Dernier, p
8. Arch.Secr.Vat.a. XXXIX,t. XVIIl,fol.55vo: « Cardinah Andegavensi.Venerabilisfraternoster,salutemetc.— Donisrespectibusanimum nostrum monentibus, volumus, actue Circumspectioni mandamus, ut, nulle pacte, ad terras et loca, dilecto filio nobili viro Maximiliano, Austrie et Durgundie Duci, subjecta, divertas, neque uUa in eis facultate utaris, sed recto itinere ad nos redeas. Datum Rome etc. — Die xx novembris 1484. Anno Primo. »
d'Innocent VIII est du 20 novembre 1484 et le cardinal d'Angers n'entrait à Rome que le 8 février suivant \
La légation de 1484 nous montre bien le caractère de Balue, sa passion d'être mêlé aux grandes affaires politiques. Il vient en France pour assurer la paix entre le roi et les princes, mais celui-là lui refuse l'entrée de son royaume, ceux-ci le favorisent, et il prend le parti du duc d'Orléans ; il a depuis longtemps oublié qu'il est légat du Pape, et les affaires spirituelles ne l'occupent guère, si ce n'est celles de l'évéché d'Angers. Bientôt après, la Cour lui fait quelques avances et il change de drapeau. Il part enfin, accablé de faveurs, ambassadeur de Charles VIII auprès du Saint-Siège et protecteur des affaires de France en Italie.
Il a absolument reconquis son ancien crédit; Louis XI lui avait rendu ses bénéfices, Charles VIII lui restitue ses biens et promet de le protéger dans son procès contre Auger de Brie. Curieuse histoire que celle de cet évêché d'Angers! Elle nous initie bien aux rapports de l'Église e^de la royauté à cette époque. Le roi très chrétien ne craint pas d'entretenir un véritable schisme et de forcer la main dans les élections épiscopales, mais toujours de façon à ménager la papauté. Les Souverains Pontifes n'ont-ils pas, à cette époque, tout intérêt, de leur côté, à se concilier l'alliance de la France ? L'invasion turque n'est-elle point un danger imminent, et les affaires d'Italie ne sont-elles pas des plus compliquées ? Aussi, Balue, en parlant des droits de Charles VIll dans la Péninsule, en montrant au duc d'Orléans le Milanais comme une proie facile, n'a peut-être fait que seconder les vues du Saint- Siège. En 1484, il a, l'un des premiers, travaillé à préparer les guerres d'ItaHe. Depuis longtemps déjà ce pays était l'objet de bien des convoitises; le dernier roi, Louis XI, par ses incessantes relations avec les ducs de Milan et de Florence, a beaucoup contribué à attirer de ce côté l'attention de la France. L'esprit aventureux de Charles VIII, la légation du cardinal d'Angers, les encouragements enfin des barons napo-
1. M. Delaborde dit, à tort, le 5 février, p. 48; Burchard, Diarium, éd. Thuasne, p. 138, donne la date du 8 février.
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litains réfugiés feront le reste et décideront le monarque à entreprendre les campagnes d'Italie. Ce n'est pas le lieu d'apprécier cette politique; notons simplement qu'à cette époque l'engouement fut très général et étudions la part active que Balue prit aux préliminaires de ces événements ^
1. L'auteur anonyme du -poème de V A isnée fille de Fortnne, composé vers 1489 à l'honneur d'Anne de Beaujeu, et qu'a publié Lancelot, consacre deux strophes à Balue et à sa légation; mais il donne une idée fausse de cette ambassade et ne montre que les échecs du cardinal. Voici d'ailleurs comme il s'exprime: