurés eux-mêmes sur la légalité de l'expédition qu’ils avaient confiée à leur lieutenant ordinaire.
Telle est la dernière trace que nous ayons retrouvée dans les documents contemporains des voyages et des courses entrepris dans la direction de l'Amérique du Nord par les lieutenants ou par les associés de Jean Ango. Nous n’en avons pas rencontrés d’analogues pour la région des Antilles, ni pour l'Amérique centrale, car ces régions étaient directement exploitées par
1 Ces divers documents ont été donnés par pe Cosra.— Verrazano, The Explorer.— BuckiNGHAM Sir, An Inquiry into the authenticity of documents concerning a discovery in North America claimed to have been made by Verrazano. — Murpuy, The Voyage of Verrazano. — Cf. Revue critique d'histoire et de littérature, 1876.
2 Lettres écrites en octobre 1527 par le licencié Juan de Giles. Elles sont mentionnées par Murphy, ouv. cité,
3 BERNAL Diaz, Histoire véridique de la nouvelle Espagne, passim. Traductions Jourdanet et de Hérédia.
les Espagnols et il eût été par trop dangereux de s'aventurer dans des parages sillonnés par leurs vaisseaux, ou de chercher fortune dans des régions où ils étaient solidement établis. Quelques Français s'y hasardaient pourtant, et parmi eux des lieutenants d'Ango. Ainsi, Jean Parmenuier voyagea à plusieurs reprises dans les Antilles et débarqua même sur le continent. La seconde partie de sa relation de voyage est consacrée à la description de l'ile Saint-Domingue; mais elle n'a jamais été achevée, car on n'y trouve que l'indication d'un chapitre sur! « les monts, vallées, campagnes, prairies, bois, rochers, ruines, sortes et diversitez d'hommes, tant sauvages, Indiens, Espagnols, François, qu'autres estans dans la dite île, etc, » Divers chapitres traitent de la côte de Pari4, de Carthagène, de Nombre de Dios et de Panama. Tout près de Nombre de Dios, Parmentier signale « une rivière, qu'on appelle rivière françoise, là où il y a une petite playa, les grands navires y mouillent l'ancre quelquefois, » Et, de fait, le capitaine Dieppois donne tant de détails sur les ports, sur les distances, même sur les endroits où l'on peut renouveler ses provisions d'eau, qu'il est difficile de ne pas croire que ces parages ont été fréquentés par des compatriotes. [1 est seulement à craindre que les Français aient paru dans ces mers plutôt en qualité de corsaires que de commerçants. Ainsi, le fameux pilote Jean-Alfonse de Saintonge, l'auteur des « Voyages aventureux ? » et de la « Cosmographie avec espère et régime du soleil et du Nord », décrit avec force détails les îles et les côtes du golfe de Mexique, mais il n'avait appris à les connaître qu'en les pillant 3. « Depuis cet aage, lisons-nous dans le Grand Insulaire de Thevet, à propos du pillage de Porto-Rico, les barbares et chrestiens ont souffert beaucoup de maux de l'invasion des corsaires qui ont souventes fois mouillé l'ancre, bruslé et saccagé les habitants de l’isle. Jean Alfonse, s'il estoit en vie, il sçauroit bien qu’en dire, : 1ivant le récit qu'il m'en a fait jadis. » Aussi bien ce devaient être des pirateries, pour ainsi dire régulières, qu'entreprenaient ainsi nos marins. Ne lisonsnous pas dans le Discours de la navigation de Jean et Raoul Parmentier, que lorsque leurs deux navires abordèrent, à l'île Saint-Jacques, dans l’archipel du Cap-Vert, pour y renouveler leurs provisions d'eau, les matelots, pour expliquer leur présence sur les côtes d'Afrique « dirent que nous
L] 1 Navigation de Jean et Raoul Parmentier, édition Scheffer, p. 87. 2 Publié à Poitiers, en 1559, par Jean de Marnef, 3 Pierre MarGry, (Navigations francaises du xive au xvie siècle) en a donné une très intéressante analyse
estions de l'armée des navires de France, esquipez en guerre pour aller aux Entilles'. » Remarquons en outre que, lorsque Thevet composa sa Cosmographie universelle, etsurtoutson Grand Insulaire et Pilotage, manuscrit encore inédit de la Bibliothèque nationale, il avait à sa disposition de nombreuses relations sur les Antilles et l'Amérique centrale, qui avaient été rédigées par des Français. Donc, nos compatriotes fréquentaient ces parages, mais, comme aucun d'eux n'ignorait les dangers auxquels ils s'exposaient en bravant ainsi la puissance espagnole, et en compromettant le nom de la France, ils gardaient prudemment le secret de leur opération, et c'est ainsi que s'explique le silence des contemporains au sujet de ces courses dans l'Amérique centrale.