Ârch. nat. K 73, n
L'insolence du roi de Naples et aussi les instances des ambassadeurs français, surtout celles de Balue, réussirent à changer une fois encore les dispositions du Saint-Siège. En 1488, le Pape fit des ouvertures à Charles VIII et à Maximilien^ Le moment était mal choisi : les deux monarques étaient alors en lutte. Lors de la paix de Francfort (20 juillet 1489), le bruit se répandit que tous deux allaient arriver au secours du Pape : « On verra par là, disait celui-ci, que « je ne suis pas abandonné. » L'artisan de ces pratiques n'était autre que Balue. C'est du moins ce qu'affirmait l'ambassadeur de Florence à Rome : « Balue, écrit-il le 27 août (c 1489, vieux routier passé maître enl'artdes intrigues, a une « telle autorité auprès du roi des Romains et de Charles VIII, (( qu'il est comme au-dessus du Pape et qu'il le domine.... (( C'est un joueur fort habile, mais il n'est pas solide et a a peu d'assiette. » Le cardinal excitait les deux rois, à la fois contre Milan et Naples et amenait Innocent VIII à ses vues^
Bientôt, il obtenait plus encore: le Saint-Père excommunia Ferdinand (septembre 1489), et offrit « formellement son (( concours à Charles VIII, dans le cas où celui-ci entrece prendrait de reconquérir l'héritage de la maison d'Anjou S). Cette idée de substituer le roi à René de Lorraine, c'est Balue, si on l'en croit, qui l'aurait eue le premier, et elle avait été sans doute bien accueillie par le bailli, grand partisan, comme on sait, d'une intervention française en Italie \ Qu'adviendrait-il de toutes ces menées ? Laurent de Médicis était plus inquiet que jamais, quand il apprit que l'ambassadeur de France, Clérieux, était auprès de Ferdinand, essayant de rétablir la paix entre les cours de Rome et de Naples? A ce moment même, l'évêque d'Albano jouait un rôle difficile à comprendre ; d'un côté, il secondait l'accord